LES PRINCES DE NASSAU
La race des Nassau savait trop bien sa faiblesse relative à l'égard de l'Espagne pour susciter des méfiances à la Belgique; elle avait vu et jugé que toutes les chances d'indépendance pour la patrie ne pouvaient naître que de l'union avec la France, et l'on se rappelle avec quelle ardeur , sous le gouvernement des huguenots à Blois et à Paris, le comte Louis avait sollicité l'intervention de Charles IX *. Pour perpétuer cette alliance avec toute une opinion, le prince de Nassau avait épousé la veuve de Téligny , ce gendre de Coligny tant exalté des calvinistes en France, doux et pieux souvenir que Genève aimait h ofirir à la vénération et à la reconnaissance de ses fidèles **.
* Tom. m , pag. 51 à 90.
** Il y avait de fréquens rapporls entre le prince d'Orange et le prince de Condé. Le 24 décembre 1581 , le prince d'Orange écrivit an prince de Condé pour le remercier de ses bonnes intentions et volonté au bien et repos des Pays-Bas ; il était bien aise d'apprendre sa prochaine venue au printemps: <• Je vous supplie, Monsieur, vous asseurer qu'il ne peut venir prince en ce pays qui y soit mieux reçu et auquel nous desirions faire plus de services. » i>Iss. de Colbert, vol. xxix, reg. en parch. — 25 avril 1582, il lui écrivait ; o Monsieur , je serois de ma part très-aise et ce pays bien honoré s'il vous plaist de nous venir aider à dé(;harger entièrement ce pauvre pays de la tyrannie du l'Espagnol ; connue aussi j'entends que Son Altesse le trouve