‹ Histoire de la réforme, de la Ligue, et du règne de Henri IVChapitre 31 sur 144 · RÉSISTANCE I>D CATHOLICISME · texte numérisé non relu

RÉSISTANCE I>D CATHOLICISME

vaux * ; la liberté de chaque ville municipale s'identifiait à une pensée catholique ; ses chartes étaient sous l'aile d'un des noms vénérés par l'Église; les anniversaires des franchises locales, de la délivrance de la cité, se mêlaient à quelque cérémonie dans la chapelle voisine ; l'esprit de pèlerinage n'était point effacé dans le cœur des peuples ; on allait saluer l'ermite, pieux protecteur de la contrée. Les chroniques de chacune de ces petites nationalités racontaient dans leur naïf langage les dangers auxquels l'intervention divine d'une patronne les avait fait échapper ; ici c'était sainte Marthe qui avait délivré la contrée d'un monstre ; là saint Christophe avait écrasé de ses énormes bras une race d'hommes malfaisants; saint Roch guérissait delà peste , saint Victor avait vaincu les barbares ; que de consolations dans ces milles légendes ! Tous les pécheurs étaient élevés au ciel par la pénitence, et la fille d'amour elle-même trouvait dans Madeleine la pécheresse une consolation et une espérance. Ces images étaient partout reproduites ; les compagnies de gendarmes les avaient peintes sur leurs guidons de guerre, les confréries municipales sur les bannières de liberté ; le catholicisme se mêlait aux habitudes locales, aux souvenirs et aux privilèges de la cité ^. Et ces grandes et belles processions auxquelles assistaient cent mille personnes, nobles, bourgeois, peuple des halles, marchands et archers, ces multitudes qui venaient rendre hommage à la présence réelle du Christ dans l'eucharistie. c( Et quand un des bouts d'icelles processions étoit à Notre-Dame , l'autre bout touchoit déjà en l'égUse Saint-Denis^. »

La réforme arrivant pour bouleverser toute cette organisation po-

' On a tout à fait négligé pour l'histoire les belles et grandes collections des métiers , que possèdent les archives de la préfecture de police. — Voyez les livres si curieux des bannières où toutes les pieuses émotions des confréries se trouvent déposées.

* J'ai parcouru bien des chartes municipales ; il est rare qu'elles ne soient pas placées sous la protection d'un saint patronage. Pour s'en convaincre on peut jeter Ïe5 yeux sur les tomes II, IX, X, XIV, XVIII des grandes ordonnances du Louvre, qui contiennent presque toutes les chartes municipales jusqu'à Louis XI.

' Je n'ai jamais trouvé des détails plus circonstanciés sur les processions et les fêtes patronales, que dans une petite brochure de loO pages sous ce titre : La procession de Soissons, dévole et mémorable, faite en la louange de Dieu, par le ré\érend père monseigneur Jehan Ollivier, abbé de Saint-Médard, le dernier juillet 1330, et rédigées par écrit par M^ Jacques Petit, procureur du roi, lequel a été maistre de cérémonie; Paris, Tores de Bourges, 1380, in-S", (Il y avait trois cent, mille personnes,]

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