ORDRE DU SAINT-ESPRIT
le héraut et l'huissier de l'ordre , lesquels devaient faire le serment qui s'ensuit : « Je jure à Dieu et vous promets , Sire , que je vous serai loyal et fidèle toute ma vie, vous reeognoistrai, honorerai et servirai toute ma vie et prierai tous jours Dieu pour le salut de Vostre Majesté *. »
Le nombre des nouveaux chevaliers ne fut pas d'abord rempli ; le roi y comprit les chefs principaux des opinions modérées , ses loyaux et fidèles serviteurs ; il voulait conquérirles consciences timides, incertaines, qui, en pleine possession d'un gouvernement de province, pouvaient prêter une force à la couronne. Henri III nomma vingt-sept chevaliers , parmi lesquels le duc de Nevers , le duc de Mercœur, le marquis de Villars , le duc d'Usés , le duc d'Aumale , le maréchal de Cossé , le maréchal de Retz , le seigneur de la Guiche, Jacques sire de Humières, le seigneur d'Entragues , Philippe Strozzi et Jean d'Aumont de Châteauroux **. »La création de l'ordre du Saint-
* FoNTANON, II, Statuts de l'ordre du Saint-Esprit, édilioii de 1703. — L'ordre prit depuis unetournure toute catholique.
** Henri III écrivait à f,I. d'Aumont pour lui annoncer (lu'il faisait dresser dans le royaume « un ordre et milice , sous le nom et titre de Benoist-Sainct-Esprit . inspirateur et conducteur des bonnes œuvres ; duquel j'ai deslibéré me rendre chef, et y appeler les plus grandes notables personnes qui auront mieux mérité de la chose publique , et ceux
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Esprit était un moyen politique pour rattacher aux intérêts de la couronne les noms qui exprimaient une idée ou une force dans une opinion. La fidélité féodale était morte ; on cherchait à la reconstituer d'après de nouvelles idées. On donnait un cordon de l'ordre comme autrefois on accordait une terre du domaine royal ; et l'accolade de chevalerie reproduisait cette vieille foi et hommage des vassaux à la couronne.
qui seront estimés plus dignes et capables de me faire service , estimant que comme nul ne pourra atteindre à ce rang d'honneur que par le seul sentier de la vertu , ce sera un bon moyen d'obliger ceux qui y sont d'y persévérer de mieux en mieux, et exciter les autres à s'y raddresser , adjoustant encore à ce poinct une houneste rémunération et entretenement que j'entends donner par forme de commande et pension. » Mss. de Béthune , vol. cot. 8845, fol. 22. — Jième lettre au duc de JNemours , eu lut annonçant sa nomination. Mss.de Bétliune, vol. cot. 8846, fol. 59. — Voyez la " relation des cérémonies observées aux Graiids-Auguslius , lors de l'institution par Henri 111 de l'ordre du Sainct- 1 sprit. » Mss. de Béthune, vol. cot. 9034, fol. 27.