L OLIYHSR PT SON FRUIT
mortes. Or, qnelques-tunes de ce$ branches mortes repre- ■aiaQt 11 vie; c^e^t oe qui arrivait toutes les fois que quel<que juif S6 faisait chrétien; maif} la plupart des branches ■B Armaiept rentrée de la vie par leur opposition à Jésfus- Cbrifty oà tlles se confirmaient de jour en jour.
Aitdaideax sortes de branehei de Tolivier : les unes éuîent mortes çtsi recelaient point ]e Messie ; les autres obtenaient la vie et le leeefaieot. 11 n'y ayait encore sur Tolivier que des braoclies natureOei ; les unes sVIevaient contre les autres.
Siiiit Paul nous fait entendre que la source et Tessence ànalooDsistait, non pas simplement à ne pas recevoir Jàm-Cbristy mais à ne pas le recevoir comme auteur de la jutiez, h^s branches mortes ne croyaient pas Tétre, ou du ■Muselles ne croyaient pas avoir besoin de recevoir la sève 'ttUeurs que d^elles-mèmes. Les Juifs voulaient établir Inr propre justice et refusaient de se soumettre à Dieu (oor recevoir la justice qui vient de lui par Jésus-Christ. I<néIaSy au contraire (et nous considérons maintenant ceux fD étaient tirés du nombre des Juifs ]^ connaissaient le kioinqa*ils avaient que la sève leur fût communiquée par Jins-Christ, et ils la )*ecevaient abondamment.
Que Ton remarqua qu'il i^'y avait encore sur l'arbre que 'n brancbes naturelles , car noiis parlons du temps qui (lioéda la vocation des Gentils, Cependant il y avait déjà fcla différence extérieurement et intérieurement, I^a difféiQoe extérieure consistait en ce qtie les uns ajoutaient le alie chrétien au culte judaïque. Elle était accompagnée IW différence intérieure, c'est que les uns possédaient hiére, c'est-à-dire la véritable piété, et les autres en
Aû^it 4^ti|nés, Ces deux premières différences avaient
8 CINQUIÈME 8YMfiOLE.
pour principe^ selon saint Paul, rhommage que les i avaient rendu à la doctrine de la gràce^ et que les auti avaient refusé de lui rendre.
Les choses étant dans cet état, il ne pouvait pas se fo qu'il n'y eût de l'altercation entre ces branches. Celles < avaient pris la forme du Christianisme accusaient les anfe de prévarication , et elles le faisaient avec d'autant plus zèle qu'elles avaient plus de sève , comme on le voit d^ la personne de saint Etienne. Mais les autres branches q s'en étaient tenues à l'ancienne forme s'élevaient cooi ces premières , les accusaient à leur tour de prévarication, le faisaient avec d'autant plus d'aigreur qu'elles étaient deft tuées de la sève de la charité ; elles portèrent le faux ià jusqu'au point d'excommunier ces premières branches, c'a à-dire, en langage figuré, qu'elles entreprirent de les coup
Jugement de Dieu éclatant contre les mauvaises branches : elles atutoi) entrepris de retrancher les bonnes, elles sont elles-mêmes retranchées : des branches d*un autre tronc sont mises à leur place.
Il y avait déjà quelque temps que les choses en étaîei venues à cet excès, lorsque le souverain Maître de Tolivie résolut d'y apporter le remède, mais un remède qui renfat mait quelque chose d'extérieur et d'éclatant. Il fallait vaw au secours des bonnes branches qui étaient en petit nombn et punir les mauvaises qui étaient en très-grand nombre Dieu le fit en gardant une proportion admirable entre M œuvre et les prévarications qui en étaient les motifs.
Les mauvaises branches avaient entrepris de retranch les bonnes, et elles furent elles-mêmes retranchées; c'est dernier malheur qui tomba sur ces mauvaises branches, leur place. Dieu prit des branches nées sur une autre rac
l'olivier et son fruit. 9
et les enta sur les branches vivantes , et par celles-ci sur Fandeo olivier. Ces nouvelles branches eurent part à toutes les richesses des bonnes branches , sur lesquelles elles étaient entées; elles eurent part : 1* à ce qui fait Textérieur do Christianisme, 2* à la doctrine de la grâce, 3' à la sève ; «Iles se multiplièrent extrêmement et en très-peu de temps, et l'olivier en fut orné avant que les anciennes branches lortes fassent entièrement retranchées.
(Test le lieu de demander ici, qu'est-ce donc précisément fie perdirent les branches mortes ? Réponse : En premier- Ses, elles ne reçurent ni Tavantage, ni la forme extérieure Al Christianisme ; mais en cela, elles ne perdirent pas pro- (Rment ce qu'elles avaient, elles manquèrent d'acquérir «qu'elles n'avaient pas. En second lieu, on leur 6ta ce fi'elles avaient, et ce qu'elles prétendaient 6ter aux bonnes bnnches ; elles furent traitées comme elles traitaient les ntres. Lies Juifs excommuniaient les Chrétiens^ ils les chasaient du temple et des synagogues > ils les regardaient eomme des païens ; le Christianisme était, selon eux, une ■ecte hérétique , réprouvée et qui méritait d'être séparée il peuple de Dieu. Telle était l'injustice des Juifs envers les Qurétiens ; et en punition, ils sont devenus eux-mêmes une KGte réprouvée, leur temple a été détruit, ils ont été entièiment séparés du peuple de Dieu. Ils fermaient aux Chrétiens rentrée de leurs synagogues, lorsqu'il était permis delà part de Dieu d'y entrer; et par un juste jugement, les ttsemblées qu'ils y tiennent aujourd'hui sont devenues illégitimes; il n'est plus permis aux vrais serviteurs de Dieu de s'y trouver pour y prier avec eux ; leurs assemblées ne mt pas moins profanes que celles des hérétiques , des mihométanSy des païens mêmes. Que l'on remarque donc <pe ce n'est pas proprement de l'Église chrétienne qu'ils
10 ClffQUliME SYMIOUi.
ont été chassés , car ils n'y étaient pas ; maii ils ont été chassés de la Synagogae, dont ils chassaient les Chrétiens ; ou, pour parler avec plus de justesse, la Synagogue a été elle-même bannie, comme Agar Tavait été de la maison d'Abraham.
Les Juifs ont été totalement retranchés de rolivier, lors* que la Synagogue a été condamnée , et qu'elle est devenno une des sociétés maudites, avec lesquelles il n'est plus pep« mis de conserver de communion. Ce dernier malheur était la funeste suite des autres. Ils furent coupés, parce qu'ils furent trouvés sans sève ; ils étaient sans sève, parce qu'ils n'étaient pas unis à Jésus<-Chri6t ; et ils n'étaient pas unis à Jésus*>Chriat, parce qu'ils n'avaient pas reconnu le besoin qu'ils avaient d'un Sauveur qui leur communiquât le don de ia justice.
Ordre ^ observer dans |es malheurs des Jqifs. Leur incrédulité est la cause de leur retranchement. Ce que c'est que cette incrédulité. En quoi consiste proprement leur apostasie ; ses caractères.
Saint Paul dit que les Juifs ont été retranchés à cause de leur incrédulité . Cotte incrédulité précéda, et le retranchement suivit : avant d'être retranchés, ils étaient dignes de l'être. Mais il importe extrêmement de préciser ce que c'est que cette incrédulité qui mérite le retranchement; c'est ce que saint Paul va incessamment nous apprendre.
Et premièrement , il est manifeste que les Juifs ne devinrent ni idolâtres, ni schismatiques de la manière dont Tétaient les Bamaritains; ils continuèrent d^allerau temple, d'y offrir des victimes, d'adorer le Créateur du ciel et de la terre, d'honorer Moïse , de regarder l'Écriture comme un
L'oinmi R ton FRUIT. Il
lÎTva dÎTin , et Van pent même ajouter qu'ils persévérèrent duH la eroyance de ce qu'ils croyaient auparavant. En quoi doue, dira*t-on, consistait leur incrédulité? Ceux qui n'ont CBvîsagé les dioees que superficiellement ne manquent pas de répondre qu'elle consistait à ne pas croire que Jésus de Ntareth fût le Messie. Mais ce n'est pas précisément ce poiot sur lequel l'Apôtre insiste ; il est d'une extrême importanee de le remarquer.
lefCen/iYs, dit-il (Bom., oh.IXyV.SO), quine cherchaient fomi la justice, ont embrassé la justice y et la justice qui vient de la foi; les Israélites^ au contraire , qui recher- Ment la loi de la justice y ne sont point parvenus à la loi ie ht justice (ou, comme il est dit, ch. X[, v. 7: Israël^ qui mkerehait la justice, ne Va point trouvée). L^Âpôtre en demande la raison. C'est , répond-il, parce qu'ils ne Tanient point recherchée par la voie de la foi, mais par la voie des œuvres de la loi : Qcia non ex fide, abd quasi ex operibus, Cest-à-dire qu'ils ont recherché la justice comme si, après iroir reçu la loi ou les préceptes^ on pouvait parvenir à la justice en se discernant soi-même de ceux qui n'y parvienseot pas. Us ont recherché la justice sans recourir à Dieu ^ dimne la justice, et qui la donne en faisant efficacement flbserver ses préceptes par ceux qu'il lui plali. Or, cette bite est de telle nature, que l'on y peut tomber, soit que VoD sseha que Jésus de Nazareth est le Messie^ soit qu'on FigDore , soit que l'on reconnaisse les articles du Christianisme avoués par les Pélagiens, soit qu'on les conteste.
Le péehé des Juifs contre la foi, dont parle saint Paul, neiegarde donc pas tant le refus de croire certains articles, ^ plntât la faute où ils sont tombés en s'appuyant sur Vtt litre chose que la foi pour parvenir à la justice. Saint Pldiie leur reproche pas de p'avoir rien cru ; il ne leur
12 CIIfQmÈHE STIIBQU.
reproché pas même directement de n'avoir pas cru tels on tels articles déterminés ; mais il leur reproche de n'avoii pas fait de la foi un certain usage qu'il en fallait faire. Ik ont recherché la justice comme si elle venait des œavreS| et il faut la chercher comme venant de la foi.
On pourra objecter ici qu'il y avait longtemps que Id Juifs tombaient dans ce défaut ; ils ne cherchaient d'aotn appui que la loi pour parvenir à la justice. Cela est vnî| répondons-nousy et c'est pourquoi Ton peut placer le commencement de leur incrédulité au temps où ils ont reçu h loi ; mais on ne leur avait point proposé alors ]a voie de la foiy comme elle leur fut proposée au temps du Messie. Leoi faute consistait donc, dès le commencement, à ne pas apec^ cevoir la nécessité de la voie de la foi ; et au temps du Me»sie, elle consistait à rejeter positivement et à combattre cette voie qui leur était annoncée. Au temps de Moïse, ils ne aV perçurent pas que la grâce , qui fait faire efficacement k bien, était nécessaire; et au temps du Messie, ils s'élevèrenl contre ceux qui leur annonçaient la nécessité et l'existence d'une telle grcice. Yoil;\ ce qui consomma leur incrédulité et leur apostasie. De là il arriva, par une conséquence nécessaire , qu'ils ne reçurent point Jésus-Christ comme auteur de la justice , c'est-à-dire comme distributeur de la grâce elficace par elle-môme qui donne la justice ; et ne recevant point Jésus-Christ sous cette idée, ils ne le reçurent point du tout ; ils ne furent ni vrais Chrétiens , ni Chrétiens à la manière des Pélogiens.
C'est donc ici le lieu de distinguer deux choses : !• reconnaître en Jésus-Christ ce que les Pélagiens y reconnaissent; 2* ce qu'ils y méconnaissent. Les Juifs ne parvinrent ni à Tune ni à l'autre. Mais ces deux choses ont un rapport différent avec leur apostasie ; car il était impossible que lei
l'oUYIBB ST soif FRUIT. 13
Jnbfeeoimiusent en Jésii84]lhrist ce que les Pélagiens y ■faouMUfflent, sans revenir de leur apostasie ; et ils auraient fiyanooiitnûrey persévérer dans leur apostasie, en croyant è Jbos-Christ ce que croient les Pélagiens. Il était imposddequeles Juifs regardassent Jésus-Christ comme le dis* Urakorde la grftoe efficace, pendant qu'ils combattaient hdoetnDe de la grâce efficace ; mais il aurait pu se faire fBy SUIS abandonner leur antipathie pour la doctrine de Il grèœ, ils reconnussent la divinité de Jésus-Christ^ mime les Pélagiens. Cela était possible absolument ; mais fud cela serait arrivé, cela ne les aurait pas guéris , et il Ad juste que cela n'arriv&t pas ; ils méritaient plutôt d'être iipoaillés de ce qu'ils avaient, que d*ètre enrichis de ce frib n'avaient pas. C'est en soi un très-grand bien que àeoDDaltre que Jésus de Nazareth est le véritable Messie^ il Fils de Dieu, etc.; les Juifs n'étaient pas en possession iiee bien, et ils n'y furent pas mis.
Dfsotts donc nettement deux choses : l'une, que l'aposta* I il des Juifs n'a pas consisté proprement à ne pas croire ^ inohant Jésus-Christ les vérités que les Pélagiens reconlûent; l'autre, que lors môme qu'ils auraient cru ces lèités, ils n'auraient pas cessé d'être apostats. Cela est clair fu l'idée que nous donne saint Paul de l'apostasie des hùb. Elle consiste A rechercher la justice, non par la voie de la foi , mais par celle des œuvres. Or, c'est ce que fait Dn pélagien aussi bien qu'un juif; c'est ce que fait tout homme qui porte le nom de chrétien , et qui ne règle pas le culte intérieur qu'il rend à Dieu sur la doctrine de la ^ràee efficace.
L'antipathie des Juifs pour les vérités de la gr&ce n'était looompagnée d'aucun changement dans le culte ; c'est pourquoi le commun des hommes^ bien loin de s'en aperce-*
14 CniQUIÈllE 8YMB0LK.
voir, l'imaginait au contraire que la religion n'avait jamaif été si florissante qu'elle Tétait alors. Cependant cette malheureuse disposition était tellement contraire an dessein de Dieu y qu'elle était absolument incompatible aveo la iumi* nière de recevoir le Messie qui seule conduit au salut, et elle attira sur les Juifs les malheurs dont nous avons parlé, al en particulier les malheurs qui sont dans l'ordre extérieur : ils ne devinrent pas Chrétiens, pas même comme les Péla^ giens; ils cessèrent d'être le peuple de Dieu, même en la manière dont ils l'avaient été jusque-là.
Ainsi expliquons-nous en détail ce que saint Paul ex^ prime en peu de mots. C'est ainsi qu'après l'incrédulité, il parle en un mot du retranchement : Fracti sunt rami; et nous faisons envisager l'une après l'autre les diverses causes qui ont rapport à ce retranchement. En vertu de cette dis^ tinction , on voit par ordi-e les malheurs qui sont tombés sur les branches naturelles. Elles ont combattu la doctrÎM qui apprend que la sève qui rend l'arbre fécond vient de Dieu ; voilà l'incrédulité. Elles ont méconnu Jésus-Christ comme source de la sève, cela appartient encore à l'incrédulité; le reste en est la punition. Elles n'ont pas même connu Jésus-Christ tel que les Pélagiens le reconnaissent ; elles n'ont pas reçu la sève ; enfin, elles ont été totalement re* tranchées de l'olivier, par rapport à qui elles étaient devenues un poids entièrement inutile et même nuisible.
KoD-seulement les particuliers, mab la nalion est tombée dans cette incrédulilé ; elle s*esi réunie pour combaltre ouverlement la vérité opposée.
Comme il s'agit ici d'un peuple entier, on conçoit qu'afin que ces choses eussent leur accomplissement, il ne suffisait
L'oLtVIiEll ET Bon PROIT. IS
pas qu'elles s'opérassent dans quelques branches particulières; il fallait que la nation en corps y edt part. La doctrine de saint Paul touchant la voie de la loi et celle de la foi a Gea dans tous les temps, parmi les Juifs comme paimi les Chrétieiis ; ainsi il a toujours été véritable et il le sera toujours, que ceux qui marchent par la voie de la loi ne par^ viennent pas à la justice. Mais il y a des temps où des partiouliers seulement tombent dans cette faute ; alors ils sont imnis selon qu'il plaît à Dieu, soit en secret, soit aux yeux des hommes. Biais avant qu'une nation entière soit punie, et qu'elle le soit d'une manière publique et éclatante. Dieu itiend que sa prévarication soit éclatante et publique. Il a donc fallu que l'opposition des Juifs à la vraie doctrine de k grâce devint' publique ; il a fallu que la conspiration fût générale, violente et autorisée jusqu'au point où elle l'a été, pour attirer sur cette nation les châtiments éclatants qui mt venus fondre sur elle. Si chaque juif s'était contenté de mépriser intérieurement la doctrine de la grâce , ou de ndiercher la justice autrement que ne le dicte cette doctrine, ils ne seraient point parvenus à la justice, c'aurait été iniant de branches qui seraient demeurées sans sève ; mais^ pour donner lieu à un retranchement extérieur, il fallait une contradiction extérieure telle que saint Paul l'a éprou^ Tée après son divin Maître.
Ainsi, on peut distinguer ici trois degrés : 1* les Juifs
n'ont point marché par la voie de la foi ; 2* ils ont enseigné
qu'il fallait marcher par une autre voie ; 3* la nation en
corps a conspiré pour soutenir cette fausse doctrine et com-
l»t»îe la véritable.
16 CINQUIÈME STMBOLB.
On néglige de parler des Sadducéens. Fausse idée que les pharisiens avaient du Messie ; ils Font méconnu et rejeté.
Il est à remarquer que tout ce que nous disons tombe principalement sur la partie de la nation que Ton aurait pa regarder comme la plus saine et la plus éclairée. Il serait superflu de parler ici des Sadducéens qui, n'ayant que des idées purement charnelles, n^étaient pas même disposés à recevoir un Messie tel que les Pélagiens se le figurent. Nous parlons de ceux d^enti*e les Juifs qui avaient des vues plus relevées ; ils attendaient une autre vie ; ils avaient ridée des biens et des maux éternels ; ils auraient reçu volontiers un Messie qui serait venu distribuer des récompenses à ceux qui les auraient méritées, un Messie qui aurait proposé aux hommes la loi de Dieu avec un nouveau degré de clarté, un Messie même qui aurait aidé les hommes, pourvu qu'il ne les discernât pas par des secours efficaces donnés aux uns et non pas aux autres ; mais ils ne voulaient pas d'un Messie qui fût lauteur de la justice dans un sens rigoureux, qui discernât les hommes par Tefficacité de ses dons , qui fût le souverain distributeur non-seulement des récompenses, mais encore des mérites ; en un mot, ils ne voulaient pas d'un Messie qui fit régner Dieu dans le royaume de la justice, comme il règne dans l'ordre corporel. Jésus-Christ s'est présenté à eux sous ce caractère, et c'est la raison que donne saint Paul de ce qu'ils ne Tout point reçu. lié! pourquoi ne voulaient-ils pas d'un tel Messie? C'est qu'ils voulaient se réserver le droit de régler euxmêmes leur sort. Dans Tincertitude s'ils étaient justes, sages et heureux, ou s'ils seraient injustes, insensés et malheureux, ils prétendaient décider; ils voulaient que leur salut
l'olivier et son frdit. 17
Ittt entre leors mains, et ne voulaient point, par conséquent, d'on Messie entre les mains de qui il fût ; ils voulaient, en dernière analyse , dépendre d^eux- mêmes , et non pas de Dieu et du Messie.
Tel est Végarement auquel T Apôtre rapporte la réprobalioa des Juifs comme à sa cause, et il en parle comme de la ouue unique de leur malheur. Ce n'est pas qu'une infinité d'autres péchés n'y concourussent, mais enfin tous ces péchés se réduisaient à la prévarication de la loi : or, la prénrication de la loi n'aurait pu èlre guérie que par la gra.ce ^ aurait fait observer la loi, et les Juifs mettaient un obstacle invincible à cette gra.ce en prenant la place de Ken et voulant être les auteurs de leur justice. « 0 Synac gogne insensée, dit saint Bernard (serm. LXYII, n. 1 1, c sur le Cantique des Cantiques)^ qui méprise la justice de c IKeu et n'est point soumise à cette justice qui vient de c INeDy et qui pour cela est misérable et répudiée ! »
Ce fat même par une suite de leur obstination à établir leur propre justice, qu'ils devinrent le^ ennemis et les perse* enlears des vrais justes, et de tous ceux qui leur annon- (ûent que l'homme ne peut se donner la justice à lui- BAme, et qu'il doit la recevoir de Dieu. Ainsi le péché par kquel ils ont persécuté Jésus -Christ, dans sa personne et dans celle de ses disciples, est renfermé dans celui que ttint Paul leur reproche de vouloir établir leur propre justice, et de refuser de se soumettre à celle qui vient de Dieu. C'est ce qu'il fallait observer pour montrer que l'Écriture M se contredit pas, lorsqu'elle parait mettre la consomma- Son du mystère d'iniquité au milieu du peuple juif dans d^intres désordres; cela n'est nullement incompatible avec Ittimes de saint Paul ; tous ces désordres partent, comme de leur source, de l'égarement qui fait que l'on veut établir
18 GINQUIÈlffE STBIBOLB.
sa propre justioe y et s'y réunissent comme à leur centre et à leur terme ; et l'on peut dire, à qui entend le mystère de» saintes Écritures, que ce même égarement, porté à un certain degré , est Tabomination de la désolation dans le sens le plus parfait et le plus étendu.
Discernement eolre les Juifs qui oot reçu le If easie et oeux qui !V>bI rejeta, effe( de U ppédesviaatîoa,
Tout ce qui a été dit fait naître natureUemept la question pourquoi , dans l'apostasie universelle de la nation , oeiv taines bi^anches ont-elles été épargAées préféra];)lement ^ toutes les autres? Saint Paul donne upe réponse précise ^ cette question : DieUj dit-il (/{om., Xï, S), a sat{vé en ce temps, selon Vélection de sa grâce , un petit nombre q\iil s'est réservé. C'est l'effet d'une prédestination gratviite : Hiei^ lésa retirés ou préservés de Taveuglemejcit cop^mun. Israël^ qui rechercliait la justice, ne ta point trouvée; niais ceux qui ont été choisis de Dieu l'ont trouvée, et les autres ont été endurcis et aveuglés. Israël a recherché la justice, afin de se rendre digne du Messie ; et ceux qui ont été choisi^i ont trouvé le Messie qui leur a donné la justice. Les pre — miers, par leurs eJBforts, ont prétendu se mettre au nomb de ceux à qui le Messie distribuerait les récompenses ; l derniers ont trouvé dans le Messie un Sauveur qui les mis gratuitement au nombre de ceux qui devaient recevo et le don des bonnes œuvres, et la récompense. Les ui pensaient à se discerner afin de parvenir au Messie ; et L autres ont trouvé uu Messie qui les ^ discernés^
l'ouyiik bt son fruit. 19
Or4re k cAiserver ps)r rap|K)rt aux biens et aqx aTantages qui oui M communiqués aux premiers ChnHiens.
Tel e»t dono le premier principe de la différence qui s'est troavée, au temps du Messie^ entre les branches naturelles^ dont les unes ont eu part au bien du Messie , et les autres foui demeuréea sans sève et sans vie. Mais Tindépendance ayeo laquelle Dieu a fait son choix n'empêche pas que Ton ne puisse observer Tordre qui a régné dans Texécution. C*est ce que nous avons déjà fait S 8.
A l'égard des branches réprouvées, elles sont demeurées sans sévei parce qu'elles n'ont point reçu Jésus-Christ ; elles ne Tant point reçu y par un effet de leur opposition à la vraie doctrine de la grâce. Le contraire est arrivé par rapport aux branches choisies: Dieu leur a inspiré du respect pour cette doctrine; elles ont senti le besoin qu'elles avaient àe recevoir la sève qu'elles ne pouvaient se donner ; elles ont reconnu avec joie un Messie qui en était le distributeur; tUes n'ont point fait de distinction entre les caractères dont i était revêtu y pour se soumettre aux uns et rejeter les «litres; elles ont embrassé en même temps toutes les parties ^ sa doctrine^ et elles en ont recueilli le fruit en recevant ^ participation de son Esprit, qui est la véritable sève de ^*«rbre.
Que l'on ait donc présentes à l'esprit les trois préroga- ^'ivesdes Juifs devenus Chrétiens. Dieu les a préparés aux Xsnes par les autres : il leur a donné le culte intérieur avec l^^ forme extérieure du Christianisme qu'il leur communiquait; et afin de les rendre propres à Tune et à l'autre, il a wuiûis leur esprit et leur cœur à la véritable doctrine de la S^. Exprimons ceci sous le symbole des branches. Dieu
20 CINQUIÈME STICBOLE.
a donné aux branches quMl a choisies une certaine fonne extérieure, la forme du Christianisme. Cette forme demeurerait inutile, sans la sève répandue dans ces branches ; mais voulant leur communiquer ces deux avantages , il leur a donné préalablement une forme plus particulière, qui n'est autre que la soumission à la doctrine de la gr&ce.
Nous n'avons d'autre dessein, sinon d'éclaircir les idées le plus qu'il est possible. C'est pourquoi nous remarquerons que cette dernière prérogative, qui consiste dans la soumission à la doctrine de la grâce, est encore susceptible d'une subdivision ; car cette soumission peut être rapportée au cœur ou à l'esprit. On peut s'abaisser dans le fond du cœur sous la puissante main de Dieu, être rempli de sentiments d'humilité et de confiance, attendre tout de Jésus- Christ, et ne se fier point à soi-même. On peut aussi connaître très-distinctement la doctrine qui enseigne la justice et la nécessité de tous ces sentiments , et cependant ne pas les avoir. La première de ces deux choses est la soumission du cœur, et la seconde est la soumission de l'esprit. Or, la soumission du cœur est la préparation prochaine et immédiate à la grâce , à la justice , à la pratique des bonnes œuvres : la soumission de l'esprit est une préparation plus éloignée et dont le succès n'est pas infaillible. La soumission du cœur fait déjà partie de la grâce et de la justice ; ce qu'on ne peut pas dire de la soumission de l'esprit lorsqu'elle est seule : l'une attire infailliblement la sève et en fait partie ; l'autre est, en fait de doctrine, ce qui en approche de plus près, mais elle ne fait pas proprement partie de la sève, et l'on ne peut pas dire qu'elle en soit inséparable.
Or, comme il s'agit ici de changements extérieurs arrivés dans le peuple de Dieu, c'est plutôt de la soumission de l'es-
l'olivier et son fruit. 2i
prit à la doctrine de la grâce, que de la soumission du cœur que nous devons parler. La soumission du cœur est plus essentielle, mais Dieu ne laissera pas de faire de la soumission de Tesprit le principe de la distinction entre les brandies. Les unes, livrées à leur aveuglement, combattirent la doctrine de la gr&ce, et en punition elles ne reçurent ni le Messie, ni ses dons. Les autres, soumises par l'esprit à cette doctrine, reçurent le don d'y être soumises de cœur, et tvecun tel don elles reçurent tous les autres.
L*Église délivrée du culte judaïque. Gentils appelés. Proportion ménagée par la sagesse de Dieu dans leur conversion.
La doctrine de la gr&ce fut honorée parmi les Chrétiens; i proportion de ce qu'elle était méconnue et combattue pirmi les Juifs. Nous avons déjà parlé d'un événement qui lenrit de témoignage éclatant de la protection de Dieu sur soo Eglise. Elle n'était alors composée que d'un petit nombre de Juifs convertis, Dieu y réunit les Gentils; ils forent associés aux branches naturelles, ils en prirent et la forme et la sève. Cet événement fut accompagné d'un intre, c'est que peu à peu les Chrétiens furent débarrassés da culte judaïque ; les mauvaises branches qui tenaient à l'olivier par ce culte et par leur réunion à la Synagogue forent retranchées , et l'on commença à ne plus tenir à ce Qtème olivier que par le culte chrétien et la communion wcc l'Église.
Ces deux événements contribuèrent, chacun de leur côté, i la manifestation de la doctrine de la grâce. On vit^ d'une P^rl , Tinutilité de la loi cérémoniale pour sauver les l^nies; on reconnut que la justice n'y était plus attachée.
22 anQUiÈMB bykbolb.
puisque la loi cérémoniale s'abolissait dans le temps que la justice devenait commune. On reconnut, d'autre part, la gratuité de la grâce dans la vocation des Gentils qui ne cherchaient pasla justice, et qui néanmoins l'obtinrent.
Il se présente encore une double observation ù faire tou* chant l'insertion des branches étrangères ; c'est une certaine convenance ou proportion qui se trouve, soit de la part des branches entées, soit de la part de celles sur qui elles furent entées.
Pour commencer par ces dernières, on voit que la multitude des mauvaises branches s'élevait contre elles et faisait tous ses efforts pour les séparer de l'arbre. On excommuniait de la Synagogue, qui était regardée comme l'assemblée du peuple de Dieu , les Juifs qui se faisaient Chrétiens; on les traitait comme des païens; et de là Dieu prit occasion de leur réunir les païens en les convertissant. On prétendait les séparer de l'arbre ; et les branches réellement séparées furent réunies à l'arbre en se réunissant à ces Juifs injustement excommuniés.
D'une autre part, il se trouvait alors que les branches étrangères avaient moins d'opposition à recevoir la sévc, que n'en avaient les mauvaises qui tenaient encore à l'olivier. Ces dernières, c'est-î\-dire les Juifs, étaient enflés, ou de la justice qu'ils croyaient déjà posséder, ou de la puissance qu'ils s'attribuaient de se mettre en possession de la justice quand il leur plaimit. De telles dispositions étaient un obstacle invincible qui les empêchait de recevoir la sève, et cet obstacle ne se trouvait pas dans les branches étrangères, c'est-à-dire dans les Gentils. Ainsi le défaut d'obstacle, d'un côté ; et, de l'autre, une certaine conformité d'état, formaient la convenance; les prédicateurs de l'Evangile la secondaient, et la gr&cedu Messie achevait l'ouvrage.
l'ouviek et son fbuit.