LA CODR DE CHARLES IX, ETC
Le parti calviniste était resté maître des relations à l'extérieur. 11 savait bien qu'une fois la France engagée dans la voie d'un système européen dominé parla réforme, elle subirait les mêmes lois à l'intérieur. Les chefs et protecteurs de la huguenoterie à la cour s'occupaient également de leurs intérêts particuliers dans l'ordre féodal ; ils cherchaient à consacrer l'indépendance provinciale, à réveiller les vieilles et puissantes existences des tenanciers de la couronne. 11 y eut un édit interprétatif de la grande pacification, favorable aux possesseurs de fiefs. La duchesse de Ferrare, cette ardente protectrice des doctrines calvinistes, reçut un agrandissement de son apanage * ; la maison de Chàtillon fut plus favorablement traitée encore. Des villes qui ne devaient point avoir de prêches, furent autorisées à célébrer la cène et la prière. Enfin le parti exigea pour sa sûreté le désarmement des bourgeois et du peuple de Paris, car ce peuple était menaçant : « Messieurs de la ville de Paris furent ouyr la messe aux Cordeliers qui depuis les derniers troubles se disoit tous les premiers dimanches du mois pour les capitaines de la ville, et icelle dicte, les capitaines mandés en une chambre du couvent, Messieurs leur dirent que le roy ne désiroit plus qu'il se fîst garde, et les auroit remerciés de leur soin ^. »
L'action du calvinisme étant ici pleine et entière. La minorité dominait et prenait ses précautions à l'égard des masses. Reste à juger maintenant l'usage que fit du pouvoir la gentilhommerie provinciale, et la grande réaction qui surgit contre elle par le massacre de la Saint-Barthélémy.
personnes qui en avaient connaissance : elles s'étaient adressées à lui pour avertir sa majesté, et lui ne \ oyait autre moyen que de le confier à ce prieur, pensant qu'il aurait l'occasion de quelque religieux espagnol qui pourrait s'adressera l'ainbassadtur d'Espagne, ou à tout autre Lon chrétien fidèle à son roi, qui remplirait certainement cette expédition volontiers ; le fait était de conséquence. Archives de Siinaucas, B 28'". — Le 9 novembre lo70, un certain frère Jacques Albert, de lOrdre de Saint-Dominique, écrivit au roi d'Espagne une lettre fort humble, datée de Bourges. H lui disait « qu'on venuit d'arrcster plusieurs hérétiques à Bourges, desquels il avoit sçu qu'il existoit en sa cité de Barcelone, en Catalogne, un presche, et grande compagnie de ces gens-là ; pourquoi moy, sire, qui suis catholique, et voslre très-humble serviteur, je n'ai voulu manquer de vous advertir que dételles assemblées et conventicules existoient en vostre royaume, bien seur que vous ue l'aurez pour agréable. » Archives de Simancas, B 29", et B 28 *'.
' MSS Béthune, vol. cot. 1516.
2 Regist. de i'hôtel de ville de Paris, MSSColbert, vol.CCLII, in-fol., eiCCLIlI.