SITUATION DES GOUVERNEMENTS
en prenant le titre de duc d'Anjou , s'était fait un état et apanage si puissant qu'il tenait véritable maison rovale , avec soixante-huit gentilshommes d'honneur, vingt écuyers, dix aumôniers, chajielains, chambellans et ofliciers de toutes espèces, pour le valant de douze cent mille livres par année*. Les chefs de parti, catholiques ou huguenots, s'étaient constitués indépendans chacun dans leur gouvernement respectif, et là ils demeuraient armés, en face du conseil de Henri III qui visait à une conciliation impossible. La paix était une opinion de cour ; les batailles convenaient mieux à . ces vieilles et puissantes tètes de partis qui voulaient se maintenir libres en leurs provinces. La pacification n'avait désarmé personne; on se tenait sur ses gardes; les chefs avaient signé les traités, et les capitaines secondaires continuaient des hostilités de villes à villes, de châteaux à châteaux**. C'était un état social à peu près semblable
* Voyez l'état de la maison du duc d'AIençon. Mém. de Necers, t. I, pag. 277.
" On voit partout des traces de ces remuemens de provinces.— Lettre de Henri, roi de Navarre (depuis Henri IV ) au maréchal de Montmorency, 7 octobre 1579 . " Mon cousin , j'ai entendu la prise de la ville de Monlagnac , le grand meurtre des habitans , l'ignominieuse mort des ministres et 11- pillage et saccagement de ladite ville, de (juoi j'ai élé grandement desplaisant tant pour l'esnormité de l'exécution que pour le presjudice qu'elle peut apporter à l'établisse-