U INTRODUCTION
grands et de nobles , qui , possesseurs dans le canton de Genève, de quelques acres de terre-, les érigent en principautés. Ils sont en hostilité avec la Savoie qui leur dispute le coin de terre qu'ils se sont approprié y avec l'empire germanique qui cherche à reprendre un titre qu'ils ont usurpé, avec la bourgeoisie qui réclame ses franchises,* avec Tévéque de Genève qui veut être prince temporel en vertu des chartes que les empereurs lui ont octroyées. Celte lutte multiple entre tant de compétiteurs, pendant laquelle, dit Bonnivard , t La commune conquestoil chaque jour de nouvelles libertés • , se termina, ou plutôt se simpliGa au commencement du XY* siècle, quand Odo de Yillars eut vendu son comté de Genevois au duc de Savoie Amé YUI. A partir de cette époque , les évèques eurent à défendre leur autorité temporelle contre les seules entreprises des ducs de Savoie. Mais ces princes , devenus vicaires du Saint-F.mpire, comtes de Genevois, et Yidomnes (1 jdc Genève, office que leur avaient cédé les évèques et qu'ils exerçaient par des lieutenants , persistèrent d'autant plus dans leurs entreprises, qu'ils avaient plus d'intérêt à incorporer dans leurs états une ville qui s'y trouvaient enclavée.
Genève eut dcnc , jusqu'à la réforme , une sorte de pouvoir tricéphale que se partageaient l'évèque, le duc et les bourgeois • L'évèque, d'après la constitution, devait être élu parles chanoines et désigné par le peuple. Ce mode d'élection, si propre dans une constitution démocratique , comme l'était celle de Genève, à consolider l'aulorilé civile et religieuse du prélat en le rendant le premier magistrat de la cité , plusieurs papes eurent le tort de ne pas le respecter , et de faire directement eux-mêmes la nomination épiscopale. L'évèque et le vidomne juraient, en entrant en charge , de maintenir les libertés et les franchises de la commune. Le peuple , ou plutôt les chefs de
(1) Yidomne , vîeei thmùU gerens. En Fnnce on appelait Vidamea caa oiB* clan daa éTéqaea.
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famille s'assemblaient deux fois par an, le dimanche après la Sl-Mardn , pour régler la vente et le prix du vin y et le dimanche après la Purification , pour élire les quatre Syndics et le Conseil de la ville. Les membres du conseil étaient les quatre syndics , un trésorier et viugl conseillers. On ny recevait que des gentilshommes, des gradués en quelque science, ou des marchands grossiers. Le conseil avait Tadministration de la police municipale , faisait faire le guet de jour et de nuit ; il avait les clefs des portes de la ville qu'il ouvrait et fermait à son gré. Si Ton trouvait de nuit un malfaiteur , on Tappréhendait au corps , et le lendemain matin on le déposait dans les prisons de Tévéque ; le conseil instruisait le procès et jugeait de tout crime. La sentence rendue, le vidomne était chargé de la faire exécuter. L'évéque avait le droit de grâce.
Il y avait un autre conseil de cinquante membres élus par le peuple , quand survenait quelque affaire importante , des maîtres jurés des métiers pour toute la durée des foires , enfin le Conseil général , composé, comme nous Favons dit, de tous les chefs de famille , dans lequel les chanoines représentaient le clergé, et dont Févéque était obligé de confirmer les statuts et règlements. La publication de toute ordonnance nouvelle se faisait dans les rues et carrefours de la ville , à son de trompe et en ces termes : — « On vous fait assavoir de la part de trèsrévérend et noble très-redouté seigneur, Monseigneur Tévéque et prince de Genève , de son vidomne et des syndics et conseils et prudhommes de la ville. » Plus tard, après Falliance de Fribourg, il y eut , à l'exemple de ce canton , quatre conseils à Genève : celui des Vingt-Cinq , appelé le petit conseil, le conseil ordinaire , ou simplement le conseil ; celui des Soixante ; celui des Deux-Cents , appelé aussi le grand conseil ; et le Conseil général.
Lorsque les ducs de Savoie faisaient leur première entrée dans Genève , on leur présentait en dehors de la ville le livre des franchises qu'ils étaient obligés de jurer. Le vidomne était