ORDRE DU S VINT- ESPRIT
de soie, des marchands d'épiées, et la vieille eorporation des bouchers avec leurs varlets dont le nombre était si considérable et le bras si vaillant ! Cette bourgeoisie , ces métiers aux halles étaient ardemment catholiques ; tous vénéraient le saint de la bannière , le patron de la confrérie. C'était dans leur sein qu'étaient élus les centenicT5, les dixainiers , les quarteniers au nombre de seize , braves bourgeois choisis par la cité, en l'Hôtel de la Grève , pour la défense des prérogatives de la ville.
La riche bourgeoisie était pour la paix publique ; quelques-uns même des gros bourgeois applaudissaient à l'édit de pacification; mais la masse des métiers maintenait pour le catholicisme et la ligue ; le brave duc de Guise était son héros , son défenseur ; elle avait l'idée que le triomphe de la huguenoterie entraînerait la ruine de Paris , la perte de sa prééminence sur les provinces , l'anéantissement de ses privilèges. En face de ces dévouemens incertains , tandis que la vieille féodalité se levait en armes et que la ligue se fortifiait à Paris , Henri TII conçut le projet d'un ordre de chevalerie qui rattacherait par un serment spécial tous ceux qui y seraient admis. Quand l'esprit de loyauté de la grande époque féodale s'était éteint avec les prouesses des paladins du treizième siècle, les rois avaient cherché à raviver cet esprit de la noble vassalité ; ilsavaient créé des
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ordres de chevalerie, c'est-à-dire des associations de foi et hommage envers le trône ; le titre de grand-maitre ajoutait un lien de plus, une autorité morale plus énergique. La puissance du suzerain sur les sujets s'affaiblissait, mais les chevaliers restaient loyalement attachés à leur grandmaître , chef et souverain. Louis XI avait créé dans cet objet l'ordre de Saint-Michel ; restreint à l'origine dans quelques familles que le roi s'attirait par le collier d'or et de brillans joyaux , l'ordre avait été depuis si prodigué qu'il était tombé en mépris chez la haute noblesse territoriale ; il manquait le but que la suzeraineté s'étail proposé. Henri III raviva l'institution sous le titre et l'invocation du Saint-Esprit. Le Saint-Esprit , colombe pure , n'était point une image exclusivement catholique ; les calvinistes l'admettaient dans leur symbole avec autant de force que l'Eglise elle-même. Dès-lors le roi pouvait également l'appliquer dans l'avenir aux deux religions rivales, aux hommes influens qui voudraient se dévouer à la royauté. Les statuts de Tordre du Saint-Esprit contenaient quatre-vingtquatorze articles ; le nombre des chevaliers était fixé à cent, en y comprenant le roi , chef ou grand-maitre ; à savoir : quatre cardinaux , quatre prélats archevêques ou évéques , un grand aumônier , un chancelier , un prévôt , un maître des cérémonies , un grand trésorier , un greffier ,