‹ Histoire de la réforme protestante en Angleterre et en IrlandeChapitre 26 sur 32 · LETTRE XV · texte numérisé non relu

LETTRE XV

La révolution d'Amérique procure du soulagement AUX CATHOLIQUES. PERSÉCUTION JUSQU'aTT

RÈGNE DE Jacques IL L'église anglicane s'oppose a la LIBERTÉ DE CONSCIENCE. CoDE PÉNAL HORRIBLE, QUE LA CRAINTE FORCE ENFIN A ADOU- CIR. La RÉVOLUTION FRANÇAISE FAIT MODIFIER IF, CODE DE NOUVEAU. CoDE PÉNAL TEL QU'iL EXISTE MAINTENANT. RÉSULTAT DE LA RÉFORME POUR CE QUI REGARDE LA RELIGION.

Mes Amis, Kensington , le 3i Janp. 182G.

428. Nous avons passé en revue les actes de la " réforme " depuis son origine sous le règne de Henri VIII jusqu'à la révolution cV Amérique. Il ne nous reste plus qu'à la suivre jusqu'à nos jours , époque qui renferme la révolution française. C'est ce que je me propose de faire dans cette lettre ; et dans la suivante je prouverai la proposition que j'ai avancée, savoir qu'avant ce qu'on a appelé " la réforme y " l'Angleterre était plus puissante et plus riche , et que le peuple était plus libre , mieux nourri

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et mieux habillé et avait plus de mœurs qu'à aucune époque depuis cet événement. Je terminerai cette lettre par une liste de toutes les abbayes , des prieurés et des autres propriétés qui , d'après la grande cliarte, appartenaient à V Eglise et aux pauvres , et furent prises par les réformateurs. Je les diviserai par comtés et donnerai les noms de ceux auxquels on les accorda.

429. La révolution d'Amérique qui , comme nous l'avons vu, fut la suite directe des mesures que l'on avait adoptées en Angleterre afia d'ecraser les catholiques et de faire disparaître pour toujours leur religion, finit, en dernier résultat , par faire du bien aux catholiques , en déterminant le peuple anglais à adoucir, pour sa propre sûreté , ce code pénal qui pendant si long-temps les avait châtiés j mais avant de parler de la cause immédiate , des moyens et du degré de cet allégement, jetons d'abord un coup d'œil sur cet horrible code : ce monstre en législation , qui surpassa par la manière dont il viola les préceptes de l'humanité et de la justice tout ce qui a pu dans le monde recevoir le nom de loi.

430. Nous savons avec quelle cruauté les catholiques furent traités sous les règnes de la bonne reine Bess et de Jacques I. Nous connaissons les amendes, les pillages , les voleries et les punitions corporelles auxquels ils étaient exposés j

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mais quoique dès cette époque le code pénal rédigé contre eux fût capable de faire frissonner riiomme le plus intrépide, nous sommes cependant obligés de le regarder comme une douceur quand nous voyons la férocité qu'il développa plus tard. Nous avons vu que les catholiques furent misa l'amende, tourmentés, chassés, volés, pillés sous le règne de la bonne Bess. Nous avons vu les mêmes horreurs se continuer sous son successeur immédiat , avec cette différence toutefois qu'on donna alors les Anglais à piller aux Écossais. Nous avons vu que Charles I , pour lequel ils combattirent vaillamment contre Cromwell, les traita aussi cruellement que les deux premiers. Nous avons vu que Charles II les abandonna avec l'ingratitude la plus noire aux persécutions de l'église " établie par la loi. " Nous avons vu que les protestans eurent la bassesse et le roi l'indignité de souffrir que l'on plaçât une inscription mensongère sur le monument de Fisch-Street-Hill, dans la ville de Londres , quoique lord Clarendon ( dont l'église anglicane tient le nom en si grand honneur ) dise expressément dans l'ouvrage que l'université d'Oxford publie à \imprimerie de Clarendon ( pag. 348 , continuation ) , " qu'un comité de la cham- " bre des communes qui désirait vivement en " reconnaître la preuve ne put jamais rien trou- " ver qui appuyât ce soupçon , et que cet in- " cendie déplorable n'eut pas d'autre cause que

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" la colère du Tout-Puissant. " Quelle infamie donc de l'attribuer aux catholiques I quelle infamie de tracer l'inscription mensongère sur la colonne ! Quel acte de justice dès-lors quand Jacques II la fit effacer ! Quelle honte pour Guillaume de l'avoir laissé rétablir, et combien ne sommes-nous pas coupables nous qui la laissons ainsi sans demander par pétition qu'elle soit effacée !

43 1. Mais ce fut après l'expulsion de Jacques II que le code pénal devint réellement horrible; et ici il est de la plus haute importance pour la cause de la liberté que nous remontions jusqu'aux vrais auteurs de ce code pénal, je veux dire jusqu'au clergé de l'église établie. C'est ce qui est assez évident par l'histoire tout entière de cette église. Jusqu'au règne de Jacques II, il est vrai, le souverain était de la religion établie y en sorte que les persécutions paraissaient venir de lui ou d'elle ^ mais quand le roi ne chercha qu'à adoucir le code penal , quand le roi fut pour la tolérance , alors le monde vit clairement quels étaient les véritables persécuteurs ^ et c'est là un sujet qui mérite toute notre attention avant que nous en venions à un examen plus détaillé du code et aux causes qui en amenèrent à la fm l'abolition presque complète.

432. Jacques n voulut abohr le code pénal : il désirait établir une tolérance générale. Il fit une

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proclamation par laquelle il suspendait toutes les lois pénales qui avaient rapport à la religion et accordait une liberté générale de conscience à tous ses sujets j ce fut là son crime. Ce fut pour cela qu'il fut privé pour toujours de ses droits au trône avec ses héritiers! C'est ce qu'aucun homme ne peut nier. Le clergé anglican s'éleva contre lui ; six évêques lui présentèrent une pétition insolente contre l'exercice de la prérogative dont avaient joui et usé tous ses prédécesseurs. Ils amenèrent cet opposition qui fit la glorieuse répolution , et ils furent les plus actifs comme les plus acharnés des ennemis de cet infortuné roi , dont le crime fut d'avoir voulu accorder la liberté de conscience à tous ses sujets, et dont les dépouilles mortelles , qui avaient été déplacées par les révolutionnaires français, furent traitées avec respect par notre roi actuel qui par là se fit le plus grand honneur.

433. Nous allons voir maintenant un aperçu de ce terrible codej mais ce ne doit être qu'un aperçu : car deux cents lettres comme celles-ci ne sufïiraient pas pour le rapporter en entier. 11 fut toujours en augmentant en cruauté comme en volume, depuis le couronnement d' Elisabeth jusqu'à environ vingt ans après celui de Georges III, époque où des événemens, comme nous le verrons , le firent abandonner. Enfin il comprenait plus de cent actes du parlement qui avaient tous pour objet spécial de punir ceux

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seulement qui restaient fidèlement attacliés à la religion dans laquelle leurs pères aussi-bien que les nôtres avaient vécu et étaient morts pendant une période de neuf cents ans ! Le code diftérait en quelques points dans son application par rapport à l'Angleterre et à l'Irlande.

434. En Angleterre ce code i» privait les pairs de siéger au parlement; 1^ il privait les gent-* lemens du droit d'être choisis membres de la chambre des communes; 3° il enlevait à tous le droit de voter aux élections ; quoique la grande charte dise qu'aucun homme ne sera taxé sans son consentement , il doublait les imposifion.f de tous ceux qui refusèrent d^abjurer leur religion et de devenir apostats ; 4° '^ ^^"'^ refusait l'accès de toutes les places , même les plus insignifiantes ; 5° il les déclarait inhabiles à présenter aux bénéfices de l'église , quoiqu'on eût accordé ce droit aux quakers et aux juifs ; 6'^ il les condamnait à une amende de 20 liv. par mois , s'ils n'entraient pas dans les églises , ce qu'ils regardaient comme une apostasie ; 7* il leur défendait d'avoir des armes dans leurs maisons pour leur défense, de plaider des causes en justice, d'être tuteurs ou exécuteurs, d'être médecins ou avocats , de s'éloigner de plus de cinq milles de leurs maisons ; et toutes ces défenses , sous peine de graves châtimens dans le cas de désobéissance ; 8^ si une femme mariée n'allait pas à l'église , elle perdait les deui

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tiers de sa dot ; elle n'était plus apte à être exécutrice testamentaire de son mari et pouvait , pendant la vie de ce dernier, être emprisonnée, à moins qu'il ne payât lo liv. par mois pour elle ; 9" il donnait le droit à quatre juges de paix y dans le cas où un homme serait convaincu de ne pas fréquenter l'église , de le faire venir devant eux, de le forcer à abjurer sa religion , ou , s'il s'y refusait , à le condamner au bannissement perpétuel ( sans juges ni jurés ) , et s'il revenait , il devait être puni de mort ; i o® il donnait le droit à deux juges de paix d'appeler devant eux, sans aucune information, tout homme quelconque, pourvu qu'il fût âgé de plus de seize ans, et si cet homme refusait d'abjurer la religion catholique et continuait dans son çefus pendant six mois , il devenait incapable de posséder des terres , et toutes les terres qui pouvaient lui appartenir revenaient à son plus proche héritier protestant qui ne devait ensuite aucun compte de leur revenu ; 1 1 <* il rendait cet homme inhabile à acheter des terres; et tout acte ou tout contrat qui était fait par lui ou pour lui était nul ; 12° il imposait une amende de 10 liv. par mois à ceux qui employaient dans leur famille un précepteur catholique , et de 2 liv. par jour au précepteur lui-même ; i3° il punissait d'une amende de 100 liv. ceux qui envoyaient un enfant dans une école catholique étrangère , et l'enfant devenait inhabile à héri-

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ter , acheter ou posséder des terres , des revenus , des biens , des dettes , des legs ou des sommes d'argent; i4° il punissait d'une amende de 120 liv. celui qui disait la messe, et d'une de 60 liv. celui qui l'entendait ; tout prêtre catholique qui revenait d'au-delà des mers et qui n'abjurait pas sa religion dans les trois premiers jours , ou toute personne qui revenait à la foi catholique ou en faisait revenir une autre était condamnée par ce code sanguinaire à èire pendue j éi^entrée et écartelée.

435. En Irlande , le code était encore plus féroce, plus hideux et plus sanguinaire ; car toutes les cruautés que contenait le code Anglais avaient été réunies , comme l'ouvrage de quelques heures seulement , dans un seul acte et infligées à ce malheureux pays. Mais en outre, le code Irlandais contenait , parmi beaucoup d'autres infractions à toutes les lois de la justice et de l'humanité, les vingt châtimens affreux qui suivent : 1° Tout précepteur catholique, public ou particulier , celui même qui n'était que sous-maître d'un protestant était puni de prison , de bannissement , et enfin comme un félon. 2° Les membres du clergé catholique ne pouvaient rester dans le pays sans se faire enregistrer ; on les gardait comme des prisonniers, et on donnait (du revenu levé sur les catholiques) des récompenses à ceux qui les découvraient : 5o liv. pour un archevêque ou pour un évêque,

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20 liv. pour mi piètre et lo liv. pour un maître d'école ou un sous-maître. 3° Deux juges de paix pouvaient mander devant eux tout catholique , lui ordonner de déclarer avec serment où et quand il avait entendu la messe, qui v était présent, le nom et la résidence des prêtres ou des maîtres d'école qu'il pouvait connaître, et s'il refusait d'obéir à cet ordre inhumain, ils avaient le pouvoir de le condamner (sans juges ni jurés) à une année à^ emprisonnement dans une prison d'état ou à une amende de 20 liv. 4** Aucun catholique ne pouvait acheter de fief ni même passer de bail pour plus de trente-un ans. 5<* Tout protestant qui en soupçonnait un autre de tenir en fidéi-commis une propriété pour un catholique, ou d'être engagé dans quelque marché , bail ou autre contrat pour un catholique , pouvait dresser un bill contre le dépositaire , et lui enlever le bien ou la propriété. 6° Tout protestant qui voyait un catholique tenir une ferme dont le produit excédait de plus d'un tiers le montant de la rente qu'il avait à payer, pouvait en déposséder le catholique et prendre le bail à sa place. 7" Tout protestant qui voyait entre les mains d'un catholique un cheval de plus de cinq livres , pouvait s'emparer de ce cheval en lui comptant les cinq livres. 8° Afin de n'avoir pas à craindre que la justice pût être rendue dans ces cas et d'autres semblables, on n'admettait au jugement

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pour jurés que des protestaiis connus, g» On pouvait prendre les chevaux des catholiques pour le service de la milice, et en outre les cathohques payaient double taxe pour la milice. io°. Les marchands dont les vaisseaux et les biens pouvaient être pris par des armateurs pendant une guerre avec un prince catholique devaient être compensés de leurs pertes par mn impôt levé sur les biens et les terres des callioliques seulement y quoique ces mêmes catholiques , remarquez-le bien , fussent aussi forcés à servir l'état en même i^uips et à verser leur sang dans la guerre contre ce même prince catholique. 1 1^* La succession d'un protestant dont les héritiers, selon la loi, étaient catholiques, devait passer à son plus proche parent protestant , comme si les héritiers catholiques étaient morts, quoique les propriétés leur eussent été peut-être léguées. 12** S'il n'y avait pas ai héritier protestant , alors pour séparer toutes les familles catholiques , on ne faisait aucun droit à la substitution ni à la succession, et l'on divisait la propriété en autant de parts qu'il y avait d'héritiers catholiques. i3*^ Le protestant qui avait une propriété en Irlande ne pouvait épouser une catholique , ni en Irlande , ni hors de ce royaume. i4° Tout mariage entre protestans et catholiques était annulé , quoiqu'il en fût né souvent plusieurs enfans. iS» Tout prêtre qui célébrait un mariage entre un catholique et un protestant ou entre deux proteslL.ns, était cou-

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çlaniné à être pendu. iG» Un père catholique ne pouvait garder lui-même son fils si l'enfant , quelque jeune qu'il fût, prétendait être protestant j mais on enleu'ait l'enfant d'auprès de son père , et on le mettait sous la garde d'un parent protestant. ly» Si l'enfant d'un catholique se faisait protestant , on devait aussitôt faire comparaître le père , et on lui faisait déclarer sur serment , la valeur de tout ce qu'il possédait , et alors la chancellerie distribuait cette propriété comme elle le jugeait à propos. iS*' Femmjes obéissez à vos maris, dit le grand Apôtre; femmes , désobéissez , leur dit cet horrible code : car si la femme d'un catholique voulait se faire protestante , il la rendait indépendante de la volonté de son mari , et la faisait participer à tous ses biens malgré lui , quelqu'immorale et mauvaise femme ou quelque mauvaise mère qu'elle eût été. 19° Honore ton père et ta mère afin que tu jouisses d'une longue vie dans la terre que le Seigneur ion Dieu t'a donnée ; déshonore-le , dit ce code affreux , car si quelqu'un des fils d'un père catholique venait à se faire protestant , ce lils devait posséder tout ce qu'avait le père , qui ne pouvait ni vendre ni engager , lii léguer une partie quelconque de ses biens , à quelque titre qu'il les possédât , lors même qu'ils étaient le fruit de son travail. 20** Enfin " l'église établie par la loi " voulait bien dans sa grande indulgence, non-seiilement ou-

vrir ses portes , mais encore assurer ( sur les taxes ) une pension de trente livres pour la vie à tout prêtre catholique qui abjurerait sa religion et déclarerait adopter les dogmes de Véglise anglicane.

436. Anglais , y a-t-il un seul homme dont la langue ne se glace à ce récit ? Y en a-t-il un seul qui, en se rappelant que ces barbaries ne furent exercées que contre ceux qui restaient fidèlement attachés à la foi de leurs pères et des nôtres, à la foi d'ALFRED, le fondateur de notre nation , à la foi des auteurs de la grande charte , et de toutes ces vénérables institutions dont nous nous glorifions avec tant de raison j qui étant , comme moi , protestant de l'église d'Angleterre , et pensant que toutes ces cruautés ne furent exercées que pour donner et conserver la prédominance à cette église, n'éprouve non-seulement avec moi un profond chagrin et une grande honte pour le passé , mais aussi le désir de voir rendre à l'avenir justice à ceux qui ont tant souffert.

437. Pour ce qui est de l'injustice, de la barbarie , de l'immoralité épouvantable de ce code , elles n'ont pas besoin de commentaires , elles sont assez condamnées par la voix de la nature elle-même. Mais au milieu de ce choquant assemblage il y a deux choses qui me portent à demander si l'amour de la vérité ou le désir de déraciner une erreur religieuse ont pu entrer

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pour une part, quelque petite qu'on le suppose, dans les motifs de ces barbares? Ces deux choses sont : la récompense offerte aux prêtres catholiques pour les porter à embrasser notre croyance et les terribles moyens pour empêcher le mariage entre catholiques et protestans. Ces mesures se seraient- elles jamais présentées d'ellesmêmes à l'esprit d'hommes sincèremej;ît persuadés que la foi de l'église était soutenue par des preuves plus irrésistibles que celles sur lesquelles reposait la religion catholique? L'éghse anglicane avait pour elle tout le pouvoir, tous les honneurs^ tous les émoi um ens , enfin tous les agrémens qui peuvent plaire dans ce monde : elle les distribuait continuellement à ceux qui entraient dans l'ordre ecclésiastique, et si, outre tous ce^ avantages, elle s'était cru aussi-bien soutenue par le raisonnement, aurait-elle cru nécessaire d'offrir directement et avec bassesse une somme d'argent déterminée à celui qui se joindrait à elle , et lorsqu'elle savait bien que le converti payé ne pouvait toucher son argent que quand il aurait violé son vœu solennel ? Quant aux mariages , pourquoi ne pas les permettre, pourquoi les punir si sévèrement, pourquoi les annuler si l'Église était persuadée de la force et de V évidence de ses preuves ? Qui a plus de pouvoir sur l'esprit de la femme que son mari? sur celui du mari que la femme? est-ce que l'un des deux entraînerait l'autre à changer de religion? très-pro-

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bablement : l'un des deux convertirait l'autre dans dix-neuf cas sur vingt ; la passion qui a subjugué les préjugés religieux aurait dans presque tous les cas amené les deux partis à la même religion. Mais que pouvait objecter à ceci l'église anglicane si elle était sûre d'avoir de son côté la vraie foi , si elle était sure que ses preuves étaient plus claires que celles de la religion opposée ; si elle était sûre qu'une personne qui en aimait réellement une autre, qui en était également aimée , et qui appartenait à sa communion persuaderait facilement à l'autre d'embrasser cette communion? Qu'avait-elle enfin à craindre de ces mariages si elle était assurée de tous ces points? et si elle n'en était pas assurée, je vous le demande , justes et sensibles Anglais , que peut-elle apporter pour justifier son inhumain code pénal ?

438. Parlez des feux de Smitbfield ! feux qui en effet ne purent être justifiés , et que tous les catholiques condamnent sévèrement. IMais quoi! grand Dieu ! peut- on opposer la mort d'environ deux cent soixante-dix-sept personnes , quelque cruelle et quelqu'injuste qu'elle ait été , aux tourmens dont nous venons de parler , qui furent exercés pendant plus de deux cents ans sur tant de millions d'individus j sans tenir compte des milliers de cal!, liques qui, pendant ce long espace de temps , périrent au milieu des tortures, dans les prisons et qui furent pendus, even-

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très et écartelés ! Mais en outre n'oublions pas <{ue les châtiraens de Smithfield avaient pour but de tirer vengeance et de faire des exemples d'un petit nombre d'individus qui prétendaient renverser la religion de leurs pères et celle dans laquelle ils avaient eux-mêmes été élevés. Et si ces châtiraens furent cruels et injustes , comme tous conviennent qu'ils le furent , quels t/erraes emploierons-nous pour exprimer l'horreur de ce code pénal qui était destiné à châtier non un petit nombre mais des millions dindividus, ou pour punir non ceux qui avaient apostasie et renoncé à la religion de leurs pères , mais ceux qui , au détriment de tous leurs biens de ce monde , restaient fidèles à cette religion ? Si nous ne trouvons rien qui puisse justifier les châtimens du règne de Marie infligés, comme tout le monde le sait , à un très-petit nombre d'individus qui avaient non- seulement apostasie et renoncé à la foi de leurs pères , mais qui , pour la plupart étaient connus comme traîtres ou comme criminels, ou qui au moins avaient conspiré contre l'autorité de la reine et sa personne, et l'avaient injuriée avec audace ; si nous convenons que l'on ne peut rien trouver , et qu'en eifet il n'y a rien qui puisse justifier ces punitions infligées, comme tout le monde le sait, pendant quel<[ues mois seulement d'un zèle furieux et irréfléchi , aussitôt après la répression d'uae rébellion dangereuse qui avait prouvé très-

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clairement qu'apostat et conspirateur étaient synonymes, et avaient fait conclure précipitamment qu'il fallait extirper l'apostasie pour l'empêcher de renverser le trône ; si même au milieu de telles circonstances nous ne trouvons rien qui puisse justifier ces châtimens , où devons-nous porter nos regards pour trouver , je ne dis pas une justification, mais le moyen d'exprimer l'horreur que nous inspirent les cruautés de ce code barbare , exercées pendant plus de deux cents ans sur tant de millions d'individus. Cruautés préméditées dans l'absence de toute provocation, discutées et adoptées dans tout le calme d'une délibération législative , exécutées de sang froid et pendant deux siècles , malgré les remords de la conscience ; eruautés infligées non à des apostats , mais à ceux qui refusaient d'apostasier ; non à des félons , à des conspirateurs , à des rebelles , mais à des innocens ; à ceux qui , dans toutes les circonstances, lors même qu'ils étaient sous le fouet cruel de la persécution , restèrent toujours aussi fidèles à leur roi qu'à leur Dieu; et , comme si ces atrocités n'étaient pas déjà sufiisantes , tout cela , au moins pour ce qui regarde l'Irlande contre la foi d'un traité solennel fait avec le roi cV^4ngleterre.

439. Est-ce là cette église " établie par la loi , " si tolérante j si douce , si bonne ? Avonsnous ici une preuve de la foi des protestans et de leurs bonnes œuvres? Est-ce ainsi que saint

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Augustin et saint Patrick introduisirent et que saint Swithin, Alfred et William de WiCKHAM inculquèrent la religion du Christ? Est-ce à ces institutions que nous devons nos cathédrales , nos palais et nos universités , nos lois et nos tribunaux ? Quoi ! punir des hommes de ce qu'ils restent fidèles à la foi de leurs pères ; les accabler de toutes sortes d'insultes et de cruautés parce qu'ils ne se sont pas faits apostats ; les priver , parce qu'ils étaient catholiques , de la protection de toutes les lois que nos ancêtres catholiques et les leurs avaient faites pour la sécurité de leurs enfans ; appeler leur rehgion idolâtre et damnable , les traiter comme des idolâtres obstinés tandis que tous les Saints du calendrier de votre église appartiennent à cette même religion ; vous glorifier de vos vénérables institutions , toutes d'origine catholique , tandis que vous insultez , que vous pillez , que vous châtiez , que vous chassez de la face de la terre ceux qui sont seuls restés attachés à la foi des auteurs de ces institutions! Mais les persécuteurs semblent me répondre , oui nous les chasserons. Pourquoi donc , si la religion est votre motif , si votre barbarie vient du désir d'arracher les hommes de l'erreur , pourquoi être si doux envers les quakers et les juifs ? Pourquoi nonseulement ne pas les punir, mais leur permettre de présenter des ministres pour vos églises ? Ah ! sans doute , mes amis , l'église anglicane

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n'avait enlevé ni dimes , ni terres , et les autres n'avaient pris ni abbayes , ni autres biens aux quakers et aux juifs. C'est là la vraie cause de toute cette haine insatiable qui dura depuis i558 jusqu'en 1778, accumulant sur des millions d'innocens les tourmens les plus affreux , et qui , à la fin de cette période , semblait ne pouvoir se satisfaire qu'au prix de l'extermination complète de toutes ses victimes.

44o- Mais en 1778 la face des affaires commença tout d'un coup à changer : on crut aussitôt que l'église " établie par la loi " pouvait exister en sûreté quoiqu'on diminuât de beaucoup les rigueurs du code pénal j et les catholiques, qui ne le demandaient même pas, virent le code pénal adouci subitement par divers actes du parlement , dans les deux royaumes et surtout en Irlande. Cette humanité et cette générosité aura de quoi nous surprendre; nous ne saurons à quoi l'attribuer , nous serons disposés à croire qu'il a fallu une espèce de miracle pour adoucir ces âmes jusqu'alors si cruelles , tant que nous ne nous reporterons pas aux paragraphes 4^4 et 425 : c'est là que nous trouvons la vraie cause de cette humanité et de cette générosité surprenantes ; c'est là que nous voyons les Américains déployer Vétendart de V indépendance , et soutenus par la France , sortir libres de la lutte , donnant ainsi un grand exemple à tous les peuples opprimés, malheureux, foulés aux pieds, dans quel-

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que partie du monde qu'iis soient sans en excepter même l'Irlande! Avant la fin de la guerre on avait aussi à redouter une invasion de la part de la France , à laquelle s'étaient ralliées l'Espagne et la Hollande; de sorte qu'avant la lin des débats les catholiques avaient obtenu le droit de respirer en sûreté l'air de leur pays natal, et quoique comme Anglais, je regrette beaucoup les sacrilices que cette catastrophe a imposés à l'Angleterre , je me réjouis cependant sincèrement en voyant déjà cet heureux résultat. Ainsi la crainte fit accorder en un moment , à la première demande , ce que depuis deux siècles on refusait à la voix de la justice et de l'humanité. Ainsi ce fut la révolution d'Amérique qui, comme nous l'avons vu, était le résultat direct de la glorieuse révolution d'Angleterre, laquelle, comme nous n'en pouvons plus douter, n'avait eu d'autre but que Vextinction complète de la religion catJiolique en Angleterre ; ce fut, dis-je, cet événement qui commença à faire cesser les horribles persécutions que l'on faisait souffrir à ceux qui étaient restés attachés à cette religion avec une fidélité sans égale.

44 1- Ce grand événement fut bientôt suivi d'un autre encore plus grand , je veux dire la révolution française ou la cinquième réforme. 11 est dilTicile de concevoir une humiliation plus grande que celle qu'eut à supporter le gouvernement anglais dans l'événement dont nous ve-

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nons de parler ; mais la révolution française a appris au monde ce que les '^ réformes '' peuvent faire lorsqu'elles sont abandonnées à toute leur fouge naturelle. En Angleterre la " réforme " s'était contentée d'enlever aux couvens et aux pauvres tous leurs biens , et au clergé séculier une partie des siens , mais en France ils prirent tout. Nous ne devons cependant pas oublier cette différence : c'est qu'en France on consacra tous ces biens à Vutilité publique : peut-être en fit-on un mauvais usage, mais ils consacrèrent tout le produit du pillage à l'utilité publique , tandis qu'en Angleterre il fut partagé entre les individus.

. 44^* ^ï^is ^^ moins ce fut là un grand triomphe pour le clergé de Féglise établie par la loi ? Ils doivent avoir salué avec plus de plaisir que personne les actes de la réforme française? Non, au contraire ils furent des plus ardens à demander la guerre contre cette réforme. Quoi! ne pas aimer cette réforme! et pourquoi? on avait renversé les couvens, dispersé les moines et les nonnes, confisqué les abbayes, aboli la religion catholique, chassé et mis à mort presque avec autant de cruauté qu'en Angleterre les prêtres catholiques •, on aurait dit qu'ils avaient copié de notre code les lois contre ceux qui diraient ou qui entendaient la messe , contre les prêtres qui rentraient dans le royaume. On avait complètement détruit ( autant au moins que cela

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se pouvait faire par les lois) ce que nos ministres qualifiaient iV idolâtre et de damnable; il y avait aussi une nouvelle religion établie par la loi, et pour que la ressemblance fût complète , une glorieuse révolution avait déclaré par une loi une famille royale déchue pour toujours de ses droits , et enfin on aurait vu un roi abdiquer , si , par un simple accident , il ne se fût arrêté dans sa fuite, n'eût été ramené et mis à mort , dernier trait enfin que nous retrouvons également dans les oeuvres de nos " réformateurs protestans purifiés. "

443. Quoi ! est-il vrai que notre clergé n'a pas aimé la révolution française , et qu'ils excitèrent à prendre les armes ceux qui s'étaient élevés contre le roi Jacques , parcequ'il voulait accorder aux catholiques la liberté de conscience ? Peut-il être vrai que ce même clergé qui fit exécuter l'horrible code pénal , afin de détruire la religion catholique en Angleterre et en Irlande , demandait la guerre pour renverser ceux qui avaient aussi détruit cette même religion en France? Oh! mais ces hommes avaient aussi aboli toutes les dimes , tous les épéchés , les doyennés , les canonicats , et si on leur permettait de le faire impunément , à' autres ne pourraient-ils pas tenter de le faire de même ailleurs î soit , mais dites-nous , gentlemen de l'église " établie par la loi, " quoiqu'ils eussent grand tort d'en venir jusque là , cependant ne

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valait-il pas mieux souffrir cet excès que de rester dans cet état, que vous nous avez toujours dit être idolâtre et damnable j il est vrai que ces hommes établirent par la loi l'athéisme , et non le christianisme de l'église d'Angleterre. Us avaient vu d'abord quarante espèces de religions protestantes , ils savaient que trente-neuf d'entre elles devaient être fausses, ils avaient vu nos réformateurs faire par la loi l'église qui leur convenaient ; ils les avaient vus ensuite la changer par la loi , et s'il n'y avait pas de règle de foi y d'autorité généralement reconnue , si les légistes anglais pouvaient changer leur religion à volonté y pourquoi donc les légistes français n'auraient-ils pas pu faire de même? si les légistes anglais pouvaient enlever au Pape sa suprématie spirituelle et la donner à Henri ( le tueur de femmes ) , pourquoi les Français n'auraient-ils pas pu l'accorder à Lepeau? en outre , quant au choix de la religion , quoique l'athéisme soit fort mauvais par lui-même, peutil être pire que ce que vous nous avez dit être idolâtre et damnable ? Il peut faire damner , mais que pourrait-il faire de plus? il ne vous reste donc d'objection sérieuse à la cinquième réforme que l'abolition des dîmes et des hautes dignités du clergé \ je prie ici la nation de se rappeler que la guerre que nous avons faite contre cette réforme nous a laissé à payer pour toujours l'intérêt d'une dette de sept cent millions

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de livres sterling, guerre que nous n'aurions jamais vue si nous n'avions pas eu ce que l'on a appelé la '^ réforme "

444. La révolution française quoique souillée par un grand nombre de crimes horribles, a procuré dans son cours et dans sa fin un grand triomphe aux catholiques; elle a mis à répreuve la fidélité des prêtres catholiques et des ministres proteslans ; et tandis qu'on n'a pas vu un seul des premiers abandonner la foi pour se sauver la vie , il n'est aucun des derniers qui ait hésité à le faire -, elle a fourni à la lin l'exemple d'un grand peuple revenant de lui-même au culte catholique -, tandis qu'ils avaient pu et peuvent encore se faire protestans sans rien perdre de leurs droits, de leurs immunités, de leurs avantages civils ou militaires. Mais le plus grand bien qu'elle produisit fut pour cette pauvre Irlande si maltraitée. Les révolutionnaires français étaient puissans , ils ne manquaient pas de hardiesse , et en 1798 \\s portèrent leurs regards vers r Irlande : alors pour la seconde fois, le code pénal fut encore adouci ^ on fit des cliangemens qu'aucun homme n'eût pu espérer de voir ! Ceux que l'on avait abaissés au-dessous de la condition des chiens, furent alors déclarés habiles à devenir magistrats -, alors , parmi beaucoup d'autres actes de générosité, nous vîmes étabhr aux dépens du pubUc un collège destine exclusivement à l'éducation des catholiques;

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on établit aussi par la loi ce que les légistes avaient auparavant déclaré être un crime de haute-trahison y mais les Français étaient là avec une armée de quatre cent mille hommes, ainsi que les Irlandais qui auraient été quelque chose de plus ou de moins que des hommes , si leur cœur n'avait pas été dévoré par le ressentiment. Hélas ! pourquoi faut-il dire de l'Angleterre que jamais les Irlandais ne se sont adressés avec succès qu'à ses craintes ?

445. Et en dira-t-on toujours autant? Faudrat-il le répéter encore? Ne nous réconcilierons-nous donc pas avec nos frères si long-temps maltraités et avec nos propres consciences , en effaçant pour toujours jusqu'au dernier vestige de cet horrible code ? Le code est encore un code pénal : il renferme encore de justes sujets de plaintes, il contient encore des incapacités qui sont vraiment injurieuses , et des distinctions qui sont odieuses et insultantes.

1° Il refuse encore aux pairs catholiques l'accès des sièges dans la chambre des lords, qui sont leur droit héréditaire , et aux gentlemen catholiques l'entrée de la chambre des communes.

2» Comme si le caprice ne devait céder en rien à l'injustice , ce code qui permet aux propriétaires catholiques en Irlande de voter aux élections des membres du parlement du royaumeuni , refuse ce même droit aux catholiques d'Angleterre î

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3^ Il exclut les catholiques de toutes les communautés.

4° Il les exclut de toutes les places du gouvernement en Angleterre , il ne les admet que dans les places inférieures en Irlande.

5** Il les prive du droit de présenter à un bénéfice ecclésiastique , quoique les quakers et les juifs possèdent ce droit !

6° Il leur défend de fonder des écoles ou collèges pour l'éducation des en fans dans la religion catholique , quoiqu'il existe maintenant un collège pour cet objet spécial , établi par la loi , et soutenu aux frais de l'état ! quelle liaison ! quelle sincérité ! quoi î maintenir aux frais de l'état un collège pour enseigner exclusivemerit cette religion que vous appelez idolâtre et damnable !

7» Ce code défend encore aux prêtres catholiques de se montrer avec leurs habits ecclésiastiques ailleurs que dans leurs chapelles et les maisons particulières , et il défend d'exercer le culte catholique dans un bâtiment qui a un clocher ou une cloche! quoi! défendre l'usage des clochers et des cloches à cette religion à laquelle nous devons tous nos clochers et toutes nos cloches; qui a bâti et fondé toutes les églises, toutes nos magnifiques cathédrales et nos deux universités ! Pourquoi cette défense injurieuse et incommode ? Pourquoi cacher avec tant de soin aux yeux du peuple les symboles de ce culte?

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Pourquoi , belle église " établie par la loi , " si vos traits sont aussi aimables que vous le dites, et si ceux de votre rivale ne présentent, comme vous le dites encore , qu'une masse d'une difformité dégoûtante , pourquoi , si vraiment vous êtes la plus jolie , la plus aimable et la plus belle église que la loi ait jamais établie , pourquoi, vous dis-je , prenez -vous donc tant de soin pour empécber votre rivale cVêlre vue , et bien plus même, d'être entendue l Quoi! belle, entraînante, seule véritable église établie par la loi , vous dont les ministres et les évêques sont de si babiles prédicateurs , et par-dessus tout , presque tous mariés , qu'avez-vous donc à regretter des clocbes et des clocliers qu'employaient les catboliques ? On croirait que plus il y aurait de témoins de ces productions idolâtres , plus vous devriez être satisfaite ; mais belle et aimable église , il y a aujourd'hui en Angleterre peu d'hommes assez ignora ns pour ne pas voir les motifs réels de cette défense.

8« Il défend à un prêtre catholique en Irlande d'être le tuteur d'un enfant.

g" Il défend à tout laïque catholique en Irlande d'être tuteur des enfans ou de l'enfant d'un protestant.

10° Il défend à tout catholique en Irlande d'avoir des armes dans sa maison , à moins qu'il n'ait un fief de 10 1. par an , ou une propriété personnelle de 000 I.

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II» Il prive les catholiques du droit de voler duns les sacristies sur les questions qui ont rapport aux réparations de l'église , quoiqu'ils doivent payer pour ces réparations.

12° En Irlande ce code punit encore de mort, ou, au moins, d'une amende de 5oo 1. le prêtre catholique qui célèbre un mariage entre deux prolesians, ou entre un protestant et un catholique. Quelques juges se sont prononcés pour la mort y d'autres pour \ amende. Que ce soit la mort ou l'amende , les journaux nous ont appris dernièrement qu'un tel mariage venait d'être célébré publiquement à Dublin entre le lord lieutenant d'Irlande actuel (qui doit être protestant) et une lady catholique des états d'Amérique révoltés ; de sorte qu'en somme, Dublin présente en ce moment un spectacle assez curieux : un collège établi par la loi pour l'enseignement de cette religion que notre église regarde comme idolâtre et damnable , et que l'on ne pouvait enseigner il n'y a que quelques années sans se rendre coupable de haute trahison. Un lord lieutenant d'Irlande qui doit appartenir à notre église , et avoir protesté par serment contre la suprématie de l'Église catholique, épousant une femme catholique , qui doit admettre cette suprématie ! vient ensuite un prêtre catholique qui marie ce pair en face de deux lois non abrogées , dont l'une le condamne à mort pour cet acte , et l'autre à payer une amende de 5oo

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livres ! et enfin arrive , comme le rapporte l'écrivain public , une lettre de felicitation à l'occasion de ce mariage , de la part et de l'écriture même du J'oi !

446. Bon, mais ce code, ou quelque fragment de ce code restera-t-il plus long-temps en vigueur ? Doit-il être conservé plus long-temps , aujourd'hui que toute idée de conversion au protestantisme est décidément abandonnée , et qu'il est notoire que la religion catholique a , malgré les deux siècles de persécution, fait plus que de conserver son terrain. Privera-t-on plus long-temps les pairs de leurs droits et de leurs honneurs héréditaires ? Refusera- 1- on toujours aux gentlemen le droit de siéger dans la chambre des communes? Les avocats seront-ils encore arrêtés dans leur carrière ? Les possesseurs de fiefs, les hommes libres seront- ils privés de leurs franchises ? Conserveront-ils tous une marque d'infamie , qui ne pourrait manquer de leur inspirer du ressentiment? et toujours parce qu'ils restent attachés à la religion de leurs pères et des nôtres. Religion qui aujourd'hui doit être enseignée exclusivement dans un collège entretenu pour cet objet spécial aux frais du gouvernement. Cette grande masse d'hommes qui forme un tiers de la population de ce royaume, qui renferme des hommes de tout rang , depuis le pair jusqu'au laboureur , doit-elle continuer ainsi à être insultée , injuriée , constamment ir-

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ritée , toujours forcée à désirer le malheur , le danger , la défaite , la disgrace de son pays natal, comme le seul moyen d'obtenir justice? Et devons-nous simplement pour faire plaisir à l'église " établie par la loi " en soutenant sa suprématie, entretenir pendant la paix une grande et dispendieuse armée ? Devons-nous encore être exposés pendant la guerre au danger de voir une concession arriver trop tard , et à toutes ces conséquences dont la nature et l'étendue suffisent pour glacer d'effioi celui qui y réfléchit. 447. Nous sommes donc arrivés à la fin des trois siècles qus se sont écoulés depuis le jour où Henri VIIÏ commença l'œuvre de la réforme. Voici donc où nous en sommes après avoir traversé des scènes de pillage et de sang inconnues jusqu'ici au monde. Nous voici donc encore avec ces grandes questions à résoudre ; et nous voici également avec quarante espèces de religions protestantes au lieu d'une seule dans laquelle nos ancêtres vivaient depuis plus de neuf cents ans. Nous voici divisés et séparés par sectes , chacun de nous condamnant tous les autres aux flammes éternelles-, nous voici, troupeau bizarre d'anglicans , de méthodistes , de calvinistes , de quakers et de juifs , changeant à tout vent , tandis que la foi de saint Augustin et de saint Patrice est encore aujourd'hui celle qui inspira le cœur et sanctifia le trône d'ALtREo.

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