LE DUC D'\?JJOU AUX PAYS-BAS
cour, avec espérance que son voyage ne sera pas inutile pour le service de son maistre , en quoi je ne lui manquerai des moyens que j'ai par-deçà comme le roy me le commande pour voir une bonne et heureuse fin de cette négociation qui a si longuement duré, et y a grande apparence qu'elle se fera à cette heure ou il ne s'en parlera plus, en quoi les principales parties qui y ont intérest ne montrent pas faute d'affection et de toutes démonstrations amoureuses, de sorte que si l'on peut juger par l'extérieur, il ne se parle que faire des nopces que je supplie Dieu estre pour le bien et repos de ces deux royaumes. Ledit sieur de Simier est logé en mon logis avec grande compagnie qui n'est pas pour partir sitost et est pour y attendre son maistre, si le mariage doit se faire, afin qu'il demeure hostage de ce qu'il promettra *. »
Les Etats de Bruxelles célébraient avec toutes les magnificences de cette époque , fusées , artifices , bals, l'élection du due d'Anjou au titre de duc de brabant;ils croyaient trouver, dans la souveraineté du frère de Henri IIÏ, une protection efficace ; le jeune prince était à la tête du parti huguenot modéré ; il donnait donc à la révolte de Flandre le point d'appui d'une puissante opinion; il entraînait sur ce champ de bataille populaire la chevalerie du beau royaume de France.
* Archives de Siniancas , cot. B 48'.