I -SI
Projets niatri dittitiaux
la succession du tiôii* dv F.a.ic.-' ». Ix jurisconsulte conseillait le mariage du jeune lU.i avec Mlle de Montpensicr. lune des lilles du Hégent. Cette suggestion nétail pas nouvelle, btanliope lavait faite six mois auparavant dans le but de sauvegard.-r l'alliance franco-anglaise; en même temps, on se préoccupait d'unir le duc de Chartres, héritier présomi.tif, à tcMe princesse qu'un hasard pourrait faire reine de France.
A Madrid, comme au Palais-Uoyal, on se préoccupait de mariages Le roi d'Esi)agne avait favorisé ou bien n'avait pas démenti les rumeurs qui coururent pendant la guerre de 1719 , touchant le mariage de son lils aîné, le |.rinccs des Asturies avec l'archiduchesse Marie-Emilie, deuxième lille de l'Em|)ereur .loseph et ceux des infants don Ferdinand et don Carlos avec les filles de l'emix-reur Charles régnant». Ces fiancés à la bavette étaient pris au grand sérieux. L'Empereur avait éludé toute réponse, Philippe V avait continué ses instances et recommande a ses a<^ents de suivre ce projet et saisir toutes les occasions de l'avancer' Au commencement de celte année 1731, Charles VI avait paru se ressouvenir de ces projets et le roi d'Espagne s'était empressé de le rassurer sur l'accueil qui y serait tait. ^
Dubois fut averti par ses espions, prit peur, tança Maulévner qui répondit lestement que celte idée était abandonnée'. Ix; ministre n'en crut rien et entrevit comme conséquence de l'union de l'Autriche avec l'Espagne, l'abandon de la France par les états protestants qui, peu après, se ligueraienl de nouveau contre elle. .. L'histoire, écrivait-il, est remplie d'e.xemplcs que ces sortes de conventions de mariage, faites longtemps avant l'âge nécessaire pour les accomplir, ont bien plutôt produit des inimitiés et des guerres sanglantes que la conciliation des intei-êts'. » C'était le thème que Maulévrier devait développer devant Philippe V et sa femme. L'embarras de l'ambassadeur fut grand;
» Arch des Ail. Êlrang., Franco, Mémoires et document, t. 3ia, fol. 20. ^ Arcii. des Afj. Étramj., Vicnuo, t i34, fol. 22 : Du Bourg ù Dubon,
'■'sTrch.^dcs Aff. Èirang., Borlin, t. 70. fol. 68 : Chamhner au roi de Prusse,
'^^^Arch.Ves Aff. Êtranr^^, Portugal, t. 55, fol. qS : Dubois à Mornay. 27 août
''^^%rchiv. des Aff. Ëtramf., Espa-no, t. .97, fol. ç)o : Maulévrier à Dubois,
2 décembre 1720. ^ , . . ,» ,' .;^«
• Arch. des Aff. Etrang., Espagne, t. 3o2, fol. 211 : Daboi. a Maulévrier 0 iuillet 1721. Voir Papiers inédits du duc de Saint-Simon. Lettres et dépêches sur Vambassade d^Espagne. Tableau de la Cour d^Espagne en 17-1. Introd. par E. Drumont, in-8, Paris, 1880, p. 86-87.
LES MARIAGES ESPAGNOLS
il tint conseil avec Robin et le résultat fut d'aller trouver en grand mystère le confesseur du Roi, le P. Daubenton. Celui-ci se laissa interroger et réiKHidit « que personne ne pouvoit mieux que lui dissiper les inquiétudes de S.A.R., puisqu'il pouvoit (lire qu'il voyoit dans la conscience, dans les desseins et dans les actions du Roi Catholique comme dans un cristal bien net; qu'il assuroit que, depuis le traité du 27 mars, nul n'y avoit eu ni mouvement, ni ombre de négociation de la part de ce prince avec la Cour de Vienne directement ni indirectement, par rapport à des alliances et des mariages entre la maison d'Espagne et celle d'Autriche; qu'il osoit assurer que l'alliance des deux couronnes seroit si scru[)uleusement observée par le Roi Catholi(iue que jamais S.A.R. n'auroit sujet de faire des représenhitions pour la remettre dans le chemin d'une exacte fidélité; (pi'il savoit même des choses qui satisferoient et consoleroient (•ntièrement S.A.R. , mais que tout ce qu'il pouvoit dii^ pour lors étoit que les avis (lu'Elle avoit reçus de liaisons entre le hoi Catholique et l'Empereur avoient si peu de fondement depuis l'époque de l'alliance du 27 mars entre la France et l'Espagne, que le Roi Catholique étoit dans le dessein de vivre toujours de plus en plus en meilleure intelligence avec S.A.R. et (|ue cette résolution devenoit si constante et si sérieuse, que S.A.R. en seroit quelque jour surprise. »
Cela dit, le jésuite s'éloigna; il reparut quelques heures plus lard, dit à Maulévrier qu'il venait de rendre compte au hoi de leur conversation, que Philippe V l'avait approuvé et .ivait dit : <( Je serois bien malheureux si j'étois capable d'une pareille infidélité. » Ensuite il invita notre ambassadeur à se présenter le soir même devant Philippe V, ce qu'il fit; comme Maulévrier présentait au Roi ses observations écrites, celui-ci les ivfusa : « Il n'y a plus de réflexions, dit-il, là où il n'y a plus (i(^ sujets. » (^5 juillet 172 1). Ix? lendemain, au moment où il frimait ses dépêches, Maulévrier vit entrer dans son cabinet le ministre Grimaldo qui demanda si, au lieu d'expédier M. de Sour- (li'val, qui voyageait en |K)st<?, on ne pouvait envoyer un courri<^r à cheval porteur de dépêches « qui en valoient la peine. » Sur 1j réj)onse affirmative de Maulévrier, Grimatdo sortit pour rentrer une heure après et entrer en explications. Il dit <( que S. M. C. pour donner à S. A. R. des preuves indubitables de son iimitié, de sa tendresse et de l'éternelle et bonne intelligence «lu'hlle désiroit entretenir avec le Roi, avec sa propre famille et avtc M. \o Régent demandait à S. A R., Mademoiselle de Montpensicr sa fille en mariage pour Monseigneur le prince des Astu-
Double
projet de
mariage
TOMI m
Les motifs
Satisfaction du Régent
2^^j HISTOIRE DE LA RÉGENCE
».min^ de marier l'infante d'Espagne
aux deux fan.illes, que *=es deux all.ance . ^ ^^ ^^
Ce projet avait été imagine f ""^k- l-il, pai J^h ppc ^ ^^^^^^
f.„.„iV il seniblait f';^^^^l^'^L L .J pa- '^7t Taoût "' ; d ab^qucHac^oitionnc dT.pagne avant ..■ écrit, le '^ ««ut i' ^ ^ écoulait <-t le souverain, avaieni
r.eTa"rr'£^fa;'V^^^^^^^^^
avenir, prochain poiir le prince «'^ Af u e .^c^eta ^^^.^^^ ^^ ^^
d'Espagne; pour 1 infant Cailos, c ua.i
mère trouverait une retraite ''''"«T'/ '""'"' rdre Le Régent rât vivi^ en France à Vonibre du t'»".^,, Jj^/^J^enc.- dîne n'allait-il pas s'inquiéter pour ses dK>i^ de inHu ^^^
reine espagnole qui P-p7;;;SppevTon 'liait au-devant de S'pSrrarpInH; miè I .égent sur le tr.ne d'Es-
Tuts saisit la proposition au vol et réussit .pe^uade^ au
Régent que -»« -n^•.-^r^r^a 1 er aveTle duc d'Orléan. premiers jours d taout] pour lr«J«'''<'y promenait seul dans
e le trouvai, raconte Sa.rU-Simon, qu. se prouve ^.^ .,
Ln grand appartement. Des qu ^ me vit^ , H Ç ^^^^^^ ^^ en me prenant par la m-n- JJ^ eCui m mportoit le plus e. la chose du "-"'^«.^'^.^r,' , ^ e vo^us demande le plus gran.l
qui vous fera la "^«'«^ J°'J ' ". ,%i M. de Cambrai savoit qusecret. » Pms se mettant a nu^ '< »> ^ „
je vous l'ai dit, il ."^-^^^^^ar el'et la rline d'Espagne:
r'^^'t;: dTr :^ de ù l::: ii qu'eue .erou nubue. ...
drdu 'prince d s Lturies conclu avec Mlle de [Montpensier celui du prin étonnement la surpassa. M. K
« S' »"« J"'^ f,"* f ' , nmès les premières réflexions des duc d'Orléans ^'embrassa, cl ap s - pre ^^ ^^^ ^,^^^
avantages personnels pou. lu. dune i g. ,,,i
trême convenance du mariage du Roi, je Im dein .^
il avoit pu la taire réussir, surtout le mariage de sa fille.
'''^.iZn fait erreur en écrivant « juùi ».
LES MARIAGES ESPAGNOLS
que cela s'étoit fait en un lournc-niain, que l'abbé Dubois avoit Ui diable au corps pour les choses qu'il vouloit absolument; que le roi d'Espagne avoit Hé transporté que le Roi son neveu demandât l'infante; et que le mariage du prince des Asluries avoit été la condition sine qaa non du mariage de l'infante qui avoit lait sauter le bâton au roi d'Espagne\ » Saint-Simon souhaitait que ces engagements restassent secrets jusqu'au moment où on ne pourrait plus les cacher. Le prince des Asturies avait quatorze jiiis et sa fiancée douze, mais Louis XV n'en avait que onze et l'infante trois, étant née à Madrid le 3o mars 1718. « Vous avez bien raison, lui dit le duc d'Orléans, niais il n'y a pas moyen, parce qu'ils veulent en Espagne la déclaration tout-à-l'heure et envoyer ici l'infante dès que la demande sera faite et le contrat de mariage signé. »
Dès le 4 août, le Régent témoignait à Philippe V sa joie très vive par cette lettre autographe^ :
« Monseigneur, l'expérience a fait connoitre à toute l'Europe (pi'entre les grands qualités qui ont toujours distingué V. M., la candeur et la vérité ont été dans tous les temps la règle de ses actions. J'ai vu naître et perfectionner ces vertus qui font aujourd'hui l'ornement et un des i)rincipaux appuis du trône d'Espagne et qui ont fait une si forte impression sur moi que je trouve dans le rétablissement de l'union entre le Roi et V. M. et clans le retour de la confiance et de l'amitié dont Elle m'honore Kl plus grande satisfaction que j'aie jamais eue. Aussi n'étois-je occupé que du désir sincère de conserver ce bien si précieux, [jersuadé qu'il renferme seul tous les avantages que je pouvois désirer. Vous pouviez seul y mettre le comble et V. M. vient de le faire par un effet de sa profonde sagesse en formant le désir d'unir plus étroitement encore les deux couronnes par l'assurance du mariage du Roi avec l'Infante d'Espagne.
<( Je n'oublierai rien pour contribuer à tout ce qui pourra servir à établir des liens si solides et si convenables. J'avouerai en même temps à V. M. que comme elle veut combler mes désirs par l'honneur qu'elle fait à Mademoiselle de Montpensier, ma iîllt% de la choisir pour épouse de M. le prince des Asturies, je I. ai pas d'expressions assez fortes pour lui marquer combien j'ai It; cœur |3énétré de ce nouvel effet de ses bontés. Elle le conlioîlra mieux par un zèle à lui manjuer dans toutes les occasions ma vive et res[)ectueuse reconnaissance, puisque lui étant désormais attaché par des liens si intimes, mon ambition la plus
• Saint-Simon, Mémoires, édit. Chéruel i858, t. XVIII, p. i63.
Ses remerciements à Philippe V
Audience
(le Maulévrier
Désirs de Philippe V
for., «era touiours de .nériter la grâce sensible et distinguée que
je dois à sa pun. S'^^^Ï^ [-moy.^i à Maulévrier une longue
A la même date, I>"bcH cnvoy «.arrivèrent a
dépêche relative a ce^ mandées .^ phUippe V et la reine
Madrid que dans la nu.t du n au août. PhU ppe ^^^^ ^^^
Elisabeth avaient -njfes ^^ v - ^^^P^^ ,^ ^^^.^ ^, ,^,
naître '^' -"f-;^^! d urXnna l sens de la réponse et dit reçu au lever. L ambassaoeui reconnaissance et la
qu'il ne savait par quels n.ot. jxpnmer la ^ ^,^^^^^
satisfaction ^u Kégent^ Le ^^ ., ' ^e ce delin Scpuis plus de deux bonnes aftane. qu '>^y' f .,^^,,^ ^„ 3,nUié par le duc cinq mois et ne se laisserait 1 ^^ J»'""^ ^^ duc d'Orléans, d'Orléans. Alors Maulévrier présenta la lettic du du ^
^•^^1-; ^j::'::::xzp::::^^":^^-^-^ tira
content. Foui ;'""'''"' .^iJ^t donna lecture de plusieurs pasde sa poche la IcU. de Dubo. et ^^^^^ ^^^^ ^^
1?t" ; V ^su- la réponse de Maulévrier : -< Et bien, laissez- Philippe V, ^t «"^ ^^ '"P réflexions sur les expédients proposes la moi donc. Je feiai mes reucx c j ^. j. »
et je crois que nous serons ^.^^^^'^l^^^Zl la chasse et. au Deux jours ^^^'^^X^l^^Zn^n.. les volontés
retour, ^'f^^:%:.^l^^;:'r^,^^o^ secondaires : la forn... royales. U ne s agissait que a i .^^^ ^^,
;, adopter pour le mariage du Roi. le noi F
sang, des ofiiciers de la -.n^nne ducs e pan^ d^s ^^^ ^^.
blés et grands If-^-g- /* .^^J^^^^^; ^ du Roi; la
s'engager «v-le ^eg- a exécution ^^ ^^ ^^^ ^^ ^^^^ ,
communication de lanaiie au pouvoirs que
garder; l'échange des prmcesses, a fo"^^^ «J^» j^rrogea son Maulévrier devait avoir P- ^-ers h. • Gumaldo in^ J ^^ ^
maître sur ces point* et ce»"«^ d«f '''^^ JJ \l „„„breuK.
pas parler ^^^^^^^^^^^ ^Ç^^ paires Étranqu'il était préférable de.sen »en ^ ^^^^.^^ ^^^ ^^ ^^.^^
gères; il demanda ^^^/^^ °;^^^^'/^'„g à assurer l'exécution du
«pp« V, 4 août n^i ; E. Drumont, op. «1., p. «i »» . a