CHAPITRE FREMIfiR. ( 4110 i
GenèTe a pourpHnces soaTcraînt MsÉvèques. — L^évèque Ardutius etPEmpecear Frédéric Barberoasse. — Les comtes de Genevois et de Savoie. — L'office de TidoBoe. -* ftéteption àa la maison dd Savoie à la souToraineté de Genivow *
La ville de Genève, ancienne colome romaine, était, sous les Carlovingiens, une cité impériale que gouvernaient. des comtes nommés par les empereurs. Ces comtes de Genève ou de Genevois , comme des historiens les appellent , se déclarèrent indépendants de Tautorité souveraine au commencement du Xlf siècle. Ils profitèrent des embarras de l'empire ([ermanique , soit en Italie à cause des élections et des in-
yestitures , soit en Palestine à cause des Sarrasins , pour s'attribuer la propriété incommutable d'un pouvoir dont ils n'étaient que les dépositaires , et pour le transmettre à leurs enfants. Les empereurs ne se trouvant pas en état de les soumettre par la force et de punir leur rébellion , remirent leurs droits aux évoques , qui leur avaient été fidèles , à la condition de leur en faire hommage et de les reconnaître pour suzerains.
Les comtes disputèrent aux évoques la seigneurie de Genève ; mais le peuple qui aimait ses pasteurs, parce qu'il les avait élus, et les entourait de sa vénération pour leur caractère, entra chaudement dans leurs intérêts , de sorte que les prélats l'emportèrent sur eux dans la ville. Mais les comtes , ayant en leur pouvoir les places fortes du voisinage , se rendirent maîtres de presque tout le territoire qu'on appelait depuis plusieurs siècles Comitatus Gebenensis, le Comté Genevois. Ils continuèrent pendant longtemps à vouloir s'emparer de la souveraineté de Genève, jusqu'à ce que les évoques , les regardant comme leurs vassaux , mais ne pouvant les empêcher de posséder le territoire situé dans le voisinage de la ville, finirent par leur donner en fief ce qu'ils étaient hors d'état de leur enlever. C'est ainsi qu'en agit l'évêque Wido en faveur de son frère le comte Aimon. Il lui ^donna même, dans cette investiture, par affection fraternelle sans doute , plusieurs châteaux et villages de la mense épiscopale de Genève , tels que Bonmont et Hautecombe.
Wido étant mort en 1 1 20, la même année qu'il avait donné ces fiefs à son frère , Humbert de Gramont , son successeur , refusa de reconnaître une inféodation qu'il disait avoir été faite au préjudice de son égUse. Pour mettre d'accord les deux parties , il ne fallut rien moins que l'intenention de l'archevêque de Vienne, métropolitain et légat apostolique. Un des articles du traité, qui termina leur différent, portait
que le comte de Genevois ne pourrait bâtir aucun fort sans le consentement de révoque. Ce traité fut conclu à Seissel en
Après la mort de Humbcrt de Gramont , Ardutius , élu évêque de Genève, eut à défondre les droits de son église contre les entreprises du comte de Genevois. Le zèle et l'intelligence qu'il déploya dans cette circonstance, le succès qui couronna ses efforts , Tauthonticité des documents où sont consignés les actes mémorables de son épiscopat , méritent à Ardutius une place distinguée dans Tliistoire de Genève. S'il faut^en croire un passage d'une des deux lettres que St Bernard lui écrivit après son élection , la conduite antérieure du nouvel évoque , ses études , ses connaissances étaient loin de faire pressentir qu'il saurait montrer , en défendant les privilèges de son église, qu'il était vraiment digne des saintes fonctions auxquelles le peuple et le clergé l'avaient appelé. Nous croyons devoir donner en entier ces deux lettres du célèbre abbé deClaînaux, dont les sages conseils durent profiter au prélat.