PROJET CONTRE ELISABETH
la clé ayant été devinée , il fut facile d'en suivre le développement; il se résumait dans les conditions suivantes : « Grégoire XIII devait lever une armée de six mille hommes de troupes disciplinées , sous prétexte de secourir les chevaliers de Malte. Sanders et plusieurs autres passeraient des Pays-Bas en Angleterre pour former un parti avant l'invasion ; à l'arrivée de l'expédition sur les côtes d'Angleterre , elle serait rejointe par don Juan et son armée : et le premier soin des troupes combinées serait ^obtenir la délivrance de Marie et d'effectuer son mariage avec le prince Espagnol *. » Quand les intentions de Philippe II furent connues , quand on put pénétrer dans toute la pensée catholique , le conseil n'hésita plus à accorder aide aux insurgés et particulièrement au prince d'Orange, car il y avait plusieurs factions dans les Pavs-Bas : le parti français du duc d'Anjou; un autre pour l'empereur ; un troisième enfin pour les princes de Nassau, noble famille de martyrs populaires. Elisabeth aurait vu avec joie le prince d'Orange triompher , parce qu'en évitant la réunion des Pays-Bas à la France, cette révolution constituait la liberté des provinces , point si favorable aux intérêts et au commerce anglais; la reine envoya de l'argent au prince
* Strauv, de Bcllu Belgic, liv. vm. — BoîirL\N, Hiéf. poiitifii . Givfjor. -XIII. pag. 236.