LES MANUFACTURES
les temps d'abondance pour s'en servir dans ceux de disette et de nécessité, ils s adonnent à la débauche sans penser à l'avenir ». Qui croii^eP Le conseil du commerce envoie deux députés, Godchcu et Gilly qui cherchent à apaiser les révoltés; mais on leur icpoiid par des cris violents. On envoie des troupes pour protécror les deux représentants du Conseil; l'intendant vient sur les lieux et demande* aux ouvriers de nommer une délégation de vingt personnes qui exposeront leurs gri-efs. Toutes les personnes, présentes veulent parler; on leur fait savoir qu'on reprendra le liavail, mais que les principaux cabaleurs seront punis. Ils pn> testent, car on doit accueillir tout le monde, sinon personne ne rentrera dans les ateliers. Ordre est alors donné d'arrêter ceux qui tiennent un semblable langage; de plus, quelques compagnons qui se dirigeaient sur Paris pour soumettre leur différend au conseil du commerce furent emprisonnés ainsi que le « bâtonnier » d'Abbeville et quelques autres bourgeois ayant fait « un acte » avec les tisseurs où l'on se promettait appui et soutien mutuel. Le travail fut alors repris « avec une exactitude et une sagesse qu'on n'avoit point encore vues*^ ».
Malgré l'arbitrage qui y met fin, c'est presque une grève caractérisée et la pensée d'où est sortie cette discipline des grèves apparaît très nette à propos des majorations de salaire. En 1720, « les compagnons des marchands de toutes espèces des arts et métiers de Paris se mettent sur le pied de caballer ensemble tant pour (juitter leurs maîtres que pour les forcer à donner des salaires extraordinaires. Ils s'attroupent pour cet effet en grand nombre dans difféixînts endroits". La crise des salaires qui va éclater en 1724 rendra possible d'autres excitations**. Parfois la grève menace de dégénérer en émeute. En 171 7, à Lyon, les canuts frappent des soldats, ils sont arrêtés et condamnés à faire amende honorable, nus, en chemise, la corde au col, tenant en leur main une torche de cire ardente du poids de deux livres; en 1721, à Sedan, on redoute les excès auxquels semblent vouloir se porter ({uinze cents tisserands chômeurs'"; vers le même temps, à
"' Archiv. mt., F'^ i353 ; G. Martin, La Grande industrie en France sous le n'gne de Louis AT, p. 322-323; Le même. Les associations ouvrières au XYIW 'iècle (1700-1792), in-8, Paris, 1900, p. i3o, note i.
*• Archiv. de la Bastille, io32i.
'" A. Bafenîaii, La lutte de VËiat contre la cherté en 1724, dans Bulletin du Comité des travaux historiques. S^ection des sciences économiques et sociales,
'" Archiv. naL, ¥'^ i356.
-'ii.
î/r\nusTniE et les manufactures
Amiens, on nt.pai vient à réprinicr un soulèvement que « par r emprisonnement de qmelqui^s cabaleurs'' ».
uscconies Industrie et con.n.e.ce sont ins<:.pa.abk>s d-s <^;-^^2 mÎ uré lexistenco d« Compagnies coloniales et 1 aveIllu.^e du M., Lsipi". cette période de huit années est trop rapide pour offrir matière à une étude sur la ,.olitique coloniale de la Régence. A peine trouve-t-o„ à glaner quelques faits de caractère anecdolup.nui ne sont -uère i)lus que les amorces de riiistoire future. Quel-
: s ou." auprès la mo^l de Louis XIV. un bâtiment ce guerre .rend possession de lîle de France au nom du Roi; cet ace, o..l^ment de notre domaine pouvait doubler la valeur de Rourbon. Ton venait d'introduire la culture du café richesse subite qu. ; raya les habitants au point de les porter à détruire cet arbuste qui leur valait une abondanc-e de biens qui pourrait amener U^n e te" Le café et le thé obtinrent en France un débit uninens,. Tui ne fut pas étranger au développement du trafic colonial. Au r:rs de l'hiver de ."719 à .7.0, la Compagnie d- n<les -pe*^-
•, destination de Pondichéry, Surate, la Chine, Moka et la nie.
du Sud dix-huit vaisseaux dont les cargaisons éta.ent estimée.
.rngt cinq n^illions e, trente vaisseaux à destination du^Sene^al,
de la Guinée et de Madagascar. En ma, 1720, cette ConMagn
possédait cent cinq bâtiments outre les brigantins et frégates, et
«on fonds dépassait trois cents millions.
Les coloniL dA.nérique étaient rejetées dans lombre par
l-édat dont Touissait la Louisiane. De Saint-Domingue on savai - p^u de chose, sinon que les femmes s'y étaient -voR^s un jm
ï l'occasion des altérations monétaires ruineuses. De la Mail • !; «nnrenait aue les habitants avaient <> empaquetés » !<•
gJv:rneJ linLTnt et les avaient déposés sur un .aisse.u.
fn pitance pour La Rochelle avec une lettre au Régent. M. de
' . pu ..- Voir encore : Ftciirv, Étude sur les coalifinns l- i' r .1 iTdtTd.. ,locu,nenk inédits, <lan. Bulletin pénod,-
^•"%?p;Ta":';:fc;ri":tuc,::::à >« Co.pa«„ie a. macs, ocobre ,„o.
La Vareiine et M. de Ricouart ne purent nier ce qu'on savait déjà, (ni'<( on avoit laissé la colonie manquer de bien des choses, mauvaises farines, mauvaises chairs salées et qu'on y vendoit tout cela au double de ce que les Anglois le vendoient dans leurs colonies ». Il était question d'envoyer umi escadre contre les rebelles, (le secourir la garnison composée de cent quatre-vingts invalides, finalement on ne se trouva pas en état d'armer deux frégates, et il fallut prier humblement les deux chefs de l'insurrection de nous rendre l'île. naut<?rive, p roc ureu régénérai et l)ul)uc, que les colons avaient fait gouverneur, y consentirent.
La guerre de la succession d'Espagne et plus encore l'incurie ihi ministre Pontchartrain avaient été funestes à notre marine (le guerre où figuraient à peine quelques carcasses de ces vais- >caux, fameux jadis, et qui pourrissaient dans nos ports. La flotte (le commerce subsistait, sans qu'on put dire d'elle qu'elle était florissante, et cette situation avait fort relâché le lien entre la métropole et les colonies. Mais la mer formait alors un monde ;* part, exclu, semblait-il, des stipulations de l'alliance francoiiiiglaise. A des distances si considérables de l'Europe, la rivalité séculaire, les compétitions commerciales, la facilité et la «piasi-impunité des coups de force, les accidents mystérieux de lii navigation, par dessus tout l'ambition de s'agrandir et de sCnrichir concouraient à maintenir une sorte d'état de guerre entre la marine anglaise et ce qui subsistait de la flotte de Louis XIV. L'âpieté britannique ne prenant jamais conseil que (le ses intérêts, son égoïsme, inconscient à force d'être convaincu, avait créé parmi les Anglais une sorte d'incapacité à concevoir l'existence d'un droit ou d'un intérêt différent du sien ou opposé îui sien. Dans l'alliance conclue à la Haye, l'Angleterre avait surtout aperçu l'exploitation avantageuse pour elle des embarras [>armi lesquels se débattait le gouvernement du Régent et le ÎMiiéfice ([u'elle p)uvait retirer de Lintroduction d'éléments nouveaux dans l'équilibre des puissances européennes.
Cette situation s'expliquait aisément. Les complications territoriales et les compétitions dynastiques en Europe étaient contingentes et passagères, les ambitions coloniales étaient permanentes; aussi arrivait-il que, nonobstant l'esprit des traités et la l<Ure de leurs articles les plus formels, les représentants de l'amirauté et de la politique de l'Angleterre n'avaient devant les yeux
'• M. de Caumartin St-André à Mme de Balleroy, m juillvt 1717; Af. Caufiurfin de Boissy à Mme de Balleroy, i3 juillet 1717, dans op. cit., t. I, p. 179, l'^ô; P.-E. Lémonley, op. cit., t. I, p. 3i8, 319.
auun seul but à atteindre : étendre leur domaine colonial et <-n Tc^Zvù Français. Ils marchaient vers ce but avec une encrg.. 1 incontestable que la loyauté des moyens auxquels ils recou- ;: l^nt Totl s' no eus. en effet, leur étaient bons : chicanes. V olenceitrahisons; et s'il ne leur convenait pas de se <kco uvr,. ^•une façon con.promettante, les peuplades sauvages, faciles . tudoyei- îormaiont un appoint toujours di.pomble i>our agn
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