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TENTATIVES DE CONCILIATION ET DE REPRESSION

comité passa dès ce moment tout entière dans les mains dePontanus, c'est-à-diie du parti extrême. Il déclara « que l'on ne pouvait reconnaître l'autorité du pape, parce qu'il prétendait avoir cette autorité de droit divin et qu'il était l'antechrist prédit par saint Paul. »

L'empereur voyait ainsi s'évanouir ses espérances d'unité souveraine et religieuse ; la fusion n'ayant pu s'opérer, il voulut détacher de la ligue réformatrice chacun des princes protestants, soit par la crainte d'une forte et grande répression, soit par des avantages particuliers. Le 7 septembre 1530, Gharles-Quint, fatigué de tant de délais, fit déclarer que la conférence mixte avait produit dans son esprit la profonde conviction du peu de fondement de la confession d'Augsbourg ; il reconnaissait avec douleur que les luthériens s'éloignaient de ia vraie foi , et substituaient des nouveautés à la vieille et universelle croyance de l'Église et de l'empire. Si l'on demandait un concile, l'empereur se rendait garant qu'on l'obtiendrait du pape ; mais en l'attendant on devait se soumettre aux prescriptions catholiques *.

Les princes protestants se hâtèrent de répondre à l'empereur qu'il n'avait pas été bien informé de l'esprit et du résultat delà conférence, s'il pouvait penser que les arguments des députés romains eussent porté la conviction dans les èmes et détruit la vérité de leurs doctrines; qu'un concile librement élu confirmerait les vérités de l'Écriture que la foi nouvelle tendait à faire triompher: ils refusaient, en conséquence, toute soumission en ce qui touchait à leurs croyances^.

Bans ces circonstances agitées, l'empereur, qui s'était trop avancé, demanda instamment à la diète un rescrit de répression, car il fallait mettre un terme aux troubles de l'Allemagne. Ce décret fut rendu malgré les hautes protestations de tous les partisans de la réforme qui appelaient la liberté de conscience. L'acte de la diète, qui rompait brusquement toute possibilité d'un accord, portait que « désormais on ne soufifrirait plus en Allemagne la célébration de la cène ; la messe solennelle ou privée resterait établie selon le rit catholique ; le libre arbitre serait proclamé ; on restaurerait les statues mutilées par des

' Sleiuan, liv. VII, page 219. L'empereur semblait parler ici contre la conviction que lui prèle Sandoval, son historien ; il fait dire à Charles-Quint pariant des réformateurs : « Il est Irès-dangercux de disputer avec les hérétiques ; leurs raisonnements sont si puissants qu'ils peuvent très-facilement en imposer à un homme. » Sandoval, Hist. de Carlos V, tome II, §§ 9 et 10.

* Sleidan, liv. Yir, page 220.

mains barbares, et les images qui ornaient les temples ; les sacrements de l'Église resteraient au nombre de sept, administrés avec les mêmes pompes ; le mariage des prêtres était proscrit, mais ceux qui reviendraient au repentir pourraient être admis dans le sein de l'Église ; toute vente de biens ecclésiastiques, toute destination profane étaient déclarées nulles ; l'enseignement ne serait désormais confié qu'à des hommes de mœurs exemplaires confirmés par l'évêque ; la prédication, également surveillée, ne devait faire entendre que des paroles catholiques excitant le zèle et la dévotion pour la Vierge et les saints, les fêtes et les pieux exercices. On recommandait l'abstinence des viandes, la chasteté et l'inviolabilité des vœux; les monastères devaient être rétablis là où ils avaient été dispersés par la tempête ; tout fidèle demeurant dans un électorat réformé était mis sous la protection de la diète ; l'empereur devait employer toute sa puissance pour contraindre à exécuter ce décret ; et le prince qui en omettrait quelques conditions serait mis au ban de l'empire ' . »

Cet acte de la diète d'Augsbourg était une véritable réaction ; il ne tenait aucun compte des faits accomplis ; il tendait à bouleverser les propriétés, à contraindre les consciences. Les pouvoirs sont toujours ainsi préoccupés; ils ne savent pas qu'une loi contre des faits n'est qu'une feuille de papier morte et impuissante ; ils précipitent les crises. Charles-Quint oublia ici sa prévoyance et sa modération : sa grande pensée d'avenir l'abandonna. Le protestantisme était trop fort pour se laisser accabler sans combattre ; il prit les armes, se retrouva à Smalkalde pour conquérir ensuite les conditions libérales de Passaw.

' Pallav., Bisl. concil. Tridont., lib. 3, cap. 4, pag. 237.

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