Si Defoé avait vécu dans notre siècle de
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lumières , il n'aurait au moins vu aucun excès parmi les pauvres , à moins qu'il n'eût regretté même la chair de cheval , les plantes marines , les immondices contenues dans l'auge des pourceaux. Depuis lui, on a bien présenté cent projets, et fait plus de cinquante lois pour régler les affaires des pauvres -, mais la pauvreté est encore là pour compléter le parallèle entre l'église catholique et l'église anglicane. ^' Voilà , pour- ^' rait dire la première à la dernière , voilà le '• résultat de vos efforts pour me détruire. S'il *' m'était permis de désirer une vengeance, je " vous dirais : Je suis plus que vengée par ce ^' seul mal, ce mal honteux et qui ne cesse ja- '- mais. Forcez ces malheureux que vous tron;- " pez et que vous bourrez de pommes de terre j " forcez-les encore de crier : Point de papisme , " et lorsqu'ils se retirent sous leur chaumière , " évitez surtout de leur rappeler la cause de " leur pauvreté et de leur avihssement. "
477. Hume, en parlant des souffrances du peuple , dit qu'à la fin ces souffrances eurent un bon ejfct puisqu'elles amenèrent notre état présent. Croyait-il donc cet état présent préférable à celui du temps de Fortescue ? Hume écrivait il y a cinquante ans , mais il écrivait long-temps après Child y IjOcJce et Defoé. Il n'est que trop vrai que c'est la " réforme " qui nous a amenés à notre état présent ; c'est elle qui a produit ce fruit amer que nous goûtons
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aujourd'hui. Dans un rapport d'un prêtre anglican , publié par la chambre des communes en 1824, on voit que les ouvriers du SuiFolk sont tous des voleurs , trop profondément corrompus même pour être rais à la raison. Dans un autre rapport d'un sheriff de Wiltshire (en 1821 ), on voit que la nourriture habituelle des laboureurs dans la campagne est la pomme de terre. Les juges de la cour du banc du roi ( 1825 ) ont déclaré que la nourriture générale des ouvriers était le pain et l'eau 5 un rapport des comités du nord ( 1826 ) publié sur les lieux, dit qu'un grand nombre d'individus meurent presque de faim , que quelques-uns mangent de la chair de cheval et de mauvais grains , tandis qu'on sait bien que le pays fournit abondamment des vivres, et tandis que le clergé a récemment prononcé du haut de la chaire les remercîmens à'usage pour les temps d'abondance. Une loi passée depuis peu qui déclare félon celui qui cueille une pomme d'un arbre, apprend au monde entier quel peu de cas on fait de nos mœurs et de nos jours; et que la nation , autrefois la plus grande et la plus morale du monde, est aujourd'hui une nation de voleurs incorrigibles, et trèscertainement la plus appauvrie, la plus déchue, la plus dégradée qui ait jamais existé,
478. J'ai maintenant rempli ma tâche , j'ai prouvé ce que je m'étais proposé : né et élevé
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dans le sein de l'Église anglicane , ayant une épouse et une nombreuse famille qui professent la même foi, ayant dans un cimetière protestant les dépouilles mortelles des plus chéris des parens, auprès desquels j'espère qu'un jour la piété conjugale ou filiale me mettra reposer , je n'ai pu avoir dans cette entreprise d'autre motif qu'un amour sincère et désintéressé de la vérité et de la justice. Ce n'est pas pour les riches et les puissans d'entre mes compatriotes que j'ai écrit, mais pour les pauvres , pour ceux qui sont persécutés , qui sont proscrits. Je n'avais point oublié que cette entreprise ne pouvait jouir d'une grande popularité ; mais lorsque je vis le long triomphe de la calomnie sur la religion de ceux auxquels nous devons tout ce que nous avons de grand et de renommé , quand je fus convaincu que je pouvais faire beaucoup pour contrebalancer cette calomnie , quand un droit si sacré m'ordonnait de parler, c'eût été une bassesse de ma part si j'avais gardé le silence , et cette bassesse eût encore été plus affreuse, lorsque j'avais la volonté aussi-bien que le pouvoir de le faire, si j'avais été retenu par la crainte des traits du mensonge et de la folie. Une des plus grandes consolations sur la terre c'est de n'avoir aucun reproche à se faire; et maintenant, au milieu des dangers affreux que l'événement dont je me suis occupé a accumulés autour de
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ma patrie, je puis, en priant Dieu de lui épargner une nouvelle ruine et de plus grands malheurs , je puis dire en toute sûreté que je ne suis coupable ni tacitement ni expressément d'aucune des causes de sa ruine.
FIN DE LA l6^ ET DERNIÈRE LETTRE.
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