‹ Histoire de la réforme et des réformateurs de GenèveChapitre 2 sur 51 · IV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

IV INTRODUCTION

nommé par eux , mais il jurait fidélité à Tévéque et aux syn^ dics. Il formait avec ses assesseurs un tribunal qui jugeait les causes de minime importance. L*appel n'allait pas du vidomne au due , mais au conseil épiseopal qui connaissait de toutes les causes civiles. Les revenus du vidomnat se partageaient entre Tévéque , le duc et la \ille. La sentence des syndics et conseil, dans les procès criminels concernant les séculiers, était sans appel ; mais on pouvait appeler des jugements du conseil épiseopal et de Tévéque aux supérieurs du prélat en matière eeolésiastique , savoir : à Tarchevéque de Vienne et au Pape.

Le duc de Savoie possédait, à une demi-lieue de Genève, une petite place forte, appelée Château-Gaillard. Quand les syndics avaient condamné quelque malfaiteur à une peine corporelle , ils envoyaient la sentence au \idomne avec celte injonction : — « A vous , Monsieur le Vidomne , mandons et commandons de faire mettre notre sentence à exécution. » Le vidomne faisait conduire le patient jusqu'à la porte de la ville, dite du Château , et là , un archer criait par trois fois : — « Y a-t-il personne pour Monsieur de Savoie, seigneur de Chastel-Gaillard ? » A la troisième fois, le châtelain s'avançait, elle vidomne, après avoir lu la sentence contre le malfaiteur , lui commandait de l'exécuter. Le châtelain appelait le bourreau , et l'exécution avait lieu, non sur les terres du duc , mais au Champel qui était de la juridiction de l'évéque.

En examinant l'organisation politique de Genève, il est facile d'apercevoir le vice d'une constitution qui consistait dans l'association de trois pouvoirs de force inégale. Or, comme il est de la nature de tout pouvoir , de tendre à l'unité, des trois qui composaient la souveraineté de Genève, celui du duc et celui de l'évéque étant les plus faibles , devaient , après une lutte plus ou moins longue , plus ou moins violente , céder la place au pouvoir du peuple qui était incontestablement le plus fort. En effet, le peuple par ses conseils et ses syndics , jugeait les procès criminels , faisait les lois et les ordonnances, veillait à

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