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CHAPITRE XXIII La décadence des Conseils

(Fin août 1718)

Di^^pulos dans los Conseils. — PnHontions des conseillers d'ÉUil. — Décadence des Conseils. — Invasion <le [XTSonnagi's étrangers. — Sévérité de l'opinion publique. — L'œuvre du Conseil de finances. — L'œuvre du Conseil de marine — L'cDUvre du Conseil de la guerre. — L'œuvre du Conseil des aff.îire étrangères. — Le Conseil des affaires étrangères condamné à disparaître. — Projet de Duboie. — Il se destine la succession. — Intervention de l'abbé dv Siiinl-Pien>e. — Apparition du dhconrs sur la Polysynodie. — L'abbé de Saint-Pierre est exclu de l'Académie. — Chavigny poursuit si^s intrigues. — Dubois recourt aux étrangers.- — Ruse de d'IIuxelles. — Alertes de Dubois. — Intervention de Slanhope. — D'IIuxelles demeure en place. — Arrivée de Dubois à Paris. — Ses arguments. — Gravité de la situation intérieure. — Manœuvre de lord Stair. •

Axaiil que do se réunir, les Consrils se disputèrent. Une première difficulté surgit. « La difficulté du rang en est cause' » et fait refarder la publication des listes. Les conseillers d'État qui sont dans le conseil des finances disputent le rang au marquis d'Effiat, quoiqu'il soit chevalier de l'OrdiM?. Le duc d'Orléans imagine finir la contestation en le faisant vice-président, les conseillers d'État tiennent bon et leur ténacité portera ses fruits dix-huit mois plus tard. Lorsque l'abbé Dubois entra, le 3 avril 1717 au Conseil des affaires étrangères, il était conseiller d'État et, en cette qualité, devait prendre place au-dessus du marquis de Canillac et du comte de Cheverny. (( Mais pour ne point causer de jalousie ni i\c division pour le rang' », le Régent fit délivrer à ces deux seigneurs et à l'abbé d'Estrées, des brevets antidatés

' Af. Caumartin de Saint-Ange à Mme de Balleroy, Paris,' 11 octobre 1715. dans E. de Barlliélémy. Les correspondants de la M"^ de Balleroy, in-8, Paris, i883, t. I, p. AS.

* Dangeau, Journal, t. XVI, p. 196, 196; Saint-Simon, Mémoires (1906), t. VIII, p. 233; Arcliiv. nat., E, 36-4o.

' Buvat, Journal de la Régence, t. I, p. 258; M. d'Argenson à Mme de fnlleroy, Paris, 7 avril 171 7, op. cit., t. I, p. i^a-

Disputes

dans

les conseils

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g2 HISTOIKE m LA RÉGKNCE

•M ^i;-!,! labbc- d'Esliws iivail déjà «^" d'expectative de consc.l er ^ ^ • " ^^b ^ ^^ .^,^^^^^,

maille à partir avec M. ^-n^lot et M d oy ^^ ^^ ^^,^^j^^.^

Le Conseil du dedans se reun.l p.. m la "' ^...,,i, „i sera

et il y a ., une place distinguée des aut.e, p. ,■ 1 ^^^^^

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:.:paux, qui est devant lui. e, dit Vn^^^r^ ^ ^^^j-. .. plus dans ce conseil si on ne lu. ^0""^ > l^'"' ^„„„ ..-ouve laint-Sin.on qui H. ioul cee. '1-^ ';;';';; ^J^,,,; a'un seul tort mesquines ces querelles ou .1 f '^^^ '''/•" ^.,,, ...rticuliers, duc et T>air. » Ces disputes de rang ''""^ ^ ^onse. ^ \

note-t-il d'un coup de griffe, "<•/»'"'' A' ,'^",', •,,,,. é' » et point entre des gens de ^-'''«„ "'.;*;^ 1^ ^o^^^'est pas plus P..u„.o.s Au Conseil de la guerre q" -«f ^ J^^ -, ,,„ ,,L avec "

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rapport à l'artillerie' Ce «'ermer |^- U uo.u^ ^^^^.^ ^^ tat. se* nouveaux -"e^ues^ b^ g' nt - - ^^^^ ^^ ,.,^^ ^^,^ ,^, la guerre, a nnson de 1 pr^eanc qu ^,„ii,„ne celte

lieutenants-generaux. I-c 1" "ff* ''•^^''^' ' , nrétenlion" dont retraite ne manque pas d<- mettre en doute '« P'^Y*^"''°" ,

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eue possession; ruais] il est a ciainaii \y niM^tontions

Lbi'uilleiuenls dans les différents eonseils » 5^^ ^^^^^^^^^^^^ allèrent iusnu'au Conseil de Régence, où 1 on fut dit Saint-bimon Ln eCné la première fois qu'un maître des re<puMes eut a apporte n déclaJa au chancelier qu'il prétendoit rapporter ass ou C tout ce qui n'étoit ni duc, ni officier de la couronne eu ^n ci 1er dTlal se tint debout tant qu'il seroit lui-même debout ' Zi:^'^^^^^^ -ais il .'en fut autre chose; le Régent n eut

^ M. de Canmartin à Mme de Bn//.n,y, n cMobro I7i5, op. cil., t. l, p. 48. » Dangoau, Journal l. WI, p. 2o5.

• Dangcau, Journal, t. XVI, p. 206.

' Dang€aii, Journal t. XVI, p. 209, 2ii

• Dangeau, Journal t. XVÏ, p. 209. t t 1 •e M, de Guitout à Mme de Balleroy, Paris, 18 octobre i7i5, op. et., t. 1,

p. 5i ; Dangeau, Journal, t. XVI, p. 226.

• Dôpôt de la Guerre, t. 25-.o, fol. ç^i-c^'x : M^'moirc pour rogWr les fonctions (le MM. Ssiint-llilairo ft do Saint -Contost.

*° D<^ Liiçay. Le^ secrétaires d'fJat depuis leur in^iiluiion jusqu'à la mort de Louis XV, in-8, Paris, 1881, p. 2o5, noir 1.

LA DÉCADENCE DES CONSEILS

pas la force de commander. On eut recours aux conseillers du Parlement qui répondirent qu'ils ne prétendoient pas moins que les maîtres des requêtes''. » Le Hégent ne trouva rien de mieux que de faire rapporter les affaires par les chefs et présidents des différents Conseils. D'Antin y excella, mais Villais qui ne pouvait pas lire sa propre écriture, d'Estrées qui exposait ses vues comme une bouteille fort pleine répand son contenu, tantôt goutte à goutte, tantôt rien du tout, tantôt à gros bouillons, les autres, qui n'étaient ni mieux préparés ni plus experts, contribuaient. à rendre plus ardu et plus illusoire le travail des Conseils.

« Dans les commencements ces Conseils étaient réellement des Décadeoce Conseils, nous dit Villars. Quelque temps après ils n'en eurent ''esConseiis plus que les apparences et enfin il n'y fut plus question que d'entendre lire la Gazette, à la réserve de quelques procès rapportés par des maîtres des requêtes''. Les présidents avaient leurs jours marqués pour i"endre compte au Régent des détails. Le maréchal d'Huxelles lisait, le due de Noailles parlait, a mais peu à peu le Régent, pour être le maître de tout plus absolument ne donna plus lieu à aucune délibération ni sur la guerre, ni sur les finances, ni sur les affaires étrange i-^es'". » Le Conseil de Régence lui-même deviendra une parfaite sinécure, a On n'y a rien à faire, dit le ducd'Antin, on n'y traite d'aucune affaire d'État, on n'en entend m<%ie pas parler, hors qu'elle n'ait mal réussi et qu'il ne faille prendre des partis qu'il faut qui soient autorisez... On peut juger avec cela de l'importance de nos places. Il faut dire, pour la justification de M. le Régent qu'à la manière dont il est composé, et au peu de secret qu'il y a, il auroit grand tort de traiter autrement un ramassis de toutes sortes de caractères et de génies, dont la la plupart sont peu versés dans les affaires''. » Ce (( ramassis » soulève l'impatience de Saint-Simon qui voit s'accroître indéfiniment le Conseil et dont l'humeur éclate un matin. « Une fois, raconte-t-il, que le Roy y vint, un petit chat qu'il avait le suivit et quelque temps après sauta sur lui et, de là, sur la table où il se mit à se promeneur et aussitôt le duc de Noailles à crier parce

Saint

wis XV, in-H, Fans, i?5«t, p. 200, noir 1.

Dangean, Journal t. \VÏ, p. .'198; Additions de Saint-Simon, p. ^99;

;-Simon, Mémoires, t. VIII, p. 233.

Saint-Simon, Mémoires, t. VIII, p. 287.

Villars, M^^moires, t. IV, p. 7G.

Villars, Mémoires,. i, IV, p. ^g.

français, ,822, t. II, p. ,38-1.^9; voir comm<^nt ks vingt-cinquième et vingt- TaTmZrr 'l'^'^^f'^^ «^^-"- y sontjntrodnit; dan' M. de Ballefoy rôlllZoT T^' '^'"' '^- '''- '' ^' P- '^''''-^^'S, et comment le ma

Mme ne Balleroy, 6 aoi.t 17,7, op. cil, t. I, p. 195-196.

1 ti -^

Invasion de personnages étrangers

Cu'il craignait ks chats. Le duc ^'Orléans se mit en pcine^^ m<^r et moi à sourire ot à lui dire : « hh, Mon.ieui , laissez ce petit chat, il fera 1(^ dix-septiemc'*^ ». f^ihlosse

^ Chaque conseil devenait une n.nnière de cercl<^ qu.« a. blesse du Régent ouvrait aux indifférents, aux euru^ux. Cédant aux ins t nces^des ducs de Bourbon et du Maine, il leur ava.t a-orde entrée du Conseil de h. guerre sous la eond.t.on d;'/- ^^^ J^ ;^^; rien (ianvier 1716), ensuite ce fut le pnnce de Conli qu. vint y iitu vjdiivici y /, résrrve ne dura guère,

distraie son oisiveté (avril 1717). Citu uscivc m. .,.,„,« A i>eine introduit, M. le Duc voulut diriger e , le v. fev lei 1716 fu déclaré chef du Conseil, ViUars ayant ordre de se retirer dans Ion gouvernement de Provence^ . On attribuait .a disgrâce, rapporte Buvat, au mépris qu'il paraissoil avoir pour les personne.^ iui lui prnseutoieul des nuMUoires ou plaeets, les recev.mt en .ifflant et faisant la même ehose lorscpfon revenoit pour en ivcevoir la Véponsc. On l'attribuoit encore à ce que le maréchal sembloit prendre à tache de contrarier S.A.B. lorsque ec prince disoil son sentiment sur ce qui se pioposoit au conseil . » Il ne balança donc pas, s'il faut l'en croire, à cpiilter la Cxmr pour quelques mois, laissant au due de (iiiiche la [)residenoe . C est ce qu'atttmdait M. le Duc qui revendiqua la prérogative de porter chaque semaine la liasse, c'est-à-dire le portefeuille et le rapport, au duc d'Orléans, lequel, pour arranger l'affaire, décida qu'à l'avenir on ne lui porterait plus la l'iosse mnh qu'il se rendrait, de sa personne, au Cous^mI dv la guerre tous les quinze jours'". A son retour, Villars a[)prit (pi'on avait profité de son absence pour décider une réforme de troupes à laepielle il était

oppo&é*\

Les gens de rob( n'étaient [)as seuls à se rebiffer, les gentilshommes eux-mêmes, (pii avaient acc(q)té sans murmui-er le stvle des dépêches de Louvois et de ses successeurs, inaKiuaient de . l'humeur en recevant l<'s instructions de Villars qui {uéférait la disciidine à la bienséance, à en juger par ee passage du procèsverbal de la séance du 3o novembre 1716 : « M*, le maréchal de

** Saint-Simon, Addiliona nu Jnnrnnl dr Dan^onn, t. XVII, p. 365. ^^ Dépôl de la tjut'rrr. t. •>5:>o : Rvjjislrc ilvs (IrlilnVations du Consoil de la ÎTUorre, fixi' \e <U'parl du inarôrhal au ^S fÔNiirr 4't son n-lour au 26 juillet

'* Buvat, Journal, i. I, p. 116-117, i ■>.).- 1 •> 'j ; Clazrtle de la Hégence, p. 73;

j\ février 17 16.

»* Villars, Mémoires, t. IV, p. 78.

*" M. d'Argenson à Miiie de jialh'roy. Taris, •> frvrior 1718, op. cit., l. I, p.

2^ Villars, Mémoires, t. IV, p. 78, g?..

LA DÉCADENCE DES CONSEILS

Villars a dit que M. le duc d'Estrées s'est plaint de ce qu'il a reçu une lettre du Conseil de la guerre où il n'y avoit point de monsieur; sur quoi il a été délibéré et résolu qu'à l'avenir on en mettra au eommencement et à la fin des lettres qu'on écrira à MM. les ducs; officiers de la couronne, et aux autres personnages de considération et même qu'il n'y aura pas de mal d'en mettre à tout le monde". » Cette précaution ne suffit pas sans doute à plaire aux plus animés, car il arriva au marquis de Baufhemont dé répondre à Villars « d'une façon si étrange qu'il fut mis à la Bastille. Mais il y coueha à peine deux ou trois nuits, et en sortit s<' moquant de plus belle des maréchaux de France, qui étaient assemblés en ce moment sur cette affaire et ne savaient pas un mot de sa sortie" ».

L'opinion publique &e • prononçait fortement contre ce mode Sévcriié de gouvernement. Dès le 3 février 1716, on lit dans la Gazette ^pubilquè^" de la Régence, qu' <( il y a toujours beaucoup de division et encore plus de lenteur dans les Conseils. Les gens éclairés commencent ^1 être convaincus que cette sorte de gouvernement ne peut subsister dans un royaume aussi monarchique que le nôtre et sur un peuple aussi vif ». Vers la mi-janvier 1.717, le Parlement se propose de faire au Roi des remontrances entre autres cho,«ies (• sur l'inutilité des conseils, qui coûtent plus de 500.000 écus par on" ». L'année suivante, à la même époque, « le Parlement, écrit Dangeau fera des représentations à M. le duc d'Orléans sur les nouveaux conseils établis depuis la mort du feu Roi. Ils prétendent que ces conseils retardent fort les affaires au lieu de les avancer, et qu'ils coûtent plus que ne; coûtoit le ministère^' ». Voltaire se fait l'interprète de ce simtiment lorsque dans le Puera regnanle, il qualifie les conseils d'ignaris et instahilihus consi-

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