‹ Histoire de la régence pendant la minorité de Louis XV [microform]Chapitre 97 sur 193 · I. Mil. p. i™. If*". ■'^T · texte numérisé non relu

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CIIAPITUE XLVIl L'enregistrement de la Déclaration

(8 septembre 1718-4 décembre 17S0)

APP..1 d» cai-ainal ,1c Noaillcs. - Écho dans les Parlcmcnls et le cierge. - InnisscrUv.. - Pamphlets. - L'évêque Languot de Gergy, de Soissons. r .Xvï^ue .le MaiUy, de Reims. - U Corps rfe Doofrine. -U Parle„.ent a ".Oise. - Refus dVnregislrement. - Enregistrement au Grand-Co"s..l. 1 I ri.licUon du Graind-Conseil réeus.-e. - Intervention du président Ile- „„,■" Le Parl<.nu.„t exilé à Bloi.. - Interv.mtion de Dagues.eau. Le "a,.lin..l de Noailles eè.lc. - Visite du Premier Présidentau Regont. - Retour à Ponloiae. - Discussions. - Messe rouge. - L'abbe Pucelle. - Enrep;isl(Tnient.

I.a fastidieuse querelle de la Bulle Unigenilus avait pris une ard<<ur nouvelle ai.rès la publication de la lettre Paslorahs ojficii. U Hé-enl excédé de cette dispute, écoulait les cardinaux de Uohan'el de Bissy, de préférence au cardinal de Noailles subissant en ceci comme en tout le reste linlluencc de 1 abbe Dubois, H ne cachait plus .< quii vonloit se déckrer en faveur des plus forls et qu'il ne vouloit pas se brouiller avec le Pape .. (10 sepl.iiibrc 1718). Dubois défendait le point de vue des deux cardinaux, tout en avouant ,< qu'il n'étoit pas du tout instriiit de h. matière .. et . ne iaissoit pas d'être à corps perdu contre le cardinal de Noailles. 11 alloit de porte en port* crier contre ui, comme contre un hérétique qui troubloit mal à propos 1 Eglise et l'État' .. Sans s'émouvoir des clabauderies de cet homme, Noailles avertit le Premier Président qu'il allait incessaniment publier son appel, le magistrat l'en félicita et dit que le Parlement était disposé, dès l'apparition du Bref, à appeler comme ."'abus au futur concile, et désireux d'agir de concert avec le prélat'. Le 16 septembre, le cardinal obtint son audience heb-

■ Dorsanne, Jo..r,ml r,.»rermin/ (oui ee qui s'est passé à Rome cl en Fmnoe, in-.'i, 1753, l. I, p. 426.

- Ibid., l. I, p. 427.

' Ibid, t. I, p. 428.

Appel du cardinal' de Noailles

L'ENREGISTREMENT DE LA « DÉCLARATION

domadaiie du Régent qui lui présenta un nouveau projet du cardinal de Rohan. NoaiUes, poussé à bout, publia son app^îl et abandonna le Conseil de Conscience. Il eut la satisfaction d'être suivi par son chapitre à l'unanimité sauf une voix, et do recevoir l'adhésion des curés de Paris par un acte qui fut .affiché le jour même et annoncé au prône le lendemain dans plusieurs paroisses\ Le 26 septembre, la Faculté de théologie s'assembla et cent huit docteurs sur cent dix furent d'avis d adhérer à'i'appel, puis ce fut le défilé des ordres religieux : Carmen de la place Maubert, Feuillants, Oratoriens, Bénédictins, Premontrés et différents chapitres. Le Parlement était très dispose à interjeter appel, lui aussi, au futur concile^; les Universités de Paris, de Reims, de Caen, de Nant^ s'associaient à l apyeJ . Tous ces corps, et les individus qui y formaient la majorité, fulminaient à l'envi.

Le procureur général, Joly de Fleury, s'exprimait avec une pldeme'nt âpreté qui se retrouve chez pr<^sque tous ceux qui prenaient et le clergé alors la parole ou la plume : « Après tous les ménagements qu'on a eus pour le Pape, disait-il, et pour tout ce qui est émaiic de la Cour de Rome depuis la Constitution, il n'est ])lus jiermis de garder le silence... On voit aisément les véritables motifs qui ont donné lieu à une pareille condamnation. I^ prétexte du défaut d'acceptation de la Constitution n'est pas le seul que le Pape ait eu en vue. Cette idée d'infaillibilité que la Cour do Rome recherchoit depuis quelques siècles à établir, lui fait recrarder avec horreur les voies les plus canoniques. Sa délicatesse sur ce point, va jusqu'à ne pouvoir tolérer qu'on ait recours a lui pour lui demander des explications sur les Décrets... Avant que cette opinion d'infaillibilité fût née, on voyoit sans etonnement d'illusti^es évêques refuser de se soumettre aux deeisions des Papes, mais disposés en même temps de marquer l^ur soumission et leur obéissance à tout ce qui seroit jugé par 1 Lglise universelle. On voyoit les plus grands évêques s'adresser aux Papes pour les prier d'expliquer leurs décrets. On voyoit les plus saints Papes, les Pelage et les Grégoire répondre favorablement à ces demandes... La Cour de Rome ayant voulu introduire l'infaillibilité du Pape a tâché de détruire la force, de ces exemples par une cojiduite et par des exemples contraires. Ses démarches ont été si loin qu'il a fallu .l'autorité des conciles do

* Ibid., l. I, p. 43o.

» /bid., t. I, p. 43o. T / r ' i«K.«

« Mathieu Marais, Journal et Ménwirec, t. I, p. 426; j octobre.

Constance et de Râle pour opposer une digue à de pareilles prétentions; mais ils n'ont pas été capables de détromper la Cour de Rome. Elle s'est portée jusqu'à vouloir révoquer en doute 1 autorité de ces conciles... » A l'arrêt rendu, en conséquence de «ces principes, par le Parlement de Paris du 5 octobre', faisaient écho les arrêts des Parlements Rouen {i3 octobre), d'Aix (•;!i oct.), de Metz (^5 oct.), de Grenoble (26 ocl.), de Rennes (4 novembre), de Rordeaux (i5 nov.), de Toulouse (3 décembre). De même les curés se groupaient pour faire appel; on imprima plus tard des recueils de lettres", on répandit les requêtes présentées pour demander à être reçus appelans* et dans le public on se disait : (( Voilà un schisme en France I » et « sans la politique du Régent qui, pour le bien de l'État, appréhende les brouilleries, nous serionsi séparés de la communion romaine par rapport à la Constitution. Et <iue sait-on? Si de fil en aiguille la séparation ne serait pas entière^". »

Croyant n'avoir plus à garder aucune mesure, le cardinal de Noailles avait fait afficher et mettre en vente son acte d'appel; le premier jour il se vendit dix mille exemplaires". Mais ce succès eut son revers. Le parti constitutionnaire ne se laissait pas décourager. Le P. Simon Gourdan, chanoine de Saint-Victor de Paris, en grande réputation de savoir et de piété, écrivit lettre sur lettre au cardinal, allant jusqu'à lui dire : « Je doute si dans ces conjonctures si fâcheuses, plusieurs saints évêques de l'antiquité, n'auroient pas quitté leurs sièges pour faire cesser les troubles de rÉglise^\ »

Le complot de Cellamare valut un court répit à Noailles, qu'il fut impossible d'y impliquer, ni aucun Janséniste, de l'aveu du Régent, qui laissa entendre qu'il n'en était pas de même des Constitutionnaires'\ Cet événement les calma, mais pour peu de temps. Mais alors s'ouvraient avec l'année 1719 des préoccupations si nouvelles et si différentes de celles des années pré-

' Arrêt du Parlement de Paris appelant d'abus \in décret intitulé : Sanclissimi Domini nostri Clemenlis papae XI lUterae ad universos Chrisli fidèle!: datae (uiversus eos qui Constitutioni Sanciliatis suae quae incipii UNir.ENrrus... dehitam obœdieniam prae.stare ha^tenus recusaverunt nul in posierum recusaverint.

" Témoignage des Curés de la Ville et du Diocèse de Paris.

' Donsanne, Journal^ t. I, p. 433. ^

^" Gazette de la Régence, p. 286-287; 23 septembre 1718, p. 287-288; 3 octobre; p. 288, 10 octobre.

'^ Buvat, Journal, t. I, p. 333; 2^ septembre 1718.

'■ Villeforp, Anecdotes, t. III, p. 23i-232.

" Dorsanne, Journal, t. I, p. 445.

Tracasseries

Pamphlets

^Qg HISTOIRE DK LA BÉGENCË

cédentes que la dispute religieuse cesse d'occuper ropi..i..n publjquTeSement attachée à lagiotage. I^s conférences continue t. ?nais 'aUention s'en e«t détournée; le conflit se rapetisse se racorni Xr ainsi dire à la taille d'une chicane inextricable cm les ma^t ats et les ecclésiastiques s'égosillent dans une pole- .niaue sans ssuc possible. Des violences mesquines Ulustren :^rdi session chétive; ce sont moins des violences que d ^Lasseries et, pour tout dire d' un mot ^e- .-h « .. . ^ o^ A \. F^^tP Hi^u le curé do a paroisse de baint-Louis a uieuuui veur S^er a'v e la ^rocessiin dans l'église des Jésuites, don

lu oLve à port* fermée ,il réclame l'entrée, on s'obstine a a l trouve la p j^|>^^^^ ,^.^ religieux et

ui refuser, il se piaim au nco"^ i , ri„A„,,p"- l'évêauc

,,<> .r.U/^r nré^nter des excuses a 1 evcqut , icvequt

• rX. Ctoriot,.". ou bien des l'a,l™«i.ls qu. (.'..1 l..<»iu «'

nt d'^rS^^'n s». ,ue„u.. .eu.s «.,„.„e r.m. du fius ai I. :.,„,.ier 171Q condamnant divers écrit» ins-

SlSuon d. .68,, c„n,e,,.i> W " S'^n^jr .ve d ,u "«

' v.,u.^ rlo« ronciles sur le Saint-Siege; un aune itvcnuiH l'iTi bUUé d^Pape .. dans les décisions dogmatiques ,. et ^ r rSus de recevoir la bulle à la négation de la divi- TT ésus cL" st un utre encore défendait les thèses oppo- T. hotammen la suprématie des conciles qu'on ne saura. sees, notamment la s États-Généraux qui sont

mi.ux compare.;, ^«;^^> J'^'J^ j, ,, souveraineté i<usqu'ils

en P--*-- \^^ Sn.. li^ment audacieuse et que n'eussent assembles, ^ax-^e s.n u ^ ^^.^^^^. ^^^.

sont pas «dmi^s lo^ h o;»'^-'^ j^ pontificalJ. On devait s'at-

w j. Buvat, Journal, l. I, P- ^^Oô-^oo, jnin 1719.

'•^ J. Buvat, JourmiL l- 1' P- '»'y- .

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