CHAPITRE XX
Fluctuations du Régent
(3i décembre 1717 — 18 juin 1718)
Conseil
privé
à Vienne
Conseil privé à Vienne. — Dispositions du Régent. — Restitution de GibralUr! — Réflexions d'Alberoni. — Le projet définitif de Stanhope. — Mission de Schaub à Paris. — Discussions. — Accord sur tous les points. — Schaub part pour Vienne. -^ Le prince Eugène. — Victor- A médée. — Acquiescement de l'Empereur. — Mission de Nancré en Espagne. — Il se lie à Alberoni et trontpe Dubois. — Les signataires de la Quadruple Alliance remplis de satisfaction et de confiance. — Le mécontentement italien. — Les démarches tentées. — La volonté de faire la guerre. — Alberoni et l'Angleterre. — Sa confiance dans les jacobites. — Retour offensif de la vieille Cour. — Désaveu de la diplomatie secrète. — Découragement de Dubois. — Ses projets d'avenir. — Retour à Paris de Schaub. — Triomphe de la vieille Cour.
A l'heure même où I*?bbé Dubois rentrait à Londres, l'Empereur réunissait à Vienne le Conseil privé afin d'examiner la situation telle qu'elle résultait du rapport de Pendtenriedter et des dépêches de Koenigsenrg. File était peu satisfaisante. L'Angleterre s'était dérobée à une alliance offensive contre l'Espagne et s'était abstenue de toute intervention lors de l'attaque de la Sardaigne. La Hollande se montrait, s'il était possible, plus réservée encore. La France était hésitante et ses accointances avec l'Espagne étaient connues. Les pays du Nord n'offraient pas plus de satisfaction; un accord entre la Russie et la Suède paraissait imminent, enfin la guerre avec les Turcs pouvait se prolonger longtemps encore. Dès iors, il n'y avait pas lieu de se montrer trop strict ni trop condescendant. Si Philippe V consentait à reconnaître, le premier, le titre d'empereur de Charles VI, celui-ci accorderait sa renonciation à TEspagne, mais jamais il ne livrerait la Toscane à un princp de la maison de Bourbon*.
Ces concessions n'étaient pas suffisantes pour permettre une Dispositions marche active des négociations. Dubois l'eût souhaité, car le cli- '^^ '''^«^''' mat et la cuisine de Londres lui étaient funest^es. Stanjiope, non
* Weber, Die Quadrupel Allianz vom Jahre 1718, p. 55-57. *
Restitution de Gibraltar
moins impatient de conclure, mais pour d'autres motifs, sentait Ha nécessité d'admettre les conditions du Régent dont .1 ne se départirai! à aucun prix, il imaginait donc une solution a 1 insoluble problème de la Toscane par le démembrement du grand^uché dont Florence demeurerait la capitale et duquel on détacherait Pise et Livourne'. Mais le duc d'Orléans se faisait, de bonne foi le défenseur rie son cousin. « On commence, écrivait-il, à prendre de force à l'Espagne la Sardaigne, et elle pourra «^'^^ <?/«""« |"> offre rien que ce qu'elle a naturellement par le traité dUtrecht. Ouelle apparence que le cardinal Alberoni. du caractère dont on sait qu'il est. qu'il n'a songé.qu'à troubler l'Europe par la guerre, veuille confirmer les Renonciations, sans en tirer aucun avantage aue d'avoir eu l'affront de voir échouer sa levée de boucliers? Fau- • dra-t-il faire des hostilités contre le roi d'Espagne pour lui rendre la Sardaigne'? » Et à propos de la partialité de l'Angleterre pour l'Empereur, il disait : Toute difficulté seroit levée s il para.sso.t plus d'égalité. Je sais bien que mon intérêt personnel ne sopp(«e point à cett-, inégalité, et que c'est une espèce ^e P'erre de touche pour connoître mes amis tant au dedans qu'au dehors Mais je suis Régent de France, et je dois me conduire de façon qu on ne puisse pas^ me reprocher de n'avoir songé qu'à moi. . . „
,, Je dois aussi des ménagements aux Espagnols que je revolterois entièrement par un traitement inégal avec l'Empereur, auquel leur gloire et l'honneur de leur monarchie les rendroient très sensibles. Parla, je les réunirois à Alberoni au heu que s il falloit une guérie pour l'amener à notre point, il faudroit quon pût dire ce que le comte de Gramont disoit au Roi : « Dans le temps que nous servions Votiv Majesté contre le cardinal Mazavin. » Alori les Espagnols même nous aideroient . .. Une autre mar.nue d'intérêt donnée h l'Espagne avait été soulevée à Londres, par Dubois, dès le mois de novembre 171 7 et ne tendait à rien moins qu'à la restitution de Gibraltar à l'Espagne. Stanhope avait répondu « .me si cela pouvoit terminer cette affaire [de 1 alliancel, quoiqu'en faisant faire cette cession il risquât sa tête, il la ten- Jroit et ne doutoit pas de réussir*. » Toutefois il demandait le secret, même à l'égard du Régent, pour qui Dubois s empressa
: l^'Z^:mrj:^'^^rr., t. 3.4. fol. 88 : le né,.ni a Da6o..
'^^Trir des'A//. Êtrang., Angleterre, t. 3i/,, fol. i8i : le Régent à Dubois, 2h lanvier 1718; dans Lémontey, op. cit., t. I, p. i38. ., ♦ n
'^'Dubois an Régent, 11 novembre, 1717, dans Lémontey, op. cit., t. 11.
FLUCTUATIONS DU RÉGENT
de le violer. On ne peut douter que Gibraltar ne fut aborda au cours des entretiens pendant le voyage à Paris et, dès son retour à Londres, Vdhh6 ne renonça pas à jeter cette idée dans le chaos des négociations : « Si M. de Nancré va à Madrid, écrivait-il au Pég^nt, il pourra parier do Gibraltar au cardinal* n II semble toutefois que, dans la pensée de Dubois, c'était là pure amusette, car lorsque Nancré lui demanda des instructions plus positives, Dubois répondit : (( Vous ne devez point être en peine de l'article de Gibraltar, ni souhaiter pour cela aucune lettre du roî d'Angleterre qu'on n'a jamais eu l'intention de vous donner, ni aucune lettre de mylord Stanhope. Tl suffira de dire au cardinal que Son Altère Royale ne peut pas l'obtenir ou par échange ou par argent ou autrement. Elle ne le pressera pas d'accéder et l'en dispensera'. »
D'ailleurs Alberoni ne lâchait pas la proie pour l'ombre, et les Farnèse de Parme, ses maîtres, ne l'eussent pas permis. Tandis que Dubois jetait dans le débat le nom de Gibraltar, ceux-ci estimaient nécessaire de conquérir à la fois Naples, Livourne et Gênes et d'acheter Victor-Amédée sans lequel on ne pouvait rien entreprendre en Lombardie. Stimulé de la sorte, Alberoni déclarait dès le mois de décembre que l'Espagne disposerait au printemps d'une escadre de trente bons vaisseaux et d'un corps expéditionnaire de 00.000 hommes traînant à leur suite cent cinquante canons. Et le 3i janvier 1718, le cardinal écrivait triomphant : (( Votre Altesse me presse d'entrer en campag-ne de bonne heure. Elle sera contente de moi, et l'Empereur obligé, au risque de perdre la péninsule, de ^'aire passer des armées en Italie'. » Déjà cependant, certains symptômes l'avertissaient que la partie était compromise. Le Régent s'était tourné vers l'Angleterre et l'Empereur; Victor-Amédée, trop circonspect pour s'allier à un gouvernement isolé, n'accorderait aucim concours à l'Espagne, la flotte anglaise avait quitté la Raltique pour rallier ses ports d'attache et y faire des préparatifs. Ces indices étaient assez peu rassurants pour qu'Alberoni donnât ce suprême avertissement à la Cour de Parme : « Pour votre gouverne, sachez que l'Espagne entrera seule en danse : car il est sûr que l'Empereur sera appuyé d'une flotte anglaise dans la Méditerranée*. »
Réflexions d'Alberoni
• Dubois au Régent, 3i janvier 1718, ibid., i. II, p. 396. ^ Dubois à Nancré, 17 février 17 18, ibid., t. II, p. Sgb.
■ Arch. de Naples, Farnesiana, fasc. 69 : Alberoni au duc de Parme, 3i janvier 1718.
• Arch. de Naples, Farnesiana, fasc. 59 : Alberoni au duc de Parme, T2 mars 1718.
..'iS;. du plan ^= ^"'■Tirrr vr;XîŒm.e Jn. .
Mission
de Schaub
à Paris
du plan de Stanhop.^ momn J.v ..^^.^^^^^^^ définitivement à De ceci il résultait que Charles vi '^ «^ ^ , ; j^
rEspagne «» P-^J,- «;tSrLt e G^eo "g^; r s'engageaient
-t :- ^^c^ Jr ^^^^^^^^
et Parme .eraiont déclares fiefs imP<^;'*"^ " . ^„^ gâlois,
dernière rédaction de -J.;!;^;^^;^^ Vienne poUr arracher
rr'onttEmpe'et Jna'v^it supprimé lartlcle prévoyant l'adbesion de 1 Lmpereui. w ^„ Hnrho de Parme au duc
,e retour, dans c.rla.nes event^aUtes^ d . ^^^^^e de^P ^^^^^^ ^^^^.
de Savoie, par contre, P*"'^**^";"^'' ?p,„*__ ^t l'envoi d'une cité une alliance offensive contre 1 Espagne et lenvo
floue anglaise dans ^aMéditerranJ ^-^ ^^ ^.^^^
ner toute la torce po^Muit: a ,^„v,«itp nue nous ne soyons
cane à tenir -^pte de se. vues. " ^^ -f ^^^^^^^ ",, ,, CoJr de pas allés trop loin et T il soit F^^^mie jusqu'ici nous
Vienne de régler cet art-cle, tel qu .1 et propose ^^^^
n'avons pas d'indication contrane^Ceei.j en su sur. d ^^^^^
pou.- le Régent une raison 'nvincnble d aPP^^ f ^ ^^„„^^
du traité toutes les facilités qu il P"";" ' tj ^' ■• ^^^„ ,e texte un conseil il ferait b.en o - V^l^^\l,:^,\l^^ «„„.
^"""Tdis.!:LerlTdu chancelier Daguesseau et du duc TV ,l.« ffs TanviTr^ qui avait transporté Dubois dans une
f :::;étrdiXrdo;;: S^e souhaitait de m.me la
'^r":ip7 a ■s.air, Londres. .3 janvier (=3 février) .,.8. dan, L. Mahon.
Histoire d'Angleterre, t. H, P- î55; . , g p (.o;, à JVoncr<,
" .(rch. des Alf. Élrang., Angleterre, t. 3i5. fol.
2 février 1718.
t'LUCTUATIONS DU RÉGENT
aisparition. Espérant, dLsait-il, ^ue « S.A.R. continuerait à suivre son véritable intérêt et à témoigner moins d'égards et de ménagements à ceux qui, sous le spécieux prétexte de mettre ce traité plus au goiit de l'Espagne, travaillent à établir les droits du roi par là sur la France et à priver le Régent de tout appui étranger par la rupture de la présente négociation" ».
Du 8 au 18 février la lutte fut chaude entre d'Huxelles et Discussions rorcy dune part, Schaub et Stair d'autre part. Schaub « batailla comme un grenadier » pour les intérêts de la Cour de Vienne^* et rédigea une relation circonstanciée des discussions^'. Le Régent y avait assisté et, parfois s'y était mêlé. Rien ne put le détourner de sa demande de la Toscane tout entière, outre Parme, pour les enfants d'Elisabeth Farnèse. Sans se laisser émouvoir par Schaub et par Stair qui déclarent tout perdu, le Régent leur répond que son intérêt lui conseille d'affaiblir la branche aînée des Rourbons, mais la nation française est hostile au traité projeté à moins d'avantages stipulés pour l'Espagne, à défaut de ces stipîilations on dira qu'il sacrifie la branche aînée et le royaume à son propre iiilérêt. S. l'Espagne refuse la restitution de la Sardaigne et, pour cette raison, s'attire une guerre, il veut que sa conduite à lui soit approuvée des honnêtes gens. S'il traitait avec l'Empereur, il serait très fort, et en grand péril, au contraire, s'il ne traitait pas; néanmoins il lui vaudrait mieux de manquer cette alliance que de perdre la confiance du royaume, que la plus solide alliance ne compenserait pas".
Un autre document rédigé par Schaub met le maréchal d'Huxelles et lord Stair en présence. Sans se lasser Stair et son collègue soutenaient que le Régent ne pouvant compter sur l'Espagne devait s'appuyer sur l'Empereur qui avait le même intérêt que Philippe d'Orléans et Georges P^ à la séparation des couronnes de France et d'Espagne. En conséquence, il fallait rédiger le traité de lelle façon qsi'il obtint l'agrément de Charles VI.
« Je voiis entends, réj^liqua le maréchal, vous ne voulés vous mettre en freine que des avantages de TEmpereur, sous prétexte de sauver le Régent; mais scavés-vous bien que de faire un traité
** Stanhope à Stair, lettre citée.
»* Dubois à Schaub, Londres, i«' mara 1718, dans L. Mahon, on cii t. Il, p. 358.
»• Public Record Office, Gcrmany, vol. 210 : Pro Memoria, Vienne i4 mar» 1718, remis au prince Eugène, signé de Schaub et de Saint-Saphorin, ambassadeur de Georges I*' à Vienne.
'' Ibid., voir L. Wicsener, Le Régent, Vabbé Dubois et les Anglais, l. lî, p. i29-i3o.
•*i*MMMWi
Accord
sur tous
les points
,ui contraigne le Roy d'Espagne ^^-t -perja g^^^^^^^ S^A^R^
Car si vous trouvés le "^°f " /^^^ "^^^ ^\t F an^^ que sous la
Sïïiuo,fr^;aSrai^=^-
-^e!et U =^ ^^I^ZT;j:tJL au pre-
"'"sur'^Sy" M?ord Stair prit la parole et dit au Régent : Je
(( Ï5ur quoy; lYi^ii^i^ r r^arpiU discours se lenoieiit
.çavois bien. Monseigneur, q- ^e paied^ di«x,u ^^^^.^ ^^^
.cy ; mais je ne sçavois pas qu il \^f^lf^^^ La séparation
assez bon. islc), pour '-.^^^"l ^ Jt^if des " nonciaUons du des deux monarchies etoit ^^n le mcrtu j^ ^j^.
roy Philipi^ sur la F>^"'^' "^^^^J;" ^^^^ ^les de l'Empereur, ëfr-e^t: lîr^; iSa^nf r;rpu?emenTë: simplement; U a ^.y:rie%Lme ^Ispagne à ^^^^^'^^^ faut qu'il s'y tienne. S a y a des français ï"' ^ ^
à revenir de son choix, uous sommes t'f ^^f %""^"7^^ia qu'il jusqu'au dernier homme pour ^ ^f .f ^Z J^' .^Vr^ m^aré- Lus détrmse avant de ^«^usquer V^A.IL ^^ -,J"; \^ „.^^,,h chai a eu la bonté d'avancer etoit viay 1« «J ^ ^ » ^^ ^ien. qu'à changer de >^<>y^;^'"^.,«'f "^ •f^'^^-J^ Jô^^^^ l'un en France
' ? ^''*Trha"se ieta dans des explications, pataugea et fit si Le marecnat se jeid u^na • ,q f^vripr on omit de le
bien qu'à la conférence du lendemam, .3 î*"'*^^' ^°/'"' .^. ,^ Dieu H" » . , rpjrler les articles secrets du iraiie, le
convoquer. 11 s agissait de régler les a
Régent hésitait encore lorsque »">;^''^;.^"' "aSe absolue. Ce\ondres ninipo^it pas ses -f Xe^uTd.Lmbrait la Aussitôt son parti fut P'-j °" '^ Sardaigne à l'Espagne après l-oscane; on stipula le '<^t°';'^ «^^ \^ j./^„ supprima dans la rextinction 'l\^^^^^:,'^Z^;:X motsT. perpeiuum. renonciation de 1 f ^P"" ^désireux de plaire à Georges l" admit
„ p,M,. ««.r. 0/;.... G„m,.,, .... ..o ^ «*'»"j" 'JEÏI l::
Fluctuations du régent
nH^. V* '^' '''■°'* "*" '" ^'■"°*=^* ^^ Soissons, représentée par le prmce Eugène, à succéder à la maison de Savoie
On était dWord sur tous les points, le Régent envoya à Dubois
uiw. 7ru' '•"" ' '""'^^•^*' '' *^°°-' '!« -- même audience a Schaub qui ,o pria, au nom du roi d'Angleten^ dé
renvoyer le maréchal d'Huxelles, trop attaché à l'Espagne" ' lis ^ séparèrent enchantés l'un de l'autre. Dubois avait averti le Régent que Schaub était <■ très désintéiessé »; néanmoins il accepterait en souvenir du prince « un petit diamant d'environ deux miUc ecus ». Schaub ne cachait pas sa satisfaction « de la candeur et de la droiture de S.A.R. ,, et Dubois, radieux, s'écriait : Credidisti, rhoma, quia vidisti", souhaitant bon voyage et bon succès au négociateur qui partait, le i8 février, pour Vienne • " 11 n y a qu'à prier Dieu qu'il bénisse votre mission; car je ne crois pas que jamais apôtre, si catholique et si protestant qu'il soit, pourvu qu'il ne soit pas Romain, puisse faire un ouvrage plus agréable au Ciel qu; celui dont vous êtes chargé". » Schaub avait apporté un si bel entrain à défendre la rédaction britannique favorable à l'Autriche, que cerUins appréhendèrent l'attitude qu 1 aurait à Vienne, Dubois leur répondait « que la chaleur qui! avait montrée pour l'Empereur ne tendait qu'à mettre les choses en état qu'il pût accepter le projet et que s'il avait paru impérialiste à Paris, il niraîtrait encore plus français à Vienne"»et, sur ce point, Dubois paraît avoir eu raison.
Entre le moment où l'accord s'était fait entre la France et Les proj.u I Angleterre sur le troisième projet de Stanhope et celui où l'Em- p«"°°»«.'» pereur y avait donné son consentement, Dubois avait arrêté le ' programme de son ambition et préparé les moyens de le rem-
?'"".. "^f ^r'^' ^h^^'^ny lui «crivait : « Hier j'ai eu audience de M. le Régent.
— .< Oh! ra'a-t-il dit, l'abbé a bien de l'esprit et me sert bien! » Et comme, en parlant de vos envieux et de leurs intrigues,
j ajoutais que c'est sans doute votre esprit et votre zèle qui les ' offusquent, Sçn Altesse Royale a répondu :
— « Vous l'avez dit.
•• Bothmar Afemoiren iiber die Qimdmptl-Allianz, dans Forschungtn znr deutsche Geschichle, Gôttingen, i886, t. XXVI, p. 287.
» Arch. desAff. Êlrang., Angleterre, t. 1,4, fol. ,97 : Dubois au Régent, 19 janvier 1718. " '
» Du6ois « Schaub, Londres, .- mars 17,8, dans L. Mahon. op. cit., t. H
" Dubois à Schaub, Londres i"' mars 1718, ibid,
" Dubois à Schaub, Londres, 5 mars 1718. *
,< Là dessus, M. de Noce m'a appuyé et a fait merveille. Je suiâ persuadé, Monsieur, qu'à votre retour vous serez le ma.tre absolu de cette Cour. J'ai causé aussi avec M. d Argenson, qu. m'a assuré de son dévouement pour vous, et qui m a dit :
« Oh! M. l'abbé est bien avec le maitre,^^ce qui s appelle bien II peut avoir toutes les vues qu'il voudra". »
11 n'en eut qu'une seuU dès loi^, mais qui les réunissait toutes : être premier ministre. I^s chicanes des bureaux, les manques d'égards de d'Huxelles k mettaient souvent dans une posture embarrassante et dans une ignorance périlleuse, Dubois comprit que sous peine d'être arrêté, retardé, entrave dans sa marche l devait se constituer son personnel à lui, en mesure et en eta de rivaliser avec le ministère d'État. Il fit le siège de Torcy ot ie conquit par des prévenances et d'adroites flatteries, peut-êt.e aToXt-ildes professes à l'ancien secrétaire d'État qui rêvai de. reprendre la direction des Affaires étrangèi^es. Il le consultait eur "es démarches et ses projets, lui soumettait ses brouillons k priait de faire connaître les mots à employer" et obtenait en retour explications, dissertations, mémoires .
Torcy, par sa situation et son expérience, était a la ois^ un annui et un guide, l'homme « qui en savait plus que les autres ... 2 derirre'lui, mais encore en un bon rang, venaierit nos rep reentants diplomatiques à l'étranger. Afin de mettre la main sur es affaires étrangères, il importait à Dubois de changer le per- Jnnel attaché à la personne de d'Huxelles et dispose a suivre :es vues La négociation de Londres lui avait fourni 1 occasion de sW substituer à M. d'IberviUe. d'autres ambassadevii s seraien de m'ême évincés. - A la Haye, M. de Châteauneuf paraissa t fai^ cause commune avec les envoyés d'Alberom, mais certainement il gardait rancun.- à l'abbé de la façon dont ce ui-ci 1 avait dépossédé de la négociation de 1717- Dubois pouvait lui subsUluer un a-^ent secret éprouvé, le fidèle Basnage, homme d une or^p^lance infinie et' d'une discrétion irréprochable, homme de bon conseil aussi sur ce qui faisait l'objet de ses observa-
" Aubertin, L'e..pril public en France au xvin» siècle, p. i.î
» Arch. des Aff. Êlrang., Angklern;, t. 3.4. M. 8, fol. .7, M. 83 . Dufto.s
à ^■ancri, 3. 6 et ,0 janvier 1718. ; ^ Sainl-BHce
» Arch. de,- Afj. Ëlrang., Angleterre, t. 3i4, fol. 27 • t^""""
(Nancré), 6 janvier 1718. , . . ^ f/ancré,
" Arch. des Afj. Élrong.. Angleterw. t. 3i4. fol. iii ■ uaoo
ïo janvier 1718.
FLUCTUATIONS t)U RÉGENT ^
"ZÙv^ '"""'"* P'™^ '" ^^"» P^^««""«> politique des Pro-
M. de Morville Jrcon nll H î '*''""'' P^"'' «"«cesseur
"" ou deux „oi,. ,. écour.ï'i. t SeaZ;„ S 'T^
nialiait a servir le^ intércts de la France à nratiVtn.r i -
tradHionnel.es de sa diplomatie, àp^iplr^S nt TE
L à' a ;n:f; r^/'^^'^'T- ''"'«■^ '"^ -ttltma . me a id main et Rottembourg dut abandonner un noste nni
1 idait a vivre et qu'on livra à un Irlandais. - A VienneTubl
eut voulu .^«.placer .. un nommé Du Bourg t> pïr SavignT
>on âme damnée; mais le passé de celui-ci élait Lp récent ii
fallut taiœ un autre choix, dont le Bâlois Schaub fut favori'^.
Le peut diamant de deux mille écus, des avantages pour llvi le
de Haie la promesse „ d'une protection et une ressource assurÏÏ
ré£TD\" ir^^'i^SÏ-^'^.'"" " 'engagèJtTrsTerS: 1er* ae iJubois. — A Madrid. Saint-Aignan n'était nlus i.tilo à quoi que ce pût i5tre, mais le choix de Nancré ne i^mnlH pas on 1 a dit, les prévisions de Dubois. ^ ^ '
Pondant ces mois de janvier et de février i-,,s n. u •' ies futurs Instruments Je son Hiinlst^l^rfe'ttÏÏ^s'TurSr d.c. des mémoires et trouve même les loisirs nécessaTri à sa' sanle délabrée que le repos tout seul pourrait réSr Tar 4 od.es, Chavigny allait visiter Saint-Simon, Torcy Vil lerov tom plu. ou moins déclarés contre d'Huxelles qu'il s'Jit de mi^er de démanteler de tout ce qui fait sa force, afin que Hnstant vZ' une chiquenaude le jett.3,à terre. En att;ndanrœt iSnt pTu t prochain, Dubois paraissait destiné à tout. « On par oft 7^ jours-c, ecnt le Ga^etter de donner les sceaux à l'abbe Siboh
inage,
."tél:Ù ^:s'"- ''"""'■• ^"^•^'*"^' '• ^'^' fo'- -6 ■■ Onbois à Bas =o"jnn:t It:,'!"- ^'"'"''•' ^"«'<='-«. '• 3a. fol. 3.9 : Dubois d Basnaçe,
,"J^';,%: '"■ """''■' ''"^' '• ""• 'o'- «' = ^'«-eUes d Bottembourg.
HÎSTOiRÊ t)É LA RÉGENCE
FLUCTUATIONS DU RÉGENT
Je vous assure qu'il y a apparence que cet heureux ministre en &era honoré au retour ci< ses négociations". » Schaubpart Schaub arriva à Vienne le 4 mars et eut fort à faire. Une pour Vienne ç^q^îq envoyée par Stanhope à Saint-Saphorin et arrivée pendant la nuit avait été lue sur le champ par cet ambassadeur aux ministies impériaux dont la stupéfaction, la colère furent sans mesure en allant de la renonciation à l'Espagne à l'attribution de la Toscane et au retour éventuel de la Sardaigne à Philippe V.- C'était, à les entendre un déni de justice et l'abdication de l'Empire et de l'Angleterre devant la France". Saint-Saphorin (t Schaub rétorquèrent et montrèrent les solides avantages qu'on tirerait d'une acoeptation rapide et complète. Un des plus malaisés à convaincre était le prince Eugène. Lord Stair lui avait écrit pour iui exposer les embarras de Georges P'; Saint^aphorin l'avait pris à parti, essayant de lui montrer la Hollande, rivale commerciale de l'Angleterre, la France alliée aux puissances du Nord, impatientes d'assaillir la Grande-Bretagne. Avec de pareils sujets d'appréhension, il ne pouvait s'aventurer à envoyer une flotte dans la Méditerrannée au service de l'Empereur qui avait toujours, et pour longtemps encore, les Turcs sur les bras. Au contraire, i'alliance avec le Régent permettait de retrouver la sécurité. En même tcm])s la séparation des couronnes de France et d'Espagne rétablissait l'équilibre en Europe, satisfaisait le roi d'Aiigleterre et l'Empejcur de qui les renonciations conditionnaient la situation générale".
Le prince Euo^ène, à qui .«^adressaient ces considérations, tenait un rôle con«-idérable, eiMore que m.«l défini, dans les conseils de l'Empereur. Homme de guerre, il devait le plus solide de sa gloire et de son importance à ses actions militaires dont les autres ministres impériaux étaient empressés à marquer le terme en procurant une paix qui le rendrait inutile. On négociait activement une paix avec la Turquie et on aboutit le 21 juillet 1718 à une trêve de vingt-cinq ans qui, pour le prince Eugène, équivalait à ce qu'on appelait alors « prendre ses Invalides ».
En même temps Saint-Saphorin et Schaub s'évertuaient à convaincre le ministère autrichien de la nécessité de l'alliance, leurs efforts étaient traversés par les intrigues du duc de Savoie. Victor-Amédée, condamné à perdre la Sicile, reprenait son vieux métier de duperie et de mensonge, cherchait à tromper, en les
" Gazette de la Régence, p. 253; i3 mai 1718. *' Weber, Die Quadnipel-Allianz von dem Jahre 17 18, p. 59-61. ^* Public Record Office, Gcrmany, vol. 210 : Saint-Sapliorin à lord StanhopCt aS mars, Pro Memoria, i4 mars 17 18.
Le piince Eugène
Victor- Amédée
exploitant, Vienne et Madrid. A Vienne, il suggérait l'abandon volontaire de la Sicile moyennant des expectatives sur la Toscane, promettait d'obtenir le consentement du roi d'Espagne pourvu que l'Empereur s'engageât à procurer à ce prince le royaume de France, en cas de mort de Louis XV. En ce cas, Victor-Amédée aurait l'Espagne et remettrait à l'Empereur tout ce qu'il possédait en Italie"; le troc lui plaisait tant qu'il offrit vingt mille écus à Saint-Saphorin qui refusa^*. Mais cette négociation avait contre elle le prince Eugène, qui y perdait ses droits éventuels à la succession de Savoie; elle fut bientôt éventée par Dubois et condamnée par Stanhope qui déclara que <( de telles propositions ne pouvaient émaner que de têtes à projets; elles ne sauraient offrir une base sérieuse de négociations^^ ».
Tout le mois de mars se consuma en délibérations. Stanhope* — devenu premier ministre le i*"^ avril 1718 — insistait sans cesse et réussi*sait, avec l'aide de Saint-Saphorin et de Schaub, à persuader au Conseil privé que l'obstination traditionnelle de l'Autriche sur ses prétendus droits avait maintes fois été chèrement payée; que le rétablissement de l'empire de Gharlemagne était une chimère; l'acquisition de la Sicile un avantage certain et immédiat tandis que l'Espagne ne recevait que des promesses d'un lointain effet; enfin le troisième projet de Stanhope était une manière d'ultimatum duquel dépendait l'amitié de la France et des puissances maritimes et qu'il fallait accepter le <( cœur serre" ». Charles VI exigea néanmoins que du vivant des princes régnants, aucune garnison espagnole ou française r.r pût êtic introduite en Toscane et à Parme. De plus, il fallut insérer que les couronnes de France et d'Espagne ne pourraient être réunies sur la même tête, (( ni dans la même ligne »; enfin, le roi de France dut passer une renonciation à toute prétention sur lEspagne". Moyeifnant ces concessions, les ministres impériaux souscrivirent un traité qui, au dire des Anglais, leur assurait ce qu'une guerre heureuse n'aurait pas pu leur procurer en plu-
Sieurs campagnes .
*• A. Baraudon, La maison de Savoie et la Triple- Alliance 1713-1722, in-8,
Paris, 1896.
,^* Public Record Office, Germany, vol. 210 : Saint-Saphorin à Robethon,
Vienn<i, 26 mars 17 18.
" Oxenfoord Cdstle, Stair Papers, vol XIII, A : Lord Stanhope à lord Stair, Whitehall, 3i mar« (=11 avril) 17 18.
*" W-ehcT, Die Quadrupel Allianz vom Jahre 1718, p. 59-63.
*• Arch. des Aff. Êtrang., Espagne, Mémoires et documents, t. ilii, fol. i58.
*» Oxenfoord Castle, Stair Papers, vol. XIII B : Craiggs à Stair, Londres 2f mars ( = 7 avril) 1718.
Acquiesce-
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rEmpercur
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Le A avril 17.8, le comte de Sinzendorff communiqua offic.dlement ^"ambasladeu. anglais l'acceptation de ««^ ";-^- ^ rS an<^lais. Pendtenriedter et Koenigsegg en furent averh6 OÎ cha^mp. L'essenti.l était acquis, mais de nombreuses d.flicultés de détail surgiraient encore".
"^ft !:;^;rinSrrml de cette année .7x8, Stana."-^^ hopTet L uSis n' taS pas moins préoccupés de Madrid que -^■'»*- de i une Stanhope écrivait confidentiellement a SUir : « 1 est de grande conséquence... que l'Espagne so.t «menée à no re olan sans l'emploi de la force" ,.; en même temps, Dubois proplan sans itii4 arranger une m ssion du mar- ^ : nL7?: L irrpri^ettre du 8 d^mbre à
TT ir?a"re trS av c ^Empereur, il négocia sincèrement rotCle Avance dont il ne'songeait plu^ ^^ à /^^Jclauses à Philippe V. Cellamare «« «ongea qu a l^^^'^^^^^^^ j, à son maître" et la mission de Nancre neut pas d autre o.
gine
Dès la mi-Janvier, Nancré faisait ses préparatifs de départ u fo^* loc nh^taolos que soulevait d Hux<îlies. LaDDe, au :Z^T\uire:^^^r:él de se tenir prêt à partir au momen
l eue communiquée aux ministres d'Angleterre dans la
doKnt une copie avrx., de grandes mstance^ Elles ^aPPelaiem L efforts du Régent depuis 1715 pour maintenir et affermir la pai^fn Europe. Ce faisant, il s'était conformé aux vues du feu Rordïïii^ux S'amener la paix entre l'Espagne et l'Empire. Il eut
•:: îiÎL^LÏ-i lrfs.ir, CocKpit. ., (.8) i.v.ier :,.8. dans L. Mahoa.
"""I;;,' "i.,'n?fînn;.. n. .00,0-6,,, Mén.olres, t. III, p- .70. .. ArcI,. Jes A//. Éirang., Espagne, t. ,63 a ,7, .nclus^ » 4n-;i. <les Afl. Éirang., Ksp-gne, t. 203, fol ,3 . .Mcmoiiv p
q„U de Nancré allant à MaarM. février .7.8. ^^.^^
,.rvi, d'inslruciou au marquU de Nancré allant auprès <lu ro. d h.pagnc.
' 'tj
FLUCTUATIONS DU RÉGENT
souhaité que cette paix fût négociée "par le roi d'Angleterre afin que la France ne parût exercer aucune contrainte sur le roi d'Espagne et que lui Régent, ne semblât avoir aucune part au renouvellement des renonciations; mais Philippe V avait rejeté toutes les propositions faites par cette voie; il ne restait plus qu'un remède à la dangereuse situation de l'Europe : un traité de la France et de l'Angleterre avec l'Empereur. Nancré avait mission de le faire savoir au roi d'Espagne en lui précisant que la France était obligée de faire cause» commune avec les puissances. Nancré promettait à Philippe V les bons services de la France dans l'affaire des duchés italiens et de la rétrocession de Gibraltar; dans le cas où Philippe V viendrait à mourir, le Régent favoriserait à Madrid une régence d'Elisabeth Farnèse et d'Alberoni. Tels étaient les expédients dont se berçait Dubois et qui faisaient dire à Cellamare « que quand même Nancré auroit l'éloquence persuasive de Cicéron ou de Démosthènes il ne trouveroit pas le grand secret de contenter la Cour de Madrid avec les avantages peu solides du projet formé par les médiateurs*\ »
Arrivé à Madrid le 28 mars, Nancré fut reçu le 26 par Alberoni et merveiflleusement insulté par le faquin parmesan, qui a, disait-il, « des emportements jusqu'à la fureur qui ne se peuvent dépeindre** ». Alberoni connaissait jusqu'aux moindres détails le projet français et savait qu'il avait été examiné à Vienne; il bafoua Nancré, le plaignit de s'être chargé d'une pareille commission**, déblatéra sur les traités d'Utrecht — c'était <?on thème favori — et quand il eut parlé, tonné, vociféré à sa suffisance, la conversation commença; elle dura dix heures, aussi longtemps le lendemain et autant le surlendemain. Quand tout eut été dit, Alberoni conclut que les propositions de Nancré étaient illusoires et insultantes pour Elisabeth Farnèse*". Nancré répliqua que Gibraltar rendu au Roi et la régence assurée à la Reine n'étaient pas si fort à dédaigner**. Ce disant Nancré savait que ses paroles seraient relevées et il apportait tant de bonne grâce à soutenir que Français et Anglais étaient désormais insé-
*' Bibl., nat., ms. franc. ioC70-io6;2, Mémoires inédita du Torcy, t. ITI, p. ?%.
*• Arch. des Aff. Eirang.y Espagne, t. 268, fol. 2o3 : Nancré au Régent^ 28 mars 1718.
*• Bihl. nat., ms. franc. 10670-10672, Mémoires de Torcy, t. III, p. 328.
*** Arch. de Naples^ Farn^siana, fasc. 5^ : Alberoni au duc de Parme, 28 mnrs 171S.
** Arch. des Aff. Êtrang., Espagne, t. 268, fol. 2o3 : Nancré au Régent, 28 mars 17 18.
Il se lie à Alberoni
put été ci.-onvcnu par d'Huxdles avant son depar de Pans " t que -an bTlion de se tailler un rôle ait an.ene Nanere a ™dre le projet d'entente entre Bourbons de France et d Espagne Nanci^é découvrit un Alberoni pacifique qu'on ne conpagne, .>d lu. Hément sa correspondance secrète avec
rrufdfp'me pi; tprofa duquel il exploitait l'Espagne. Vit ci tl h sTcrifiaU de gaieté de cœur et il prévoyait pour elle ts pi ; V n are ans doute la raison eût prescrit d'admet re un 'a ccomn odement. n'importe lequel. .< mais leui^ Majestés encouragées par nos vastes préparatifs, P- !-^^^;^^^Xs ,onT- .abies des peuples et '^ ^^^Z'^ S^^t^Z^L fZl^ srno;::;e "det^que mes -™ -nt -
,^A\naZ ne changeroit pas de sentiment; qu'avec la fer-
:. rib^ et changer les ttats à leur gré en maîtres du monde ^.. Ces rodomontades ne trompaient personne mais ell^s jche vakît d'aveugler l'Espairnc courant sur la pente qui ne pouvait I« crndutre qu'à un. catastrophe, dont Alberoni prendrait son oartt a?iè"ivmënt dès l'iastant iù le duc de Parme lui ferait savoir ïïl iailnerait s'exposer dans sa principauté à la vengeance impériale." dont il se préserverait difficilement". Pour mieux berner
Elranq., Aiiî?k-lcrrc, t. 3i8, fol. 8i . Uuoou « - « ' RégenU
^2 Arch. des Afj. EWang., Espagm% l. 269, fol. ii7-i35 . Cancre au y
''^tci:!t tapies, Farnesiana, fasc. 5o : Alheroni aa duc de Parme. 5 avril 1718' « 4 ^Rr. frti 111 ' Cancre au Régeni,
l. III, p. 386. • Alberoni au duc de Parme. 5 avril
*' .Irch. de Naples. Farnesiana, fasc. 59 . AWerom au uui.
FLUCTUATIONS DU RÉGENT
le marquis de Nancré, Alberoni laissait entendre que Philippe V consentirai; à entier en négociations si on lui assurait au préalable le droit de garnison à Parme, à Plaisance et en Toscane cûnsi que la possession incontestée de la Sardaigne. La France et l'Angleterre promettiient de tout mettre en œuvre pour lui obtenir au moins la Sardaigne et, à ce moment même, il continuait ses pourparlers avec la Savoie et ses préparatifs de guerre".
La mission de Nancré, imaginée et organisée par Dubois, aboutissait à une trahison que Chavigny et Noce dénonçaient à Londres et l'abbé était obligé de convenir qu'u il y a des traits dans les lettres de Nancré qui me font craindre que je n'aie lieu de me repentir de lui avoir fait donner cette commission" ». C'était la revanche de Peterborough et de d'Huxelles; Alberoni, sans doute averti, eut peu d'efforts à faire pour gagner cet envoyé dont toutes les dépêches allaient critiquer et combattre la politique de Dubois, réduit à se dire, penaud : « Tu l'as voulu, George Dandina »
Cette déconvenue une fois admise, et tournée même en plaisanterie, la question se posait plus instante encore : Qu'allait faire le roi d'Espagne? L'intimidation exercée par Stanhope sur Pendtenriedter avait contribué à faire réfléchir l'Empereur et arraché la signature du 4 avril. Faudrait-il recourir aux mêmes moyens pour persuader et entraîner l'Espagne? Faudrait-il que Ile roi de France « fit claquer son fouet?*" » — Dès la fin du mois de mars, le Parlement anglais avait décidé l'envoi d'une flotte dans la Méditerrannéc*' et le Régent, Dubois, Stanhope et Stair affectrîient de croire cet avertissement décisif". Dubois et Stair, ces antagonistes farouches des heures difficiles, se congratulaient, s'attendrissaient. « Je aous restitue le compliment que vous m'avez fait sur l'acceptation de l'Empereur, écrivait Dubois. S'il appartient à quelqu'un d'être remercié et applaudi, c'est à
*^ Canitti, Storia délia diplomazia, l. lïl, p. 5o3-52i ; Wcber, op. cit., p.
*• irch. dex Aff. Etrang., Anglolcrrc, t. 3i8, fol. 81 : Dubois à ^océ, 12
mai 171S.
'» Arch. des Aff. Êtrang., Anglclerro, t. 3i8, fol. 81 : Dubois à ^océ, 12
mai 1718.
" Arch. des Aff. Etrang., Angleterre, t. 817, fol. ii3 : Dubois à Saint- Saphorin, 12 avril 17 18.
*- Mossage de Georges T*'', 27 mars 171S; Th. Lcdiard, Histoire navale de V Angleterre, trad. franc., t. III, p. 687, note a.
" Arch. des Aff. Ètrang., Angleterre, t. 269, fol. i53 : D'Huxelles à Nancré, 3 mai 171S; ibid., t. 3i7, p. 99 : le Régent à Dubois, t8 avril 1718; fol. 236 ; lord Stair à lord Stanhope, 3o avril 1718. •
et trompe Dubois
Les
signataires
de la
Quadruple
Ailiaace
remplis de
satisfaction
et de coDiîance
.^Mt--*^--*'*
mécooten tement
Voir. Ex<^Uence. sans laquelle !« "f^-f '«"^^^i; Z^' ^ .uroit cédé aux conuad.ction. .u d^- t-ve- - Franc., e^
Z^^:^^ -;; .ourau KO, .^o.e .au. le pU. grand rôle qu'aucun p.ince P/j'^- ^^ ^: ^parU qui llmfaite, .i l'Espagne est --«'««""f 1^;,^ .^."'^.'^"^tant la prédiction per^ur a pris sera un P'^f ^^^^^.^J'^'^ f^^.'^^Z^^^^^^^ voudra pas ,ue vous m'avez souvent a. e le "^ol.qu^^^^^ ^^^
perdre les --^Jf^ J ^^ J3"' J eTl" instructions envoyées à r;T "m de NancréTui éloignaient de faire savoir à Phif'rv Tat le ï "e" 'dleureroit inséparablement uni au ro. hppe V « que le «e^eni l'écoulant pas, s ex-
d'Angleterre et que le ro. d Ej>agne en^n ^^^^ ^^ ^^P^^ ^^ ^^
^l^l^^^^^^rZ:^^^^ à un ultimatum -is on r/outait pas àVris et^à Londres .ue ce^on nejut^^^^^e^^^ dût intimider Ph.hppe \ 1 homnie le^ m ^^^^ ^
difficuU*,, écrivait lord SCr; ■>, ™ '""' J/^t^"/»,..^,, ^pour surmonter celte qu. .«rient... & '"''« ''=J^- J, ^.
rS,!;, pour vTr Vémple de Lu. fermé pou, longtemps
et le retour du siècle d oi . . , ,, . -
torriXmentimmor.»^^..*.^— „»^^^^^^
*c:p^r,nX:m,"'S:» r,r^^ de b..-.,eur. n. trouprospérité, ci ^ „i;n„^ ^MtP naix il la nommait « un
vait qu'un terme pour qualifier cette paix,
1 YVT • Diihni^ h Mrd Sloir, 20 avril .= Oxenfoord CaMe, Stair Papors. vol. XVI . P-iho...
( = , ma,n.7.8. aans The S««ir ^""«'«•- <• '1; P^ ;"";,, ^ D'H,.x..|to A ><.nor<!: " ,.,rch. des AU. E'™»9- ^sp^-o, r ,.>S M . ^- ^^ ^^^^.^ ^^^^
,4 avril .718; ibid., t. ^69, fol. .7; • ^'"Y,7 ^ . ,„prf stair A P-hms, >9 mai " Oxe,i/oord Castle, Stair Papers, vol. XllI, \ ■ lora
^718' ^ ^1 ..tr^ • Sninf-Saphorin à Dubois,
•• PuMic Record Office, Germam, vol. 210 . baint:>ap
Vienne, 22 mai 1718.
FLUCTUATIONS DU RÉGENT
emplâtre" ». Ce fut un concert de lamentations suraiguës auxquelles on daigna faire à peine attention". Ces rapaces n'avaient que la taille et les appétits des parasites, on les dédaignait. « Ahl bi l'État de Parme pouvait entretenir 3o.ooo hommes de troupes », gémissait Alberoni plus que jamais déterminé à tenter « une nouvelle expédition en Italie, je travaille sans relâche, écrivaitil, h disposer la flotte de manière qu'elle mette à la voile de bonne heure. Il faudra bien que l'Empereur envoie de nombreuses troupes on llalic"'. » Pendant le mois de février 1718, il pressa les préparatifs, envoya 26.000 ducats au duc de Parme pour lui permettre d'armer ses forteresses et d'équiper sa petite armée'". l.es principicules auraient leur guerre et, si elle n'était pas leur ievanche, du moins troublerait-elle assez l'Europe pour qu'à la faveur des chanâ^ements qu'elle entraînerait, ils pussent espérer quelque profit. Alberoni, leur agent ou leur interprèt/î, ne négligerait rien poui que leur politique secrète fît échec à la politique secrète de Stanhope et de Dubois.
La maison de Savoie qu'on dépouillait de la plantureuse Sicile et à qui on offrait comme compensation l'indigente Sardaigne, trouvait à Vienne un avocat audacieux et retors, le prince Eugène, qu'on flattaii de l'illusion qu'il défendait les intérêts de sa famille. Eugène prit fait et cause et retarda notablement la négociation qui se poursuivait à Vienne (mars-mai 1718)". Médicis metfait en œuvre des concours plus modestes mais to\it aussi efficaces et leur influence balança pendant tout le mois de mars celle qui, finalement, emporta 'le consentement impérial du /i avril. Ce tenace effort avait d'ailleurs servi à épargner les garnisons espagnoles dans les places toscanes destinées à l'infant fils de Philippe V. Le Farnèse avait préféré garnir ses poches de bons ducats". Tous jetaient les hauts cris, s'attendrissaient à la pensée de C": qu'on allait leur orendre, s'indignaient à l'idée de ce qu'ils
«7 ^rrh, '^''s Aff. Ëtrcinq., Angletcrr-o, t. 3i6, fol. io2-io3 : Note de Torcy p-^iir Diiboif*, 22 mars 1718.
•• E. Bourpreois, Le secret des Farnèse, p. 298.
•• Arch. de J\^aples, Farnesiana, fasc. 69 : Alberoni au duc de Parme, Madiid, 8 et 24 janvier 17 18.
"*• Arch. de yaples, Farnesiana, fasc. bg : Alberoni au duc de Parme, Madrid, 7 mars 17 18.
^* ircb. des Aff. Êtrang., Anpfleterre, t. 3i6, fol. 1^2, 168 : Dubois à Nancré, 23 mars, et a du Bourg, 26 mars 1718 : CaruUi, Storia délia diplomazia délia Corte di Scvoia, t. III, p. 620.
'* irch. de J^aples, Farnesiana, fasc. 69 : le duc de Parme à Alberoni 3 et 8 avril 1718. ,
Les
démarches
tentées
La volonté
de faiJe U guerrd
* , 1 .£ rl^ ceux dont la force écrasante
allaient perdre de par la ^'«^«"^^fiXit de retirer aux uns et et 1 necord intéresse faisaient tout le aro
d'attiibuer aux autres" i,:„nait de ces Cabinets de l'Eu-
Toujours trivial, Albevon. ^ f «^l"*^;* ^ j^s royaumes comme ,opc qui « coupent et -gr;ent des Ét^»- ^^^^ J^,,^ ,« trouve .'ils étaient des fromages de Hollande • ^^^^ ^^ ^^^^^^
dans le fait que si les î>^.'"'=^ ' J^^^^-.^et moins de désintéresils eussent entaillé avec pms ^^^^^^^^^,^, rejeté les offres sèment. Lorsque lE>npe.eur eut del. ^^ renoncèrent pas
des Toscans et des S»^«>"^^;' ^ ,„„'™ qu'était alors un prince à la lutte. Qu'un si mmce P^'«>n"J^; ] ,^^ représentants des Farnèse réussit à len.r .u ^^^'^\^l'\l guerre et l'ait, finaleplus grandes puissances, qu 1 ^'^ J° ^^ énorme pour êti^e Lnt^ décidée; la d-P^-*':; J^e à la 'éalité. Par sa nièce possible, elle est '^'i>'''^';'l'^''lZZnen.oyé, dont il avait fart dont il avait fait une reine, 'l^^'J^^^ J^ à Madrid et rédu- „n premier ministre, le "^'i^jYmbit ons. Elisabeth voulait la
sait l'Espagne au ^^^''.^l^^^^. dès loi^ Philippe V énonç^ guerre parce que son oncle 1 exigeait ^^.^^^^^, .«rtir. H
Ls conditions d'où la f ^"^,/^7„'' je Parme et la Toscane éclama la Sardaigne, refusa l^'^h^nge a ^ ^,^^^^^
garanti par des garnisons espagn^s 1 o«n ^^^^^^^ ^ ?eur. Dès le ...o avril, ^^s décisions ^^^^^^ ^^^ le traite
l'Italie redevenait l'enjeu «^f ^ ,"^ J'^ p,, Référence pour le Rc d'Utrecht avait su metroc- a Ubn. ^^ ^^ ^^^^^ ^. j
nion grand-père et P^""^;^ .fj^J p^u pp^e V, au traité d'Utrecht. de l'Europe, j'a, «'^l"'^^^;'^',^ loi. Je ne veux pas la recevoir
^ mr :: "»s ;^ r >» -„l .w».- - ^ ....
jets". » .. ,. ,, ,„ ^.„n défi et Nancré. chargé de la
„.e.. et Cette réponse avait 1 « ^-^^^^"./^^ ^,ter un suprême effort m«.ete.e transmettre au I^^en^e conju^^^^ ^^^^ ^^ T^^^Z- Etirrregald^'iî-me une affaire de punto ». D Huxel
vembre i86o, t. XXX, p. iSî-^"'- u., p. 65-66.
26 avril 17 18.
\ Mberoni et
FLUCTUATIONS DU RÉGENT
les lui répondait, le i6 mai ; « Pourvu que Sa Majesté de Ja Graddo-Brotagne y consDito, ce que je n'ose espérer". » La veille même, Georges P' avait rc^fusé formellement cette concession. A dire vrai, Alberoni n'a\ait à s'en prendre qu'à lui-même. L'Angleterre était devenue pour lui un objet d'exécrations. Après avoir traité le ministre Bubb et le colonel Stanhope avec une insolence et des invectives de la plus basse canaille italienne, le cardinal avait récidivé et choisi Bubb, son favori d'autrefois, comme souffre-douleurs. Dans une lettre datée du 5 mai, il lui disai^ que le ministère Stanhope « n*est plus anglais mais allemand et qu il est vendu iaschement à la Cour de Vienne, et que par les brigues inconnues dans votre pays on tâche de faire donner dans le panneau la nation aussi. » Le subside servi en grand mystère par Georges P' à Charles VI était dénoncé, ainsi il ne suffisait pas que l'Angleterre se fut « épuisée d'hommes et d'argent pour acquérir à l'Archiduc des États et des royaumes », son roi faisait plus encore, ii payait le concours impérial à prix d'argent^*. Cette lettre envoyée par la poste en Angleterre ne pouvait, par cette voie, échapper à Georges P'. Mais pour l'irriter Alberoni avait fait choix d'un procédé plus efficace encore; dès le début de l'année 1718. il avait lié parti avec les Jacobites.
Un mémoire, en date du 5 février 1718, avait exposé à Phi- Sacftftfiaace lippe V, les vues, les espéiances et laissé entrevoir les besoins du lesJacotûtes parti jacobite. L'état troublé de l'Angleterre, l'ardente rivalité des partis autorisaient l'espoir fondé sur les tories à la première ouverture qui serait faite en faveur du roi légitime. Les partisans de Jacques Stuart caché> en Angleterre souhaitaient d'engager leur gouvernomont dans quelque guerre étrangère, unique moyen d^ provoquer la puissance attaquée à venir à leur aide. « L'union donc qui se trouve entre les intérêtz de leurs Majestez Brittanique et Catholiqui» est, disaient-ils, claire et manifeste; ils ont les mêmes ennemis à craindre et le rétablissement de l'un peut seul assurer la possession de l'autre en luy ôtant la seule puissance qui la peut troubler efficacement en prêtant la main à leurs ennemis*. » Sous la promesse d'un inviolable secret, on confiait à Philippe V les raisons que celui qui se disait Jacques TH, croyait avoir de compter sur le concours de Charles XII
^^ Arch. des Aff. Etrang., Espagne, t. 269, fol. 300 : D^Huxelles à Nancré^ 16 mai 1718.
'• Alberoni à Bubb (5 avril 1718) dans Steward'a anecdotes, London, 1798, t. lîl, p. 271.
'• Brit. Mur., Addit. ms. suppl., n° 20.292, Gualterio Papers; la date est donnée par une lettre de Gualterio à Jacques III. *
FLUCTUATIONS DU RÉGENT
de Suèd€ et du Tsar Pierre F' qu'une paix prochaine al'ait mettre en état d'agir de conœrt contre l'Électeur de Hanovre qui se dit Roi d'Angleterre. Il ne manque à la néussite de l'entreprise qu'une somme de cent mille livres sterling (2.000.000 francs) que le roi d'Espagne est prié de tenir prête.
Rien ne pouvait être plus sensible à Georges I*"^ que cette menyce, ou la simple possibilité de cette menace d'une alliance du Nord contre son électoral bicn-aimé et la simple idée d'un retour offensif du Prétendant. Il est bien difficile de penser que soit maladresse, soit vantardi&e, Alberoni n'ait pas songé à tourner les inquiétudes de Georges de ce côté" sensible, car à cette époque, il croyait n en avoir rien à redouter. La suggestion du mémoii-e jacobitc au sujet d'une entente avec les puissances du Nord s'était déjà présentée à lui, les embarras du gouvern.»menl anglais tiraillé entre des partis d'une violence extrême», les hésitations du Régeiit de France toujours accessible aux séductions du parti de la vieille Cour, le confirmaient dans les vastes et fragiles desseins d'une imagination désordonnée.
Jusqu'à l'instant où il serait prêt à donner à la flotte espagnole l'ordre de mettre à la voile, Alberoni entretenait adroitement les illusions paciiiques qui servaient son dessein en amusant ses ennemis pendant qu'il poussait ses préparatifs. L'Autriche ne s'y trompait pas, elle dénonçait à Londres les armements "espagnols et Pendtenriedter réclamait l'intervention d'une flotte britannique pour le maintien de la neutralité de l'Italie dont l'Angieterre était garante. De Vienne, Saint-Saphorin réclamait des mesures énergiques et un vote de fonds par le Parlement couvrit les dépenses des armements commencés à Portsmouth. Le Bégent tergiversait, cédant une fois de plus à la vieille
Cour.
Un nouvel assaut lui était livré afm d'arracher à sa faiblesse de la noiiie la disgrâce de Dubois. Goiui-ci était tenu au secret, son nom ^®"'* était tu, ses correspond:: nces dédaignées, d'Huxelles ne lui écrivait plus depuis trois mois", ne lisait plus ses dépêches au Conseil de Régence". L'abbé ne s'en était d'abord pas trop inquiété : « Je suis un pestiféré avec qui ils ne veulent pas avoir de com-
" Oxenfoord Castle, Stair Papers, vol. XV : colonel Stanhope à lord Sianhope, Madrid, 27 avril 1718, connaît l'existence des |Jacobites à Madrid. • »'^ Arch. des Aff. Êtrang., Angleterre, t. 3i6, fol. 187 : Dubois {neveu) à
Vabbé Dubois, i"' avril 1718. .
«- Arch. des Aff. fArang., Angleterre, t. 3i8, fol. 17 : Chavigny à Dubois,
II mai 1718. ^
Rrlour olTen>if
merce" », et il mettait ses agents en campagne, Noce, Chavigny, son neveu; leur dictant, leur conduite*\ Stair se montrait des plus animés et n'<'îyant jamais pratiqué la modération ne s y essayait pas à la vue « des intrigues de ceux qui ont toujours souhaité de faire échouer le plan'' ». Le hargneux Écossais admirait, sans y prétendre pour lui-même, la mansuétude avec laquelle le Régent écoutait tranquillement et sans humeur les choses déplaisantes. « Véritablement, disait-il, c'est un grand talent en un prince'' »; c'était surtout une grande faible&se, car Philippe d'Orléans se laissait fatalement circonvenir par ces donneurs d'avis et, une fois de plus, on en avait la preuve. D'Huxelles avait eu l'art de regrouper les partisans de sa politique : Nancré, Villeroy, Torcy'\ Peoquet", tous ceux que Dubois apijeile des (. pédants renchéris"' » mais qui sont enfin au moment de triompher de lui et de faire donner un éclatant démenti à sa politique. Ce nest î)as que le Régent méconnaisse le dévouement passionné de son serviteur et qu'il se détache des ambitions qui lui ont fait adopter la politique de la Triple et de Quadruple Alliance en vue de ses droits éventuels à la couronne, mais les années d'exercice du rouvoir lui ont appris qu'on peut à peu près tout ce que l'on veut du moment qu'on méprise le droit, qu'on dédaigne la contradiction et qu'on inrpose par la force ce qu'on ne pourrait obtenir d'autre façon. Stair s'obstine à vouloir l'éclairer; il lui expose les sentiments du royaume et l'état de l'opinion touchant son dix)it à la succession royale. On l'admettrait sous réserve du consentement de la nation donné dans les Etats-Généraux; à défaut de ce consentement, toutes stipulations, traités et renonciations ne seraient comptés pour rien. Philippe d'Orléans était bien revenu de ses anciennes idées en matière d'Êtals-Généraux dont il ne voulait plus entendre parler et il dit étourdiment à Stair :
•« Arch. des Aff. EWang., Angleterre, t. 817, fol. 168 : Dubois au Régent,
10 avril 17 18. , , .
*^* Arch. des Aff. Etrang., Angleterre, t. 3i7, fol. 81 : Dubois a Chavigny,
»-^ Arch. des Aff. Etrang., Angleterre, t. 3i«, fol 129 : lord Stair à Dubois,
29 mai 1718. r. • o
" Public Record Office, France, vol. 349 : lord Stair à Craggs, Pans 60
avril 1718. , T^ t •
«7 Arch. des Aff. Etrang., Angleterre, t. 8x9, fol. 32 : Chavigny a Dubois,
5 juin; ibUf., t. 819, fol. 60 : Chavigny à Dubois, i3 juin 1718.
*« Arch. des Aff. Etrang., Angleterre, t. 818, fol. 176 : Dubois (neveu) à rahbé Dubois, 27 mai 1718.
'*• .4/v/i. des Aff. Etrang., Angleterre, t. 817, fol. 168 : Dubois au RJgent,
18 avril 1718.
! Il
■^lÂ^iàl^^
Désaveu
de la
diplomatie
secrète
Décoiiijige-
meul de Dubois
,. M«is, .u bou. du »„>,... ,u«s.-o. ,;. U n.«O.J - ^J^^ p„ grand «^ose. niph, 'a SU,,^ «n. qu .n y P^ ^^^^^^^.^ ^
revenait à la charge, ne "T^ J ^ -^^ à soutenir son auto-
cession de la couronne . mn^il de Régence
Quoiqu'il put dire un "--f J'f ^^^Vnécesï de émettre toucha au triomphe, .^^^ .q;^^^;^^fj, ^oS^ la négociation dans k coucs ordinaire de a dip'omal'e oi b
de Madrid, de la mettre à decou^^ert ». C était 1«^^»^;^ ^ j,^ la condamnation de la diplomatie secret^. <*^^l ^7'^^^;^"^," ,, narmi tant de contradictions non seulement a Madud, mais cncoïc ^H?nov,e à la Hâve à Londres. U y eut plus qu un desaveu il y V Hanovie, a la nayt, a j ué.^ent enjoignit à Saint-
.ulabandonconsomme. .e i7ma.,kUe e^^^ j^ ^^
Aignan, en ,cas f e «km ^^ ^f lUppe V^^^^ ^^^^^ ^ ^^ ^.^^^^ espagnol ct^aes^ h r a la fo un ^^^^^^ ^^^^ ^.^
rom. « Vos demarcnes. j j mUsion secrète de
l'état de la négociation de Nancre • » ^>"^' j, ^^ jj^ncié
Nancré s'était changée en miss.oii officielle «* tout 1 an V ^nt nas suffi s'il n'avait été dirige par son maître loicy que
cette heure de découragement, •*/^'ï"^^\7^ trempés n'échappent pas toujours. La go""e^ î^/, raUaient'les 1 ,.în Aa Tnkav — une rétention d urine, que mai méd— -glais, une existence brûlante de conférences et
.. Arch des AJf. Eirang., Espagne, Mémoires et Documen,,, l. i35 : lord ^'^^ult roa/L'e,'"F:aôi:!-vo,. 34. : lord S.oir à lord S..„hope. 3« "» 7;,'h. de. A//. É.-0.. AngWtom, t. 3,o. fol. . : lord Slair à lord 'TZk'leTtrLng., Angklcrrc, t. 3,8, fol. .85 : CHa.lgny à DuOoU.
3i mai 1718. * 1 5 . ig Régent au duc de
•* Arch. (les A//. Êfrang., Espagne, t. 270, fol. 2b . le n g
Saint'Aignan, 17 mai 1718.
FLUCTUATIONS t)U RÉGENt
correspondances assaisonnées d'inquiétudes le poussèrent à bout. .. Je suis outré de douleur, disait-il à Ghavigny, et je ne vous dis pas la centième partie de ce que j'ai sujet de penser. 11 y a longtemps que je me suis familiarisé avec les sujets d'affliction, mais aucun ne m'a tanl touché que ce qui se passe en ce moment". » Et il parlait d.- démission!'*
Un sursaul de colère lui rendit santé et ardeur; il pesta « contre les gens, qui, travaillant tous les jours avec le Régent, un prince qui a cent fois plus d'esprit qu'eux, mais nulle malice, font glisser en lui tout le v^inin qu'ils veulent, et le persuadent' '. » Même absent, Dubois pouvait porter des coups funestes à d'Huxelles, mais Torcy réclamait plus de ménagements. <( Il faut, écrivait Ghavigny à l'abbé, méniger pour le moment Nancré qui a beaucoup d'approbation et Torcy surtout qui augmente tous les jouis en crédit, quitte à se venger plus tard''. » Il ménagerait donc Torcy, mais n'avait-il pas d'autres indulgences? On s y perdaiti
Au moment où le Ré^^ent proposait la cession de la Sardaigne ^«*^y»'^«i« à l'Espagne et s'attirait de la part de lord Stair un refus caté- *''**^'' gorique'" qui éclaircissait l'horizon à Paris'"", les nuages s'accumulaient à Londres grâce à Dubois qui entrelaçait ses vues personnelles avec la politiqw. de son maître. Déjà mordu de l'ambition du cardinalat, l'abbé voulait acquérir des titres à la faveur pontificale et s'assurer des bonnes grâces de Glément XI. Pour cette raison il s'était mis en tête de restituer au pape la suzeraineté sur les duchés de Parme et de Plaisance revendiquée par l'Empereur à qui le traité les transférait à titre de fiefs masculins. Six mois de contestations inutiles, cinq ou six expédients repous- .sés n'avaient pu le faire déprendre d'une cause à laquelle il attachais un intérêt personnel et où son obstination semblait d'autant plus inexplicable qu'elle avait mis plusieurs fois le traité
'•^ Ch. Aiil>rrtin, l'Esprii public au .VV7/P siècle, p. 117.
•* Arcïi. des Afj. Elramj., Angleterre, t. 3 18, fol. 82 : Dubois à Ghavigny,
2 mai 17 18 : « Je suis une dupe que les Anglais ont trompé comme un imbéeile. Voilà assez de défauts corporels et spirituels pour obtenir mon congé et n'être pas regrette. Je le demanderai plutôt qu'on ne pense : démêlera
les fusées qui voudra ».
•' Arch. des Ajj. Elrntuj., Angleterre, t. Sig, fol. 16 : Dubois à son neveu,
3 juin 1718.
'» Arch. des Aff. Ëfrang., Angleterre, t. 3i8, fol. 2o4 : Ghavigny à Dubois,
4 juin 1718.
•• Arch. des Aff. fJrang., Espagne, t. 270, fol. 61
i5 mai 1718; Bothmar, .1/emoiren, p. 262.
100 \rch. des Aff. Eirang., Espagne, t. 270, fol. i4o
3i mai 1718.
D'Huxelles à Nancré, Û'Huxelles à Nancré,
Retour
à Paris
de Schaub
»- „ Stair ne découvrait dans celte con- „ e» danger d'avortement --^^^^ ^, .««^age ». et, fonçant duite que . frivole fmcss* et manque ^^ ^^ ^^^.^
droit sur l'obstacle, m«",«f '^^^f^f ,a nation française n'étaient à la couronne que « m ^^P^f "^^"^'^,ait faire appel pour les disposées à reconnaître .., s il ne P^»^ était venu de choisir
iulnir aux puissances «f f^f/^ •^.p.gni- A t«ute sommation :„tre ralliant ^«FI-,-^^':^^ Ssissait; une fois de plus nettement articulée, le ^«g^f .f ^^^^i^ à Nancré qu'il se refusait ^,int à l-^\^^-- ^"t^VuUrtrLmphait, mais ses adve.aires l réclamer la Sardaigne v ~. .^, ..^
ne lâchaient pas prise. ^ Paris - ; proj«t ae
Le i8 juin, Schaub '^^PP^.^'^^i^^Siaux. Ainsi, jour après
^ Uuché par 1- ^e les mo" ' •« -^-^'^"^ "t Z ;our, semaine après semaine, les ^^^^ ^^„,e le Re
Soûlaient en conversat.ons en allées ^ ^^^^^^^ <l»r*^ t'^^pÏ ;,^nl et eomme Dubois, 1 Empereur «^ -^^ ^vec les Turcs
S re a^^ds multipliés. " discutart » P/Jf f^„,i,^,nt il avait dû 2:.;.ait les P-positio-^;^d- d 'dlaint-Saphorin, mais non .AA^- aux instances de bctiauD f i ^^^te accepte, â
:'t avc^r imposé une grave -f ^--"ns inipériales dans les
savoir, la prétention à^^^r^^^^Hf'^^^ „ y souffrir aucunes troupes duché; de Parme et de Plaisance et de n y ^^^ ^^ ^^. d'Espagne et
Îrancaises ni «^P^g^^^^^j^^es esprits étaient montés, on nhes ou'en dirait-il? Au point ou les espr ^^ ^^^^^ p bois
?ait plus à croire que de cet arUde so ^.^^ ^^ ^^ ^ j^,^^^
V é Jt très résigné : « ^-,^,»Sfr"" L^opi"'°" P^^^^l ^Z disait-il, que ce qui peut 1 affaiblir . V ^^ i^fii de
tnl, - révoltait à la V;'^^^:^ pouvait -nquer d ex-
&it^^^^"^^3?dririt^
S; langage, «é quahfi.Ue ti.. ^^^^ ^^^^ .„^,^,, ,,3
I n«irf France, voV. .^05 • '"™ ... PubUc ReconI O^^' , " ,^ , • lord Stair a lord
I7i8- ^ ,« Crnna Angl«t«i«' l- S'"- f<^- ' '
'^.« Arch. des A//. Êlrang., A g ^^^
Stanhope, ^^ J-\]]%,,r.g., Espagne, t. ^70, W- -^ ■ D""-
.03 4rch. des Aff. Êtrang ,,.,,,„: Co.igny à Dubois,
,4 juin ni8. , xnglelerre, t. 3'0. W- '7*
'^n•rdesA//.Ê.^„n..,Espagne,t..7..foi..S8 2'j juin 17^^*
FLUCTUATIONS DU RÉGENT
dispositions du maître, écrivait le jour -^'-^^J^^l^Zec m'àe à Paris : .< Le Régent a eu plusieurs '^"^^^TT^sysSme, et Torcy et d'Huxelles. Il me P-^^^-^i^/^'^oppiVà ce traité vous ne pouvez pas doater que ^ous les gens PP ^^
ne se servent des changements que ^.f "^P^T^/ ^vertiJment :
iaire échouer'" » Ghavigny ^^^^J^'l^ iTnégocl.iio^ a été .. Tous les changements ont et* «Rebattus. La n g
renvoyée à Londres. S.A.R. v-^^VJ'J^^^u^'^lTl R.' ne peut dire les réflexions de M. le maréchal d Huxelies . o.a
aller plus loin"'. » „ . u „iioU Honc se heurter.
C'était à cet état d'esprit que Schaub ''"«'^^^"^^ . j^ e- 1. R,gen. traversait des journées brulan^^^^^^^^^
relie i^lgieuse, la crise ^^^''''''^'^l' ^.""f^'^ZeLmeni cette avaient soulevé conti-e sa pemonne et .on gouv ^^
ru^tion dont il dédaignait » c^^rvoyanc^A^^^^^^ ^^^ ^ prenait à douter qu il lu. fut P°^s>^^ /^ \^ J alliances et une publique ^-;^,t<^:vet^ànrcln2iUeTs :fficiels, il adopguerrc sacrilège. Ç/.^^J^^/.'.hargeait Dubois de présenter a
duZ Tl'kspalne'". La cabale triomphait.
Triomphe
de la vieille
Cour
fol. iio
T^océ à Dubois, Chavigny à Dubois,
ice Arch. des Aff. Êtrang., AngkUrre. t. Sig,
'\r^rAs Mi. Êtrang., Angleterre, t. Sig, fol. 17^
18 iuin 1718. , , , „ » »,« fol ïio : f^océ à Dubois,
"' A J. des A//. E.r„-.g ^^^J;JZ£,,.,.nig^ de i^.-n.O.
liTe«::'';.dlïïr;.oo. . .4, ^ «nn^e, t. V, p. .5,.,6..
TABLE DES CHAPITRES
Pages
INTRODUCTION a ' * 1
1. Que la royauté s était affranchie de tout contrôle. ....••• ^^^
II. Que la tradition libérale survécut à la liberté • ' * ' ^^^^^
m. Que le despotisme laissa la France épuisée . • ' ' * ' * ^^y,