BATAILLES
sravoir la vérité et commander à M. d'Aumnle de faire séparer incontinent tout ce qu'il pourroit avoir assemblé , si tant est qu'il eust faict assembler, ce que je ne pense pas, car il sçait assez et un chascun aussi que je n'ay rien en plus grand désir que d'establir la paix en mon royaume, comme je vous prie , mon cousin, estre de vostre part très-asseuré , et pour ce , ne faire aucune assemblée de vostre costé ny chose qui puisse nuire et empescher cette mienne bonne intention *. » Le conseil était sans doute dans des senlimens pacifiques ; 11 avait assez de la guerre et cherchait la fusion des partis : mais ces partis n'étaient plus dans ses mains ; ils avaient leurs chefs de guerre tout trouvés : d'une part le roi de Navarre , de l'autre la grande famille de Guise. La couronne , ])Ouvoir modérateur , disparaissait dans ces conflits. Les élémens existans préL^ à s'enflammer, la p-uerre surgit tout à coup , et cela devait être. Si vous consultez les faiseurs de mémoires , c'est une imprudence de Henri III, une indiscrétion d'amour, caquetage de ruelle qui aurait fait éclater cette guerre, qu'au temps des marquis de Louis XV, un historien voulut bien désigner sous le nom de Gneire des amoureux **. Aux époques agitées, ces intrigues ont peu de forces ; les peuples
* Mss. (le Colbcrt, vol. xxix , reg. en parchem. ** Anqi ETji, -E'/Jn/ f/e la ligue.