‹ Histoire de la régence pendant la minorité de Louis XV [microform]Chapitre 41 sur 193 · US · texte numérisé non relu

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La disgrâce du duc de Noailles et sa retraite du Conseil de fi- i^'œuvré nance qu'il avait dirigé pendant deux ans et demi ont été appré- dèsfinances

Dépôt de la Guerre, t. aS^o : Ro*j^istro, séanoo du 3o novembre 1716.

" Saint-Simon, Mémoires, I. XV, p. 3i'i siiiv. M. de Balleroy à sa femme, 9 avril 1718, op. cit., t. I, p. 3oo-3oi ^ Gazette, p. 949-9.^0; P. d'Estrées, Le Pot Pourry de Menin, dans Souvenirs et Mémoires, 1900, t. V, p. 329.

" M. dWrgenson à Mme de Balleroy, Paris, 19 janvier 171 7 dans E. de Rarthélémy, op. cit., t. I, p. io3.

" Dangeau, Journal, t. XVII, p. 9,30,244, i3 janvier et 7 février 171S; M. dWrcfenson à Mme de Balleroy, Paris, 2 février 1718, op. cit., t. I, p. 254; Bemontrances du Parlement de Parit: au AT///® siècle, publiées par J. Flammerniont, .in-4, Paris, 1888, t. I : Les représenlations adressées au Régi-nt, le 7 février 1718, sur les inconvénients des Conseils.

Bévue rétrospective, i833, i" série, t. II, p. i25.

LA DÉCADENCE DES CONSEILS

j" ;./; \oiill>"s n'avait sans doute eiés avec plus de passion q"^^^^*^ '^V^ufait n.ieux que «, de le pas fait disparaître k penl, "^a « ' * ; confiance... et just- .nasqucr un moment, en »-P" " V^ ;'' «nsidérations siKC.eusea iiant la rigueur de ses "'t^f,"^^V' nv.îl , ar rin-xpérience de ses cl populaires" ». 1^'" detre « '"^'.J ,,-,,, „. il avait joui colïïuos d'une direction V^^^,;^^^,,, .

il avait joui c;ilè^uos d'une direction F-^l^^^J-^^ ■;;■,, de. anci.-ns oon de pouvoirs moins étendus que eta. ^__^ ^, ,^^ ,„f^j,

.rôleurs-généraux", "-"T'"^ '^ 1 On a dit l'état lamengable poussé Pa''f«'^J"«'l" ^'/f'XxiV et dans un rapport, du Uble des linances à 1» --\^t'„rN-, rappelai. « le déran- ,7 juin ic)i7> au conseil de «eg< nce j ^ n'exagérait

glment extrême où se ^^T'^^f'^, Jace à une dépense fien puisqu'il fallait, avec 69 ^ ^^ '-'.^eaisser, 6'. avaient été de i46 millions; et sur ces 69 m.UK^ns -.^^^ ^^^^^^^ ^^.^^^^^^ ^^^^ consommés par anticipation, .ri o ,,,, banqueroute sem-

gnaicnt, si elles ne dépassaienl 7- -'-';. ^,,^ ^„ '^on^n et de

blait inévitable et imminente, ce fut K.

son président de l'avoir évitée. timides,

. On recourut à des moyens lf^%^l^\ dettes foncières

mais iL ^ trouva qu'en r^ume beau 0 ip ^ .j^^es.

avaient été éteintes et ^-fJ'-J-^.^J^Uo désinvolture. H

Noailles ne '--^^^^^/j J d 'Ma\ntenon la création d'une annonçait en ees termes a Mme ^^^^^. ^^ ^^^^^ ^.^^^^^^ ^^„^p,.

Chambre de justice- . « J auray ^^^^ ^^^

quelquefois d-^^f- ;;;;t Im ^ pour parvenir à faire la conpénitents \^«-;"7^ ■^^^^^J/TsouCt.e'que la eonjonction du fession qu on leur dcman^*' ^ ^^^^ ^^^^

,emps où nous ----/ ^ ^ /df la restitution qui est l'acte contrition «ccompagn. co nd ^^^ ^^ ^^^^ ^^^^^

,. plus essentiel pou, l^^^^^^^^ - g^^^^^^,. ,^„ .rfera

lopération est d^»"""^"^ '. ^ ; ..^ 'j,,^ „, dans la suite et

beaucoup ^Z^^^Z^^^^^^^' ^ -^"^'^"''^^ ^'""^ après que ^^J -";; ^^^^ „ ,, refonte des monnaies lui sugbons amis qu auparavaui

•-^f'4::r':l".'- f-c'''ipp.<-m. .=S^, ». I ^ '-« .,.. ^e Voom. «u duc rfe Caderousse, Pnri». ^f'/;""; ' Î;^*;; ,, ,,, ,h„,q,,, rfe riîffll, conservé à la " Mémoire -"'"'^'^ , '."Xh onaU. /i«.-ches e. con.sùi.rn.ion.. s«. ,e., fimncer de .« France, .n- . Jj. K 5 , . VI p. .^^^^ .^^^. . ^^^^^ ^^^

Arch. not., nis. franc. suppU m. ^ '-v . i-

Vfflin/enon, Paris, "l^ ninrs i-i»'».

gérait des considérations analogues : (( Nous avons fait de notre mieux, écrivait-il à M. de Ghâteauneuf, pour tâcher de soutenii les principes et les maximes établis on fait de la monnoye; jnais après avoir bien combattu, il a fallu céder à la nécessité qui est au-dessus des règles et des principes, et se rendre aux instances qui ont été faites de toutes parts pour l'augmentation des espèces'''. » Miilheureusement l'étranger profita de cette me- ?ure plus que la Franc<î pour qui le profit n'excéda pas 90 mil- ^ lions".

Des le mois de mars 1716, l'État avait réduit sa dette de 482 millions, mais restait débiteur de .trois milliards et sans moyen de s'en acquitter. Le rapport du 17 juin 1717 offrait un tableau sincère quoique emlx^lli de la gestion du Conseil grâce auquel l'ordre renaissait et |>ermettait d'entrevoir des jours meilleurs. Eu égard à la situation laissée par Louis XIV c'était beaucoup. Un soulagement véritable avait été procuré par la révocation des traités et la remise des quatre sous par livre levés sur tous les droits du Roi; les pays d'élections avaient reçu 8 millions de remises sur les tailles et 6 millions et demi sur la capitation et le dixième; quelques mois plus tard (décembre 1717) une Déclaration supprimait le dixième. Ces résultats ne pouvaient être contestés. A l'égard de la dépense des retranchements, des réduction de rentes, de gages et de pensions, à l'égard du bon ordre administratif la création des registres-journaux constituaient des améliorations notables; enfin par rapport au commerce, l'abrogation des billets payables au porteur", l'établissement de la Banque générale, les traités pour le commerce étranger et les règlements établis pour souteiiir et perfectionner les manufactures du royaume et la prospérité des colonies^* témoignaient d'une intelligence avisée. « Plus de cent quinze édits ou déclalations, plus de quatre mille cinq cents arrêts, autant de décisions particulières écrites sur nos registres, disait le rapporteur, font la preuve de ce que j'ai l'honneur de vous dire à ce sujet du zèle et de la louable émulation de tous les memhres du ConseiP\ » Noailles avait encore raison de dire que le Conseil se faisait gloire « de n'avoir jamais voulu souscrire au parti violent qu'on

** Arch. nat., ms. franc, supplém. 2282, t. 1 : le duc de Noailles à M. de Châteauneuf, Paris, 28 septembre 1715.

"" Isambert, Recueil, t. XXI, p. i^i, n. 92 : Déclaration, du 29 août 1716.

" Isiinibcrt, Becueih t. XXI, p. ii4, n. ^9 : É<lit, mai 1716.

^^* Is;imbert, Berueih \. XXI, p. i^'n n. 129 : Édit, avril 1717.

" Arch. mt., ms. franc, suppl. 3«4o à 3653, depuis la création du Conseil jus<ju'au 22 janvier 1718.

L'œuvre du Conseil de marioe

rr. UISTOIBF. DE LA BʫeNCE

. Ho la Bé-enoe de dcclarer k Roi conseillait au conun.nccunen de K . ^ ^ ^^^^^^^ ^^ ,„ ^

,uilte des dettes contractées i a sch. b^^^^^ .^ ^^^^^ ^„^.,^

serait jamais relevée "•, V" T lamentations de gages, alienaordinaires. créations dofl.ccs, -"f"J ^^ f^n, aux traitants, lions dim,K.ts e. autres emprunt, mn u- ^^^ ^^^^ ,^ .^ ^^ La liquidation du passe ^n - n.^^ < J-^^^^^^ ,.,, ,„,. ,e vaste piriques comme le visa et la '"'*^ ^ . j^^ l'honneur apparlablîau d'un effort P-5>- ^"'J^ 'et 1 lap.itude technique, lient en grande ,.art.o a » '"^^J,^ ^,^^j,,.ti,„ f„, de trop courte du président du Conseil, ^«"/f ',"':' po,,,. ,,„au moment de durée et entravée par trop '';;^;,t,„P:iiisf lisante; du moins sa démission on put déclare. 1 s' 1^^""" ^^,^^ ,^.^^ atten-

dait-elle améliorée et P"-- '"'";-?";„, , ^i de l'équilibre buddre, le rétablissement de lo die '"•'n^ ' ^.^^,,. en 1716.

gét;ire. En ,7-., le ^«f * « «i'^!"^ ,^' ,', ' , 7. de 7 millions. 1, n'était plus que do .8...7-3o6 y^'^^";' ^ ,,,, \J^ ,J,,^ et les La balance se trouvait presque ' ' -'J ";,. , ^-^vaient pas dépenses, et si les S., mil ho.^ d lu cL ^^^^ ^^ ^^^^^^

été remboursés, ils avaient ele <> ! " ""^ /^^^^„. ermanentc de jettes de l'État et avaient cesse d^u une eau. , désordre et de danger pour le t cm. . ,,onnelle, à

Le Conseil de manne avait u a a ^U \ ,.

,i.,,monce inconlest e de son ^^^ J"^,;^; ^^ , j^ compétence are aussi à la s,KH..alite f^7., ' '^"^' ",,,.voirs et sa liberté de ses membres, de «-"îf '••^^•' ' '^ .^^du c.ue celui des autres

conseils et I elal dan^ 'J '1 , pitoyable que la situa-

nos équipage, en 'T ^ ^ ^;:,,,„ f.ntchartrain avait rétion des hnanc s ' ' - ^ : ^ ' ^^^ , „VMre qu'une ombre

duit la marine de Colb<,il . i oc ^ „„arante vaisseaux".

Une statistique de ^^ "e Par « 'lu^^^ <;e .q- ^^^ ^^^^^^^^ ^^ ^^,.. L-année su.van e. e ^^al ^^^^^^^^. ^^ ^^ ^^^^^ ^^^^

"■^" "n ouvTrToulon près de trente vaisseaux entièrement nne. H trouva al ^^^^^^.^^^ .^^.^ également de-

abandonnes... Létal n s „ai ^^

'''T^trrfirr::;'«T^'?RotX.;,'n avait laissé dis-

:.^;:;ë; perdn p"- de- ., mo^ié des bois amassés pour la

''l?-[B.,jo,l, R..H,e <le lo .nor^u- /r.-,K"i.-. - 1^- '='''"- '^ ••" "" ''" ^"■ '""«'villars. Mémoires. Mil. .lo VogO.V .Sgi. I. IV. p. 84-85.

LA DÉCADENCE DES CONSEILS

construction des vaisseaux"". De toutes parts s'élevaient des mnlédiction contre le ministre qui avait si longtemps opprimé la marine et l'avait réduite à l'impuiss.inc;'. A Brest, « le corps de la marine n'a plus aucune ressource pour subsister"''; à Toulon, <( les gardiens, canônnicrs et apprentis canonniens n'ont rien reçu; quelques-uns sont morts de faim et de misère » et l'intendant voit (i les officiers dans une si grande misère qu'il ne croit pas que la plupart puissent prendre le deuil [du feu Roi]'" ». La misère d<»s élèves-officiers « est si grande que. quelques-uns ne vont point aux salles faute de souliers et ne vivent que de chfil'îté"; » à Rochefort, « le maître d'hydrographie n'a plus de sphère, plus de compas, ni de carte... Le maître d'escrime n'a plus que deux fleurets et point de sandales'"" ». C'est de cet excès d'abaissement qu'il fallait relever la marine.

Le comte de Toulouse et le maréchal d'Estrées, que Pontchar- Irain avaii « anéantis », ne le ménagèrent pas et après l'avoir malmené au Conseil de régence" turent la satisfaction de l'en voir chasser''". « Cette nouvelle répandit la joie dans Paris, et après dans les provinces"; » restait à réparer le mal, ce serait l'œuvre du Conseil de marine". IjCs témoignages qui viennent d'être rapportés laissent entrevoir la situation, lamentable mais [>as désespérée. Le corps des officiers demeurait instruit et vaillant, la flotte avait surtout besoin de réparations auxquelles les arsenaux pouvaient suffire. Le rétablissement d'une grande et forte marine déi)endait des sommes qu'on y emploierait et de la volonté du Régent. A la plupart des demandes, celui-ci oppose

" nang<»aii, Journal, t. XVI, p. 202.

^" Archiv. de la Marine, B', i, fol. 8 : L'intendant de la marine à Brest au Secrétaire d Etal, 18 sc-pk-nibrc 1716.

** irchiv. de la Marine, h\ i, fol. 296 : l/intendant de la marine à Toulon au Secrétaire d'Etat, i5 «K^pk-nibro 1715.

" Archiv de la Marine, B*, i, fol. 822 : Le bailli de Vattan, commandant des gardes-marine à Toulon au Secrétaire d'Etat.

(3. Lacour-Gîiyol, La marine militaire de France sous le règne de Louis XV, in-8, Paris, 2« édit., 1910, p. 26.

** Dangeau, Journal, t. XVI, p. 2o3 ; Saint-Simon, Mémoires, t. VIII, p. 2.52 ; Jôrômc de Ponchartrain composî» une liofiMisc do son admlnistralion, eUe €st conservéo aux Archiv. de la Marine, G, 127, fol. ^-9; voir G. Lacour- Gayet, op. cit., p. 28.

"* Saint-Simon, Adiiitions au Journal de Danj^oau, t. XVI, p. 280, H Mémoires, t. VIII, p. 288-290.

*• Saint-Simon, Mémoires, t. VIII, p. 292.

*' Archiv. de la Marine, A\ 5i ; B», 7, fol. 2^-82 : Ordonnance du 3 novembre 1715 ot du II juillet 1716.

:.'^j3iJ^^iai:x.j^ i*

li^Ai.4- •».•

L'œuvre du Conseil delà guerre

celle réponse : « On y pourvoira le plus ^^,V^"'^*^^,jrro/ S AR Y pourvoira \v plus proniptoment qu il se pouud. » Ur, les fonds destinés aux besoins les plus pressants sont densoirenienl faibles et tardivement <?xj)édies. ..minn*.-

Le budget de la marine s'était élevé, en 1705, a trente millions, en 1707, à cpiatorze; dès ces premières séances, le Conseil de marine décidi <,uh partir de .7'^ '- fonds ne seraient plus que de huit millions et qu'il en serait accordé d extraordinaires pou la mise en étal des navires en temps de paix. Sur ce total de huit millions, la moitié n'intéressait i>as le budget propix.- de la Marine, car un million et demi de livres étaient a.fectees aux galères et deux millions et d<'mi aux colonies. Ix^ quatre millions restants suffisaient à peine aux dépenses indispensables solde des officiers et des troupes, entretien des ho|)ilaux, comptabilité des ports, etc.. Le Conseil de marine se débattait contre un dessein arrêté de lendre la marine impuissante et « parmi les motifs qui ont pu porter à réduire ainsi la marine, j'ai rei^onnu, dit Maurepas, que l'économie > avoit beaucoup moins de part que le système nolitique (pie Ton s'éloit formé pendant la Régence, de ne point donner de jalousie aux puissances maritimes, surtout à la Grande-Bretagne'". »

« Dès qu'il était intérieurement résolu de laisser de plus en plus tomber le peu qu'il restait de marine, le Conseil qui en portait le nom était fort vide et très inutile. » Les einquante-six registres manuscrits remplis du détail de ses délibérations*" jusiiftent cette remarque de Saint-Simon. On n'y rencontre que des question de détail, des points de vue étriqués parmi lesquelles semblent étouffés une ou deux délibérations consacrées à des points secondaires incapables de donner ombrage à Georges P^ Cette activité timide ne se signale que par l'institution de la compagnie des gardes du pavillon amiral"' (1716) et par la eréation à Paris d'un dépôt jmur la conservation et la garde des eartes, plans, journaux, mémoires, etc. conecMnant la navigation, qui devait être l'origine du Service hydrographique de la Marine.

Le Conseil de la guerre avait un chaiu]) d'action si bien défini qu'il n'eut que [)eu à faire pour se maintenir dans les termt^ de son institution primitive. Des réformes considérables furent opérées

*' Archiv. de la Marine, B\ i, fol. 325.

*• Archiv. de la Marine, G, 127, fol. 29, sniv. : Maurepas Réflexions «nr le commerce et sur la rmirine (<^n 17'|5).

^•^ Archiv. de la Marine, W , 1-.%, do nov<îmbrc 171 5 à docvmbiv 17?.!.

** Isambcrt, Uccucil, t. X\l, p. i'>fi, n. io5 : Or<lonnanr<^ du iS novoinbre

LA DÉCADENCE DES CONSEILS

dans les corps de troupes et dans les cadres, elles réclamaient toute l'attention et toute l'habileté de militaires éprouvés et jouissant de la confiance de leurs camarades. Un État des dépenses de la guerre et de tout ce qui y a rapport pour Vannée 1716", nous fait connaître la situation de l'armée au moment où le Conseil en prit la direction.

L'Infanterie était comi)osée de i5o bataillons compris les gaixles françaises et suisses, et de 3:^ bataillons étrangers, soit ensemble iS:>. bataillons qui, avec 7 compagnies de mineurs et canonniers, formaient un effectif de 107.915 hommes, dont la dépense annuelle, compris celle des officiers en pied et des étatsmajors, montait à 1 8.53 1.781 livres. En y ajoutant 127 compagnies d'invalides, de 60 hommes chacune, coûtant 982.404 livres, !a dépense de l'infanterie s'élevait à I9.5i4.i35 livres.

La Cavalerie comptait i35 escadrons de 128 maîtres chacun, ce qui faisait 16.200 chevaux, dont la dépense annuelle, officiers et états-majors compris, s'élevait à 4.091.868 livres. En outre 42 escadrons de dragons coûtant 970.460 livres. Les fourrages, à 8 sols la ration, faisaient une somme de 3.o5o.56o livres.

La Maison du Roi : gardes du corps, gendarmes, chevaù-légers, mousquetaires, gendarmerie, grenadiei^ à cheval, en tout 2.260 chevaux portait la dépense à 2.099.000 livres.

Les dépenses nécessaires à la suite des troupes arrivaient au total de 5.483. II 5 livres; les pensions au trésor attachées à la leste des troupes, 554.589 livres; les pensions au trésor aux officiers de guerre, 2.5oo.ooo livres; les fortifications, i million, non compris 5oo.ooo livres imposées sur les Flandres et l'Artois f>our l'entretien des casernes, et 25o.ooo livres pour les fortifications des plans maritimes.

Les 7.19:^ bouches à feu de tous calibres entraînaient une dé- [►ense de i.5oo.ooo liv.; les étapes, 3 millions; les garnisons ordinaires du dedans du royaume, 2.436.933 livres, compris les gages des gouverneui^ et lieutenant-généraux des provinces, gouverneurs particuliers des places et auti^es; enfin les dépenses du taillon et de l'ordinaire des guerres montaient à i.74i.63o livres.

Le budget de la guerre, en 1715, s'élevait donc à 47.950.290 livres.

Les réductions et réformes commencèrent presque aussitôt après la mort du Roi. Huit cents gardes du corps furent réformés avec dix sols par jour afin de les aider à subsister avec

Dépôt de la Guerre, t. 2520, fol. 117; voir de Luçay, Les secrétaires d^Etat, p. 219, note i. . , '

I yjAiwA'

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,;i;/^ne <«i avec ordre ae excn.plion C. taill. ot de. -«-s .n.p.-Uo ; J^^^. ^.^„ ,^„^

se retirer chacun on «on pa,. ""' ^,:^",,,„i„...„,s des gardes

d. guerre. Chaque ^«-P»^^ ''f;^'* ^rn fe; 1- deux compafrançaises et suisses eut ^-ngl ;"J«f ^'"""' ,,,^1- ,,^cepté les gnies de mousquet ..ire. fuv.n. ■« •■"-. ^,f^,^"" .d^i^l aussi fégiment à qui l-s chevaux furent ----;^ ,,,,„ .-.nfantous te capitaines de dragons a la pa> d ^^

,,,0". Vitlars, broui...^ "!'; ^^ U t op ^Ï- >- ^o grâce m passer cette reforme - a l.i.iu, ll€ ' ^,,^ ,,ie d.-s

à son absence; il prit des -■''■^"'•^•V r ' i.n.'nts de cavalerie

gardes du corps quil i.^or.Ku^^^ ^^^^^;^^tr. habits" ...

et les dragons. .- »- »" .P":,^ anu-na tous les régiments à L'ordonnance de -(8 aviil i,io i hommes

huit compagnies de ...5 hommes »m ^ ;,^ J ^^ .^ n4o. l^s

au pied de guerre; o'g""-;".'-' . 'f ^^ ^,,, .vr .- che^ eux aumôniers régin.entane. ela.enl mv.tcs a s^ - ^ ^^

ou ailleurs, où bon .<;;..-en.bl..a ^^^J^^^;: Z,., .«upor satisfaite de leur conduite ». «^'Y"" . • ,, de cnfrérios anticourt à ragitalion religieuse (|ue la ctealion m ton couri a I ar, ininwlnire dans larmee .

jansénistes commençait a '"V,"^""\." ,,„..,.. ,.,, ,>, d'inaugurer • . r- 1 j.> I-, cru. -1 1-e eut honneur u atUiNti « i " "" o

Le Conseil de la gu<ii« ' ^i^K-ii^ser la solde des

los nremières casernes, ce qui p.rmit d abaisseï la ■ les piituMcits v.iiifli' des resistres du LiOn-

troupes sans réduire leur b.en-et.e. L tt d des „

.eil pour 1 année .-., "^"' '.;;,„,, a,, ......udres détails de

il fonctionna ave régulante, s oceu . . . l'administration militaire, ce .,,11 u allait pa. sans de vive. 1 »• " Tnnlcfois des ordoiiiianecs eomme celles du 0 t^ uu Cdl-.'.S Hvaie^t . bon .ern. e, con.ribuaient utilen^n a i!^ avui 17 rarmLM^"^ n'auhes moins iiui)orlanl<^s

;r"; iciïn^ •!" '"■•'•'■ »••""■ "*' '■' ""■*"'"•'"•

»» Buvat, Journal, t. T, p. iii-iiî>- ** Villars, Mémoires, t. IV, p. 7^-

^'"'vniars. Mémoire,,, t. IV. p. .05-. m; IX. Luçav, op. ni. p. a... » D^ptff de la Gucrr., I. aS.'.r, ; Pajol. op. cU.. l. , p. 3^-3-- •• Isambcrt, Recueif., 1. XXI, p. .=o, ... 79 : Ordo....a.,co, du . juillet

LA DÉCADENCE DES CONSEILS

d<^ gens de guerre*^; ordre et discipline des Iroup-es en marche et en garnison", casernement", déserteurs*'*, haras", hôpitaux el soldats malades*', etc. Pas plus que les autres conseils celui de la guerre n'avait été inutile à l'État.

Le Conseil des Affaires étrangères ne pouvait s'accommoder d une transformation totale des méthodes diplomatiques et d'un «enouvellement complet du personnel auxquels Louis XIV avait docoulumé les principaux cabinets de l'Europe. Tandis que Saint- Simon pressait le Régent d'exclure de tout le ministre Torcy, il n'en avait jamais pu obtenir une ré[)onse nette. (( J'espérois pourtant son exclusion, dit-il, et j'y travaillois encore lorsque le Régent me laissa entrevoir que je n'y devois pas compter. Je redoublai mes efforts; à la fin il m'avoua avec grand embarras (fu'il se le croyoit nécessaire pour avoir le secret de toutes les affaires étrangères depuis tant d'années qu'il en étoit le ministre, et par le sc^cret des postes dont lui ne [MDuvoit se passer. Ce fut en effet ce qui conserva Torcy*\ » C'est ce que lui-même a pris soin de nous appixîndre : « Son Altesse Royale, écrit-il, jugea nécessaire de conserver autant qu'il seroit possible les correspondances secrètes entretenues exactement sous le règne du feu J\oy avec différents étrangers, soit au dedans soit au dehors du royaume. Elle continua d'en laisser le soin à celui des ministres qui en étoit chargé depuis plusieurs années. Et comme le secret ne [KDUvoit en être gardé trop exactement, qu'il convenoit pour ne le pas risquer de brûler les lettres des correspondants, qu'il étoit en même temps nécessaire de conserver sûrement la mémoire de j)lusiours faits importants rapportés dans les avis reçus, ee)ui (jui les reçut encore i)endant quelques années eut soin de les rassembler et d'en composer comme un corps d'anecdotes qui

•* IsambcTt, liecueil., t. XXI, p. 120, n. 80 : Ordoainanct.', du 2 juilkt

** Isambcrt, HecuciL, t. XXI, p. 120, n. 81 : Ordonnance, du 4 juillet

•' Isambcrt, Recueil. ^ t. XXI, p. 122, n. loi : Ordonnance, du 25 octobre

•* Isambcrt, Hecueil., L XXI, p. 127, n. ii3 : Ordonnance, du 2 janvier

•* Isambcrt, Recueil., t. XXI, p. i32, n. 120 : Onlonnance, du 22 février

•* Isambcrt, Recueil.,, t". XXI, p. 1^2, n. 129 : Ordonnance, du 20 avril

l/œuvre

du Conseil

des affaires

étrangères

•' Saint-Simon, Mértioires, 1906, t. VIII, p. 228.

.WKt^lU'iblt..

^ IIISTOIUK 1>K LA KÉOENCE

„e put donn.,. .io,. d- découvV.r ni de soupçonne.- eux de qui

T':2.:stt':.ue transa... ont. ^j:^::^js^\

rut la coexistcnee de trois ^^l' ""îiJ'^^^Xres e'^nnu-ncées, la celle de Torcy qui eonse.va.t le 1.1 d ««•'»'. ^.^. j^ ,rsonconfianc. des agents et. des ^o^nm 1 on" '.. I^^^^^

.,el des cabinets européens; celle de d 11 --»;^ ^J , ,„ besoin

tait pas dun rôle de parade. -°"! ',f iX^'é d'Est.ées. de Cheet ni faisait rien .,ue «ous le controk f "bR d^ .^^^^

verny et de Can.llac qm ^"«'^••'7';;" ^n ' . ssionnecrètes. empêcher; enf.n. celle du Uegen q ;-'-'» " ^ J ^-^.^,,,,3^ aux

les 'agents mystérieux, -■^■- ./'^f :^ ouages/ celui de combinaisons sou er.a,nes En es t,o^^^^^^^^„^^^^.^^^.

aiIuxeUes appuyé pa. le b,ux^^s ^^^^ ^^

par eux, était le I>"nc.p«i, d'humeur à se

D..bois parût sur la see. e. "^^^ "^^ " ^ ^ \^.^^^ >, s'imposer; ,,isser conf.squer, pas plus qu 1 " «»» °^ J.pi.ulait. " Rusé, après s'être vaillanunent défendu ^« 1'^'"* .£' et de vertu , égoïste <^l voluptueux avec une ecorce de p,ob.tç l

feintes, cet étui de sage de la Grc ^. a "s. que ^^ ^^

Simon, timide de coeur e d -•'• '\ " ^^^^ J ,,Xr par d'autres ses -^s engagea.; es ^fanes^^^.^^^^^^^^^^^^^^ ^^^^ ^^

que par lu.. « To,.tes ^ ^o ,Vnvové de l'Enipereur.

4i;^^trr;r:^:i':M^::t^^^^

irÏTa, t le m 1; ^1- Néanmoins il n'était pas homme f f. re p sous lui les diplomates véreux <p.i comme Louv le : M drid e Dubois à Hanovre mettaient en déroute le plan offi^ "ciel l! n'exerçait sur le Régent pas même l'innuence emp.r.que

t,.„^ ■ni>-.i-i<ifi7'> • Mémoires lUploiimlUities concernant .. Bihl. n« .. ms. '""^ ;»'^ ;X ,; ;,,, ,„„•,,,, !:„„.v., <,,n suivirent la

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Torcy, dans Revue historique, iç^ob, t. lAXXVll. •

*» Saint-Simon, Mémoires, ôdit. A. tk Boi.Usle, t. XI, p. Ao.

" P.n(ïfenr/(>(/(.T « /« Cour de Vienne, '» janvier 171C, dans O. Wober, Die

Quadrupel Allianz, p. i3.

LA DÉCADENCE DES CONSEILS

d'un Saint-Simon qui, à force d'insistance, arrachait parfois une concession; d'aileurs le Régent supportait à peine la gravité empesée du personnage qui se croyait le front auréolé de l'éclat du traité d'Utrecht. Entre Torcy et Dubois, le président solennel du Conseil des affaires étrangères ne représentait qu'une incapacité majestueuse et encombrante. Un jour, le duc de Brancas s'avisa de dire que <( le Conseil des finances était mal réglé et très mal composé, le Régent répondit : « La Régence est toute entière de même, et je ne vois aucun Président, à commencer par moi, où il n'y ait bien des choses à dire », et là-dessus, il fit son portrait et celui de tous les membres de ses Conseils avec un pinceau très fidèle, mais ridicule, donnant à chacun son paquet''. »

Le Conseil des affaires étrangères était destiné à disparaître à partir du jour où Dubois le jugea contraire à son ambition. Au début, sa mise en branle avait éprouvé quelques difficultés : « Les ministres étrangers, rapporte d'Argenson, ne savoient à qui s'adresser pour toutes les affaires : l'on fut obligé de commettre, pour les entendre, un homme qui n'étoit pas du conseil cl n'en a jamais été, M. d'Armenonville, qui avoit acheté la charge de M. de Torcy, mais à condition de n'en pas exercer les fonctions" » On a vu que la politique espagnole du maréchal d'Huxelles était en contradiction avec la politique anglaise de l'abbé Dubois et du Régent; dès lors le Conseil des affaires étrangères était condamné à l'impuissance, ses efforts entravés, ses services dénaturés. Ce fut à l'occasion de ce Conseil que se joua la partie décisive qui entraîna la suppression de tous les autres.

Au mois de mars 17 18, Dubois envoya de Londres au Palais- Royal son confident Chavigny pour y tenir la place de Nancré qui allait partir pour l'Espagne. Quelques jours plus tard, il exposait lui-même ses vues au Régent : Établir dans son gouvernement un ordre qui puisse se soutenir après la majorité du Roi, un arrangement fixe et durable qui ne peut se mieux faire qu'après la conclusion du traité [de la Quadruple Alliance] qui est sur le tapis. Étant alors assuré de la succession où S.A.R. est appelée. Elle n'aura plus personne à ménager par rapport à cet objet capital; Elle n'aura plus aucun motif de laisser en place quelqu'un sur qui Elle ne puisse pas compter après la majorité. Ce plan devrait être assez semblable à celui du gouvernement du feu

" Archiv. des Aff. Etrang., Angleterre, t. 3oo, fol. 17 : Bonneval à StanhopCf 10 février 1717.

" D'Argenson, Mémoires, édit. Janet, t. I, p. 28. ^

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