CHAPITRE II
l'église Al SEIZIÈME SIÈCLE.
Aspect de l'Église. — La papauté. — Innocent VIII. — Alcïar.dre VI. — Jules H. — Opposition des conciles. — Schisme. — Les concile? de Pise, de Latran. — Querelles des monastères. — Suspension de Jules II. — Mesures de répression, — Avènement de Léon X.
L'Église avait offert dans le moyen âge un majestueux spectacle! Cette immense monarchie marchait sous la main d'un seul pouvoir. La tiare, brillant de la triple couronne, avait tout régi dans cet univers de bataille et de grandes luttes féodales ; les sciences, les relations diplomatiques, et jusqu'aux plus petits détails du gouvernement et de la famille, s'étaient centralisés dans la cour de Rome : puissance mystérieuse et morale, la papauté avait adouci les mœurs sauvages, et rais un frein à ces coutumes des forêts que les nations germaniques apportaient au bruit de la framée dans le vieux territoire des vaincus. Pendant plus de cinq siècles le catholicisme avait été le signe universel de la cité, le principe de toute administration politique, la force enfin de la sociabilité. Mais des causes nombreuses menaçaient l'unité catholique au quinzième siècle; il est maintenant encore essentiel de bien préciser l'état de l'Église, et de voir quels éléments elle avait pour se défendre contre la rénovation d'idées et de systèmes qui marqua cette immense époque.
En racontant les conciles de Bt^le et de Constance *, j'ai dû exposer le besoin universellement senti par l'Église de se réformer elle-même;
' Histoire constitulionnelle, tome III, page 29 à 10.