‹ Histoire de la réforme protestante en Angleterre et en IrlandeChapitre 25 sur 32 · Mais cette loi de la septennalité , cette · texte numérisé non relu

Mais cette loi de la septennalité , cette

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mesure qui est sans analogue , et qui a produit des effets si désastreux , nous devons en connaître Foriginal même , n'en pas perdre un seul mot-, car ici nous trouvons vraiment une loi antipapiste , et aujourd'hui même nous en ressentons les funestes effets, et probablement les ressentirons-nous encore pendant long-temps. Voici les propres expressions de cet acte mémorable. 417. " Vu que dans et par un acte du parlement passé dans la sixième année du règne de leurs feues majestés le roi Guillaume, et la reine Marie ( d'heureuse mémoire ) et qui est intitulé , Acte pour la réunion fréquente et la convocation du parlement , il fut décidé , entre autres choses , que pour l'avenir tout parlement qui aurait été convoqué , assemblé ou tenu, ne pourrait exister pendant plus de trois ans au plus, et que l'on compterait du jour pour lequel le parlement serait convoqué ; vu que l'expérience a prouvé que cette clause avait paru très-nuisible et très-gênante en occasionnant de beaucoup plus grandes et plus fréquentes dépenses pour l'élection des membres du parlement , et des animosités plus longues , plus violentes que tout ce qui était arrivé avant cet acte , vu que si les choses restaient en cet état , surtout lorsqu'une faction inquiète et papiste ne cherche que les moyens d'exciter la révolte au dedans , et d'attirer une invasion du deliors , la paix et la sécurité du gouvernement seraient gravement

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compromises ; le roi par et avec l'avis et le consentement des lords laïques et ecclésiastiques , et des communes rassemblées dans le parlement, a résolu que ce présent parlement et que tous les parlemens qui par la suite seront convoqués, assemblés ou tenus , siégeront pendant sept années , mais non plus long-temps , et à dater du jour où ce présent parlement ou tout autre parlement sera convoqué par les voies ordinaires , à moins que Sa Majesté , ses héritiers ou ses successeurs ne jugent à propos de dissoudre ce présent parlement ou tout autre parlement à venir. "

4i8. Nous la retrouvons donc encore ici cette turbulente faction papiste ; ainsi c'est à cause des desseins et des projets d'une faction papiste que l'on enlève au peuple tout entier ses droits les plus précieux ! Quel désordre pouvait causer une simple faction dans une élection ? fausses imputations 1 mensonges ! Le peuple , la masse du peuple , gémissant sous le poids énorme des impôts, avait perdu toute affection pour le nouvel ordre de choses. Ils étaient fortement disposés à retourner à leur ancien état ; on soupçonnait, et en effet on savait bien qu'à la première élection ils auraient choisi de tous côtés des membres dont les sentimens fussent en rapport avec les leurs; on se résolut donc à ne pas leur en laisser le pouvoir. On vint à bout d'exécuter le projet que l'on avait conçu , projet dont nous

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avons ressenti les effets jusqu'à n<js jours ; mais rappelons-nous surtout que nous devons cet acte destructeur de la liberté anglaise à la haine contre la religion de nos pères : cette religion pendant le règne de laquelle le parlement ne fut jamais rassemblé sans qu'il y eût une nouvelle chambre des communes ; cette religion à laquelle se rattachaient tous les droits civils et politiques du peuple, cette religion sous laquelle, tant qu'elle fut dominante , ceux qui la pratiquaient n'entendirent jamais parler de parlement pour sept ans , pour trois ans ou même pour un an ; mais virent , toutes les fois que le parlement était convoqué, élire une nouvelle chambre des communes pour cette session , mais non plus long-temps.

419. Après l'adoption de l'acte de la septennalité le peuple perdit presque tous les droits qu'il avait eus sur la levée des impôts et sur l'emploi des deniers publics \ aussi les taxes augmentèrent- elles prodigieusement, l'excise qui avait commencé à se montrer sous les derniers règnes protestans et dont on ignorait jusqu'au nom dans les temps catholiques , prit alors la forme sous laquelle nous la voyons ; alors les châteaux des Anglais furent soumis à la visite des employés de l'excise. Les choses suivirent cette marche jusqu'au règne de Georges III, époque à laquelle, au moyen des guerres , />o//z^ de -papisme j et d'autres mesures pour conser-

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ver la religion protestante " établie par la loi, " la dette s'était élevée de i,5oo,ooo livres à 145,682,844 livres; l'intérêt annuel qui montait à 4)84o,82i livres équivalait à peu près à quatre fois le montant annuel des impôts sous le règne du papiste Jacques IL En même temps la somme des taxes annuelles s'était élevée à 8,744)682 livres , c'est-à-dire à environ huit l'ois ce que Jacques levait chaque année sur ce même peuple !

420. Aujourd'hui quoique beaucoup d'Anglais montrent assez d'ardeur dans leurs discours contre le papisme , ou contre beaucoup d'autres sujets , ils montrent cependant bien moins de zélé et d'activité quand on s'adresse à leur bourse. La nation sentit vivement le poids de ces fardeaux \ mais elle ne reçut aucun soulagement , parce qu'elle avait bien mérité d'être ainsi traitée. Le peuple porta avec amertume ses regards vers les heureux temps qui n'étaient plus \ la noblesse s'aperçut bientôt , non sans honte et sans crainte , que ses biens commençaient à passer tranquillement ( comme Swift le leur avait prédit), dans les mains des juifs, des quakers et autres changeurs d'argent créés par la guerre, point de papisme , et par le projet de l'Ecossais Burnet i mais il était trop tard pour regarder en arrière; et d'ailleurs n'était- il pas affreux surtout pour des hommes d'anciennes familles et qui ne manquaient pas d'orgueil de prévoir

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cette ruine certaine et non éloignée? Ils auraient alors consenti volontiers à prendre des mesures pour réparer les maux causés par les projets de Burnet, mais ces désirs furent toujours contrebalancés avec efficacité par le même motif qui avait fait créer la dette , la nécessité d'embarquer et de tenir embarqués de grandes masses de capitalistes dans le même navire que le gouvernement.

42 1 . Dans cet embarras , d'une part le danger de diminuer l'intérêt de la dette, et de l'autre le danger de continuer de payer cet intérêt , on eut recours à un nouveau projet que l'on espéra devoir obvier en même temps à ces deux dangers : c'était d'établir de nouveaux impôts sur les colonies américaines , et de leur faire supporter une partie et peut-être à la fin la somme entière de la dette , point de papisme. Alors arriva la quatrième " réforme " qui fut la suite des mesures qu'avait nécessitées l'accomplissement de la glorieuse révolution , dont elle suivit les principes et la conduite avec exactitude : commençant par une convention assemblée sans l'autorité du roi , du parlement ou du peuple , élevant des chefs d'accusation contre le roi, déclarant coupables de haute-trahison ceux qui lui restaient attachés, et finissant par rejeter son autorité; annulant même pour toujours ses droits et ceux de sa famille, et, ce qui est le plus remarquable , faisant paraître la première aurore de sou-

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lagement aux yeux des catholiques d'Angleterre, d'Ecosse et d'Irlande , qui avaient souffert si longtemps. Je laisse à exposer plus tard ce que ces hommes , nos compatriotes , eurent à éprouver pour le crime d'être restés fidèles à la religion de leurs aïeux et des nôtres ; maintenant je vais donner le commencement et les suites de cette quatrième ^^ Réforme. '^

422. Les gentlemen septennaux n'avancèrent d'abord que lentement dans le projet qu'ils avaient formé de faire passer la dette de dessus leurs épaules sur celles des Américains. Ils imposèrent une taxe sur le thé et un droit de marque sur plusieurs choses qui étaient en usage aux colonies ; mais ils avaient affaire à un peuple adroit et clairvoyant et qui n'avait pas moins de sang froid que de bravoure et de résolution. Les Américains avaient vu les dettes , les fonds , les impôts et une soumission abjecte envahir par degrés le peuple anglais , et ils résolurent de s'opposer en même temps à tous ces désastres. Les capitalistes n'y étaient pas comme en Angleterre des possesseurs d'actions et de rentes sur l'état. Ils n'étaient pas, comme les capitalistes d'Angleterre, embarqués sur le même jiapire que le gouvernement. S'ils l'avaient été , il y aurait eu plus d'hésitation de leur part au moment de la résistance. S'ils s'étaient laissés surprendre dans les fdets trompeurs de Burnet, les Américains aujourd'hui seraient à peine connus dans le monde;

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ils ne seraient que des bandes de pauvres diables condamnés au travail par des maîtres fiers et insolens. Heureusement pour eux , ils n'avaient point été entraînés dans les pièges funestes de l'évèque écossais , et dès-lors ils prirent la résolution définitive de ne plus se soumettre aux ordres du parlement septennal.

423. Il est assez curieux qu'ils se soient donné aussi-bien que le glorieux peuple le nom de whigs ; mais les partisans de la septennalité étaient aussi des whigs; en sorte qu'à cette époque on vit des whigs opposés à des wbigs. En Angleterre ou entend par whig celui qui approuve l'expulsion de Jacques et de ses héritiers. En Amérique un whig est celui qui est opposé à Georges et à ses héritiers. Les whigs anglais se formèrent une convention ; ceux d'Amérique firent de même. Les whigs d'xVugleterre publièrent une déclaration qui contenait, comme nous l'avons vu , paragraphe 879, les chefs d'accusation reprochés à Jacques. Ceux d'Amérique en firent autant contre Georges. Ces chefs d'accusation étaient au nombre de douze : ce nombre est, à ce qu'il paraît, agréable aux whigs, car les whigs d'Amérique eurent aussi douze chefs d'accusation contre Georges. Nous avons vu dans le paragraphe 879 ce que les protestans reprochaient à un roi papiste j il ne sera pas moins beau pour nous de voir ce que les protestans et les catholiques reprochaient à un

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t:6\ protestant. Blacks tone en justifiant la glorieuse révolution eut bien soin de dire que la même chose ne pourrait plus jamais arriver , et les septennaux déclarèrent, et même je crois par un acte « que le roi , pour l'avenir ( étant dès-lors protestant ) ne pourrait ^d& faillir. Alors les Américains trouvèrent fort dur qu'on les empêchât de faire ce qui avait été si glorieux pour les Anglais. Blackstone leur avait dit que pour justifier une autre révolution , il fallait absolument que toutes les mêmes circonstances s'y rencontrassent , non une partie seulement , mais toutes. Il faut non-seulement que le roi désire renverser les lois, non-seulement qu'il commette des actes de tyrannie , mais il doit être catholique y il doit avoir le dessein de renverser la religion protestante , et enfin avoir abdiqué son autorité en se retirant hors du royaume ; en sorte que , d'après ce légiste , il était impossible qu'il y eût jamais une nouvelle révolution glorieuse , puisque deux de ces circonstances devaient nécessairement ne plus se trouver à l'avenir : car il ne pouvait plus y avoir de roi catholique, et d'ailleurs le roi ne pouvait plus faillir.

424. Malheureusement hélas! ces whigs protestans n'écoutaient pas Blackstone quoiqu'il eût parlé avec tant de pitié des écoles où régnaient " l'ignorance et la superstition des moines. " Ils pensèrent , et bien plus , ils dirent qu'un roi

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protestant -couNaSX. faillir et même avait failli. Ils pensèrent, ou au moins ils dirent qu'un roi n'abdique pas seulement son autorité lorsqu'il sort de son royaume , mais aussi lorsqu'il n'y est jamais allé ,• enfin ils dressèrent à la glorieuse leurs chefs d'accusation contre leur roi protestant, le feu roi Georges 111; et comme les chefs d'accusation contre Jacques II étaient consignés dans un acte du parlement , ceux contre le roi Georges III le furent aussi dans un acte du congrès qui passa le jour mémorable du 4 juillet 1776. Voici ces différentes charges :

425. " L'histoire du roi actuel de la Grande- Bretagne n'est qu'un tissu d'injustices et d'usurpations répétées qui ont toutes pour objet direct l'établissement d'une tyrannie absolue sur ces états. Pour le prouver il nous suflira d'exposer les faits à un monde impartial.

lo " Il a refusé des lois nécessaires pour l'organisation de vastes districts , à moins que les liabitans de ces districts ne consentissent à abandonner le droit de représentation dans la législature j droit inestimable pour eux, et qui n'est formidable qu'aux tyrans.

1^ " Il a convoqué les assemblées législatives dans des lieux inusités , incommodes et éloignés de ceux où sont déposés leurs actes dans le but seul de forcer les membres par la fatigue à accéder à ses mesures.

3^ " 11 a dissous plusieurs fois les chambres

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représentatives pour s'être opposées avec fermeté à ses empiétemens sur les droits du peuple. 4° " Il a entravé l'administration de la justice eu refusant son assentiment à des lois qui établissaient des pouvoirs judiciaires.

50 " 11 a fait dépendre les juges de sa propre volonté pour les titres de leurs places, le montant et le paiement de leur salaire.

6° " Il a créé une multitude de nouvelles places , et envoyé des essaims d'officiers pour harasser notre peuple et dévorer sa substance, no « Il à maintenu parmi nous , en temps de paix , des armées sur pied , sans le consentement de nos représentans.

8° " Il a affecté de rendre le pouvoir militaire indépendant, et même de le mettre audessus du pouvoir civil.

90 " Il s'est entendu avec d'autres pour nous soumettre à une juridiction étrangère à notre constitution , et non reconnue par nos lois , donnant son assentiment à leurs prétendus actes de législation.

10" " Il nous a imposé des taxes sans notre consentement.

Il» " Il nous a privés dans beaucoup de cas de r avantage d'être jugés par un jury , et il a abdiqué son autorité sur ces états en nous déclarant privés de protection et en nous faisant la guerre. A chaque nouvelle oppression nous avons demandé par des pétitions et dans les

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termes les plus humbles le rétablissement de nos droits : mais on ne répondait à nos, fréquentes pétitions que par des injustices plus fréquentes encore. Le prince dont le caractère ne se fait connaître que par tous les actes qui appartiennent à un tyran , ne peut être le chef d'un peuple libre. "

426. Maintenant la justice due à la mémoire du feu roi veut que nous affirmions qu'ici il y a plusieurs exagérations monstrueuses et surtout à la fin : mais la même justice ne veut- elle pas aussi que nous examinions avec soin les reproches faits à Jacques II ? Cependant notre but dans ce moment est de rechercher non si les principes de l'une de ces révolutions étaient mieux fondés que ceux de l'autre , mais si la dernière révolution vint directement de la première j et je crois qu'après la lecture de cette lettre il n'est personne qui pût balancer un instant à se prononcer pour l'affirmative.

427. Je devrais à présent montrer que la résolution française ^ ou la cinquième " ré~ forme " fut le résultat immédiat de la révolution américaine, et ensuite j'aurais à récapituler les conséquences de ces diverses réformes; mais je me trouve arrivé à la fm de cette lettre.

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