‹ Histoire de la réforme et des réformateurs de GenèveChapitre 9 sur 51 · INTRODUCTION. XV · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XV

docteurs avaient le titre de domtnusou seigneur, les syudies o'avaieot que celui de monsieur ou messire (1).

Les juristes étaient donc grassement payés et menaient joyeuse vie à Genève. On ne les vit point , il faut bien le dire à leur honte 9 prendre contre Calvin, la défense des patriotes opprimés ; et ils laissèrent , sans protestation , le ihéocrate tremper ses mains dans le sang des ennemis de sa tyrannie.

Ainsi , de pareilles mœurs , des habitudes si laborieuses , la nature même de leur travaux journaliers devaient inspirer aux Genevois une grande aversion pour les subtilités dogmatiques de la réforme. Au contraire , ce peuple , si amoureux de ses franchises et de ses libertés , était d'autant plus attaché à la religion catholique , qu'elle était intimement liée à son indépendance. Il n'ignorait pas d'ailleurs que le pouvoir épiscopal , sous lequel il avait si longtemps vécu « dans une paix et une tranquillité parfaite, in paceet tranquillitateperfeclaj » comme il l'avait solennellement déclaré, en 1420, était le principal auteur de son émancipation politique. Pourquoi le peuple genevois aurait-il renoncé à une religion dont les institutions de bienfaisance et de charité étaient si conformes à ses mœurs hospitalières ? Pourquoi le temple catholique , toujours ouvert au recueillement et à la prière , aurait-il cessé d'être pour lui la maison de Dieu ? Pourquoi l'ancien culte avec ses hymnes pleins de poésie, ses chants si profondément religieux, avec la pompe et la majesté de ses cérémonies, aurait-il cessé d'élever son âme et de faire, en exaltant son amour du beau, une salutaire diversion à ses travaux matériels ? Pourquoi le% pieuses pensées qui semblent s'exhaler du sanctuaire catholique avec le parfum de Tencens , auraient-elles cessé d'embaumer son âme , et de la rendre et plus heureuse et meilleure ? Content

(1) Pioot , Hnr. de GoKkn , cit. p. Audln.

XYI UfTBODncnON.

de la foi de ses pères , il ne désirait pas la changer pour les dogmes nouveaux qui avaient troublé FAUemagne. Que lui fallail-il donc , pour qu'il repoussât loin de lui la réforme et les réformateurs ? Une seule chose : la renonciation du duc de Savoie à son injuste prétention de dominer Genève.

HISIfOIRE

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