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Dérobade
de d*Huxelles
g HISTOIRE DE LA RÉGENCE
quintaux de poudre, cent niilk balks, soixaiut ments à remuer la terre, des bombes, des grenades et U>ut ce que comportait une pai.iile expédrtion /-'^-^ , J^Taux trente-trois mille combattants sans compter six mille chevaux urconvoi d'un million et demi de pièces de h-l auq..l . ajout. ^ rait pour la solde des troupes une somme portée dej a f G^^^^^ Sr^nVet remplacée alitot par un dépôt ^ ^^^^/^^^^ ^mmes destinées à l'achat de vaisseaux en Hollande et non ^pî^yées- Tout le mois de mai se passa à presser ces preparaîiTs Le 6 juin, Alberoni annonça à son ami Rocca l'action prochaine'^ Le 1 5 juin l'ordre de mise à la voile fut donne e, le 17. a flotte*appareilla-. l>e .., Alberoni démasqua ses projets. .la foudre écrivit-il au duc de Parme, va frapper la Sicile, con ni inlLensable à nous donner à Naples les garanties neces- - S e? à empêcher le duc de Savoie de nous jouer un mauva^Tt^ur. Votre' Altesse dira que me voilà un ennemi de plus; 1 n'en est pa. moins vrai que voilà aussi une conquête facile à œnserver et le moyen de gagner le temps nécessaire a semer les Sordes en France et en Angleterre où j'espère trouver des bonnes dispositions pour des intrigues que ces deux nations préparent actuellement contre le duc Bégent et le roi Georges , » hilippe d'Orléans n'avait pas ignoré ce dessein du cardinal de l^occuper suffisamment en France par des embarras intérieurs • et sa résolution en avait été affermie. .. i- a ^
Le maréchal d'Huxelles cependant n avait pas capitule. Apres que Pecquet et Schaub eurent terminé leur travail de collation, Stanhope et Stair allèrent demander au maréchal l'heure qui lui plairait pour l'échange des signatures. D'Huxelles leur dit
" \rch de Naples, Farnosiana, fasc. 5() : Mhernni an duc de Parme, 9 mai 17^8; De Saint-Pliilippc, Mémoires pour servir à Vhistoire d'Espagne, in-i2, Amstordam, i756, t. 111, p. 260.
" Alberoni, Lettres intimes, 1893, p. 58/| ; 6 juin 171».
" Arch. de Naples, Farnesiana, fasc.. 69 : Alberoni au duc de Parme,
*a2 juin 1718. . » . n
" Arch. de Naples, Farnosiana, fasc. 69 : .4/beroni an duc de Pnrme,
22 juin 1718.
2* Public Record Office, France, vol, 353 : Stanliope et Stair à Craggr,
Paris, 6 juillet 17 18.
tout net qu'il ne signerait pas". I^es deux Anglais ne firent qu'un bond jusqu'au Palais-Hoyal où le Régent lisait, stupéfait, un billet du maréchal remis à l'instant. Il lui annonçait son refus de signer parce que l'abbé Dubois avait renvoyé le traité de Londres ? Paris pour ne pas. se compromettre en signant; lui, de son côté ne voulait pas plus se compromettre en signant à Paris^*. Ce refus était consigné dans une lettre « tellement ridicule, que le duc d'Aiitin, son meilleur ami, la retira par pitié des mains du prince et ne put s'empêcher de l'appeler une jalousie de femme^'. » Huxelles se croyait intangible et nécessaire, le Régent ét&it d'un avis opposé. Après s'être soulagé, — car c'était sa façon — en couvrant son ministre absent des plus viles injures, il le remplaça par le comte de Cheverny, membre du Conseil des Affaires Étrangères, pour tenir la plume. Le plein pouvoir fut expédié, le jour de la signature fixé. On ne saurait admettre que ce fut une scène arrangée pour faire valoir aux Anglais la bonne volonté du Régent^*, le maréchal dupé dans son calcul, invité à s'effacer devant Cheverny chargea Noce de raccommoder l'affaire et Cheverny se déroba; il vint déclarer au Régent qu'il signerait comme son serviteur, sur un ordre écrit de sa main, mais point comme ministre. Il y avait dans tout ceci une vanité sénile à entraîner et à ménager à la fois. Dangeau, toujours si nuancé dans sa concision, insinue l'affaire en une phrase : « On fera signer [le traité] par M. de Cheverny; mais le duc d'Oiléans espère que le maréchal signera; ...ce qui sera de meilleure grâce pour le traité". » Tout ceci n'était pris au sérieux par personne et « on disoit à Paris que [les signatures avaient été données] peu de jours auparavant ( la veille, 5 juillet, exactement) dans un souper que le Régent avait donné à Stanhope au château de Saint- Gloud". »
. Il fallait en revenir à l'abbé Dubois. Le Régent songeait à lui et proposait de lui envoyer ordre à Londres de signer avec le der'Angîais ministre anglais. Stanhope, l'homme aux décisions soudaines et
** Ibld., et Arch. des Afj. Etrang., Angleterre, t. 33o, fol. 108 : Dubois (neveu) à Vabbé Dubois, 9 juillet 1718.
'• Public Record Office, France, vol. 352 : Stanhope et Slair à Craggs, Paris, 6 juillet 1718.
" P.-E. Lémontey, Histoire de la Régence, i832, t. I, p. i4i.
*• Arch. des Aff. Etrang., Angleterre, t. 820, fol. i56 : Dubois (neveu) à Vabbé Dubois, 12 juillet 1718.
" Dangeiiu, Journal, t. XVII, p. 335; 6 juillet.
*" Saint-Simon, Mémoires, é<lit. Chéruel, t. XVI, p. 160, souper nié par VViesener. op. cit., t. IT, p. 190, note 3 et confirmé par Dangeau, op. cit., t. XVII, p. 335; 5 juillet 1718..
Retour offensif
Sommation k d'Huxelles
qui se soumet
au. mosun. rapides apercevait d'un ^^^^^V'^^J^^fl^;:^^^ et buboi. .. n.is à la tél.- d.s «""■"-;• •'^,;i ,,,„cc avec maréchal" ..; mais llui et Sta.r sacha.,1 le •' l' ' .^ ,i^^,
lequel ils traitaient lui «'^-;^-;' •:;y^:: ' ^ .Ï dlvant une sur le sort qu'il se causerait a '"'-'"^'"* .\",'^^ ,,.,•,, Le Régent résolution prise, annoncée au va et au «" f ' .^^ ;Xuze juillet, se rendit et rechange des signatures fut l.xc au aou J
Stanhope alla se délasser ''->;,JXn^:ii'= A et^^if^'a prit ,1 iuiUet, chez lord Slair a ^'""'f"."".", ; ,^;„,,„. ^, „i,,,nu de que d-Huxelles avait de ■'<>''r'^ ''"f l'% ^^nce Ion entoului le renvoi à Londres pour les ^'g-''":'^^ .^^^/; ^el^^ceux-ci à rage, les deux Anglais étaient consterner. ^«^^ ^^T/^"^ ^^^, f„t la charge et après une confé.rnce .!e trois quaits d »f' '^y°"; convent.. décidé ...pour le knde.naiu ou le surlendemain. Mais
il était onze heures du son". ^„„ i.ina un
D'Huxelles ne dormit pas; le l\égent non plus, .1 con l.ina un
Plan nouveau. .. Personne du Conseil de Régence ne savo t un pidu I1UUV....I j maréchal
mot du traité, sinon qu ,1 > "';""'"'"•.',' 'Vlll..rov Torcv d'Huxelles ne vouloit pas le signer". » En '■-'''^•;, ' '« . '^^^j^J; Saint-Simon n'ignoraient qu.- peu de chose mais ils n avaien rien appris que par des indiscrétions. » Le leur «P >q"<^^ ^^^^ été former ime troupe au maréchal; le leur taire, en leur demandant une approbation, éloil un parti absurde et dangereux. On
clmençalnc avant tout, dit ^-"'-»'"T' J'"" r, ' t" lu rextrème-onction au maréchal d'IIuxelles. Le duc d Or eans u. envova d'Ai.tin, chargé de lui dire qu'en deux mots .1 fa loit opter - entre signer tout à l'heure, sans plus alléguer un seul mot, ou quitter sa place, toute affaire, et demeurer particulier disgrâce. Personne au monde, par sa nature et par son genre d esprit, n'étoit plus propre que d'Antin à cette commission . » A une première invitation portée i.ar le marquis d'Effiat, le maréchal avait répondu qu'il se laisseroit couper la main plutôt que de signer . D'Antin « leussit du premier mot ». 11 fit observer au maréch.il „ qu'il n'y avoit que trois choses qui ])ussent l'empêcher de
" Public Record Ojjicc. France, vol. ,S52 : Stanhope e( Stair à Crcggi,
l'uis, 6 juillet 171H. .
" Arch. des .1//. Etrang.. Angleterre, l. Sso, fol. i5i : Chavigny a Dubois,
12 jiiilkt 17 18.
» Arch. des. Ajf. Etranq., Angleterre, t. 3^0 : Dubois {neveu) à Vahhé
12 juillet 171B.
2* et '* Saint-Simon, Additioinf au Journal do Dangeau, t. XVII, p. SS;.
*« Saint-Simon, Mémoires, édil. Chéruel, t. XIV, p. 1S6.
Signer : la première ce seroit de regarder le traité comme mauvais ce qui ne pouvoit être, puisque le maréchal avoit toujours dit d S.A.U. que le traité étoit bon; la deuxième, dos engagv»ments avec l'Espagne, auquel cas il ne conviendrait pas à Son Altesse Royale de se servir de lui; la troisième, une jalousie de femmelette contre M. l'abbé Dubois, ce qui rendrait inexcusable le procédé de M. le maréchaP\ » a Ge fer chaud l'étourdit à un point (parce qu'il ne s'y était jamais attendu) qu'il ne songea point qu'en cédant après tout ce qu'il avoit dit et publié il se deshonoroit. 11 promit tout court de signer et dv se tair(^'\ Oh! la grande puissance de l'orviétan, s'écrie Saint-Simon. Cet homme si ferme, ce grand citoyen, ce courageux ministre qui venoit de déclarer deux jours auparavant qu'on lui couperoit plutôt le bras que de signer, n'eût pas plutôt ouï la menace et senti qu'elle alloit être suivie de leffet, qu'il baissa la tête sous son grand chapeau qu'il i»voit toujours dessus, et signa tout court sans mot dire". »
Aussitôt cette soumission consentie, un plein pouvoir fut expédié. A la demande des deux lords anglais, le Régent, prenant l'avis du maréchal, convoqua tout le monde au Palais-Royal pour Taprès-midi du i4 juillet. A l'heure fixée, Stanhope et Stair se présentent el apprennent que le maréchal les a devancés et qu'il est déjà sorti, laissant au Régent un mémoire rempli de difficultés. Les points principaux étaient qu'il fallait fixer un terme à l'Empereur pour sa signature, convenir dos mesures à prendre contre l'Empereur s'il refusait de faire signer {par Pendtenriedter à Londres); signer à Paris le traité public seulement et renvoyer les articles secrets à signer à l'abbé Dubois. Le premier point était pleinement justifié : il ne convenait pas que le Régent lut engagé envers l'Empereur sans réciprocité de la part de celui-ci. On convint que si, dans un délai de trois mois, l'Empereur ne faisait pas signer, le Régent serait dégagé.
Le lendemain matin, ï5 juillet, le maréchal rendit visite aux lords anglais. Il était gai, loquace, si différent de son allure quotidienne que ses inteiilocuteurs s'attendirent à un nouveau coup de jarnac. En effet, d'Huxelles leur annonça qu'il ne signerait pas la convention secrète^". Dans le traité composé de deux parties, l'une destinée à être rendue publique, l'autre à rester secrète :
lendemain il refuse
** Ch. Auhortin, UEsprit public au XVIII*' siècle, p. lao.
** Saint-Simon, Additions au Journal de Dangeau, t. XVII, p. 338.
*• Saint-Simon. Mémoires, édit. Chéniel, t. XIV, p. 186.
*" Le récit de Schaub à Sajnt-Saphorin finit ici.
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Embarras du Kegent
j2 HISTOIRE DE LA REGENCE
eelle^i. ,ui prévoyait Ws voio. et -J^ .tirdet;^^.!: diverses éventualités d'acc.pUt.on ou do re "s 'l P ^ ^^^ ^
de Sicile et d'Espagne eta.t, <*« ! "J' " ^^^j.j^aussi elle constraité contenait de plus dur pour ' T^: P^^^^f Z;;'^^ lEn.pereur et tituuit, à leurs yeux, la seule secun e ^eelle P^» j/^^parant
pour le roi de la Grande-Bretagne 0 1« m .^^ ^,^^^ ^^
^s deux parties d'une ""■''''•^''^ , '7,;i,„„e ^t ix^ïusait de repoussait l'autre. Il signait la Q""*";P "^-j^'^n/ur ,ar, disaitsigner les articles secrets, ceci par P^'i'^^^^^^^^'^SVence tandis il^ l'alliance serait commun.quee au ^^^'{XQ^tcv.i., puisqu'il ne serait point à propos d y porter le. articles stcre p
S' S.'- 1 «Hicles secrets à signer en Angleterre b.en assure ^ue ce^^ par ie de la négociation se perdrait entre les nuuns de fabbT et'^^vec elle, la négociation tout entière. 11 l-n-^t "on lam r'aison que nul n'oserait n.ettre sa signature sur les art. de r^ets 11 dU en propres tern.es aux lords que le Régent n .^nt Tar se , LanJ pour l'obliger à signer". Déçus, encore l^h.s inquietî, Stanbo,K> et Stair se rendirent l'après-n,>d. du même
imir chez lo Régnent. , . v •
•"il est difficne, écrivent-ils à leur correspondant, de vous bien représenter l'inquiétude où se trouvoit S. A. R partagée entre le désir de «- rendre à nos. instances et les appréhensions que la cabale lui avait inspirées. La grande difficulté était en ce qu .1 ne ..ouvoit trouver personne d'assez hardi pour mettre sa signature sous le. articles secrets". Nous avons eu toutes les peines imaginables, pHus grand.-s qu'on ne sauroit vous les dépeindre, à soutenir le Régent contre les efforts redoubles des ennemis du traité Nous l'avons trouvé très ébranlé par les représentations de la' plupart de ses conseillers et, pour ainsi dire, de presque tout le royaume contre le traité et principalement contre la convention Il nous a fait voir : d'un côté, beaucoup de bonne volonté et une envie sincère de conelure: et, de l'autre côté, l'âme et l'es-
«• Pnhlic }iccord Ojjke, Franco, vol. 3â5 : Slair et Slanhope à Cmqgs, Paris,
i6 iuillot 1718. , . TY » c
" L. Wi<\«onCT, Le Kégent. Vabbé Diihiix et les /Infl/ni.'. t. Il, p. iga-iO»- " riihlir nemrd Offièe, France, vol. 35-» : Hlnir et Stnnhnpe à Cmggs,
Paris, 16 juillet 1718.
prit remplis d'inquiétudes et de frayeurs, causées par la peinture qu'on lui a voit faite des dangers où il s'exposeroit en faisant une chose qui étoit contre le goût de la nation**. Il n'est pas à dire combien de répugnance on a contre ce traité généralement par toute la France, ni combien de bruits malicieux de toutes les espèces l'on répand pour rendre le Régent odieux*\ » Telle était l'impression que lui avaient causée ces manœuvres, que les loids l^econnurent l'impossibilité de lui persuader de donner des ordres; il était convaincu qu'il ne seroit pas obéi, s'il en donnait pour signer les articles secrets.
Il proposa divers expédients pour suppléer à la signature. Eux les rejetèrent tous. Sans signature, le traité serait partout réputé abandonné, eux-mêmes en feraient part à l'empereur sans plus de retard. Ils insislèi^nt beaucoup sur ce que M. de Koenigsegg différait depuis plusieurs jours l'envoi d'un c<iurrier à sa Cour, dans l'espoii' de la signature, et ne voyait pas la possibilité de le retarder davantage. Ils priaient donc le Régent de leur dire ce qu'ils auraient à écrire à Vienne par le même courrier, et de manifester à Koenigsegg ses intentions. A ces mots, l'embarras du prince fut à son comble; les lords anglais l'en tirèrent.
Le maréchal avait agité devant eux, comme épouvantail, le Recoari recours au Conseil de Régence; c était cet organisme qu il fal- de Régence lait viser et atteindre, lui faire approuver la convention et souscrire le traité. Ils proposèrent au duc d'Orléans de porter le traité entier devant le Conseil de Régence, avec courage et franchise. Cette audace le surprit, mais ils lui représentèrent que c'était le paiti le plus convenable, le plus sûr et, quoique le plus hardi, le moins dangereux. Bien loin de se faire du tort, lui direntils, en communiquant les articles secrets au Conseil de Régence, ce serait au contraire le moyen le plus efficace de détruire toutes les impostures que ses ennemis seraient en liberté d'inventer et de débiter, tant qu'on sauioit qu'il y avait des articles séparés qu'on auraii pris soin de cacher au Conseil de Régence**. Peu à peu le prince consentit à envisager les chances de succès de cette entreprise, passa en i^vue l'un après l'autre les membres du Conseil, pointa les adversaires, les douteux, les amis. Il s'engagea à conduire l'affaire en personne, à tenir son dessein secret
** Public Record Office, France, vol. 352 : Stair et Stanhope à Saint-Saphorin, Paris, i5 juillet 1718.
** Public Record Office^ France, vol. 352 : Stair et Stanhope à Craggs, l'aris, 16 juillet 1718. •.
** Public Record Office^ France, vol. 352 : Slair et Stanhope à Craggs, Pajis iG juillet 1718.
, qu'il ne'pouvait <:;^^'^-'^;Z^^tS^ 0 le matin n,ème du jour ou ^^[^^^ '^^^ ^^
Préparatifs
Séance du t1 juillet
devant œux. ^ .
douteux que le matin même du jour .^ --^^ ^^^ ^^^^ ^^
dire le dimanche suivant 17 ju.lk , J ^infirmeront la con-
Conseil. Afii. de renhard.r, les de. x 'ord. co ^
venlion <,u. l'^^'^-h-^'^t ÏnrifSai dl^ois n.ois. « U rcur, si ce ;ninc.. ne signait pas da s le dUa , ^^.^^^^
faut faire la juslice au l<^^fe'''"\^*l''^''^" ^^^.t^i à luy-mème. U Saphorin. .,ue cette affaire est duc '^ ^ ^, ^J,;^,,,,,^^ je quasi l'a conduite contre vent et marc- cl ^0'"^° '";'''; ^^ vienne ne toute la nation. Il fm.t espérer aussy que a Cou^ d^ ^^^^^
s'opposera pas par f'^^-^-^^V;]^ "^^^ S e maître "en n,ème elle a été m-^naccV de tous cotes et le Uoy "O' g , ^i ,,e tout
l.„,ps. par .a conjonction de ^^^^^^^^^l, ^ Stair. le le Nord conli-e nous". I-n se ^c, arant de sia 1
R,,.nt leur dit que son .'-;• i;;'2;;:>;esl.;'d"^ut afin de tir M. de Koenigsegf,', ce qu ils »ciupu*»«-n-">.
le compronieltie tout à fait. ^^^j,
oii a e o^pn^it coll. .lu ir.avéchal d. Uo/.ons cpu ne comp t o^r in oeil" du .nanVhal do Tallard qui <Hait ,agne, cclc, ne- Td n aréchal d'Ilu.U.s; car II n'avait pas d'autre conduite a t'nir pr^ avoir si souvent et si bruyannnent approuve a subs- Îtnce du traité et ses artioles secrets que d'y consentir. La prel'ce du Raient l'intinûderait, celle du Conseil de Régence lu. enlèverait sa dernière objection, eniin pris au dépourvu, le dimancbe n.atin sevde.nent, il n'aurait pas le temps de se conceiler avec autrui, pas nièn.e le lenq)S de rellechir
Le dimai>clie malin, le priuce envoya chercher les principaux membres du Ccmseil; .< il ne les manda que sur-le-eh;.mp chacun et à des temps différents, et, sans expliquer rien au net à pas un, il tâcha de les capter Iles uns par autorité, les autres par amitié, quelques-uns par conliauce, se tirant mal avec tous dune confiance si tardive, et plus mal encore de ce qu'il ne leur diso.t rien au'en gros de ce qu'il leur demandoit si affectueusement d approuver Saint-Simon, dont ils s'étaient cachés plus soigneusement que de i)ersonne — c'est lui-même qui s'en flatte — parce qu'ils n'avoient jamais pu dans aucun temps le gagner pour
*' Public Record Ojjice, Franco, vol. 352 : Slair et Slanhoiie à Sani-Sanhorin Paris, i5 juilkt 171S.
« piblic Record Office, Fi-ance, vol. 352 : Stair et Stanhope à Craggs,
Paris, 16 juillet 1718.
La quadruple alliance
l'Angleterre ni contre l'Espagne, et dont la liberté d'opinion les intriguoit fort en cette occasion, fut aussi mandé. Le Régent lui parla avec grand embarras et ne lit point façon de le prier, et de le conjurer Jiiénie de ne rais<:)nner ni de «'opposer au traité dont on devoit parler l'après-dînée et que le maréchal rapporteroit sommairenK'iit''. » Deux heures avant la séance décisive, le Régent dit aux Anglais qu'il était sûr de son fait et que le Conseil de Régence devait s'assembler à trois heures et demie pour entendre le maréchal d'Iluxeiles qui parleroit fortement en faveur du traité. Voyant le scepticisme de Stanhope et de Stair, il tira de sa poche un papier qui était la minute de la harangue que réciterait le maréchal. Elle leur seiiibla éloquente et péremptoire, Pccquct venait de la rédiger le matin même'"!
<( Le cons^'il assis, M. le duc d'Orléans dit deux mots de la nécessité de convenance d'être bien avec les puissances contractantes et d'un traité dont le maréchal d'iiuxelles allait rendre comple. Le maréchai. phi.-^ mort que vif et la voix entrecoupée, lut à -l'instant le traité sans aucune préface et après avoir lu, dit ces seuls mots (ju'il le croyait utile et avantageux, et qu'il en étoit d'avis. Aussitôt après, les voix furent recueillies; quelques-uns, en petit nombre, ne dirent mot et s'inclinèrent comme en étant d'avis; la plupart paillèrent bcaucouj), s'embrouillèient, tous approuvèrent, mais plusieurs montrèrent que c'étoit malgré eux"'. Le garde des sceaux d'Argenson et le marquis de Torcy, qui aspiraient à rentn^r aux affaires, le prince de Gonti et le maréchal d'Eslré^es approuvèrent; le comte de Toulouse, La Vrillière, Tallard, d'Antin, Noailles, Villars, Saint-Simon et l'évéque de Troyes s'en rapportèrent à la sagesse du Régent; Le Pc^lletier et Villeroy demandèrent un ajournement de l'alliance; le duc de Rourbon refusa de s'e\pliquor sur une communication aussi précipitée; le duc du Maine soutint que le traité serait aussi funeste à l'État qu'au Régent; le marquis d'Effiat, le seul de ses fidèles roués que le duc de Régent eût placé dans le Conseil de Régence, s'absenta sous prétexte de la goutte, mais il courut le cerf le lendemain".
<( Les Français, nourris dans les délices, les aises de la bonne chèie, du sommeil et d'un bon duvet, par crainte de voir Irou-
*• Soliit Simon, Additions an Journal de Dangoau, l. XVII, p. 338. " Oxenfocrd Casile, Stair Papers, vol. III, B : Stair et Stanhope à Craggs, 18 juillet T"tS.
** Saint-Simon. Additions au Journal de Dann^oau, t. XVII, p. 338. " P.-K. LémontcV, op. cit., t. L p. i4i-i42, d'après les « Mémoires du duc d'Antin ». Gazette de la Régen/^e, p. 271 ; 23 jui!^^t 1718.
bkr leurs biens, leurs beaux jardins, leurs jolies maisons et ^cs compagnies des dames, pour ne pas perdre seulement un souper etoient toujours prêts à courber la tète sous le joug du Kégent. Ils voyoient certes, le mal dont souffroit la France par son oppression, le commerce ruiné; mais, on n'ignore pas que, quand la majorité souffre, bien peu cherchent à se tirer d'affaire. On supporte avec plus de patience un dommage qui frappe sur tous, que celui qui frappe quelques parliculiers"\ » L'acceptation, — on devrait peut-être dire la capitulation — avait été unanime. Signatures Lorsque, dans la soirée, les lords chargèrent Schaub d'aller prendre heure avec le maréchal pour l'échange des signatures, il fut impossible de le rencontrer. Le lendemain, cependant, assisté de M. de Cheverny, il signa la conv<Milion avec Slaniiope et Stair. On signa également l'acte aux teiines duquel la France n'était engagée que pour trois mois si, dans ce délai, l'Empereur ne signait pas le traité ". Cela fait les lords vinrent présenter leurs félicitations au Kégent. (c Tout est lini! » s'était-il écrié <( Dieu merci'* ». il rayonnait, se sentant devenu à cet instant, le maître de la France, désormais assez fort |K)ur détruire les princes légitimés, soum<'ttre le Parlement, supprimer les Conseils, démentir toutes ses promesses et restaurer en vue de vils trafics ce pouvoir absolu que le feu Koi avait établi |»our de grands et glorieux desseins. Cette bataille gagnée lui causait une joie d'autant plus vive (fu'il n'avait rien négligé de ce qu'il fallait faire pour la [)erdre. L'opinion pul)li([He, froissée, dériva vers les chansons, tourna en ridicule les fanfaronnades du maréchal" :
D'HuxcHcs dit : « Celte paix, Cette Quadruple Aïliancc Est la peste de la France, Je n'y i^ousc rirai jamais.
Contre ces projets iniques Je fus toujours indigné. »
Après ces mots héroïques, Le maréchal a signé.
Ce qui fui signé le i8 juillet à Paris consistait en une conven-
Erif. Afu«. add. 8750, Mêmcdn's îiictlils du prince de G^llanlape, 2* partie, Sol. 1:61.
" Dangeau, Jouninl, t. XVII, p. 3'|3 ; 18 jiiillrt 1718.
" Arch. des Ajj Etrang., Aii-'eloire. t. 820, fol. 0,3 : Chavigny à Dubois iS juillet i-'iS., *
*• Bibl nal., iiis. i.irv..^, fol. 3ji . H<H:\m\ de Chansons.
tion particulière n'engageant que le roi de France et le roi de Ha Grande-Bretagne, un projet de traité proposé par eux à l'Empereur qui y avait apporté divers changements. Après examen, tels de ces changements avaient été acceptés, tels autres ajoutés, en sorte que finalement les deux signataires avaient décidé d'arrêter le projet dans son texte immuable qu'ils soumettraient à l'Empereur comme un ultimatum à adopter ou à repousser.
Le 21 juillet, Grawford, secrétaire de l'ambassade d'Angleterre à Paris, arriva à Londres porteur de la convention signée le 18 et des exemplaires du traité destiné à être signé par les quatre pvissances, à Londres seulement. Le Régent talonnait Dubois. (( i\ien n'est plus pressé, lui écrivait-il, que de signer avec l'Empereur. Dès que Pendtenriedter aura pouvoir de signer le traité, tel que je \ous l'envoie, ne perdez pas un moment, et signez sans attendre d'autres ordres, ni un plus grand éclaircissement touchant les États-Généraux auxquels je dépêche M. de Morville". » Cependant Pendtenriedter atermoyait. Sa Cour lui avait transmis l'acceptation des demandes de la France, mais ayant remorqué dans le texte apporté de Paris par Crawford quelques modifications de pure forme, l'autrichien voulait obtenir de nouvelles instructions de Vienne. Craggs, Sunderland, Bothmar et Dubois le ^rmonèrent tant et si bien, la nouvelle du débarquement des Espagnols en Sicile opéra si efficacement sur le ministre impérial qu'il se détermina à apposer son nom au bas du traité^'.
Dubois pour la France, Sunderland pour l'Angleterre, Pendtenriedter pour l'Autriche signèrent, à Cockpit, le 2 août 1718, le traité do la Quadruple Alliance, ainsi qu'on le nomma par anticipation et dans l'attente de l'adhésion des Hollandais, trop flegmatiques pour arriver à temps.
Le traité comprenait trois parties ou trois traités distincts : 1° entre l'Empereur et le roi d'Espagne; 2° entre l'Empereur et le roi de Sicile; 3° « alliance et amitié » entre l'Empereur, les rois de France, de Grande-Bretagne et les Provinces-Unies.
Six. articles composaient la première partie et décidaient de la restitution de la Sardaigne à l'Empereur telle qu'elle était avant l'agression de l'année précédente avec ses fortifications, ses vaisseaux, son artillerie, ses munitions, etc. L'Empereur renonçait pour lui et ses descendants à toute prétention sur l'Espagne et
*' Arch. dis Ajj. Etrana., >.i»gVicne, l. 820, fol. 25o, Le Régent à Dubois, 21 juillet i-TiS.
*• Dumont, Corps diplom., t. VIII, part. 2 (texte latin); Lamberty, Mémoires pour senir ù l'hi^iloire da AV///« siècle, t. X, 2* partie.
TOMK II. 2
Signature!
à Londres le 2 août
Trailé entre
l'Empereur
et le roi
d'Espagne
ij^-^
ii/fî'''*'""" ''^'' "vifît/.H^fïf'' ,é<fii"^^ Il M
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sur les Indes, par compensation des renoncial.ons en vertu desquelks le. couronnes de France et d'Espagne ne poui raient jamais être ni sur une même tête, ni dans une même ligne^ bn conséquence, Charles VI reconnaissait Philippe ^ ^" ^^^^^^^^^^.^ roi d'Espagne et des Indes et, en échange, Philippe \ renonçait à toute prétention sur les États d'Italie et des Pays-Bas, reconnus à l'Empereur par les traités d'Utrecht et de Rastadt. ainsi qu a la réversibilité de la Sicile.
Les duchés de Parme et de Plaisance et le grand duché de ios- • cane, considérés comme fiefs impériaux seraient, a la mort (les princes titulaires attribués à l'infant don Cnrlos ou, à son défaut, à tout autre iils légitime d'Elisabeth Fainèse par ordre de primogéniture. Don Carlos recevait l'investiture éventuelle dans an délai maximum de deux mois. Le roi d'Espagne remettrait alors à son fils Porto-Longone et la i)arti-« de l'île dElbe encoi^e détenues par lui; Livourne demeurera port libre à perpétuité. En aucun temps, le roi d'Espagne ne pourrait détenir les États ainsi octroyés à don Carlos ni être le tuteur de celui qui les posséderait. Aucune garnison n'y pourrait être introduite jusqu'à l'ouverture de la succession, soit par rEinpeix.'ur, soit par le roi de France, soit par le roi d'Espagne. Six mille Suisses tiendraient garnison à Livourne, Porto-Ferrajo, Parme et Plaisance,
Le roi d'Espagne consentait-il à l'échange conclu de la Sicile et de la Sardaigne entre fEmpereur et Vietor-Amédée, Philippe V et Charles VI se garantissaient niutuellemeiit la possession de leurs États; ils accordaient une amnistie génér.ile et réciproque à tous ceux qui en Espagne, en Flandre ou en Italie, avaient suivi l'un ou l'autre [)arti depuis la mort de Charles IL Traité entre ^^^ articles composaient le traité entiv l'Empereur et le provirtnipereur ^ioire roi de Sicile qu'on dépouillait de cette aubaine dont on le. *Amédée jugeait peu digne et à laquelle il ne [)()uvait faire valoir aucun droit. Au "'ste la séparation de Napl-s et de la Sicile, si longtemps unis, nuisait à leurs intérêts eoninuuis vi au reste» de l'Italie. On laissa à Vietor-Amédée un délai de deux mois pour s'exécutci et il recevrait en échange la Sardaigne à titre perpétue], sauf réversion à la couronne d'Espagne à défaut de descendance maie dans la maison de Savoie. Les cessions faites au duc de Savoie par le traité de Turin, en 1708, d'une partie du Montferrat et de territoires milanais étaient confirmés. Reconnaissance des droits de la maison de Savoie à succéder au trône d'Espagne dans les conditions prévues par le traité d'Utrecht. Les deux souverains se garantissaient réciproqu<'ment leurs possessions en
Traité de la Quadruple- Alliance
Italie, s'engageaient à échanger les ratifications du traité dans les deux mois et à envoyer des plénipotentiaires au congrès.
Huit articles constituaient le traité conclu entre les quatre puissances qu'elles unissaient par un foedus arctissimum pour maintenir la paix générple de l'Europe. La France, l'Angleterre et les Provinces-Unies s'emploieront après du roi d'Espagne pour en obtenir l'abandon de la Sardaigne à l'Empereur, sinon elles pren- v droient les mesures indispensables à la conservation de la paix en Italie. Les six premitîrs articles contiennent les stipulations usuelles d'amitié, garanties de possessions territoriales et autres, promesse de maintenir, <( même par la force des armes » l'ordre de succession établi en France et en Angleterre par les traités d'Utrecht, règlement des contingents militaires à fournir, accès offert dans cette alliance au roi de Portugal. Un article séparé admettait que les titres pris ou omis par les divers contractants ne tireraient pas à conséquence et n'enlèveraient rien à la force des renonciations réciproques;
A la suite de oe traité public venaient les articles secrets, au Les articles nombre de douze. secrets
I. Le I\oi Très Chrétien, le roi de Grande-Bretagne et les États- Généraux étant convenus par le traité eonvejiu entre eux et signé ce (lit jour de certaines conditions conformément auxquelles la paix pourrait se faire entre l'Empereur et le roi de Sicile (lequel on juge à propos de nommer le roi de Sardaigne) et ayant communiqué le^ conditions à ces trois princes, l'Empereur déclare accepter ces conditions ou articles et consent à conclure une paix f)erf>étuelle entre lui, le roi d'Espagne et le roi de Sardaigne.
IL Les deux princes auront un délai de trois mois à compter de la signature du présent traité pour déclarer s'ils veulent les accepter.
ïll. S'ils n'acceptent pas dans ce délai, les Puissances joindront leurs forcer à celles de l'Empereur pour les y obliger; elles fouiniront les secours stipulés par l'article Vil du traité d'alliance signe ce jourd'hui. On consent unanimement que le Roi Très • Chrétien fournisse des subsides en argent au lieu de troupes. Si à cause des secours fournis à l'Empereur, les rois d'Espagne et de Sardaigne, ou l'un d'eux font la guerre à l'une des trois Puissances, les deux autres feront la guerre au roi qui l'aura déclarée et ne poseront pas les armes que l'Empereur ne soit en posses-. sion de la Sicile et en sûreté pour ses États d'Italie, et que juste satisfaction ne soit faite à celle des Puissances qui aura été attaquée.