‹ Histoire de la réforme, de la Ligue, et du règne de Henri IVChapitre 59 sur 144 · TACTIQUE DC CATHOLICISME · texte numérisé non relu

TACTIQUE DC CATHOLICISME

Le concile de Trente déclara , contrairement à l'école protestante, que les Écritures sacrées ne seraient et ne pourraient être interprétées que par l'Église, et jamais par la raisori individuelle. Les canons des deux Testaments y furent publiés; le péché originel admis; le concile prononça que c'était parles œuvres qu'on pourrait l'eCfacer : la question de l'immaculée conception de la Vierge resta indécise, parce qu'il n'était pas nécessaire de l'établir en dogme religieux ; le libre arbitre fut proclamé contre l'opinion des luthériens ; les sacrements furent réglés selon les vieilles lois de l'école catholique. On procéda cependant à la réforme de quelques superstitions populaires en conservant le cuite des images et de la Vierge '.

Quand on étudie toutes ces discussions théologiques, ces formules admises ou rejetées dans la vaste théorie du catholicisme, on voit poindre et grandir l'influence de la philosophie : la plupart des débats qui s'établirent à Trente reproduisent les controverses des écoles antiques de Platon, d'Aristote, de Plotin , de Porphyre. L'étude des sciences profanes pénétrait de ses puissantes clartés la théologie chrétienne, et la dominait alors même que dans son orgueil l'Église la proscrivait comme une hérésie !

Celte première époque du concile de Trente, profondément agitée par mille divisions particulières , tiraillée par le pape , par tous les princes intéressés à la prompte solution des questions religieuses, aggrava la situation du catholicisme plutôt qu'elle ne facilita une conciliation. Les évoques réunis n'avaient pas procédé avec la libre et grande manière des assemblées de Bàle et de Constance ; ils n'avaient pas marché nettement à une haute réformation de discipline et de mœurs ; ils furent dominés par de petites idées, et dès lors le concile trouva de vives oppositions. Il ne fut pas même admis en France pour la discipline spécialement. On aurait dit que lesévéques, méconnaissant leur temps, s'étaient reportés la vieille époque catholique du moyen âge, pour en relever l'édifice sans rien voir de ce qui se pressait autour d'eux. On demandait partout des concessions; ils livrèrent un combat. C'est ainsi que procèdent toujours les opinions extrêmes ; elles aiment mieux se compromettre que se modifier, se jeter dans des difficultés sans fin , plutôt que d'arriver à une conciliation sage -«t prudente. Le concile de Trente souleva une question d'amour-

' Labbe, CoUecl. concil. lomcXIV.

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