‹ Histoire de la réforme, de la Ligue, et du règne de Henri IV (volume 5)Chapitre 58 sur 234 · LE DUC D'ANJOU ET ELISABETH · texte numérisé non relu

LE DUC D'ANJOU ET ELISABETH

passer de lui; et comme le dit Marie Stuart: « Vous aviez non-seulement engagé votre honneur avec un estranger nommé Simier, l'allant trouver denuict en la chambre d'une dame, où vous le baisiez et usiez avec lui de diverses privautés deshonnestes, mais aussi lui revelliez lessecrets du royaume, trahissant vos propres conseillers *. » Simier effara le souvenir de tous les amans de l'ardente reine; lui seul , n'oubliant jamais dans les bras d'Elisabeth l'objet politique de sa négociation, obtint ce qu'il se proposait. Le mariage arrêté à la cour de Londres, le duc d'Anjou, sous le déguisement d'un page, arrivaà Greenwich et fut présenté pendant la nuit à Elisabeth. Il n'était point beau; la petite vérole avait gravé sur son front mille cicatrices ; mais il était jeune , fou, enjoué , et Elisabeth l'embrassant avec la plus vive tendresse , lui promit qu'elle n'aurait jamais que lui pour époux , malgré la vive opposition de son conseil. Tout fut préparé pendant l'année 1381 pour cette union , et l'habile Simier vainquit les obstacles. Les articles discutés avec Elisabeth portaient « que le mariage serait contracté dans six semaines , mais sous la condition que chacune des deux parties aurait la liberté d'y renoncer , si certaines afiaires n'étaient point accordées à leur mutuelle satisfaction à ladite époque. »

.Ml Rui> , 559.

DÉPÊCHE DE C.VSTELNAU (1581). 101

François de Valois, duc d'Anjou, après l'acte de déchéance contre l'Espagne, venait d'être proclamé souverain des provinces ; pouvait-il être encore question d'un mariage avec un prince qui représentait les intérêts français auv Pays-Bas ? Elisabeth, amoureuse, passionnée, lui avait fait don d'une somme de cent mille couronnes ; mais comment le parlement aurait il pu sanctionner cette union ? Voulait-on s'engager dans une guerre contre l'Espagne? cette Espagne puissante, invincible, dont les immenses flottes couvraient toutes les mers ? Le duc d'Anjou s'était rendu à Londres; il était porteur d'un traité d'alliance offensive et défensive entre la France et l'Angleterre, subordonné à l'unique condition du mariage. Rien de plus tendre que cette entrevue de la reine et du prince. Elisabeth lui donna la promesse écrite de sa propre main (en exigeant aussi qu'il lui en fit une semblable) « de regarder ses ennemis commeles siens, de lui prêter assistance dans toutes les occasions où il pourrait la requérir, et de ne jamais traiter avec le roi d'Espagne sans son consentement*. «Les dépêches de Castelnauneraettent plus aucun doute que le mariage eût lieu; il écrivait à un des mignons d'Henri III : K J'ai donné charge au présent porteur vous dire les bonnes chères que Mons. de Simier a trouvées et reçues de la royne d'Angleterre et de toute sa

* .Mémoires du duc de Nevers, loin. I . pag. 545, in-rol.

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