Buvat, Jourml, t. 1, p. AoG, juilM
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i« Buvat, Journal, t. 1, p- Ao3, Aig-
L'ENREGISÏBEMENT DE LA « DÉCLARATION
1rs États-Généraux, ce qui lui attirait cette réfutation catégoii(|ue de Guillaume.de I.anioignon : « Les États-Généraux n'ont (jue la voie de la remontrance et de la très humble supplication. Le Roi défère à leurs doléances et à leurs prières suivant les règles de sa prudence et de sa justice. S'il était obligé de leur i^ccorder toutes leurs demandes, il cesseroit deti^ roi'.'. » On nv |)ouvait nier que des idées étaient en marche et il eût été permis de douter de l'efficacité d<?s obstacles qu'on élèverait devant elles pour les ari-eter.
1^ 5 juin 1719, une Déclaration royale appliquait une fois de plus la tacticpie favorite de Régent; elle imposait un nouveau silence d'une année sur les disputes théologiques, avec la promesse d'arriver, pendant ce laps de temps à un accommodement. Les Appelants ne voyaient là qu'un artifice pour les empêcher (le pousser à bout les Constitutionnaires qui, de leur côté, s'indignaient d'avoir à subir un règlement qui les mettait sur le même rang que leurs contradicteurs. Languet de Gergy, évé- (pie de Soissons, un des plus remuants de son parti et dont la bruyante orthodoxie escomptait pour récompense le cardinalat, se plaignait publiquement parce que, à l'en croire, u le silence pi-escrit dans les causes qui intéressaient la foi, n'avait jamais été utile qu'aux ennemis d(* la foi », et il introduisit une distinction inattendue et qui fit scandale entre les lois promulguées pendant la minorité des rois et les volontés affirmées par le monarque majeur. Son écrit fut condamné à être lacéré et brûlé par le bourreau au pied du grand escalier du Palais'". On signifia cette condamnation à l'évêque, biographe de la sœur visitandine Marie Alacoque, il répondit aux deux notaires envoyés vers lui ([u'u il étoit moins touché de cet arrêt que de la mort d'un faisan qu'il venoit de perdre ». L'arrêt portait que le délinquant aurait à s'avouer l'auteur de la lettre condamnée; il fit plus que de l'avouer, il s'en glorifia et cela lui attiia une amende de dix mille livres; mais le Régent empêcha l'exécution, pour ne pas.
L'évêque Languet
Arrêt <lu ParliTuonl, du l^ janvier 17 19, coiulaninant au feu V Instruction jumilicrc sur lu soumission due à la Constitution Uni-genitus, et suppnmant le Traité du schisme par Longueval, ainsi que VInstructioh pour calmer les scrupules que l'on s'efforce de jeter dans lez consciences timorées au sujet de la Constitution Vnigenitus et de Vappel qui en n été interjeté.
2" ArnH du Parlement du 9 août 17 19 condamnant au feu une Lettre di' Mgr Vévesque de Soissons à S. À. U. Mgr le duc d'Orléans, Régent du royaume, au sujet de Varrest rendu au Parlement le 7 juin contre quelques écrits de cet évesque. «
Mailly
,,(j HISTOIRE DE LA RÉGENCE
disait-il, lui procurer un chapeau ^^"^^^^^^^Tn .•était égayée dune anecdote dont ^^^«^^1^:^, ^„,,, dîner, était à table chez le n.m.stre U ^lanc lorsque celmc ^^^^
tort en retard, et s'excusa ^"P^^^J^^^^X^^ ordinaux. Cha- .u'avait --'^- "tTS:r^derrIrdÏ ntVeau^ pronrus, il cun s'empressa de l»»/'^"'^."''^' "^ „ •„., l'évêque de Soissons le les nonnna; au nom de ^^^''^ ' «^^^f;™^;; ^7a prenant à deux fit répéter, les yeux hors de a tetc pu.s ^ P ^^^^^ ^j,,,. mains, s'écria de toute sa force . « Ah. il m p
'"r"' " , e, MailW rivalisaient d'an.bition et faisaient assaut Languet et Ma'Hy 'va ^^ ^^.^^^^^ ^
de pétulance. « .lavais i*'^''.'.,, M.>Amo ie l'ai connu lorsqu'il fort brave homme, écnt la vieUle ^'^f !";:^Jf/;;,di„,, ,e„d fous était encore abbé, mais l'amb. .on de deven r card „ plupart des évoques; .1 n en c«t aucun <ïu ^^ P ^ ^^^^^^^ ,„us il f-a d'impertinences a Ugiddc^n^^^ ^^^^^ ^^^ ^^^ de la Constitution, plus il *c meuia ud •„,,chcvêque de
?a Cour de Rome et deviendra '^^-^ .^^'^J^^^J^^^ ^^^^^ heims, rival heureux de son P^;'"^! ..^ f ^^^^p^ "„n.ain<r. Mis d'autres titres à faire vaU..^ pou. --^^ ^ P^nts regrets, il ne dans l'Église maigre lui et «y^c les P'u ^.^^^
. prit d'ecclésiastique que ce qu .1 " f» P"*^;^' p^rt pauvre, il se
Se toutes les -— J^^ .r";; devrnaraumônie'r du Roi, et tira de misère, puis d ennu , tn devenan ^ ^^^j.
s'éleva, à force <i<^.b-, sur e -go d Ar - > J-.^ P,,^, niité d'Avignon, il ^t «" ^/j^i^^* Jj^ je la nonciature de France. ^Z r iîd=rîriirn\rna . ramltlé mume. Gual.rio
évêque décrire a Rome san un ^ ^^^^ ^^^ .^^^^^.^
sait par le ministre des Alfanes t^ira g ^^
de cette incartade, faillit fa-re un éclat, I^a.Hy ne m
Bulle eut amené le relâchement ies ^-^^^l''^X]r.s faute
. VUWore. .....0,.. ou mémoire, s.ere.s sur ,a Co„sU,a,ion ..igenau.
A Trévoux, 1733, t. 111, p. 324-235. r.,„„eaii l XVIII, p. 176.
" Saint-Simon, .4dditions au Journal de Dangeau, t. A . P
L'ENREGISTREMENT DE LA « DÉCLARAJION
plus extrt^mes et aurait pu fain^ figure d'inquisiteur si ses mésaventures ne lui avaient retiré l'autorité d'un docteur. Dans une lettre adressée à ses collègues de l'épiscopat, il qualifiait les appelants de nouveaux « Luther, sectateui^ d'Arius, de Nestoiius, d'Eutychès », les dénonçait pour u païens et publicains », repoussait toute conciliation et proposait de réduire le gouvernement par la famine à une adhésion complète à la Constitution; il suffirait de supprimer le « don gratuit » que votait chaque assemblée du clergé. Ce factum fut poursuivi, condamné par le Parlement cl brûlé au pied de l'escalier du Palais. Mailly exulta, fonda une messe en action de grâces d'avoir été jugé digne de participer aux opprobres de Jésus-Christ. Il espérait que le Parlement l'atta- (fuerait là-dessus, mais on pensa le mieux punir en le laissant i-n paix. Cela ne faisait pas son affaire, il se retourna vers Rome ft pria le Pape de lui faire présent de ses (( homélies ». C'était le faible de Clément XI de se croire grand orateur et latiniste impeccable. Il goûta la flatterie et, malgré l'exclusion donnée à Mailly par le gouvernement du Régent, lui donna le chapeau dans la promotion des dix.
Le Régent sentit la provocation, s'emporta et fit défense à Mailly de porter le titre ni aucun insigne de sa dignité. En même temps il lui envoya un enseigne aux gardes, Villeron, avec ordre de ne pas quitter Reims. Mailly, averti par son neveu La Vrillière, se montra fort souple lorsqu'il rencontra sur le chemin, près de Paris, l'enseigne Villeron. Ayant reçu l'ordre de rétrograder, ils vinrent tous deux coucher à Soissons. Le lendemain, Mailly s'apprêtait de si bonne grâce à regagner Reims, que l'officier jugea superflu de l'y conduire et reprit la route de Paris. Aussitôt Mailly le suivit à distance et vint, le soir même, se blottir à Paris. L'abbé de la Fare, son grand vicaire, alla trouver Dubois et fut reçu comme un goujat. La Fare laissa dire et répliqua qu'un ministre tel que Dubois devait être cardinal, et pour cela ne pas contrarier le Pape avec lequel il lui faudrait compter. Dubois sentit l'habileté de ce conseil et puisqu'il fallait une médiation il s'en réserva le mérite. Le lendemain, il rappela l'abbé de la Fare, affecta un accueil plus doux, mais la Fare brusqua
l'affaire :
— (( Monsieur, dit-il, je vais vous parler franchement, je n'ai aucun ressentiment de la manière dont vous me traitâtes hier; je vis bien que vous parliez en ministre. Vous autres, grands {K)litiques, vous ne pouvez pas faire autrement; mais vous n'êtes sûrement pas fâché de faire quelque chose d'agréable au Pape
' ^iAtà*.
L'ENREGISTREMENT DE LA « DÉCLARATION
,.„, hi,.n ,.«■ i'.vou. <l-'JZ:\^« tlZ .rche..-.,.,,. 6. «
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rendre secrètement lu, et ae s. y
l'avertisse, cela ne sera pas ong.. ^^ Palais-Uoyal
Mailly attendait le signal, se la.ssa in ^^.^^
nar les derrières, fit sa «o"»"*«, ^" *' car! nal ni aucune marque U il ne prendrait pomt la qua te ^ - ^f "^ ,^,, ,,„, .. Tarche-
de cette dignité H ne deva ^^^^ J,.,^ signer le « carvêque de Reims .., mais a et.. V • ^ P ^j^ ,a, s'in-
dinal de Mailly ... Rentre a ï^^''"«- "^ ^ j^^ .^^ué qu'archeterdit toute fonction publ.que ou ^ ^"/^^''^^tre consolation que vôqu. et languit plus de tro. mor^ -^ ^^^ ^^j,,, ,, Vadmide tirer de sa poche a calotte "^"f ;„''^ ,„i,%ouranl d'impa- ,,r, de la baiser, de l'e-ycr dev nt un tu r ^ . ^^^.^ ^^^.^ ^,^^^,
tience de la montrer en public ''*«''; ,^ ^^rdinal de
de la Fare veillait à ^^^-.^^"^S^^^^r les cardinaux
Noailles avait fait «g'";';'- ' „^^'J ,/,\pp..obation de Mailly serait de Rohan et de Bissy, .1 songea que 1 app ^^^^ ^^^^ ^^^.,,^^
d'autant plus précieuse nu^" je sav ^^^ ^^^^.^ ^^^
On recherchait 1.^ «'f "f "'^ .^^ ^ I" àe porter les insignes celle de Mailly dépendait de ^^'J^^'^^^ll^J.^.^^nes du second cardinalices. En outre, on ^-^^J^l^^'^^^^^r le Corps de ordre solUci^r ^- ^^f ^ ^ '^ .^igant La'nguet, de Soisdoctrine à Reims P»V'%P.Xr il lui fallut subir la mort.fica- «ons. Celui-ci ne put s y de ober 1 1 lu ^^^ ^^ ^^^^^^
tion et, le 17 ma''^. "" ^"\ , lux lettres cachetées du Régent. Oangeau ^^^^ ^^iX^^Z^^V^r^^ ^'^signer Dans la première, le F'^c^ or j.gnoncement au chapeau;
,ur le champ sous peine d^x.l et ^^ ^^ ,^j^^^j^ ^^,^ ^t
dans la deuxième, il l '"\' "'* J.!';";;,^,, la calotte des mains iui annonçait qu'il pouvait venu . c vo' ^^ ^^^^^^^^
du Roi. Mailly signa ^l^;;P^^\Jp^^ et le rg mars -, r>orta
3. décembre 17^0; H, ^9 -.. ^^ '^^' ,^^,,,,, ,. n, p. i65; Saint-Simon, bre 1719, dans Corr.spond.nc. cdU-^ ^^^
^/«fmoires, édit Chérud i858, t. Wli. P
Le Corps de doctrine avait été élaboré, dès les premiers mois ^^^^[^^*f* de Tannée 1720, par le cardinal de Noailles, l'évêque de Glermont, Massillon, et le P. de la Tour supérieur général de la Congrégation des pères de l'Oratoire. Cet écrit contenait des explications sur les propositions condamnées et devait être soumis à la discussion des cardinaux et des évêques constitutionnaires dans l'espoir de terminer la querelle par un accommodement qui rétablît la paix dans l'Église^*. Cet accommodement fut signé le i3 mars au Palais-Royal par les cardinaux de Noailles, do Hohan, de Bissy, de Gesvres et de Mailly et par plusieurs archevêques et évéques^'. Deux jours après circulait une « formule envoyée aux appelants de la Constitution Unigenitus pour les engager à persister dans leur appeP* », quelque explication et quelque corps de doctrine qu'on pût joindre à la Bulle et de quelque expression qu'on pût se servir i30ur les réunir. Sans s émouvoir de celte protestation, Noailles tenait la paix pour rétablie et annonçait aux curés du diocèse que « par un bon Corps de doctrine et par une acceptation relative, on avoit i»ris toutes les précautions que l'on pourroit désirer pour mettre la vérité à couvert, aussi bien que les libertés de l'Église gallicane... Il n'y a plus, ajoutait-il, qu'à prier Dieu qu'il bénisse les bonnes intentions de ceux qui n'ont eu d'autre vue que d'assurer plleinement la vérité et la paix^^ ». Malgré ces bonnes paroles, le cardinal de Noailles dut bientôt s'avouer qu'il n'était ni approuvé ni suivi par son parti. Le premier jour d'avril, il se rendit à la Sorbonne pour la prima niensis et fut étonné de voir que pas un des docteurs de cette maison n'était venu à sa rencontre ni ne l'avait accompagné en sortant". La nouvellle de cet accommodement ne causa pas moins de surprise dans les provinces"", d'ailleurs pendant que Colbert, de Montpellier, branlait la tête, déclarait la pièce « bien éloignée d'être telle qu'on la pouvoit désirer », Languet, de Soissons, s'écriait : « La citadelle est prise par ruse, par mine et par assaut. » On disputait sur le nombre, l'autorité, la sincérité des signatures, et les bro-
'* Buval, Journal, t. II, p. 46.
" Buvat, Journal, t. II, p. 5i, 67-68; M. Maraia, Journal et Mémoires, t. I, p. 267.
" Buval, Journal, t. II, p. 53-55; i5 mars 1720.
'^ Buvat, Journal, t. Il, p. 55-56 : Lettre circulaire de M. le cardinal de Noailles à MM. les curés de son diocèse, 18 mars 1720.
^' Buvat, Journal, t. II, p. 67.
'• M. Marais, Journal et Mémoires, t. I, p. 2^2; 4 avril 1720.
Tli.«lt lu 8 *
Le
Parlementa Ponloise
il'
chures de couru-, lies lettres épiscopales de se -lf';:2s'l"'docdements de se multiplier. Pendant ^^^ "^«'fJ.^fjT^trt 1 trin. a tous les honneurs de a ^-P" «• - ^ f J f^.j^'^ ^'^^ des . Système, mais roppositj^ ^,!:^ S^:^, de Boulogne, partis plus envennnee. Les «^^q^^^ f/^^ P^^ioy^e. de Nîmes,
f f ;tVCa:r?Aoq: '"nt le corps ae aociriae", de Saintes, de verauii, ^ n. 4 r mauvaiis
le synode des curés et l« «h'^P'^- ,tdÏÏ combL vivement accueil", la Sorbonne représente «" «;~^^^t on relève les elle désire q"'^l/'-^-^- ^^^^^ ^ l'ia'bC et on réduit contradictions du ^-j^'^J^^jf ^;4 .oceptons avec r^pect son acceptation a cette foi mule . « i f soucions
, relaUveme^t^à ^^^ ^XaTdans cet accom-
guères". .. ^"^^'^-11;^^'^,^ 3 fait son grand vicaire, homme „,odement est ^ ^be Cou t^ qu ,^^^^^^^^ ,, ^^^p,, et que
savant, dévot de la devouoa h ^„„,.„:i,e à la Constitution,
l'on a vu dans un parh tou a fai cont a re a la
Le cardinal ne sait plus où il en -;;^^" \"^J ^^ï' a^ne autre, patentes d'une c-la- façonJ)n le -^^-P;:f:,,„„,odement.
:UtVue rConsSr a^u;: a«aire d'intrigue, on ,a pouvait dénouer par une autre intrigue .» .^
Nonobstant tout ce qu^on P«"^«; .^''^i^^'; ,« L la paix de 1, corps de ^^^^^^^ X:;^::":::^.' ^,rls avoir 'e^ilé le l'Église et le gage de 1« P^^^P^^ ^•.^ obtenir l'enregi^
Parlement à Pontoise. il ne f »»^'^ ^^^ ^^^^^ Le premier acte trement pur et simple de la bulle Umgemtus. i.e p
ment au su/et de la Consdtudon, i5 P»o<=*' « '. B^„,^io„s saccinctes sur "ptatio. au sujet de la Ç.^-'''^^' ^/.t/^f ^i à ses car<ïs; Bemarl'accommodement; Observations '"^ ^^ J'''; j^^^, ^ bulle; Explications sur ques sur le disposili/ dressé P^^^,' ^f /J^'^ix de l'Église. l bulle l/maemtus, 33 pages; ^,^"">1'2 Bouloane à M. le Card. de Noailles. "".^ tettre de MMgrs <i^«<>fPf ^^Z' '^^S „^ V-s appelans en en- I, mars 17^0; Lettre crcuiatre <*" l^-^^^^dinal de Rofuin à M. Vévêqae
i4 mars 1720. , /t ^45 25i, 254, 255, 257-
3. M. Marais, Jourmil et Mémoires t. 1, J). 2/»/i, 33 M. Marais, op. oit X I, P- 244, . • ^^^ ^^ .^^ ^^^^
3^ M. Marais, op. cU t I, p. 261 2O