PRISE D'ARMES DES CATHOLIQUES
Cette sollicitude pour les peuples s'explique alors par la convocation en chaque province de leurs Etats spéciaux, qui se tenaient en permanence au milieu des troubles et des atteintes sans cesse renaissantes aux édits de pacification. La convocation des États-Généraux était un mouvement politique trop puissant , où le catholicisme allait dominer désormais comme l'opinion de la majorité ; mais les États particuliers ofiraient des ressources à la modération ; ils étaient même une force à opposer à la ligue , qui, de toutes parts, se groupait autour de ses chefs.
Et celte ligue n'était point paisible à l'aspect des concessions que le conseil faisait aux huguenots. Le roi avait défendu sous peine de la vie les rassemblemens d'hommes armés, et le duc d'Auraale, faisant un appel aux braves catholiques , sG disposait à la guerre. Les huguenots se plaignaient encore de ces infractions à l'édit ; le prince de Coudé en écrivait à Henri III : « Est-il possible , s'écriait-il, que tout cela n'amène pas une prise d'armes générale » ? Le roi de France répondait « qu'il avoit expédié son varlet de chambre pour
loir adjouster foy à tous les artifices dont usent ceux qui y veulent les (roubles : mais vostre bonne volonté accompagnée de celle du roy de Navarre peut résister à tous ceux qui ne veulent le bien de ce royaume. « 3Iss. de Colbert, vol. XXIX , reg. en parch.