SU
RéeapiUilatioD de ce qnî a éié dit des bonnes et dei mauvaises branches. Réponse à une objection.
Les brandies réprouvées :
Refusent do reconnaître Dieu comme auteur de la justice» s*élèvent «:ontre cette doctrine.
N'ont garde de reconnaître en Jésus-Christ le caractère d*auteur de la justice, qu*ils ne reconnaissent pas en Dieu.
N acquièrent pas môme, par rap* port à Jésus-Cbrist, le degré de cou* naissance que les Pêlagiens en ont.
Ne reçoivent point le culte nouveau que JésuS'Christ établit.
Ne reconnaissent ni Dieu, ni Jésus-Christ pour auteur de la justice ; ne se soumettent point de cœur pour Tobtenir.
N'ont pas la scve, et ne la reçoivent point.
Dehieurcnl livrés à l'ancien culte judaïque.
Cessent de tenir extérieurement à l'olivier, parce que l'assemblée qu'ils continueftl de former entre eut devient une assemblée illicite, et est extérieurement séparée du peuple de Dieu.
B «st bon de prévenir ici une objection. Il semble que "^inmoiis consister le retranchement des branches natu-
Les branches choisies : 4» d'entre blaifi, B« dVnire les Gentils,
Recoona'isseut Dieu comme auteur ^ la justice, c'est-à-dire de Tobserfatioo de la loi morale, dans les hummes qoî Tobservent.
Appliquent à Jésus-Christ ce caractère, et reconnaissent en lui le Fils M Dîei auteur de la justice;
Et, i plus forte raison, reconnaiîH ienten JésusXhrisl ce que les PélafjtaMj reconnaissent de véritable.
Keçoivent le culte nouveau qu'il èàHi.
Se soumettent à JésnsChrist ^ne auteur de la justice, non-seu- 'i^ni d'esprit» mais de cœur.
t^eçoivent la sève, l'esprit de Jé- •••-Christ, le don d'accomplir laloi.
Sont déchargés de l'ancien culte Jtt<laique.
Tiennent extérieurement à l'olivier pAv la communion extérieure qu*ils onlaveé l'Église.
relies dans le changement qui arriva, lorsqae la Synagogue devint une société profane , avec laquelle il n'était plos permis d'avoir aucun commerce de religion. Or, dans le temps que saint Paul écrivait , la Synagogue n'était pu encore réduite à cet état; et néanmoins saint Paul parle du retranchement des branches comme d'un événement aoomii» pli : Fracti stint rami.
Nous répondons 1* que lorsque saint Paul écrivait ^ il y avait déjà une chose accomplie y c'est-à-dire qu'il y ayait déjà une Église de Chrétiens toute formée, dont les Joifr n^ étaient point ; cela faisait déjà partie , et une partie trèsessentielle du retranchement. Il est vrai, qu'en ce points le retranchement consistait plutôt à n'avoir pas acquis un pri* vilége nouveau^ qu'à perdre une prérogative dont ils eussent joui antérieurement. Mais s^ils n'avaient pas joui de ce privilège, ils y avaient une espèce de droit en vertu des pro* messes ; et s'ils n'y avaient mis obstacle par leur incrédulitéi ils en auraient été très-certainement mis en possession. 2' La dégradation de la Synagogue était si avancée, et elle touchait de si près à sa consommation, qu'il n'est nullement étonnant que saint Paul, qui s'exprime sur ces grands événements, et en si peu de paroles, et d'un style si suivi, envisage comme déjà consommé ce qui était si près de l'être.
Malheur dont les braoches étrangères sont menacées par saini Paul.
Avis (le saint Paul aux brancbcs étrangères. Elles ont à craindre d*étre retranchées, ainsi que les branches naturelles Tont été : quelle *e*
rnill'i ('.'«use (\q ce reiranchement.
L'olivier parut dans toute sa beauté après les change-
l'oijvier et son fruit. 2S
mmia qoi viennent d'être expliqués. Le culte chrétien^ nfiniment au-dessus du culte judaïque, donna à cet olivier a éclat qu'il n'avait jamais eu, et la multitude de ses kandiet s'étendit et couvrit presque tout ce qu'on connaisail alors de la terre habitable. Il ne fut pas moins remarfMble par l'excellence de sa sève et par l'abondance de ffs fruits, que par sa forme extérieure et son étendue ; mais, eus la multitude de ses branches, il se trouva presque «fièrement composé de branches étrangères qui n'avaient iris sève que par insertion . C'est à cet amas de branches itaiDgères que saint Paul adresse la parole : Vous avez été napé, leur dit-il, verset 24, de Polivier sauvage qui était ntt tige naturelle j pour être enté contre votre nature sur tMrier franc. Et dès le verset 17 : Vous qui n'étiez qxiun •licier sauvage^ vous avez été enté sur celles des anciennes kinchefl de l'olivier franc qui ont été réservées , et vous (ntxéié fait participant de la sève et du suc qui sort de la mine de Folivier.
Saint Paul tire de là un avis qu'il propose comme étant ^kdernière importance. Ne vous élevez point, dit-il, parkat à cet amas de branches étrangères, contre les branches neturetles... Car si Dieu n'a point épargné les branches naturelles , vous devez craindre qu'il ne vous épargne pas «Ml. Considérez, leur dit-il, verset 18, que ce n'est pas Wii qui portez la racine, mais que c'est la racine qui vous forfe.Etau verset22, il leur explique ce qu'elles ont à craindre, et leur déclare nettement qu'elles doivent craindre V'il ne leur arrive ce qui est arrivé aux Juifs, c'est-à-dire
tp^elles ne soient retranchées.
L'Ap6tre ne se borne pas là ; il explique encore de quelle
'i^iire cette menace pourrait s'accomplir. Il fait entendre
S^ le retranchement des branches étrangères n'arrivera
JI6 CINQUiàHE SYMBOUE.
qae lorsqu'elles le mériteront ^ et il ezj^ime en dive manières les dispositions qui le leur feraient avertit les Gentils en corps ^ de se tenir en garde oon oes dispositions ; il veut quils ne soient point sages é'i propres yeux, quHis ne s'élèvent point: Noli altum ( mais quHls se tiennent dans la crainte, et qu'ils ne s'e point d'orgieeH contre les branches retranchées j c'est-àcontre les Juifs : Noli gloriari adverbus ramos. Cette i nière expression niarque paHiculièrement rhumilité où&:l doit se tenir^ lorsque Ton considère que ce n'est que ^p le choix gratuit de Dieu que l'on a été discerné de ceux ^| sont tombés )Soit par de nouvelles chutes, soit en persîs^flu dans l'endurcissement où ils étaient depuis longtemps.
Enfin il leur déclare , que les Juifs ont été retranch^im* ': cause de leur incrédulité^ et que /)our eux, c'est par Um ^ quHls demeurent fermes (verset 20) ; mettant ainsi la Ai des uns en parallèle avec l'incrédulité des autres, et o| sant l'une à Tautro ; ce qui donne cette règle, que i connaître ce que c'est que cette foi à laquelle est attacb^Hj la conservation des Gentils dans la place qu'ils ocoupc^M sur l'olivier, il suffit do savoir ce que c'est que l'incréduM^ qui a fait retrancher les Juifs. Or, nous avons expliqué ^* que c'était que l'incrédulité des Juifs , nous en avons fif^ l'idée. Ce n'était point proprement de ne pas croire qv^ Jésus de Nazareth fût le Messie ; mais c'était de ne pas croiflP^: que Dieu fût l'auteur et le distributeur de la justice; c'étdli^ de ne pas croire la même chose du Messie, c'était de rejetil'l la doctrine de la grâce. Les Gentils tomberont donc àxm\ cette espèce d'incrédulité, qui autrefois a été propremeril et spécialement l'incrédulité des Juifs, lorsqu'ils rejetteront la doctrine de la grâce, comme les Juifs l'ont rejetée; et cela se pourra faire , sans qu'ils cessent de croire que
L'OLtTîBA ET BON FHIIT. BT
iéwto> Christ est Dieu^ et sans quMls redoncent aux aufares léritës qui distinguent les Pélagiens des Juifs.
n but même que eela soit ainsi , pour que le parallèle cilre les branches étrangères et les branches naturelles re-* foire sa perfection. Les branches naturelles tombèrent dans fiBcrédolité et l'apostasie , sans changer de culte et sans ihndonner les vérités qui avaient, avec ce culte, un rapport sensible et grossier. Les Juifs continuèrent d'honorer hor ancien législateur, d'adorer le Dieu créateur du ciel ride la terre, de lui offrir des sacrifices dans son temple, etc. ; omntnot, les Juifs demeurèrent Juifs , et les Chrétiens iemeureront Chrétiens. Les Juifs ne firent point schisme à k manière des Samaritains : et il ne sera pas non plus né* «Baire que les branches étrangères qui les imiteront se lipirent de TÉglise catholique ; au contraire, pour imiter b Jaife, il sera nécessaire qu'elles y demeurent extérieur icment attachées.
Ces branches étrangères conserveront donc leur forme Criérieure , ainsi que les branches naturelles conservèrent Il leur. Le changement aura lieu sur le même point. Les bniches naturelles s'élevèrent contre leur racine , lors- ^'elles combattirent la doctrine de la grâce. Les branches tbingères imiteront la même conduite ; et alors on dira l»ec vérité que les branches étrangères s'élèvent aussi, à Inrtoor, contre la racine de l'olivier; non-seulement contre kiaeine, c'est-à-dire contre les Patriarches et les Pro- |iiHes, mais encore contre ce qu'elles ont été elles-mêmes. TooB fûtes entées autrefois, pourra- t-on leur dire, sur l'olivier firanc, et vous vous soumîtes à la doctrine de la grâce, ^ les branches naturelles combattaient; de cette sorte vtNis vous trouvâtes d'accord avec la racine , lorsque les iMidM natutelleâ dégénérèrent : aujourd'hui vous tomber
28 CINQUiiMB SYMBOLE.
dans Tégarement des branches naturelles, vous détni«|| ce que vous avez établi, vous anatbématisez ce que voustt|| cru, vous abandonnez, dans les derniers temps, ce que Tm avez soutenu dans les siècles antérieurs ; vous entrez d^ en contradiction avec vous-mêmes, non moins qu^avei^ racine, et vous n'êtes d'accord qu'avec les branches aoGMq nement réprouvées. ^
Telle est la prévarication que saint Paul fait ci pour les branches étrangères. Ceux qui sont désignés ce nom établiront leur propre justice (Aorn., X, 3), que l'Apôtre reprochait aux Juifs de le faire, et ils le sans cesser d'adorer Jésus-Christ, comme les Juifs le saient en honorant Moïse et en adorant le Dieu de MoXse. |
En quoi consislera le retranchement des branches étrangères.
Quelle sera donc la punition d'une telle prévaricatica Saint Paul nous l'a déjà annoncé. Les branches étrangèl|| seront traitées comme les branches naturelles l'ont été. U crime sera le même, la punition sera la même. Les bnmches naturelles ont été coupées, les branches étrangères k seront aussi : Alioquin et tu excideris. Celles-là ont ceaii de tenir extérieurement à l'olivier, celles-ci cesseront dxm d'y tenir; celles-là tenaient à l'olivier, de la manière doa on y tenait pendant la durée de la Synagogue, et elles iHj cessé d'y tenir même de cette manière; celles-ci y tienDOI par la communion avec l'Église, parce que telle est maiidflr nant la manière de tenir à l'olivier, et ce privilège leur SOR ôté lorsqu'il plaira au souverain Maître de l'olivier.
Les mêmes proportions seront gardées de part et d'antn Les Juifs ont consommé leur apostasie : 1* sans cesser d'6ti
l'ouvier et son fruit. 29
hb, et 2* sans perdre Tunion extérieure qu'ils avaient kqoors eue aveoFolivier ; il est arrivé en suite qu'en punifoB de leur apostasie, ils ont perdu cette union ; mais ils hnt perdue sans cesser d'être Juifs^ c'est-à-dire sans cesde bire profession de la religion qu'ils avaient reçue de lobe, n en sera de même de ceux que l'Apôtre désigne M le nom de branches étrangères. Ils consommeront N»rd leur apostasie : 1* sans cesser d'être Chrétiens^ tans perdre l'union qu'ils ont depuis tant de siècles avec Mvier, par la communion qu'ils conservent avec l'Église ; tl lorsque le temps de la punition sera venu, ils perdront keommanion avec l'Église, sans cesser de faire profession 'ekar ancienne religion ; c'est-à-dire qu'alors ils cessent d*6tre catholiques , mais rien n'empêchera qu'ils ne fritendent encore l'être, et même qu'ils ne se donnent pour ksenls catholiques; ainsi qu'il est arrivé aux Juifs, qui Mpersisté & se donner le titre de peuple de Dieu , avec "Wiant plus d'arrogance, qu'ils se sont vus séparés des Qréliens.
^ peat fiûre le même abas dn Christianisme en général et de la corn- ■onioa extérieure avec FÉglise, que les Juifs ont fait du Judaïsme et de ronion avec la Synagogue.
L'éclaircissement de tout ce que nous disons dépend P|Die "vérité ; c'est que l'on peut faire le même abus du I^iristiaDisme que du Judaïsme.
Fremiërement, on peut faire servir l'un aussi bien que
TunlTe à établir sa propre justice; reconnaissant Jésus-Christ
Mune Dieu, on peut borner son ministère à quelque chose
, kiemiblable au ministère de Moïse; en un mot, on peut
Mr çélagien avec le Christianisme, comme on peut l'être
3ft GIl^QUlftHE SYMBOL?.
avec le Judaïsme. Or, les Juifs ont été pélagiens avant 9i lagOi et c'est dans leur péli^giapîsme que saint Paul fait qtH sister leur apostasie ; ainsi les Gentils tomberont dans I41 apostasie lorsquMls tomberont dans le pélagianisme* Et fi Ton UQ s'imagine pas qu'il soit nécessaire pour cet «fi qu'ils se disent pélagiens ; il s'agit ici de la cbose et i^ pas du uomi comme on le voit des Juifs, dont le péla^ nisme a devancé de plusieurs sièoles la nftUsancede Pé}%f Ce qu'on vient de dire du Chpistianisnie et du Jud44||| en général, on reconnaît aisément^ en second lieu, q^ peut le dire également de la communion extérieure^ avec la Synagogue, soit avec l'Église. On a pu allie? al dos sentiments pélagiens l'union extérieure à la Synagc on peut pareillement allier l'union extérieure à rbglise t ces mômes sentiments pélagiens ; il n'en faut point che d'autre preuve que l'histoire de Pelage lui-»mème, jusque moment que la sentence d'excommunication fnt proo contre lui*
Ce qui arrivera aux branches étrangères en cas qu*elles ne profiteii pas de Ta vis de sainl P^uL
Considérons donc d'une seule vue ce qui arrivera aiB branches étrangères, si elles tombent dans les malheurs qw saint Paul leur fait appréhender; et pour le faire voir aVoi netteté, rappelons le souvenir des biens qui leur ont 41 communiqués : 1** Elles ont connu la vraie doctrine del grâce, c'est-à-dire qu'elles ont été mises en possession 41 cette excellente portion du Christianisme que les Pélagidl rejettent. 2* Elles ont été mises en possession de la portii du Christianisme que les Pélagiens conservent. 3^ Elles 01 été unies extérieurement à l'olivier) cela sW iait loii
l'olivibii et son fruit. 31
fi'dies OBt été admises à la communion extérieure de ti^. 4* Elles ont reçu la sève, o^est-à-dire cette gràoe fî&it accomplir ce que Dieu commande : Vous avez été méu participant de la sève et du suc qui sort de la racine ètolivier. De ces quatre choses, la perte de la dernière «tiBBéparable de la perte de la justice, qui fait propre- Mt Papostasie. La perte de la troisième est la punition et éclatante de l'apostasie. Et la perte de la pre- I, de la troisième et de la quatrième est très-compaikâTec la conservation de la seconde. Parla conservation bk seconde, les branches étrangères obtiendront, d'une pHf un degré de ressemblance avec les branches naturies réprouvées, dans ce qui leur sera laissé de religion te elles étaient en possession ; et par la perte des trois ■besprérogatives^ elles acquerront, de l'autre part, une MKinblance parfaite dans les pertes, puisque ces pertes les mêmes des deux côtés*
I^deuein de Dieu dans riocarnatioD est de faire connatlresoo empire dans le inonde de la justice, ainsi qu'il Ta fait connatlre par ioîst dins le monde corporel. En recevant Jésus-Christ comme le IKeo iocainié, on peut s'opposer au but de Tlncaruation, non moins fM les Juifs. Quel est le jugement que Dieu exercera contre une Idie prévarication.
A mesure que nous rendrons ceci sensible, nous en ferons Meui sentir l'importance. Les Juifs, en attaquant la doc-» ^ de la grâce, disputaient à Dieu son empire dans Tordre ^\k justice : le Fils de Dieu s'est incarné, afin d'établir Qt empire. Dieu est le créateur des bons mouvements de liioloûté, comme il est le créateur de tous les êtres; et il
iiMkle distributeur libre et indépendant, comme il l'est
32 CINQUIÈMB SYMBOLE.
des biens du corps : voilà ce que le Fils de Dieu est établir. Il est venu montrer aux bommes un Dieu m rain dans Tordre de la justice , comme Moïse leur montré un Dieu souverain dans Tordre corporel.
Tel est donc le but de TIncarnation. D'où il suit, c'est peu de recevoir Jésus-Christ comme le Dieu ino si on ne le reçoit en même temps comme le Dieu souvi dans Tordre de la justice. Les Jui£s ne Tout reçu ni Tun^ ni sous Tautre de ces deux caractères ; et lesChr^ le reçurent sous tous les deux. C'étaient deux caractère séparables en eux-mêmes ; mais les Pélagiens ont trou secret d'en faire la séparation dans leur esprit. C'est V rement que saint Paul craint pour les branches étrange cet égarement consiste à penser du Dieu incarné, ce qu Juifs ont pensé de Dieu en général. Dieu était, dans 1 des Juifs, un Dieu dont Tempire ne s'étendait point Tordre de la justice. Jésus-Christ ne décide pas non dans Tordre de la justice, si Ton en croit les ( tiens persuadés des principes pélagiens. C'est, de pa d'autre^ la même impuissance attribuée à Dieu ; son i est également attaqué des deux côtés. A la vérité, le reconnaissent Dieu en la personne de Jésus de Nazarel les autres ne l'y reconnaissent pas ; mais les uns ne li tribuent pas plus de puissance que les autres. Tousav< sa puissance dans Tordre matériel ; tous la combattent Tordre spirituel. A quoi sert-il donc à ceux-ci de p naître le mystère de TIncarnation que ceux-là ignoreni détruisent le but de TIncarnation, s'ils resserrent le i de Dieu incarné dans les mêmes bornes où ceux-là ferment le règne de ce même Dieu qu'ils ne croient p carné ?
Que Ton prenne donc garde de confondre deux v<
l'olivier et son frl-it. 33"
iMit différentes. C'est une vérité que le Ffls de Dieu îocarné ; c'en est une autre que Dieu règne dans le 'e de la justice. L'aveu de Tune de ces vérités est sele de Fautre, et il peut arriver qu'en reconnaissant on combatte l'autre aussi opiniâtrement que si on les oales deux. Que Dieu soit incamé ou qu'il ne le soit ne certains hommes le reconnaissent ou le nient, on it que ces mêmes hommes peuvent également nier ou lalire son règne par rapport à un certain ordre de !• En effety n'est-il pas manifeste que l'esprit humain aussi aisément entreprendre de borner la puissance en incarné que du Dieu non incarné ?
tst vrai que l'économie de rincamation bien enten« réviendrait ce désordre, puisque le Fils de Dieu s'est dé afin de faire reconnaître le règne de son Père et lo lens l'ordre des choses qui appartiennent à la justice. t-ce que cela prouve^ sinon que c'est un abus de ne >indre la croyance du règne de Dieu dans Tordre de (trcei avec la croyance de rincamation ? mais cela no re nullement que cet abus ne soit pas possible. rè^e de Dieu subsiste indépendamment des pensées ommesy et il établit ce règne par degrés. Il a employé riain temps et il a fait de certaines œuvres pour établir Tesprit des hommes son règne sur les corps. Ce n'est ette portion de son règne qui touche Dieu de plus près i rintéres$e davantage ; son règne dans l'ordre des iB qui appartiennent à la piété est quelque cbo^e de Doop plus excellent ; c'est à cela que rincamation a été ortée. Il est arrivé autrefois que la connaissance du An de Tlncarnation a été départie ou refusée, selon n était opposé ou non à cette dernière portion du règne ïvta; et après que Ton est entré en possession de lacon-*
14 aNQUfÈME SYMBOLE.
naisaaiioe de l'IncamatioD, le fruit en est attaché à l^on mage que Ton rend à Dieu, par rapport à cette importan portion de son règne ; le fruits c'est-A-dire Futilité réel qui en revient aux hommes, et la gloire qui en revient Dieu. £n un mot, le règne de Dieu est établi ou attaqo non pas précisément selon que le mystère de rincamatic est reçu ou contesté, mais selon que le Dieu incamé e adoré ou ne Test pas comme maître des cœurs et autear c la justice. Dieu règne sMl est reconnu sous ce caractèn s'il ne Test pas, il ne règne point, soit que les homm^ croient ou ne croient pas qu'il s'est incamé.
Les Juifs ne sont point entrés dans la connaissance i mystère dePIncarnation, en punition de ce qu'ils ont von] borner le règne de Dieu ; et la connaissance de ce grav mystère devient inutile aux Chrétiens, lorsqu'ils tombei dans la même faute. Quand on supposerait la terre rempi de Chrétiens ou de Juifs non soumis A la doctrine de i grâce, le règne de Dieu n'en serait pas plus avancé, il n'e aurait pas moins d'ennemis ; ce règne qui consiste à faii régner Dieu dans les esprits des hommes, en leur faisai avouer que Dieu est le maître dans le monde invisible de 1 justice. Or, c'est ce règne dont Dieu est jaloux ; c'est poui quoi il a retranché les Juifs qui le lui contestaient, et saii Paul annonce à ceux des Chrétiens qui le lui contesleroi qu'ils seront retranchés à leur tour.
Dieu est l'auteur et le maître de l'olivier, il le rapporte son règne ; c'est afin d'établir son règne qu'il l'a planté < qu'il Ta cultivé. Cependant il peut se faire que les branche refusent de se soumettre à ce règne ; alors le Père de fa mille les coupe, parce qu'elles contredisent son dessein. Su ce. principe, voici à quoi se réduit le discours de saint Pai aux branches étrangères : Souvenez-vous, leur dit-il, qu
l'olivier et son FRtlT. 38
les branches natnrelles ont été coupées parce qu'elles se not révoltées contre le règne de Dieu : vous avez été entées en leur place et soumises à ce règne ; prenez garde de vous lirdter un jour^ parce que vous seriez pareillement retran- Aées.
H n'est pas besoin d'avertir que tous les malheurs anioncés par saint Paul aux branches étrangères peuvent ■river, sans préjudice des prérogatives essentielles de' FÉglise; c'est ce qui se développera de plus en plus dans ksaite. Les branches étrangères sont menacées d'être re- InnchéeSy mais l'Église ne saurait l'être ; donc, si la mette s'accomplit, il faut que ce soit de manière que TÉglise iriinste. Dieu sait exécuter ses jugements sans donner at-' lânte à ses promesses.
Les mêmes vérités annoncées en d'autres endroits de l'Écriture sous le symbole de Tolivier.
■ L'Apôtre parait avoir tiré de Jérémie le symbole de l'oli- I %t» Ce Prophète parle aussi de cette manière au peuplo f ^raôl, ch. XI, v. 16 : Z^ Seignenr vous avait établi connue *l olivier fertile, très-beau à la vue, et chargé de fjniits: Mais lorsqu'il a plu à Dieu de prononcer son arrêt hautetlenty Ad vocem loquel^ grandis, uyi grand feu s'est 7?fi^ tfeiw cet arbre, et toutes ses branches ont été brtUées, Peut- On exprimer avec plus de netteté les malheurs, soit tempoïds, soit spirituels qui ont accablé les Juifs à l'origine du \ Chnslianisme? Le Seigneur des armées, continue-t-il, qui I ^9UM avait planté^ a prononcé t arrêt contre vous,, à cause
des maux que la maison d Israël et la maison de Juda commis pour m^ irriter en sacrifiant à BaaL
Si nous faisons tout d'un coup l'application de cet droit de Jérémie à Tévénement dont parle saint Paul Romains, ce n'est pas qu'il n'ait un premier sens qui garde la ruine de Jérusalem, qui arriva du temps de J< mie ; mais cette ruine était la figure de l'autre, et les mè paroles servent à les annoncer toutes deux. Par rapport ruine dont Jérémie fut spectateur, Baal était l'idole m rielle ; et par rapport à la ruine que saint Paul déploi le Baal était l'idole du libre arbitre et de la fausse jutt
Au temps de saint Paul, les branches naturelles éta; réduites dans l'état le plus funeste, et elles l'ignoraient culte judaïque était encore florissant au dehors, mais Ta contre ce peuple était déjà prononcé, il était même exé( aux yeux de la foi. Aux yeux des sens, la nation n'a jamais paru mieux affermie ; c'est ce qui porte Jérémi adresser à Dieu la parole au chapitre suivant (XII, Pourquoi les mécliants marchent-ils avec tant de prospè dam leur voie?... Vous les avez plantés, et ils jetten^ profondes racines; ils croissent et ils portent du fruit (u ils n'avaient qu'une écorce et de vains dehors de pié vous êtes près de leur bouche^ et loin de leurs reins.
A la fin de ce chapitre, il annonce, sans abandonnei mêmes images , les diverses révolutions et les alternat marquées par saintPaul aux Romains, ch. XI : Je les arra rai de leur pays, et j'arracherai la maison de Juda du mi deux. Et lorsque je les aurai ainsi déracinés de leur te je me tournerai vers eux et j^ aurai compassion deux je les ramènerai chacun à son héritage et à sa terre. A l s'* ils sortent de leur ignorance... y je les établirai au mi de mon peuple. Que s'ils 71 écoutent point ma voix,
l'ouvier et son fruit. 37
ikruirai ces naiions Jusqu'à la racine, et je les perdrai^ Hi le Seigneur.
Si Fon se souvient que saint Pierre a regardé le temps du ifloge, comme une figure de ce qui se passait de son iiBips; et ceux qui furent sauvés dans Tarche, comme une igue de ceux qui, au milieu du naufrage universel, trou* wuDtle salut en entrant dans TÉglise par le Baptême , on Am pas de peine à regarder le rameau d'olivier que la ttkmbe apporta dans l'arche , comme la figure des prêtées des Gentils qui se convertirent, ces premières branches de l'olivier sauvage qui furent réunies à l'Église, et qui ferment de gage de la réconciliation de Dieu avec les nafoDs de la terre.
Soiie du même sujet. Petit nombre réservé.
le sort du peuple juif est annoncé en divers endroits des
Aqihëtes sous le même symbole des Oliviers et de leurs
hrits. Isaîe , ch. XVII, \. i: En ce temps-là y la gloire de
fcoi se dissipera , et son corps perdra son embonpoiîit et
tiendra tout maigre et tout défait. Verset 6 : Ce qui
''litera d^ Israël sera comme une grappe de raisin qui aura
F ^laissée par les vendangeurs, et comme lorsqu'on dépouille
^olivier il en reste deux ou trois olives au bout d'une
^mche , ou quatre ou cinq au haut de r arbre, dit le Sei-
pmtr le Dieu d Israël. Quel sera donc le temps auquel ces
dioses arriveront? Le Prophète va le désigner par deux
tiractères: le premier, c'est qu'alors Dieu sera adoré
eomme il le doit être ; le second, que les étrangers s'empa-
leiont de toutes les richesses d'IsraCl, comme Israël s'est
ttoparé autrefois de celles des étrangers. Écoutons IsaXe
^ft CINQUIÈME SYMBOLE.
dans le verset qui suit immédiatement: En ce iemps^là j^ l* homme s abaissera devant celui qui Fa créé^ il jettera leê ^^ yeux sur le Saint (Tlsraël; il renoncera aux idoles. Mais^^ quel est donc cet homme qui retournera à Dieu dans lei^^^c temps de la désolation dlsraCl ? Sera-ce Israël en corps 1P 4 i Non sans doute ; mais nous venons déjà d^entendre parleiv^asi de ce petit nombre d^ olives épargnées, et à ce petit nooibr^^'rarc se joindront les étrangers qui prendront la place des JuifiL^ ib rejetés. En ce temps-lày c'est le Prophète qui parle, ses plu:^s^^mm fortes villes seront abandonnées comme une charrue, e.^> e\ comme les blés qui furent laissés par les Chananéens à fenr^^^^nr trée des enfants d Israël dans leur pays. Que deviendra ItM. k nation d'Israël? Elle demeurera dans Tabandon ; Et votr^'^m^-^n terre sera déserte. Quelle en sera la cause? C'est qu'elle n't^ MJih pas mis son appui en Dieu : Parce que vous avez oublié fl^ ^ à Dieu qui vous a sauvée, et que vous ne vous êtes point sau^s^ *"■ venue de votre puissant protecteur. Voilà précisément 1-K ^ raison que donne saint Paul. C'est pour cela que le ProphètS' ^tU compare cette nation à ceux qui plantent de bons plant ir^ ♦ ^; mais qui ne recueillent que des fruits sauvages: Vousplan^^^^ terez de bons plants, et vous sèmerez des graines qui vi&fi^'^'^^' nent de loin, etc.
Tout ceci est exprimé, avec de nouveaux degrés de clarté» -"^i au chapitre XXIV. Après avoir annoncé une désolalioL^::^^'^ universelle qui enveloppera les grands et les petits, L-t 1^ prèlrc avec le peuple, verset 12 : La ville ne sera plus quuf^'^-'^^^ désert, toutes les portes en seront détruites. Et ce qui res^^^^' tera au milieu de la terre y au ?nilieu de tant dépeuples, «ere^*"^^^ comyne quelques olives (voilà les élus d'entre les Jui£s, qu ^-^ -"' embrassent le Christianisme au milieu de la désertion de 1^-^ nation), comme quelques olives qui demeurent sur un arbr^^'^^ ^ après qu'on l'a dépouillé de tous ses fruits, ou comme jtie/--^^^ '
l'ouvier et son fruit. 39
^ns qu'on trouve sur un cep après qu'oit a fait I vetidange. Que deviendront ce peu d'olives , et seront leurs dispositions? Ceux-là élèveront leur
iis chanteront des cantiques de louanges ; ils jette^ ffrands cris de dessus la mer, lorsque le Seigneur *édans sa gloire. Quel sera le fruit de ce petit nombre »nnes? C'est qu'elles traverseront les mers, et invi* 18 nations les plus éloignées à se joindre à elles : urquoi rendez gloire au Seigneur par une doctrine ilébrez le nom du Seigneur, du Dieu d Israël, dan^ de la mer. Nous avons entendu des extrémités du ief louanges dont on relève la gloire du juste. M'est*iréoisément comme si le Prophète disait, que ce peu
réservées feront part de leur onction aux nations res; ou, ce qui revient au même, que ces nations res seront entées sur l'olivier? Que l'on remarque locord des anciennes prophéties avec saint PauL »ii se souvient de l'application que fait cet ap6tre dti e de la loi, qui défendait de fermer la bouche au li foulait le grain ; on n'aura pas de peine à. se per*
qu'il y eut quelque chose de mystérieux dans le 6 du Deutéronome, XXIY, 20 : Quand vous aurez les fruits des oliviers , vous ne reviendrez point ! ceux qui seront restés sur les arbres; mais vous les zâ ^étranger, à l'orphelin et à la veuve,
eurt qoî Tiennent sor le peuple de Dieu; les richesses passent à des étrangers.
que les Prophètes décrivent la désolation future du deDieOy ils y mêlent ordinairement l'image des oli-
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des hommes ; mais encore qu'elle fait servir Tétf dance ou de disette que les hommes éprouvent pi à Tolivier et à son fruits pour représenter les hé\ ou les malheurs qui doivent tomber sur ces mêmes C'est ce qui parait encore plus clairement dans c de Michécy \I, 13 : Vous sèmerez, et vous ne rt point; vous presserez les olives, et vous n aurez po\ pour vous oindre. En langage prophétique^ cela peu près la même chose que ce que nous avoi Isaîey où toute la nation est un olivier sur lequel peine quelques olives. Au contraire , lorsque Dt Dieu, dans le Psaume XXII : Voits avez répand tète une huile de parfums; c'est la même chosi disait : Je suis devenu semblable, par la bénéi Seigneur, à une branche d'olivier féconde ; ou été un olivier fertile, comme il le dit en effe Psaume U, v. 8.
Le malheur exprimé dans le passage que nous rapporter de Michée est prédit dans les mêmes t le temps de Moïse [Deutéronome, XXVIII, 40) : ï des oliviers dans toutes vos terres, et vous ne jl
l'olivier et son fruit. 41
^^^prit; mais les Juifs réprouvés ne le reçurent point; et tan- ^iSs qoe Tapôtre saint Jean disait aux fidèles ( 1'* Épllre , ^^Ki. ir, V. 20) : Vous avez reçu roîiction du Saint-Esprit, et ET^ ous connaissez toutes choses; on pouvait dire à la multi- Crmiàe des Juifs , selon l'expression du Deutéronome : Yous ^^vez des oliviers dans vos terres, mais vous n'avez point de à l'onction , parce qu'à votre égard tout coule et tout inX ; et Ton pouvait ajouter : Mais des étrangers viennent la récolte qui vous appartenait. Autrefois vos pères furent mis en possession des vignes et des plants d'oliviers ^^^ils n'avaient pas plantés [Deut., YI, 11] ; les Chananéens «^pii les avaient plantés^ en furent dépossédés, et vos pères ^n furent nourris et rassasiés : aujourd'hui vous êtes devexios semblables aux Chananéens ; vous êtes dépouillés des Snens qui vous étaient propres^ et les nations qui se convertissent viennent recueillir le fruit des plants d'oliviers qui 'voas appartenaient; ou, ce qui est la même chose, elles sont «ntées à votre place sur l'olivier, elles en reçoivent la sève «t ronction, pendant que vous demeurez dans l'indi-
Habacuc avait aperçu en esprit cette désolation. L'o/ZviVr,
dit-il, ch. III, V. 17, mefitira et ne donnera point d'olives;
Mextietur opus olivx ; les campagnes ne porteront point de
grains... Mais pour moi je me réjouirai dans le Seigneur;
jt tressaillerai de joie en Dieu mon Sauveur. Et pourquoi
celte joie, pourrait-on demander, au milieu de si grands
malheurs? C'est que le Prophète sait le secret du Seigneur.
les bergeries seront désertes en Judée, comme il le dit au
mime endroit ; mais le Dieu sauveur aura d'autres brebis
qu'il amènera des pays les plus éloignés. L'olivier trompera
f attente de celui qui le cultivait ; mais il se trouvera d'autres
oUviers qui seront fertiles. Les Juifs tomberont ; mais leur
42 CINQUIÈME STXBOLB.
chute sera la richesse du monde ^ et ils ne tom] même sans espérance de retour.
On vit alors s^accomplir d'une manière éclatai tence des Proverbes ^ XXI, 20 : Il y a un trésor j, de r huile dans la maison du juste; mais F homme i dissipera tout. Il se trouva au milieu de la Judée inestimable , et ce trésor était Tonction sainte d< Christ était la source primitive et intarissable insensés furent cet homme imprudent qui laissa < trésor; et le trésor et Fonction se conser^'èrent da son du juste, c'est-à-dire parmi les Chrétiens, ment parmi les Juifs, et ensuite parmi les Gen1 joignirent à eux.
Le Messie comparé à un olWier ; les Âpôlres et les fidèles i sous le même symbole. Mauvais pasteurs dont le ministèn féré à d*iotres.
U est conforme à l'usage de FÉcriture de repi certains endroits, par une multitude d'oliviers, représente en d'autres, par la multitude desbra seul olivier. Un des avantages de celte méthode c ner lieu d'entrer dans un plus grand détail. I peuple de Dieu ne sera pas im seul olivier, maû entière d'oliviers, alors chaque pasteur, chaque é^ chaque apôtre sera un olivier planté de la main du le chef du peuple de Dieu sera un olivier par < Si le ministère chrétien , soit à l'égard des Juifs, gard des Gentils, est spécialement confié à sain à saint Paul, il est manifeste qu'ils seront les deu Seigneur, les deux oliviers placés devant le Seigne la terre: Isti sunt duo filUolei, quiassistwU 1
wûversœ ierrœ [Zacharie, A', 14^. Les douze Apôtres selOQt autant d'oliviers, et Jésus-Christ sera lui-même Tolivier dans oo sens infiniment supérieur.
Dans le XXTN'* chapitre de V Ecclésiastique, la Sagesse étemelle, parlant de son habitation avec les hommes et de Il foodation de FÉglise, se compare elle-même à un olivier foi parait dans sa beauté : Je me suis élevée comme un bel •tfrîer dans la campagne (verset 19).
Oopeat, avec une entière justesse, envisager Jésus-Christ liBS le Psaume CXXYU. C'est à lui que s'adresse cette parole : VasenfantSj semblables à de nouveaux plants doli^ lien, environneront votre table. Ainsi parut Jésus-Christ le jour de la Cène, ou bien lorsqu'il était entouré de ses Apôtres et qu'il mangeait avec eux après sa résurrection. Je vous ai âa6/û, leur disait-il (5. Jean, XY, 16;,a/ïii que vous rapport tiez beatâcoup de fruit, et que votre fruit demeure. Le même fBwme peut être appliqué, toute proportion gardée, aux Apôtres. Lorsqu'un Apôtre était au milieu des fidèles qu'il ifRÎt engendrés à Dieu, lorsqu'il célébrait au milieu d'eux les saints mystères, on pouvait lui dire : Filii tui sicut tuH pellœ olivarum, etc.
En suivant l'ouverture qui vient d'être donnée par rapporta Jésos-Christ, on ne pourra s'empêcher de reconnaître que la situation de Jésus-Christ sur la montagne des Oliviers, le jour de son Ascension, ne soit Timage de ce qui se passa dans ce moment- là même ; car ce n'était pas seule* ment des arbres inanimés dont Jésus-Christ était environné, ki Apôtres qui étaient présents étaient des oliviers vivants. Los Prophètes avaient désigné une telle montagne. En ce j^nr-là^ dit Zacharie (ch. XIY, v. 4), il (le Seigneur) posera ^ pieds sur la montagne des oliviers, qui est vis-à-vis de
témsakm^ vers l'orient.
Comme nous avons observé que Toti pouvait appliquer, soit à Jésus-Christ, soit à ses Apôtres, le Ps. CXXVII,onpeu faire aussi deux applications semblables du Psaume hl; i suffira de suivre ici Tune des deux. Considérons donc ce der* nier Psaume comme le langage des Apôtres et de PÉgliM de Jérusalem qui adressent la parole à la Synagogue et i ses chefs :
Pourquoi vous glorifiez-vous dans votre malice, vous qu n'êtes puissant que pour commettre F iniquité? Votre langu a médité F injustice durant tout le jour.,. (Test pourquo Dieu vous détruira pour toujours^ il vous arrachera de voir place, vous fera sortir de votre tente, et ôtera votre racm de la terre des vivants. Tel a été le partage des Jui£s, tel ( été celui de Gaïphe et de ses successeurs. Mais quel a éV celui de saint Pierre, de saint André, etc.? Le voici, ai 8* verset : Mais pour moi, je suis comme un olivier qu porte du fruit dans la maison de Dieu; j'ai établi mon espi rance dans la miséricorde de Dieu, pour tous les siècles e pour toute F éternité : Ego autem, sicut oliva fructifera n DOMO Dei, etc. Caïphe était un olivier planté dans le cham| du Seigneur ; les princes des prêtres étaient, chacun dant leur rang, des oliviers ; ils étaient les oints, les christs du Seigneur, ils ont été déracinés ; c'étaient des branches qu: ont été coupées ; et les Apôlres ont été d'autres oliviers qu; ont été rois à la place de ces premiers dans la maison di Seigneur.
L'onction représente, comme l'on sait, la grâce du Saint Esprit, et spécialement la grâce du ministère ; et par rap port aux mauvais ministres, elle représente le caractère di ministère dont ils sont revêtus. Les Apôlres étaient les oint du Seigneur en tous sens ; voilà pourquoi le symbole di l'olivier leur convient si parfaitement. Ils pouvaient dire i
Ueu^ non-seulement par rapport au caractère sacerdotal,
oais encore par rapport à la grâce attachée à ce caractère :
Impinffuasti in oleo caput meum [Ps. XXII, 7). Quant aux
mauvais prêtres, ils ont à la vérité Tonction sacerdotale,
mais ils sont destitués de l'onction de la grâce.
L'Écriture ouvre même une idée qui va au delà ; c'est dams le Psaume CYIII, où il est parlé de l'adversaire qui dût être dépouillé de sa dignité : Episcopattim ejus accifiât alter; il est dit de cet adversaire, que la malédiction pénétrera commeunehuile jusqu'à la moelle de ses os : Sicut ideum in assibus ejus. Ainsi, à proportion que les Apôtres étaient pénétrés de Ponction du Saint-Esprit, les chefs de la Synagogue étaient pénétrés comme d'une onction de malédiction ; c'est que les uns, selon la doctrine du XI"* ch. aux icnunns, étaient des branches maudites de l'olivier, et les mtresen étaient des branches de bénédiction. Ces dernières Innches possédaient l'excellence de la sève, pinguedinem 9livœ; et les autres n'étaient pas seulement destituées de la bonne sève, elles étaient outre cela pénétrées d'un suc em-. poisonné. Aux uns convenait le verset du Psaume : Vous ffoes oint ma tête avec une huile de parfums; et aux autres. eette autre parole : La malédiction a pénétré comme l'huile jusque dans ses os. Lesuns étaient des christs du Seigneur, les autres étaient des antechrists ; et ces derniers étaient des tntecbrists dans un sens d'autant plus parfait, que cette. onction de malédiction, dont ils étaient intérieurement. pénétrés, était jointe en eux à l'onction extérieure du sacerdoce dont ils étaient revêtus.
Mais bientôt les prêtres selon la loi furent dépouillés de lear caractère, le sacerdoce selon l'ordre d'Aaron fut entièrement anéanti ; et le nouveau sacerdoce subsistant seul le trouva confié à d'autres. C'est ce qui se peut exprimer^ en
46 CTNQUifeME STlfBOLB.
langage figoré, en disant que les anciens oliviers furent déracinés, et que de nouveaux oliviers furent placés de la main de Dieu dans sa maison. C'est aussi ce que nous Tenons de voir annoncé en termes précis dans le Psaume LI : Dieu vous arrachera de votre place, il vous fera sortir de votre tentCy et ôtera votre racine de la terre des vivants. Et au contraire : Mais pour moi, je suis comme un olivier qui porte du fruit dans la maison de Dieu.
Si, à cette première figure, on en réunit une autre si souvent employée dans l'Écriture, par laquelle la Religion est représentée sous l'image d'une montagne, on verra que cette révolution ne pourra être représentée avec plus de justesse, qu'en supposant une montagne plantée d^oliviers qui souffrira de terribles ébranlements, en sorte que les arbres plantés sur cette montagne en doivent être renversés. C'est ce qui se trouve prédit dans l'endroit cité de Zacha* rie, ch. XIV, v. 4; il y est dit que la montagne des Oliviers, par l'effet d'un tremblement épouvantable, se fendrait en quatre parts, et se divisant vers les quatre parties du monde, laisserait au milieu un grand précipice : Prœrupto grandi valdê, Zacharie réunit cette prédiction à celle par laquelle il avait annoncé que les pieds du Seigneur se poseraient sur la montagne des Oliviers. Sans parler ici de la présence de Jésus-Christ au jardin des Oliviers, situé sur la montagne des Oliviers, la veille de sa passion, et à ne considérer que sa présence sur la môme montagne le jour de son Ascension, il est certain que c'est en ce temps-là que la Synagogue, avec tous ses chefs, était ébranlée et qu'elle tombait en ruine aux yeux de Dieu. Mais l'Église se formait alors; Jésus-Christ laissait sur la terre une race de saints, c'est-àdire qu'il se formait une nouvelle montagne des Oliviers. Aussi Zacharie joint-il à la prédiction du renversement de
l'olivier et son fruit. 47
hffloniagne des Oliviers, et au trouble que devait causer ifl tel événement, les paroles suivantes : Et alors le Setfneur mon Dieu viendra^ et tous ses saints avec lui ; soit fie ToD entende cet avènement de la personne de Jésus- Christ, ou de celle du Saint-Esprit.
Si ces derniers chapitres de Zacharie renferment un neond et un troisième sens, il suivra de là, par une conséfoence naturelle, que ces mêmes paroles que nous venons de citer seront susceptibles de nouvelles applications.
Après tout ce qui vient d'être proposé, si Ton considère qoe les principaux ministres du Seigneur, ceux à qui la prde de son temple et de son Église est confiée, sont représentés par les chérubins que Salomon plaça, par Tordre deDiea, dans le temple; on apercevra aisément la raison pour laquelle ces chérubins revêtus d'or au dehors, étaient iormés aa dedans de bois d'olivier, ou selon l'hébreu , ex Sfno oiei. Tels étaient les chérubins qui étaient debout levant Tarche d'alliance, et dont on pouvait dire qu'ils as- Bitaient devant le Seigneur de toute la terre qui était censé nos sar l'arche. Tels étaient les chérubins qui étaient en lelief sur les portes du sanctuaire (///. Bois, VI, 32) : Il fit m deux portes de bois d! olivier. Ceux qui sont représentés {HT ces chérubins sont en même temps les oints du Seigneur, ce sont des oliviers placés de sa main dans sa maison : Oliva fmciifera in domo Domini. On croit qu'Ezéchiel a fait aliodon à ces chérubins, oints ou christs : Tu cherub extcntiis{Ézéch., XXVIII, 14), soit que cela se rapporte aux chémbins qui étaient debout devant l'arche, ou bien aux deux qai étaient sur le propitiatoire^ quoique ces derniers fassent entièrement d'or; mais ils avaient été consacrés, eomme tout le reste de ce qui devait servir au tabernacle, ivee Yhmlessiinie {Exode, XL, il): Vous consacrerez toutes
choses avec Vhuile destinée pour les onctions, afin qu^elles soient saintes et sacrées.
On peut rappeler le souvenir de la pierre que Jacob consacra en répandant de l'huile dessus [Gen., XXVIII, 18), et de la pierre placée devant Jésus, fils de Josédec, dont il est parlé dans le prophète Zacharie (ch. III, v. 9). Ce qa'oa trouve sur cela dans le quatrième Symbole fait apercevoir la liaison de ces différentes figures.
Les temps malheureux représentés par une parabole oti le symbole de ToUvier est employé.
Il y a des temps où les peuples sont gouvernés par des hommes qui contribuent au bien de ceux qu'ils gouvernent; et il vient d'autres temps, où ceux qui gouvernent sont ani* mes de Tesprit d'ambition, ne recherchent que leur propre intérêt, et oppriment ceux qui leur sont soumis. On lit dans le livre des Jnges^ ch. IX, une parabole qui représente les temps de la dernière espèce. Cette parabole est dans la bouche de Joatham, le dernier des fils de Gédéon. U introduit les arbres qui se cherchent un roi : Les arbres allèrent un jour pour s^ élire un roi. Les bons arbres refusèrent de prendre sur eux un tel emploi. L'olivier était du nombre de ces derniers. Les arbres lui dirent : Soyez notre roi; et l'olivier ne voulut point l'ùlre. Puis-je abandonner, leur répondit-il, 77î07i suc et mon huile dont les dieux et les hommes se servent y pour venir m' établir en dignité parmi les arbres? Le figuier et la vigne en dirent autant à leur tour. Le buisson fut plus hardi, et s'empara de la dignité qui lui était offerte, avec une présomption et une arrogance insupportables.
L^OLÎVIER ET SOX FRUIT. 49
Cette parabole, qui avait un rapport immédiat avecl'hisloire des Sichimites cl d'Abimélech, trouve aussi son acoamplissement au milieu du peuple de Dieu. Lorsque les Apôtres le gouvernaient, c'étaient des oliviers qui étaient chargés de la conduite des arbres. Il en était de même, à proportion, dans le temps des saints Pères; et tant qu'il y aura de bons pasteurs, ce seront des oliviers vraiment utiles qoi enrichiront de leurs fruits ceux qu'ils conduiront. Mais à proportion que les mauvais pasteurs se multiplient, c'est le temps du buisson qui vient, et les peuples et les pasteurs devenant mauvais, la malédiction de Joatbam se vérifie, le feu sort du buisson et consume ceux qui se reposent à son ombre; et réciproquement, il sort un feu de ceux qui sont gouvernés, et le buisson est dévoré ; c'est-à-dire que les mauvais pasteurs et les mauvais chrétiens contribuent réciproquement à la damnation les uns des autres ; le buisson ooeope la place que l'olivier occupait autrefois ; et si l'on Teat revenir au langage de saint Paul, les branches qui occapaient des places distinguées dans l'arbre, et qui étaient aatrefois pleines de sève, sont sèches et ne sont plus bonnes qu'à être coupées et jetées au feu. Alors s'accomplissent^ de degré en degré, les malheurs que nous avons vu annoncés par les Prophètes sous Timage du dépérissement des oliviers •
Sans répéter ici ce que nous avons rapporté des Prophètes qui annoncent sous ce symbole les malheurs que doit éprouver le peuple de Dieu, nous nous contenterons d'observer que si les branches naturelles ont ressenti ces malheurs, les branches étrangères doivent aussi les éprouver à leur tour, àproportion de la justesse avec laquelle doit s'accomplir la menace de saint Paul, que ces branches étrangères auront part au traitement qui a été fait aux branches naturelles.
ARTICLE lY.
GoaTeraion dei Juifs. Gircoosunoes qni raceonpagBetU
GontérsiôD deâ Juifs après la plénilade des nations. Ce que c*eÀt que cette plénitude.
Saint Paul propose d'abord conditionnellementle retour des Juifs, Rom., XI, 23 : Que si eux-mêmes fie demeurent pas dans leur incrédulitéy ils seront de nouveau entés sur leur tige, puisque Dieu est tout-^puissant pour les enter en* core. Car, si vous (saint Paul parle aux Gentils deyenas chrétiens) avez été coupés de t olivier sauvage qui était votre tige naturelle, pour être entés contre votre nature sur r olivier franc; à combien plus forte raison, eux, qui sont les branches naturelles de Folivier méme^ seront'ils entés sur leur propre tronc.
Après avoir parlé conditionnellement, T Apôtre parle absolument, et annonce comme une chose certaine le retour des Juifs (v. 25) : Une partie des Juifs, dit-il, est tombée dans r aveuglement y jusqù* à ce que la plénitude des nations soit entrée dans f Église : Donec plenitudo gentium ixtraret, et ainsi tout Israël sera sauvé. Ce que l'Apôtre prouve aussitôt par un passage à^Isaîe, LIX, 20. Et au verset 30, il exprime ainsi une double alternative : Comme donc autre^ foisj vous, branches étrangères, vous étiez incrédules d regard de Dieu, et que vous avez maintenant obtenu mi'séricorde, à cause de f incrédulité des Juifs; ainsi les Juifs sont maintenant tombés dans une incrédulité qui a donné lieu à la miséricorde que vous avez reçue, afin qu*un jour ils obtiennent eux-mêmes miséricorde.
l'ouyier et son fruit. 31
Il faut prendre garde que, lorsque saint Paul parle de la plëoitode des Gentils qui doit entrer dans TÉglise, pendant qoe les Juifs seront dans rendurcissement, cela ne doit pas s'entendre de Funiversalité de tous les Gentils qui doivent croire avant la fin du monde, mais seulement de la plénitude de ceux qui doivent entrer, en conséquence du retranchenent des Juifs et pendant ce retranchement. II parait que eette plénitude des nations n'est autre chose que les Gentils (|ai doivent demeurer en possession de la religion pendant toQte la durée du temps que Jésus-Christ appelle tempora natûmum {S. Luc, XXI, 24) ; car, après la conversion des hifs, l'Écriture fait attendre de très-nombreuses conver- B0B8 panni les diverses nations qui couvrent la face de la Hfre*
C'est oe que saint Paul marque clairement par la companilon qn'il fait des suites de leur rappel avec celles de bar réprobation. Car si leur réprobation^ dit-il, v. 15^ es/ devenue la réconciliation du monde, que sera leur rap^ fel, sinon un retour de la mort à la vie ? Et au verset 12 : Que si leur chute a été la richesse du monde, et si leur difinnution a été la richesse des Gentils^ combien leur pléni^ tuie enrichirait-elle le moiide cîicore davantage? On voit ptr ces paroles que, si les Gentils ont leur plénitude, les Jnifo auront aussi la leur ; et le retranchement des Juifs ijmt donné lieu à la plénitude des Gentils, la plénitude in SuilSf A son tour, donnera lieu à des conversions aussi looibreuses que ces dernières richesses dont le monde sera «richi à Toccasion du retour des Juifs.
Saint Paul nous fait entendre que la même économie <pi a été observée dans le retranchement des Juifs le sera iiiisknr insertion. Ils ont été retranchés, parce qu'ils n'ont liaété soumis A la doctrine de la grâce qui apprend à cher*
cher la justice par la voie de la foi ; ils se soumettront à la doctrine de la grâce et reconnaîtront en Jésus-Christ un Dieu auteur de la justice ; ils deviendront Chrétiens, ils seront associés à l'Eglise et seront sa force et sa consolation. Bien loin donc que les événements prévus et annoncés par saint Paul soient contraires à Tindéfcctibilité de l'Église, rien au contraire ne fait mieux sentir avec quel soin Dieu veille à sa conservation, que de voir qu'il lui ait préparé un tel secours. Si les branches étrangères entées sur l'olivier imitent l'ancienne infidélité des branches naturelles, DieOi bien loin de laisser périr son Église, ira chercher ces anciennes branches et les réunira de nouveau à leur tronc. Il se souviendra des promesses faites à leurs pères {S. Lue, I, 58), et l'on verra alors l'effet de l'amour que Dieu leur porte à cause de leurs pères : Dilecti propter patres; et comme les racines ont été saintes dans les Patriarches, les branches le seront aussi : Quôd si delibatio sancta est, et massa; et si radix sanctay et rame(/?(?;/i.,XI, 16).
Autre prédiclion de la conversion des Juifs.
Personne n'ignore que la conversion des Juifs est prédite à la fin du troisième chapitre à^Osée, Nous allons appliquer à ce même événement son XIV' chapitre, verset 2 : O Israël, convertissez-vous au Seigneur votre Dieu, puisque c'est votre iniquité qui vous a fait tomber,.. Nous ne dirons plus aux œuvres de nos mains : Vous êtes nos dieux. C'està-dire, selon le sens qui répond à la conversion dont nous parlons, que les Juils ne rechercheront plus alors la justice par la voie des œuvres, mais par celle de la foi : Ex ftde, et non ex operibus. C'est pourquoi le Seigneur continue : Je
l'olivier ]^t son fruit. 33
guérirai leurs blessures j^ro fondes ; je les aimerai par une pure bontéy parce que f aurai détourné ma fureur de dessus eux,.. Israël germera comme le lis; et sa racine poussera avec force, comme les plantes du Liban. Ses branches s* étendront; sa gloire sera semblable à F olivier.
Voilà donc l'événement annoncé par saint Paul, et la même figure de l'olivier employée pour l'exprimer,
Soite da même sujet. Les deux Prophètes de TApocalypse.
n n'estpas difficile de reconnaître qu'un des sens de la prophétie d'Ézéchiel, surtout des derniers chapitres, regarde le renouvellement de l'Église par la conversion des Juifs. Or, dès le chapitre X, v. 19, et ch. XI, v. 23, Ézéchiel voit la gloire du Seigneur assise sur les chérubins, qui se transporte à l'entrée de la porte orientale du temple ; de là elle monte du milieu de la ville et va s'arrêter sur la montagne qui était à l'orient de la ville, c'est-à-dire sur la montagne des Oliviers. Au chapitre XLTII, lorsque la ville et le temple sont construits et toutes choses préparées, le même Prophète voit la gloire du Seigneur qui rentre par la même porte par laquelle il l'avait vue sortir. Le bruit qu'elle faisait, dit-il, V. 2, était semblable au bruit des grandes eaux^ et la terre était tout éclairée par la présence de sa majesté. Au verset 7, il rapporte ces paroles que Dieu lui fit entendre : Fils de r homme j c^est ici le lieu oti je poserai mes pieds, et où je demeurerai pour jamais au milieu des enfants d^ Israël. Au chapitre XLVII, le Prophète parle dans UD grand détail des eaux vivifiantes qui sortaient du temple, et entre autres objets il aperçoit une très-grayide quantité iarbres des deux côtés sur le boî^d du torrent (v. 7).
54 CINQUIÈME SYMBOLB.
Le prophète Zacharie, après avoir parlé, eh. XIV, de la présence du Seigneur sur la montagne des Oliviers (ce qui est la même chose que nous venons de voir annoncée par Ézéchiel), et du bouleversement qui devait arriver en même temps, prédit aussi, à l'exemple d'Ézéchiel, et le règne du Seigneur, et une abondance d'eaux vives qui devaient sortir de Jérusalem : E71 ce jour-là le Seigneur posera ses pieds sur la montagne des Oliviers, qui est vis-à-vis de Jérusalem vers r orient... En ce temps-là il sortira de Jérusalem des eaux vives... Le Seigneur sera le roi de toute la terre. Il ri y aura en ce jour-là que lui de Seigneur, et son nom seul sera révéré. Tout le pays sera habité jusque dans les lieux ksplttë déserts (v. 4 et suiv.).
Il est bon de se souvenir, que ce même Ézéchiel qui, d'accord avec Zacharie, prédit le transport de la gloire du Seigneur sur la montagne des Oliviers, donne le nom de phrists,ou d'oints aux chérubins qui accompagnaient Tarohe; ainsi la gloire du Seigneur parait sur cette montagne, accompagnée des ministres qui sont représentés sous le symbole de l'olivier dans l'Ecriture.
Zacharie, qui annonce la présence du Seigneur sur la montagne des Oliviers, et, immédiatement après, le rétablissement éclatant du peuple d'Israël et de la ville sainte, représente, au ch. IV, les deuxProphètes qui devaient mettre les premières pierres dans les fondements du temple, comme deux oliviers placés aux deux côtés du chandelier d'or à sept branches : Duœ olivœ ad dcxteram candelabri, et ad sinistram ejus (v. H). C'est pourquoi, ayant demandé à l'ange qui l'instruisait ce que c'était que ces deux oliviers, l'ange lui répondit : Ces deux oliviers sont les deux oints de r huile sacrée, qui assistent devant le Dominateur de toute la terre.
l'olivier et son fruit. 85
Que ri Ton réunit cette image avec la prophétie du irV« chapitre de Zacharie et avec Ézéchielj on reconnaîtra que Dieu, après avoir été irrité contre son peuple et après de terribles ébranlements, se retrouve au milieu de son peuple, et qu'il a devant lui deux principaux ministres de sa miséricorde, qui, comme Zorobabel et Jésus fils de Josédeo, létablissent ce qui avait été ruiné ; que ces deux ministres exercent visiblement la fonction que les chérubins, qui approchent de plus près le trône de Dieu, exercent invisiblement dans le ciel ; que ces deux ministres sont deux oliviers qui se trouvent pleins de verdeur et de sève, dans le temps que la montagne des Oliviers est toute renversée ; qu'ils ont une onction si abondante qu'ils sont en état de fournir de l'huile pour faire briller le chandelier à sept branches.
Nous avons déjà fait l'application de ces prophéties an temps de la venue de Jésus-Christ sur la terre ; il s'agit de avoir ri elles ont un second sens qui regarde la conversion des Juifs. Saint Paul le fait entendre, parce qu'il est clair qa'on pourrait, en suivant la méthode de Zacharie et d'Ézéehiel, exprimer de la même manière, et dans les mêmes termes que le font ces deux Prophètes, ce que saint Paul prédit, ch. XI, aux RomainSy de la conversion des Juifs sous la symbole des branches de l'olivier. Mais V Apocalypse rappelle la prophétie de Zacharie, et fait voir ainsi qu'elle doit avoir un autre accomplissement que celui qu'elle a eu i la venue de Jésus-Christ.
V Apocalypse ^v\dLi\i donc des deux témoins qui doivent prophétiser durant mille deux cent soixante jours : Ce sont W, dit-il, les deux oliviers et les deux chandeliers qui sont po9é$ devant le Seigneur de la terre (ch. XI). Ces paroles répondent à ce qui est dit au chapitre lY de Zacharie. Au idM« endroit de V Apocalypse^ il est parlé d'un grand
tremblement de terre^ qui est terminé par la conversion d^un nombre prodigieux d'hommes. On peut comparer à cet événement celui du XI Y** ch. de Zacharie^ où la montagne des Oliviers est renversée par un tremblement de terre, et ce renversement est suivi de la conversion d'un grand peuple. Enfin le chapitre X[ de V Apocalypse se termine par ces paroles : Alors le temple de Dieu s'ouvrit dans le ciel, on vit r arche de son alliance dans son temple; et il se fit des éclairs, de grands bruits, des tonnerres, un tremblement de terre, et une grosse grêle.
Ce qui est dit de Tarche d'alliance donne lieu à deux observations : La première, que lorsque les deux Prophètes sont appelés des oliviers et des chandeliers posés devant Dieu, Fauteur sacré ne perdait point de vue Tallusion, soit au chandelier d'or, soit aux chérubins de bois d'olivier qui étaient devant l'arche ; or, il faut se souvenir que ces deux oliviers, dans Zacharie, fournissent de l'huile au chandelier à sept branches. La seconde observation, c'est que tout ce qui est dit, soit de l'arche, soit du tabernacle, doit s'entendre spirituellement ; c'est-à-dire que l'Ecriture ne parle ici ni de l'arche, ni du temple matériel, mais des choses figurées par l'un et par l'autre. Au milieu des plus grands ébranlements , Dieu se conservera non-seulement son Église visible et étendue, mais encore de vrais adorateurs, ainsi que cela parait marqué au commencement de ce chapitre même de V Apocalypse; et de peur que l'huile ne vienne à manquer, il s iscitera ces deux oliviers, comme l'ont été, dans leur temps rt dans leur ordre, Zorobabel et Jésus fils de Josédec.
Nous avertirons ici, en passant, que si Ton veut s'approcher de plus en plus du point de vue d'où l'on doit envisager ces deux propLiéties, il faut comparer les allusions que
l'olivier et son fruit. 57
fait Zacharie dans ses derniers chapitres à Tbistoire de David, surtout à sa sortie de Jérusalem lorsqu'il fuyait Absalon. Ce n*est pas en vain que l'Écriture a remarqué qu'il monta sur la montagne des Oliviers après avoir passé le torrent de Cédron. L'arche du Seigneur se mit en marche, et David ordonna aux prêtres de la reporter. On vit s'aooomplir, matériellement et dans un sens grossier, un événement à peu près semblable à celui qui est annoncé par Eiéchiel et par Zacharie. En effets on sait que l'arche était le symbole de la présence du Seigneur ; il était donc vrai, dans ce sens grossier, que les pieds du Seigneur se reposèrent à l'entrée de la montagne des Oliviers : En même temps Sadoc grand-prêtre viiit accompagné de tous les Lévites qui fartaient r arche de P alliance de DieUy et ils la posèrent sur un lieu élevé (IL Bois, XV, 24). Or, on sait que cela arriva dans le temps que toute la nation était dans la plus grande igitation; elle était ébranlée jusqu'aux fondements par la révolte d'Absalon.
ARTICLE V. i
Le symbole de Thuile employé pour figurer les mêmes évéDements que le symbole de l'olivier.
Ce que PÉcriture représente sous l'image des oliviera, die le représente aussi en employant le symbole de l'huile. C'est ce qui parait dans Thistoire de la multiplication de Thuile par le prophète EUsée. Sans déterminer ici Tapplieation de cette histoire, nous nous contenterons de faire ressouvenir de cette femme, dont il est parlé au chapitre L iilsate, verset 1 , qui avait été vendue, elle et ses enfants, à son créancier. Ici, IV. Rois, ch. IV, v. i, c'est la veuve d'un prophète qui est. menacée du même malheur. Son mari.
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dit-elle à Elisée, craignait le Seigneur ; il était mort, et nn créancier était venu pour s'emparer de ses enfants et les réduire en servitude. Il ne restait à cette pauvre femme quHin peu d'huile qui aurait été bientôt épuisé. On sait le reste de cette histoire. La veuve, par Fordre du Prophète, emprunta de ses voisins un grand nombre de vases, et Fhuile se multipliant ne cessa de couler que lorsque les vases manquèrent. La multiplication se fit en secret, c'était un grand mystère ; et lorsqu'elle fut faite, la veuve trouva dans cette huile des richesses qui lui servirent à se délivrer des poursuites du créancier en lui payant ce qui lui était dû, et à se nourrir elle et ses enfants : Tu autem, et filii tui^ vivitede reliquo.
Si l'on regarde cette huile comme l'image de l'onction du Saint-Esprit, cette histoire s'explique d'elle-même. Il est visible qu'Elisée exerce, à l'égard de cette veuve, la fonction de ces deux Prophètes qui sont appelés Filii olei [Za* charte, IV, 14), et qui fournissaient l'huile aux sept lampes du chandelier. Dans JoèV, où la désolation du peuple de Dieu est exprimée par la désolation des oliviers : Elanguit oleum {Joël, I, 10), le retour des bénédictions du Seigneur est représenté par l'abondance de l'huile : Vos granges seront pleines de blé y et vos pressoirs regorgeront de vin et d'huile [Joël y II, 24). La promesse du don du Saint-Esprit, citée par saint Pierre le jour de la Pentecôte (il c^e^, II, 17), suit immédiatement [JoëljW, 28). La manière dont cette veuve évite la servitude, par le moyen de l'huile miraculeusement multipliée, fait ressouvenir de l'expression àUsaïe (X, 27) : Ce joug sera comme réduit en poudre par Vahondance de l'huile.
Il serait aisé d'ajouter ici plusieurs autres endroits de l'Écriture où le symbole de l'huile est. employé. Jésus-
L^OUVISa ET SON FRUIT. 59
Christ a fait une peinture abrégée de la Religion dans la parabole des yierges sages et des vierges folles (S. Matih., cà. XXV). Il ne parait pas de différence entre elles à Textériear; ce qui fait entre elles le discernement pour Véternité^ c'est que les unes ont de l'huile dans leurs lampes, pendant que les autres viennent à en manquer. Un secours semblable h celui de Zacbarie, qui entretenait les sept lampes, mrait été décisif dans une telle conjoncture.
L'huile peut manquer à un grand nombre de ceux qui MMit dans l'Église , et qui ont fait profession d'attendre r^ux; elle ne peut manquera FÉglise. On conçoit, dans Tanalogie qui règne dans la parabole des vierges, le rapport que la mission des deux Prophètes, semblables à ceux dont il est parlé dans Zacharie^ peut avoir, avec les desleins de Dieu, pour soutenir, consoler, fortifier son Église et prévenir des malheurs incompatibles avec les pro-
Triomphe de Jésas-Cbmt tu milieu des brtnehea qa*il foale aai pieds.
Si Ton prend bien la suite du chapitre XI de VÉpUre aux Romains, on verra que les divers retranchements et les diverses insertions de branches sur l'olivier se terminent à la gloire de Jésus-Christ. Il est glorifié dans le retranchement des branches naturelles qui donne lieu à Tinsertion des branches étrangères, et il le sera dans la nouvelle insertion des branches naturelles. Les branches sur qui s'exeree le jugement qui ordonne qu'elles soient coupées ne sont autres que ses ennemis ; et il foule aux pieds ces branches malheureuses, selon l'expression du Psaume GIX, qui prédit qiie tousses ennemis seront réduits, les uns après les autres.
à lui servir de marchepied. Et dans le XXTV* chapitre d V Ecclésiastique, verset 11, la Sagesse dit, parlant dt hommes en qui elle ne trouve pas à propos d^établir sa d< meure, qu'elle les foule aux pieds : J' ai foulé aux pieds pc mapuissance les cœurs de tous les hommes^ grands et petit
Nous trouvons une image sensible de ces vérités dai rentrée triomphante de Jésus-Christ à Jérusalem. Il vods de Béthanie, traversa la montagne des Oliviers, et lorsqu' descendait cette montagne, ses disciples vinrent au-devai de lui, et coupant des branches d'arbres, ils en couvraiei le chemin par lequel il devait passer, en sorte qu'il entre à Jérusalem en foulant aux pieds toutes ces branch [S.Matth.,Tn),
Que Ton suive saint Paul, et Ton verra que ce qui se i alors en figure, et pour un instant, s'accomplit pendant durée de tous les siècles. C'est au travers des branches ron pues, soit les branches naturelles, soit les étrangères^ qi Jésus-Christ marche vers le séjour de sa gloire, vers la X rusalem céleste, où il va prendre possession de son règn lui et son corps qui doit régner en lui.
Isaïe et Zacharie ont aperçu le Messie dans cette circoi stance de sa vie, c'est-à-dire dans son entrée mystérieuse Jérusalem. Voyez, haïe, ch. LXII, et Zac/i^ne, eh. IX; toi deux le considèrent comme le Sauveur de son peuple, toi deux annoncent à Sion sa venue : Dites à la fille de Sioi Votre Sauveur vient [Isaïey LXII, 11) : Fille de Sion^ soy^ comblée de joie, fille de Jérusalem, etc. [Zach.y IX, 9). L'i le considère comme une lampe brillante : Son Sauvei brille comme une lampe allumée [Isaïe ^ LXII, i); l'autr comme un Roi plein de douceur pour son peuple, mais te rible à ses ennemis. Ce dernier, c'est-à-dire Zacharie, a; nonce^ au ch. XI, v. 2, comme une des circonstances q
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doivent accompagner sa venue, la destruction des plus hauts aribres du Liban : Hurlez, sapins, parce que les cèdres sont tombés, ceux qui étaient si élevés ont été détruits : faites retentir vos crisj chênes de Basan, parce que le grand bois qui était si fort a été coupé. Mais ceci nous conduirait à la suite des prophéties faites sous le symbole des arbres en général, et nous nous sommes renfermés dans ce qui regarde les oliviers.