‹ Histoire de la régence pendant la minorité de Louis XV [microform]Chapitre 35 sur 193 · I I 1 II I · texte numérisé non relu

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Schauh quille Paris

i HISTOIRE DE LA RÉGENCE

dience, Stair et Schaub obtinrent racquiescemont du piinoe à la plupart des changonienk, sauf sur l'article des garnisons de sûreté . dans les duchés. Après une longue discussion, le duc d'Orléajis proposa d y employer à^b troupes neutres procurées par le roi d'Angleterre. Stair fut llatté de cette proposition, il le fut moins d'api>rendre que les ministres français substituaient aux Anglais des Suisses. Lorsque St^ir et Schaub obtinrent leur deuxième audience du Régent, ih rencontrèrent le maréchal d'iluxelk s bourré de contre-remarques renchérissant sur celles d'Angleterre, mais présentant des e\i^'ences nouvelles que Vienne n'accepterait jamais. On s'entendit néanmoins ou bien on fit semblant de s'entendre et les ministres anglais prièrent le Régent de leur désigner quelqu'un avec qui ajuster le projet, dans les termes dont ils venaient de convenir av< c lui, il les adivssa à Pecquet, secrétaire du Conseil des Affaires étrangères et promit de donner ensuite des ordres à Dubois. Ils attendirent en vain la visite de Pecquet et a[)prirent bientôt qu'on envoyait les contre-remarques de d'iiaxelles à Londres, à 1 abbé Dubois, comme un ultimatum pour y conformer W projet de traité. Sans hésitation ni discussion, Schaub partit pour Londres.

Au[)aravant, il fallait prendre congé du Régent. Le prince, averti de la présence der deux Anglais, prolongea dans son cabinet des audiences insigniliantes; et, lorsqu'au bout de deux heures, il vint prendre son chocolat dans le cercle de la Cour, il les vit avec tout le monde et se retira sans avoir ouvert la bouclio sur les affaires. Comme 3ux-mèmcs s'éloignaient, il leur envoya demander s'ils n'avaient rien à lui dire, et ils se rapprochèrent. Il ne fallait ])as se séparer, leur dit-il, sans un mot d'explication. Eux se plaignirent <lu j^rocédé qui dévoyait la négociation vers Dubois dans le temps où ils croyaient av<Mr tout terminé avec le prince lui-même; en ro isé(puMiet\ Schaub ne pouvait mieux faire que d'aller informer le Uoi de l'état des affaires et des vrais sentiments de S.A.R. Le Régent répondit qu'en effet il n'y avait plus rien qui dut le retenir. 11 offrit de leur donner copie des aposlilles qu'il avait m^ses de sa main aux contre-remarques, dans le sens qu'on avait arrêté ensemble. Lord Stair dit qu'il suffisait que l'abbé les eut de sa main, qu'elles ne leur serviraient de rien à eux puisqu'ils savaient déjà en quoi elles devaient consister. Ils lui représentèrent avec force à quel but tendaient b^s manœuvres de ses ministres; que, de la manière dont on s'y prenait: le traité ne pouvait plus guère réussir que par une espèce de miracle. En tout cas, ni le Roi leur maître, ni l'Empereur n'auraient rien à se ivprocher. Le Régent répliqua qu'il espérait

qu'on ne lui reprocherait rien non plus. « Non pas à V.A.R., direiit-ils, mais à vos ministres, lesquels ayant d'autres vues qu'elle, agissent aussi différemment; et nous n*avons à nous plai^ndre d'auti^ chose, si ce n'est que V.A.R. les laisse faire. » Le Régent prit la défense du maréchal, et après divers autres propos de cette nature, il les congédia avec des comphments. Son attitude leur parut très suspecte, celle d'un homme songeant ù dénouer poHment raliJance\

Tel fut le récit qu'à Londres, Schaub fit à Dubois réduit au désespoir et qui exhalait ses plaintes sans ménagement*.

En cette détresse, il ne restait qu'une ressource. « 11 faudrait, avait écrit Nooé, quelque démarche du roi de la Grande-Bretagne qui donnât plus de confiance et de certitude, au cas que l'Empereur ne veuille pas accepter, qu'on resterait intimement uni avec l'Angleterre et la Hollande pour maintenir la paix de rEuiope\ » Telle était bien l'opinion des Anglais et de Stanhope avec qui Dubois établit les articles d'une convention particulière que T^ésumât en quatre articles l'essentiel de la Quadruple Alliance : 1° Renonciation de Charles VI au trône d'Espagne; 2° Renonciation de l'Espagne à la Sardaigne en faveur de l'Empereur qui la céderait contre la Sicile, au duc de Savoie; 3° Cession éventuelle de Parme et de la Toscane aux enfants d'Elisabeth Farnèse, garantie par des garnisons neutres, suisses; 4° un délai de trois mois 5 Philippe V et à l'Autriche pour accéder à ces conditions volontairement. Enfin, entent? étroite de l'Angleterre et de la France, pour y contraindre celle des deux puissances qui refuserait*. Tout ceci se ramenait à une alliance étroite entre la France et l'Angtleterre, ou plus exactement entre Philippe d'Orléans et Georges P*", et c'est à l'instant où elle se négociait que Dubois, sentant ses adversaires victorieux, courut à Uampton Court et pria « comme à genoux », le Roi qu'il envoyât lord Stanhope à Paris. L'abbé triompha et, sur-le-chan»p, reprit espoir. Dès le 22 juin, il avertit Noce, Chavigny, les priant de taire ce voyage (( de i>eur que la cabale et M. de Torcy he le détournent' ».

• L. Wiesener, Le Régent, Vabbé Dubois et les AnglaiSy t. II, p. 174-178.

* Arch. des AfJ. Etrang., Angleterre, t. Sig, fol. 20 : Dubois au Régent, 26 juin 1718; Bothmar, Memoiren ûber die Quadrupel Allianz, p. 255.

* Arch. des Aff. Etrang., Angleterre, t. Sig, fol. iio : Noce à Dubois, 18 juin 1718.

• Arch. des Aff. Etrang., Angleterre, t. Sig, fol. 197 : Dubois au Régent, 16 juin 1718.

^ ^' Arch. des Aff, Êtrang., Angleterre, t. Sig, fol: 219 : Dubois à ^océ, 22 jum 1718.

Conveniion nourelle

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Wf'i—m^^mm^-^mrmi^rrmÊ^tpiJ^-mw'

Voyage

de Slanhope

à Paris

- I • «lanhnnp informa Stair que devant le

Le 22 uin egaileii.em Slanhope '"««""^ ^ Victoi-Amé-

péril de voir le Régenl s'engager avec Phihppe V el v

L-, leur roi l'envoyait avec Pl< ''- r^'^^rà o£ et po"' en contornùté des changements qu on a fait a I^^n^^J* ei P régler l'article des garn.sons (à mettre dans les duchts)^ M. de Pendtenri.-dler en était instruit et en cas de succès, le lo. Otor :s1ug"eait l.n que S-hope poussât i^'e^ E^^^^^^^^^^^ J-

tiendra ù des mesures plu. P-^-'^ f ,'^'"^,';^ .^^^^ nrh^n et qu'il se propose actuellcnent. » 1 "> f 'X^,^^^„„^, évident,

3*:ncrSoV:^^;rto;f.^

au'il est parfaitement sincère, car il se met tout-a-fait a notre I réUon! attendu que le moindre indiee que ^^fTT^ • au Régent de la méfiance: qu'il a eonçue de son maître et de sa î^anS à nous mettre au courant et à nous avertir, le rume- ; totalement. Cette manier, d'agir lui donne droit, selon moi a toute la réciprocité possible de confiance de no^^re P-^, <Jle a ét^ pour nous un motif de lui communiquer très librement toute ttre pensée, et j'-e dire qu'il n'en a pas fait d^autre usage que d'avancer au mieux de son habileté la conclusion ^^ -^ -;.>^7;;;; Jusqu'à l'arrivée de Stanlioi)e, il était recommande a btair de ..e pas ralentir ses efforts .uprès du Régent, car a un prinoe de ce caractère peut être, un certain jour, en humeur de conclure, ce qu'on aurait ensuite grand peine ù obtenir de lui, une fois l occasion échappée'. » . . . j a^ Les instructions données à Stair lui proscrivirent de prendre comme base le pix)jet porté à Vienne par Schaub au printemps, d'accepter Tartide des garnisons suisses et d offrir des roupes anglaises jusqu'à ce qur les premières fussent au complet. On écanait les autres modifications émanées du cabinet de Vienne. Par-dessus tout il devait éviter de rompre la négociation .

Stanhope accompagné de Schaub, quitta Londres le 25 juin porteur de cette lettre du Roi : « Mon frère et cousin, ayant trouve Tpropos, dans cette œnjecture déficate, de faire partir incessamment le comte Stanhope, un de mes principaux secrétaires

• Oxenfoord Castle\ vol. XÎII, A : lord Stanhope à lord Stair, Londres, ii (32) juin 1718; The Stair Anmls, t. II, p. 67. . 00 l

•0. Weber, Die Quadrupel Allianz vom Jahre 1718, in-S, Wien, 1^7, p. 74-

d'Étaè, je l'ai chargé de vous renouveler, de la manière la plus forte, les assurances de mon amitié et de mon estime très parfaite pour votre personne. Il vous exposera plus au long avec le comte Stair, le sujet de son voyage et mes sentiments pour la grande affaire à laquelle nous travaillons ensemble pour le bien de l'Europe. Je me persuade que vous apporterez toutes les facilités possibles à l'accomplissement d'un ouvrage si nécessaire et je vous prie d'ajouter une entière foi à ce que ledit comte vous dira de ma part, et principalement aux assurances que je lui ai ordonné de vous faire de mon amitié constante et de la sincérité très particulière de mes sentiments pour vous'". » Le Régent manifesta la joie la plus vive et Chavigny s'empressa d'écrire à Dubois : (( Le voyage de M. Stanhope est notre salut. Son Altesse Royale est ravie de le voir arriver; il lui est échappé plus de dix fois des exclamations de joie". »

A Calais, les deux voyageurs trouvèrent une lettre de lord Stair très alarmante. Deux postes plus loin, à Marquise, autre lettre de Stair annonçant le revirement du prince, son désir de traiter et son mécontentement des retards apportés par Dubois à propos des duchés. Le 'aç) juin, Stanhope et Schaub étaient reçus au Palais-Royal avec de grandes démonstrations de joie''. Stanhope remit au Régent une lettre dans laquelle le roi de la Grande- Bretagne, prêtant aux querelles parlen;ientaires dont Paris était le théâtre, une gravité que les idées anglaises attachent au nom df Parlement, et croyant son allié en ])éril lu» offrait tous les secours d'hommes et d'argent nécessaires en ces circonstances".

Dès le premier entretien tout paraissait aplani. Cependant lorsque Stair et Stanhope revinrent au Palais-Royal avec les changements dont on était tombé d'accord, ils s'aperçurent que le prince recommençait son manège. Le parti a vieille Cour » ne renonçait pas à la lutte, mais sa tactique consistait à fuir Stanhope afin de retarder la discussion. M. de Châteauneuf, maintenu par d'HuxelIes à son poste de la Haye avait monté la tête des Hollandais assez pour qu'on put invoquer leur attitude pour éloigner la signature du traité et gagner un nouveau délai de deux mois environ'*. Mais Stanhope n'était pas homme à attendre ni

" Gh. Aubertin, L'Esprit puhlic au XVIW siècle, in-8, Paris, 1878, p. 118.

" Ch. Aubertin, op. cit., p. 119.

" Public Record Office, France, vol. 3^9 : Stanhope à Craggc, 3o juin 1718; Dangeau, Journal, t. XVII, p. 333; 29 juin 1718.

P. E. Lémontey, Histoire de la Bégencc, i835!, t. T, p. 178.

" Arch. des Aff. Etrang., Angl^-terrc, t. 820, fol. i?.b : Dubois au Réqent, 7 juillet 1718. ' • ^

Réception

par, le Régent

Entretien privé

Obj«ction du Kégent

, reculer. Le R.g.nt affecU, de lui ';;- ^^ut" rdc ^ Ju": lait pas fitre talonné de c. te f^Ç"". '/.J^f v,,,,^ et demie et ne Icnlraint d* suj.ls •"'''«'■'^'"'^'^f '^-^ "" ,is en se retirant, il IVmmena pas dans s.... cab.net. loutetois,

donna rendez-vous pour >^l<-"f '"«'"• ^^ , ..^nt^ cabinets du Noce avait introduit Stanhopo dans le ^«^"^ „,i.

Régent à raison de leur -'i;-: ^ ^ , in<. ^rnéAageait cette faveur ressemblait a "" ''«' ' "^""'^ -, •,, ^, pouvait être

ains. un moyen dVxclure lord "':«;• 'l^^^J^s^^e «« tenait question d.mc ^ ;];;;:^:;^^^;;Z ^^^ 'Lmer une négo- .urses gardes. .< Cette ''"'^ ;'' ^ ?' ,„tres fmesscs que l'on dation sépavcV «-- ,"';^; ..^^rextr mement d'eu, jusqu'à lemarque font que je me di 1 1 ay .,„„j„„, n faut s'ac-

ce aue l'affaire soit entièmn.-nt lime. En f^"^;."'' " , :,,inet

ToXoder à leur mani^re-^ .. ,l^"-„ ^f^tr'ls'de ri rei et ^n Noce in.roduisU nmhope cl,e 1^^^

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' ""■"•r.,;V. ùs s Ma d.r à attendre les Hollandais dont la tem. serait na su. ^^ ^^^ Châtoauneut en une

ponsaUon ''^^ ;^" ' ^J " ^,.„,,„\, ,>,e<..ssion au traité extrôme-

rentlln^XNtnmoins, apW. quelques jours, le R.gent

""'uneTX" question s'était élevée à propos des g«>nis<^n« "-"; ,re dans les d .ehés italiens. Le n.inistre autnch.en a Par.s, M de Koenit egg. tenu au courant des pour;>arlers par les Anglais. !^ •" actr é en principe et les changen.euts et les garn.sons neutres "uf approbation de sa Cour. Comme, de jour en jour Tn ntroduisait des prétentions n..uvelles et qu'on n en pouvait nréiuger le terme, il demanda qu'on prit l'..ngag..ment de n apporter plus aucun changement a» texte du traité et de n en laisser intl•oduiI^e aucun par l'Espagne.

' Il V eut dès lors en discussion deux sortes d inslnmients diplomatiaues : d'une part, les arlicl.'s publiés et secrets de la future Ouadruple-Alliance. réglant les questions territoriales que tenait en susi)ens dans la Méditerranée le furieux et cauteleux anta-

»» Public Record 0//icc, France, vol. 35î : Ion! Slanhope à Craggs, i"

^"ilpi'Mir Record 0/.ficc. Franco, vol. 3Ô2 : .Sc/wiiil) « Suiiit-Supliurin, Pari», i5 juilltl 17>8-

LA QUADRUPLE ALUANCE 7

gonjjf^me de rAutriche, de l'Espagne et de la Savoie; d'autre part, une convention préparatoire, dite aussi Ultimatum, dans le sens requis par l'envoyé impérial, c'est-à-dire excluant toute modification ultérieure au traité principal, et constituant immédiatement -entre la France et l'Angleterre un [)acte défensif, à étendre à la Hollande et à l'Autriche, à imposer à l'Espagne et à la Savoie, fallùt-ij en venir à la guerre. Le maréchal d'Huxelles s'y opposa de toutes ses forces et fit composer deux mémoires. Le Régent en avait un dans la poche de son habit; on lui apporta l'aufre tandis qu'il s'ent l'été nait avec Stanhope. Parmi beaucoup de critiques, il s'en trouvait une qu'on ne pouvait esquiver : Si la France et l'Angleterre signaient sur-le-champ elles pourraient être obligées à la guerre contre l'Espagne, tandis que l'Empereur ne serait pas lié. Or si l'Empereur ne signait pas, les hostilitc'^s survenant entre la flotte anglaise et les Espagnols ne résulteraient pas de la Quadruple-Alliance mais du traité de Westminster (5 juin 1716), auquel la France n'était d'aucune façon intéressée. Stanhope reconnut la justesse de l'observation et, quelques jours plus tard, y donna satisfaction. Au cours de la conversation, Stanhope rappela que la flotte anglaise n'avait été envoyée dans la Méditerranée que pour vsatisfaire aux instances de Nancré et de l'abbé Dubois. Le Régent en convint^\

Cette conversation fut suivie, le même jour, d'une conférence officielle où le Rég(»nt fut accompagné par d'Huxelles et Pecquet. De son côté, Stanhope était flanqué de Slair et de Schaub. On s'entendit à merveille. Le maréchal et Pecquet approuvèrent tout, louèrent tout, applaudirent tout*'. (( Tout ce que nous proposions fut agréé après quelques légères disputes, écrit Schaub, et le maréchal nous comble d'applaudissenient.>^\ » Il arriva même que dans ces contestations tout amicales, le Régent soutint contre ses propres ministres « avec netteté et solidité » les sentiments du roi d'Angleterre. Toutes choses se trouvèrent « ajustées » dit Stanhope, l'Ultimatum aussi bien que le traité. Pecquet et Schaub reçurent mission d'insérer les modifications adoptées et de procéder à la mise au net pour l'envoyer à Dubois avec l'ordre de signer dès que Pendtenriedter consentirait, lui aussi, à signer.

Rien qu'on renonçât à compter les revirements d'idées du duc

" Public Record Office, France, vol. 352 : lord Stanhope à Craggs , i^ juillet 1718.

*• Public Record Office, France, vol. 352 : Stanhope et Stair à Craggt, I*' juillet.

" Public Record Office, France, vol. 35? : Schaub à Saint-Saphorin, x5 juillet.

Conférence el accord

Activité d'Âlberoni

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