‹ Histoire de la Religion représentée dans l'Écriture Sainte sous divers symbolesChapitre 40 sur 42 · XXII · texte numérisé non relu

XXII

Mais le prophète Michée qui avait été admis au conseil du Seigneur était au-dessus de la séduction. Et comment aurait-il pu l'être sans cela? Comment aurait-il pu résiste avec tant d'assurance aux quatre cents prophètes d'Achab C'est une folie de s'imaginer que, dans le temps des grand séductions, on puisse s'en mettre à couvert par son proi esprit. Il faut devenir le disciple de la Sagesse ; autreic on devient disciple de l'esprit d'erreur. Lorsque Jéruss est assiégée, on ne manque point de courir avec la m tude après les pythons, si l'on n'est du nombre de ceu

sonidûiméâ de Dieu à Isaïe : Me voiciy moi et les enfants que le Seigneur m* a donnés, pour être, par f ordre du Sei» gimtir des armées qui habite sur la montagne de Sion^ un prodige et un signe dans Israël : Ecce ego et puebi hbi, quos

DBNT lOBI DOBONUS, IN SI6NUU ET IN PORTENTUM ISRAEL A DoifINO EXEECITUUM, QUI HABITAt IN JtfONTB SlON [Isaïe^

vni,i8).

Dieu instruit eu différentes manières; le surnaturel est plus ou moins sensible ; mais nul théologien ne peut désa* vouer que Fou a besoin d'un secours surnaturel pour se tenir attaché à la vérité dans les temps où elle est méconnue, abandonnée, obscurcie, dissimulée, trahie parles hommes. Le Seigneur me tenait de sa main puissante et m' instruisait y dit Isale au même endroit, verset 11, afin que je ne marche point dans la voie de ce peuple : Sicur

m MANU rORTI ERUDIVIT ME, NE IREM IN VIA POPULI HUJUS,

Saint Jean dit aux fidèles, que l'onction qu'ils ont reçue les instruit et les prémunit contre la séduction des antechrits : Quant à vouSj vous avez reçu Ponction du Saint, et voua connaissez toutes choses (/. Jean, If, 20). Or, comme cet Apôtre a soin d'avertir qu'il y a plusieurs antechrists, il faut donc que les effets de cette onction se diversifient, i proportion des formes différentes que prend la séduction des antechrists.

C'est l'onction du Saint-Esprit qui de chaque fidèle fait un Christ, un oint du Seigneur; elle a son plein effet lorsqu'elle apprend à se sauver. Cette onction fait des disciples de Jésus-Christ des prètres-rois; et, en leur apprenant la selenoe du salut, l'instruction qu'elle leur communique est d^on ordre infiniment élevé au-dessus de tout ce que les grands-prètres de l'ancienne loi pouvaient apprendre lorsqu'ils venaient consulter Dieu devant l'arche, pour être

mslruits de quelques événements temporels qui regardaient le peuple d'Israël.

Nous avons déjà parlé de cette instruction ooromuoiqué^ aux justes, dans le dernier paragraphe du XX* Article ^ C'est une instruction qui va au ccBur, mais elle ne manque jamais d'être accompagnée de la conqaissance des vérités dont Dieu veut que la communication de son Esprit soit précédée. C'est pourquoi elle enseigne à ceux que Dieu aime, uon-seulement à embrasser la Religion chrétienne et ]^ communion de l'Église catholique à l'exclusion de toutes les autres, mais encore à choûir (chacun à proportion de son étaiet de la portée de son esprit), dans le sein de cette même Église, le parti de la vérité qui est celui de Dieu et de l'Église, et à ne pas écouter ceux qui étant encore dans la communion extérieure de cette même Église usurpent son nom pour autoriser des erreurs qu'elle déteste.

Cela s'étend, dans une juste proportion, depuis les plus simples des fidèles jusqu'à ceux que Dieu remplit des plus grandes lumières dans le temps des plus grands troubles et de la plus grande obscurité. L'onction apprend au plus grossier d'entre les fidèles (et cela en se servant du minis* tère de ceux qui TiDstruisent et pour qui elle lui inspire de la docilité) , elle apprend, dis-je, à ce fidèle, s'il est du nombre des élus, toute vérité qui lui est nécessaire, et le détourne de toute erreur qui lui serait pernicieuse.

Mais si celui que Dieu veut instruire est d^un ordre plus élevée Dieu lui fait connaître la vérité avec plus d'étendue. Il l'affermit dans la connaissapce de la vérité, par une con* naissance distincte des principes qui y servent de fonde* nient inébranlable. Il lui ouvre l'esprit pour lui donner une

*• Vf j€z ei>de»su9, page 300.

DIVINATION... PROPUàTBa, ETC. 475

QODoaissaoce ei^cie des maximes générales et lui en faire faire une juste application. Il lui procure la connaissance 4p tous les points ç|q fait nécessaires pour cela. Il tient les jf^^ 4'w tel homme ouverts sur la Tradition, rÉoriture, rj^istoire dq TÉglisQ, et surtout sur la portion de Thistoire gui représpntç Torigine et le progrès des troubles. Un tel lamine éprouve alors Teflet de la promesse que Jésus*Cbriflf faîa^it à ses Apôtres^ et en leur personne à ses élus jusqu'à la fipdu monde (5. Jean, XIV, 26) : V Esprit saini, PEs^ prU comolateux vous enseignera toutes choses, et il vous fera ressouvenir de tout ce que je vous ai dit. Et au chan pitw XVI, yersel Vi i II vous annoncera les choses à venir : ^T QU^ v£NTuaA suNT ANNUNcuBiT voBis. Ce qui peut biou sjgqiQe^ que le Saint-Esprit donnera aux disciples de Jésus- Christ des instructions proportionnées aux différentes cir* constances des temps qui surviendront.

Je sais bien que ces sortes de promesses ont un sens pair rapport à la communion extérieure de TËglise en général ; vi^^le sens le plus intéressant^ c'est qu'en tout temps il y ff^^f à^^^ l'enceinte de cette communion extérieure, def élus è qui TËsprit de Dieu enseignera le parti qu'ils auront ^ prendra au milieu des perplexités et de Tégarement des qiutr^ \ et il le le\ir enseiguera de manière qu'ils \^ prai^b* dfppt, et qu'en le prenant iU parviendront à la vie éteru^Uç.

Ceux-là démêleront les véritables intérêts de Dieu; ilff Q^tre^ont dans son plan tracé dans les saintes Écritures ; ils jr^ipapyront le conseil du prophète Isqle; ils échapperppt ^u^filçts des séducteurs ; ils n'écouteront point U voix dç ceux qui les exhorteront de donper leur copfiançe aux py- %omj^ mai^ ils r^pQPd^oQt avec le Prophète : C*esi iklf loji (fff liie^ qu,'il faut recourir, et au témoignage qu'il rend 4j^ ^m-cgi^ç.: 4i> LfiQEit maqis^ et ad T^STmoiqui^ [I^çiîe^m^ %ù)i

476 HCITIÈMB SYMBOLE.

et la parole de Dieu se vérifieite en eux : Que ce que Je vous déclare demeure secret j tenez ma loi scellée et comme cache* tée parmi mes disciples : Liga testimonium, signa legex in DisapuLis MEis [Ibid.y v. 16). Mettez ma loi dans learcœor, gravez-y mes ordres , qu'ils soient dépositaires de mes secrets et que mon sceau y soit imprimé^ afin que nul ne puisse douter avec raison que la connaissance qu'ils auront de la vérité ne vienne de moi, et que j'ai pu les affermir dans cette connaissance et la leur rendre aussi certaine, lorsque la vérité est le plus contestée parmi les hommes, que si elle était déjà reconnue par toute la terre.

Lorsque Michée comparut devant les rois Achab et Josa*^ phaty il n'était pas moins certain de ce qu'il annonçait^ qu'il le fut lorsque l'événement eut vérifié sa prophétie. li avait été introduit dans le conseil du Tout-Puissant et avaif été témoin de ce qui y avait été réglé. Mais là il ne s'agissait directement que d'une victoire dans l'ordre charnel et sensible, d'un roi qui allait être vaincu et qui perdrait la vie par ses blessures. Dans les grands ébranlements de l'Église, il s'agit du royaume de Dieu même. Plusieurs sont trompés par l'esprit séducteur; mais ceux que Dieu se réserve savent, sans aucun doute, de quel côté demeurera la victoire. Saint Athanase n'hésitait pas plus que le prophète Michée. Il n'avait pas apparemment vu d'image sensible ou dont la peinture eût été tracée dans son imagination c la même manière que ce prophète, d'image, dis-je, où f représenté le conseil que Dieu avait tenu avec ses ang> mais il avait été introduit dans ce conseil par la foi, e aurait pu dire à son tour: J'ai envisagé le Seigneur assif un trône, et toute l'armée du Seigneur qui se tenait de lui, à sa droite et à sa gauche. Là, l'esprit trompeur mandé le pouvoir de tromper Arius et tant d'autre

deTinreniee^ prophètes, et dont les noms sont connus dans Thistoire de l'Église; et le reste, jusqu'à la délivrandé de rÉglise et la parfaite victoire de la vérité sur Terreur.

ARTICLE XLIII

Ëm de rËglise iprès que l'olivier a recouvré ses branches nâiuralletf. Reine de Saba.

Si Ton veut rapporter plus parfaitement au temps auquel 8e lëra Tinsertion des branches naturelles les chapitres XI el XII de V Apocalypse, et même le XIIP en partie, les stri«^ VBQts se rapporteront d'eux-mêmes aux temps qui suivront immédiatement cette insertion. On découvrira dans ces cha^ pitres postérieurs trois principaux objets entremêlés : l'aune Babylone que Dieu ne cesse de frapper dans sa colère, jusqu'à ce qu'il la détruise entièrement ; 2'' une conspiration de tons les rois de la terre contre Jésus-Christ, qui se trame dès' le XVP chapitre, v. 14, et qui éclate au chapitre XIX, après la ruine de Babylone ; Z"" un peuple délivré dont les prémices paraissent sur la montagne de Sion, dès le cha^ pitre XIV, et qui chantent au chapitre XY le cantique dé Hotte et celui de l'Agneau. Ceux-ci sont les branches nâ^ torelles qui ont eu part à la réinsertion, et il n'en faut pas exclure les branches étrangères qui auront eu le bonhetfi^ de s'attacher à ces branches naturelles, dont il est parié au dernier verset du chapitre VIII de Zachatie.

Saint Jean les voit tenant en main des harpes de Dièil, lÉABBNTEs ciTriARAsDfit [Apoc.y XV, 2), après qu'ils ont rem* ^ûrfé la victoire sur la bête. C'est l'Église dans l'amas dé ces branches nouvellement insérées, qu^il avait vue, dès lé X'IP chapitre, sous l'image de la femme couverte da soleil^

178 HUItlÈKE BTMBOLS.

ayant la Inné sons les pieâs et couronnée de dôni6 étoiles; M. Bossuet a remarqué qtie cette image rappelait sensible-^ ment le songe dé Joseph. C'est celui des dent songes fle eé Patriarche qui a rapport à son second degré d'élévation, lorsqu^il fut glorifié, non plus seulement par les Égyptiens, mais par sa famille en corps.

Cette femme est aassi Tépouse dn Cantique déï Cafùifûès^ surtout dans les quatre derniers chapitres de ce livre mystérieux. Elle a été figurée dans le point de vue où nous la ^renons^ c'eât^«-dire après la réinsertion des branchés iiatorelleSy par la reine de Sabaquivifat des extrémités dèk terre pour entendre la sagesse de Salomon. Que Poli toit oe qui en est dit dans les livres des Bois et des Paralipfh mèneSj les présents qu'elle apporta à Salomonl et ceux qu'elle reçut de la libéralité de ce prince; que l'onooiiH pare, entre autres, le 2* verset du chapitre X du IIP lifik des Aois, avec le verset 6 du LX' chapitre à*Isaie.

Pour prévenir ici tout ce qui pourrait causer de la confusion dans les idées, il ne sera pas hors de propos d'ex* primer un principe que Ton doit toujours avoir présent à l'esprit : c'est que l'Église est toujours l'Église, mais que les mêmes hommes n'en sont pas toujours. Telle nation était de l'Église, qui n'en est plus; et telle nation qui n'est pas actuellement de l'Église, en sera un jour. De 1& soit nécessairement que si Ton veut représenter l'Église, on ne peut employer que l'image d'une épouse qui ne sert jamais répudiée, et qui a commencé d'être épouse dès le temps de la venue de Jésus-Christ, ou plutôt, dès le commencement du monde. Mais lorsque l'on parle d'une nation particulière, il faut exprimer l'état où elle est, soit avant d'entrer dans l'Église, soit après sa sortie ; en un mot, il faut représenter son apostasie ou sa conversion. De là vient

que dans rArticIo XXXII % nous avons considéré lanatioa des Juifs comme une Agar que Dieu rappelle à lui ; Teu^ nuque de la reine Candace la représente dans le moment de sa conversion ; la reine de Saba la représente pareille* menty lorsqu'elle vient de bien loin trouver le vrai Salomon, et elle est propre à représenter la plénitude de cette conversion.

Entre les. autres présents qu'elle apporta, il est dit qu'il y avait une quantité prodigieuse d'excellents parfums* Jamais^ est-il dit (///. Rois^ ch. X, v. 10), on n'en avait apporté une telle abondance; et (//. Paralip., IX, 9) tV n'jf en avait point de semblables : Non fuerunt arom axa taua

UT HiEC, QVM DEDIT REGINA SaBA REGI SaLOMONI. Ou pCUt faire

la comparaison de ces traits avec ce qui est dit de l'épouse des Cantiques^ qu'elle est semblable à une colonne de fumée qui monte de toutes sortes de parfums [Cant.j III> &) ; avec les parfums qui se brûlaient dans le temple sur l'autel d'or {Exode f XXX) ; avec ceux que les vingt-quatre vieillards et les Anges offrent à Dieu dans Y Apocalypse (Y, 8) ; avec le parfum qui sortit du vase d'albàlre de Marie de Bétbanie («S. Jean, Xll, 3) ; avec les parfums que les frër-es de Joseph lui apportèrent {Genèse ^ XLIII, 11) ; avec ceux que les marchands ismaélites qui menèrent Joseph ea Egypte portèrent dans ce royaume {Genèse, XXXVII, 25); enfin, avec ce que dit saint Paul aux Corinthiens, de luj et des autres ouvriers évangéliques, qu'ils sont la bomtf odeur de Jésus-Christ [IL Corinth.^ II, 15).

Mais ce qui a particulièrement rapport à notre symbole^ c'est ce qui est dit de la sagesse que la reine de Saba reconnut en Salomon, et de la solution qu'il lui donna de ses

* Vojes cî-datsttft, page 377.

énigmes. Elle vint y dit PÉcrîture, pour réprouver par ses énigmes [IL Paralip.y IX, ^). Elle lui exposa tout ce qxCelle avait dans le cœur; et Salomon lui donna la solution de tout ce qu^elle lui avait proposé. Il ne se trouva aucune chose qui pût être cachée à la sagesse de Salomonj et sur laquelle il ne la satisfît par ses réponses {III. Mois, X, 3).

Salomon est Timage de Jésus-Gbristy le Sage par ezcel* lenee^ qui possède la plénitude de la sagesse ; et la reine de Saba porte le caractère du disciple de la sagesse, à qui l'Écriture donne aussi par participation le nom de sage. (Ecclés,, XXXIX, l) : Le sage aura soin de rechercher la sagesse de tous les anciens y et il fera son étude des prophéties. Il conservera dans son cœur les instructions des hommes célèbresy et il entrera en même temps dans les mystères des paraboles. Il tâchera de pénétrer dans le secret des proverbes et des sentences obscures^ et se nourrira de ce qxCil y a de plus caché dans les paraboles... Il passera dans les terres des nations étrangères, pour éprouver parmi les hommes le bien et le mal. . . S^il plaît au souverain Seigneur^ il le rem^ plira de tesprit d* intelligence, etc.

Avec quelle joie les Juifs convertis ne recevront-ils pas du vrai Salomon l'intelligence des saintes Écritures et de tous les mystères de la Religion ! La reine de Saba admira l'ordre qui se gardait dans la maison du roi, le service qui se faisait dans le temple et les victimes que l'on immolait. Les Juifs repassent sans cesse dans leur souvenir cet ancien culte dont ils ne pénètrent point l'esprit ; toutes ces cérémonies prescrites par le Lévitique sont autant d'énigmes pour eux, et ces énigmes font partie de celles dont le vrai Salomon donnera la solution à la nouvelle reine de Saba . Ils verront alors, des yeux de l'esprit, tous ces anciens sacrifices d'une manière bien différente de celle dont ils les regardent

aujourd'hui. Ce sont aujourd'hui pour eux des objels sombres qui ne leur produisent que des ténèbres. Alors ces mêmes objets, étant éclairés par les rayons de la vraie sagesse, leur paraîtront lumineux et serviront à leur prouver et à leur faire entendre les divers traits du sacrifice de Jésus- Christ. Le culte nouveau établi par Jésus-Christ les ravira d'admiration, parce qu'ils en connaîtront les merveilles. En effet, ce culte nouveau a aussi ses énigmes qui ne sont pas connues de tous. La chair ne sert de rien^ dit Jésus- Christ, c^est l'esprit qui vivifie [S. Jean^ VI, 64); on petit recevoir le corps de Jésus-Christ comme Judas, et n'être pas admis à son secret.

La reine de Saba fut si frappée des merveilles qu'elle avait vues et des rayons de sagesse qui sortaient de la bouche de Salomon, qu'elle était hors d'elle-même : Elle en fut tellement étonnée qu'elle paraissait toute hors déliemême. Et dans son admiration elle dit au roi : Tout ce quon m^ avait rapporté de votre sagesse et de vos discours lorsque j'étais encore en mon pays est véritable. Je ne voulais pas croire néanmoins ceux qui rrHen parlaient jusqu'à ce que je sois venue moi-même^ et que je l'aie vu de mes propres yeux; et j^ ai reconnu qu!on ne n-C avait pas dit la moitié de ce qui est véritablonent : Votre sagesse et' vos fBuvres sont au-dessus de ce que la renommée m'en avait annoncé.

Il est dit ensuite que l'on apportait à Salomon une grande quantité de bois très-rares, qui surpassaient tout ce que l'on avait vu jusque-là ; Salomon fit faire de ces bois des harpes et des lyres pour les musiciens. Que l'on se souvienne des harpes de Dieu, qui sont entre les mains de ceux qui chantent le cantique de Moïse et celui de l'Agneau dans V Apocalypse,

482 HUITIÈHE SYM90LE

ARTICLE ILIV.

Grande Babylone représentée sous Tiinage de la femme assise sut la béfe à sept tètes. Intelligence Déeessaire pour la reeoniiattre.

A la nouvelle reine deSaba, ou ce qui revient au marne, à la femme revêtue du soleil , qui a la lune sous les. pieds et qui est couronnée de douze étoiles, V Apocalypse expose la prostituée, la grande Babylone, la mère des fornications 0e la terre, cette femme assise sur la béte. C^est elle qui, 0ans un sens ultérieur et que nous avons touché, est marquée dans les chapitres XLVI et XL VII à'Isaîe. C'est à ses enfants (en suivant toujours ce sens ultérieur) que pairie le Prophète lorsqu'il les appelle (ch. LYII, v. 3) enfants de la devineresse^ race de Padultère et de la prostituée; et au verset suivant : N^êtes-vous pas des enfants perfides et des rejetons bâtards? où Ton remarquera que, dans le sens immédiat, c'est aux habitants de Juda et de Jérusalem que le Prophète adresse ces paroles.

Lorsque Ton montre de nouveau à saint Jean la bête «^ sept tètes, au chapitre XVII, il voit la femme assise dessus et il en fait la description. Elle portait ce nom écrit sur son front : Mystère; la grande Babylone, la mère des fornications et des abominations de la terre. Ce nom de Mystère répond à celui de Sodome (soDy en hébreu, s\gmùe mystère). 11 est dit au chapitre XI, verset 7, que la béte qui monte de l'abîme combattra contre les deux Prophètes, et que Ton verra leurs corps morts étendus dans les places de la grande ville, qui est appelée en esprit Sodome et Egypte j où leur iieigneur a été crucifié.

La grande Babylone porte le nom de Mystère sur son front pour marquer que c'est un secret qu'il n'est pas donné

DIVINATION... PROPHÈXPS, ETC. «^

à tpus de savoir. Ce qui est dit touchant le noijabrq ^e sop |ipm^ quMl est besoin d'intelligence pour le recoi^naitre pt qpe là parait la sagesse, tend au môme but ; Ce^f ?Vf f(^ sagesse. Que celui gui a t intelligence compte le noxahr^iie la bête {Apoc.f XIII, 18). C'est-à-dire qu'il faut être un devin pour reconnaître cette bête.

Abraham ne sut que le mystère d'iniquité était consommé à Sodome que lorsqu'il plut à Dieu de le lui révéler comme àsonami. Ceu^-là ç.eule^lent connurent le mystère 4'iniqnité qui se consommait chez les Juifs, qui lurent instruits dans l'école de Jésus-Christ. Ils reconnurent que l'assemblage des Juifs incrédules, qui se réunirent pour combattre le M^s^ie, formait upe Egypte, une Sodome, une Babyk)ne selon l'esprit. La lame d'or que Caïphe portait sur le fponj; en qualité de grand-prètre, où était écrit par ordre de Dién KODBSCH LiYEHOVAH (£a:orfe,XXVlII, 36), ne les trompa poipt;^ et ne les epipécha point de découvrir le personnage qu'il fajs^t dans la vérité. Pareillement, ceux à qui Dieu donnera rintelljgence reconnaîtront la bète de V Apocalypse^ laBabylone, celle qui est en esprit une Sodome et une Egypte.

X) y a des degrés dans la révélation que Dieu f^jt des secrets de cette nature. Loth en fut instruit après Abraham. Lpth y prouva sa délivrance et celle de sa famille. Abrahaiô ne courait pas le même risque, puisqu'il n'habitait pas ^ Sodome; mais Dieu rend la raison pour laquelle il lui réy4lait ce secret : Pourrai-je cacher à AbraJiam ce que je vais faire, lui qui doit être le père d*un grand peuple ?...Je sais guil apprendra à ses enfants et à sa postérité qui viendrez après lui, à marcher dans la voie du Seigneur, etc. (Gefièse, XVIII, 17.) Pareillement, au X* chapitre de VApocar lypsCy après que l'Ange a annoncé en la présence de saint Jean, que le mystère de Dieu annoncé par les Prophètes va

s'accomplir sans délai, on lui donne le livre à dévorer, et on lui dit : Il faut que vous prophétisiez de nouveau devant les nations^ devant les peuples de diverses langues et devant plusieurs rois {Apoc.y X, 11).

Grand combat qui ne se livre qu*après la chute de la grande Babylone. Esprits semblables à des grenouilles qui concourent à assembler les hommes pour ce combat. Endroits de Joël et de Zacharie qoi ont rapport à cet événement.

Nous avons observé, au commencement de l'Art. XLIII % qu'il est parlé dans V Apocalypse d'une conspiration qui se trame avant la ruine de la grande Babylone et qui éclate après sa ruine. Après que la sixième coupe eut été répandue, je viSy dit saint Jean, sortir de la gueule du dragon, de la gueule de la bête et de la bouche du faux prophète j trois esprits impurs semblables à des grenouilles. Ce sont des esprits de démons^ qui font des prodiges, et qui vont vers les rois de toute la terre pour les assembler au combat du grand jour du Dieu tout-piiissafit [Apocalypse^ XVI, 13). Ce combat est celui qui se donne au chapitre XIX. La bêle, les rois de la terre et leurs armées furent vaincus : La bête fut prise, et avec elle le faux prophète. C'est le faux prophète vu, au XIIP chapitre, sous l'image delà bête aux cornes de bélier. C'est ce faux prophète, poursuit saint Jean, au ch. XIX, qui avait fait des prodiges en présence de la bête, par lesquels il avait séduit ceux qui avaient le caractère de la bête et qui avaient adoré son image; et la bête

* Voyez ci-des8us> page 477.

DIVINATION.,, PROPHÈTES, ETC. iSS

et le faux prophète furent jetés tout vivants dans F étang brûlant de feu et de soufre. Le reste Jut tué par Fépée du vainqueur, qui n'est autre que Jésus-Christ [Apoc. , XIX, 20,21).

Cet événement répond à ce qui est dit de Gog dans Ézé^ chielj ch. XXXYIII et XXXIX, au moins dans le sens que nous suivons. La seule difficulté que Ton y pourrait opposer, c'est qu'il est parlé de Gog et de Magog au chapitre suivant de Y Apocalypse. Mais ce qui fait voir évidemment que le Gog et le Magog de V Apocalypse ne répond pas, si ce n'est dans un sens très-éloigné, à celui d'Ézéchiel, c'est que la défaite de Gog, dans Èzéchiel^ est suivie d'une longue paix accordée au peuple de Dieu et qui regarde l'Église de la terre ; au lieu que la destruction de Gog et de Magog dans V Apocalypse Q^i^xkWiQ immédiatement du jugement dernier. On trouvera bien d'autres preuves de cette distinction entre le Gog à'Ézéchielei celui de VApocalypsCy soit en considérant de près tout ce qu'en dit Ëzéchiel, soit en le compa* rant avec tout le plan de l'Ecriture exprimé en d'autres livres et spécialement dans celui de Jo6l.

Nous parlerons bientôt de ce Gog et Magog de YApoca* lypse. A l'égard du combat du XIX* ch. de V Apocalypse^ il est suivi de l'enchaînement du dragon et d'une paix de mille ans. On sait de quelle sorte M. Bossuet entend cette paix; il faut l'entendre avec une semblable analogie par rapport au sens que nous suivons.

Cette paix sera donc précédée par une attaque formée par une multitude de nations, et comme le dit saint Jean, par tous les rois de la terre rassemblés par les trois esprits im-* purs qui sortiront de la gueule du dragon, de la gueule de la béte et de la bouche du faux prophète. Ces esprits sont comparés à des grenouilles d'Egypte. Les enchanteurs en

486 HUITIÈME STMBOLE.

firent paraître de leur côté ; en sorte qu'en fait de prodiges, on vit grenouilles contre grenouilles. Cette iinége est employée ici pour exprimer les sollicitations opini&trés, les clameurs, la multitude et même la bassesse des séductëui^' qiiî seront employés à soulever toute la terre contre le peuple de Dieu ; ou, pour parler notre langage ordinaire; cofatre Tolivier revêtu alors des branches naturelles.

Cette séduction commencera avant la ruine de la femnié assise sur la bête. Cette femme est la Babylone dont on vblt la chute au chapitre XVIII. Après cette chute, la bête snl>siste encore un peu de temps avec le faux prophète polir combattre, avec ces rois séduits par leurs esprits, contre lé Roi des rois et le Seigneur des seigneurs. Il opposera à cette séduction, qui est l'ouvrage du mensonge, la vérité, car il s'appelle le Fidèle et le Véritable, qui juge et qui combat Justement^ et il est lui-même le Verbe de DieUy c'est-à-dire la parole de Dieu [Apoc, XIX, 11, 13). Or, il n'y a rien de plus opposé à la séduction et au mensonge que la parole de Dieu.

On retrouve cet événement du XIX*' ch. de V Apocalypse dans les Prophètes en les prenant dans le second sens spirituel, c'est-à-dire dans le sens ouvert par saint Paul, qui regarde non plus la première insertion des branches étrangères, mais la réinsertion des branches naturelles. Le combat où sont convoquées les nations dans la vallée de Josaphaty autrement appelée la vallée du carnage [Joël, III, 12, 14), répond à ce combat du XÏX" ch. de V Apocalypse. Il se termine, comme nous l'avons vu, par la défaite des rois, de la bête et du faux prophète, et par l'enchaînement du dragon. Voici ce que nous lisons dans le prophète Zacharie, ch. XIII, V. 2 : En ce jour- là y dit le Seigneur des armées, j'abolirai de la terre les noms des idoles, et il rCen sera

phis de mémoire : f exterminerai de la terré les faux pro^ phiies et F esprit impur.

Ces paroles commenceront sans doute & s'accomplii* anté-^ riearement à Tévénement où nous lés rapportons ; mais la victoire éclatante du XIX* ch. de Y Apocalypse en *era la consommation. Ce sera alors, ainsi quHl est dit au cba^ pitre XX, que PAnge descendra du ciel ayant la clef de Pablme^ de cet abîme dont étaient sorties les sauterelles, et tenant une grande chaîne à la main. Saint Jean le voit qui prend le dragon, Tancien serpent qui est le diable etSâtad^ eti! l'encbalne pour mille anS: JE^ Payant jeté dans taètméy il le ferma sur lui et le scella, afin qu'il ne séduisit plue les nations^ jusqu^à ce que ces mille ans soient accomplii^ après quoi il doit être délié pour un peu de temps.

ARTICLE XLVI

Déchaînement da dragon à la Gn du monde. Dernier antechrist détralt ptf la présence de Jésus-Christ. L'ancien serpent ne trouvera pkis de paradai terrestre où il puisse s'introduire.

Le dragon, l'ancien serpent, sera donc délié pour un temps après les mille ans. Il y aura donc encore de la se* duction. Le serpent, le plus fin des animaux, se glissera donc encore dans le paradis tei-restre ; il y trouvera enoorio des Éves et des Adums. 11 s'opérera parmi les branches na* turèiles entées de nouveau un mystère d'iniquité, qui té* poudra à ce qui se sera fait parmi les branches étrangère^ et jparmi les branches naturelles lorsqu'elles étaieht la pre* mière fois sur Tarbre.

Après que les mille ans seront accomplis^ dit saiat Jean, oh. XX^ V. 7 y Sctan sera déHé et it sortira de sa prison. i>.

488 HtlTlÈm ftYXBOLK.

ITaiira^t-îl point de nooTean la piiis§aiice de répandre sur la terre des grenouilles et des sauterelles? // êédmraj oontînne saint Jean, les naiiom qui sani aux quatre coins du fucnde^ Gog et Magog^ et il les assemblera pour combattre; leur nombre égalera celui du sable de la mer^ tant la sédnetim sera grande. Il parle, dît la Bible de Sacy , de Tannée de Tantechrist. ^oos acceptons cette interprétation. L'antechrist par excellence, le dernier antechrist, sera le chef de cette année. Je les vis, poursuit saint Jean, se répandre sur la terre et environner le camp des saints et la ville bienn aimée. Mais Dieu fit descendre du ciel un feu qui les dé-vora ; et le diable qui les séduisait fut jeté dans F étang de feu et de soufre^ où sont (selon le grec] la bite et le faux prophète^et ils seront tourmentés jour et nuit dans les siècles des siècles. Après cela suit immédiatement la description du jugement dernier.

Saint Paul nous parle du même événement dans la seconde Épitre aux Thessaloniciens; mais avec cette différence qu*il s'attache plus particulièrement à ce qui regarde la personne de l'antechrist, au lieu que saint Jean parle plutôt de son armée. Il le nomme l'homme de péché, Fen^ faut de perdition^ Fadversaire^ gui adversatur, qxd s^ élève au-dessus de tout ce qui est appelé Dieu, ou qui est adoré^ jusqu^à s'asseoir dans le temple de Dieu {IL Thess.y II, 3 et 4). Et plus has (verset 8) : Alors se découvrira F impie que le Seigneur Jésus détruira par le souffle de sa bouche et quHl perdra par F éclat de sa présence. Cela répond au feu du ciel dont parle V Apocalypse y qui dévorera Farmée qui assiégera la ville sainte, comme le feu du ciel consuma celle de Sennachérib.

L'antecbrist et la multitude prodigieuse de ses sectateurs seront alors confondus. Les Rabsacès de ce temps-là recon-

DIVINATION. «• PROPHJfeTES, ETC. 489

naltrmity mais trop tard^ leur folie et leur aveuglement. La Jérusalem qui sera alors, parlera encore une fois conHue'une pythonisse : f élèverai des forts contre toi, et je ferai des fùrttficattons pour te tenir assiégée. Vous serez humiliée^ vous parlerez comme de dessous la terre ^ et vos paroles en sortiront à peine /)owr se faire entendre. Votre voix sortant de la terre sera semblable à celle cTune pythonisse {Jsaîe^ XXIXy 3, 4). Le Prophète ajoute immédiatement après la prédiction du feu du ciel qui devait dévorer l'armée des assiégeants.

Il y aura donc encore alors une vierge fille de Sion qui n'aura point été séduite et qui insultera à son ennemi : La vierge fille de Sion t'a méprisé et insulté; la fille deJérusa^ lem a secoué la tête derrière toi {IsaïCy XXXYII, 22) ; enfin une Judith plus intelligente qu'Holopheme.

Mais de quelle sagesse ne sera-t-il pas besoin alors pour être à couvert des artifices de cet impie qui doit venir, poursuit saint Paul au même endroit, accompagné de la puis^ sance de Satan, avec toutes sortes de miracles, de signes et de prodiges trompeurs j et avec toutes les illusions qui peu-vent porter à F iniquité ceux qui périssent, parce qiCils VLont pas reçu et aimé la vérité pour être sauvés 1 C^ est pourquoi Dieu leur enverra une efficace d'erreur pour croire au men^ songe [II. Thess., II, 9).

Il y aura donc alors un combat de la Sagesse contre la séduction plus animé que jamais. Il parait, par les expressions de saint Paul, que les artifices de la séduction seront montés à leur comble. Cependant Dieu en préservera les élus. Il faudra donc qu'ils soient encore plus clairvoyants que Tantechrist ne sera habile à cacher la vérité. Il y aura donc finesse contre finesse et devins contre devins. L'ancien serpent animera Tantechrist et la multitude de ses adhé-

MèWi il hsraldniMiliMdblefl à ImHmêmeeieDi Éntpétâê iFraiiii6iix. On ^m oii doiiiwr \ êàéb. XI d'/Mrfe, dcmt nintPaid int mw àipflkMaàm fÊêiàm dans lai paroles que nous avons fmpporléaa. /'/IH fBrmi ait baft^ oh. XI> v. 4, te pau^re$ ému impmiieê^H ilW dklanra le jtate vengeur des hwnblm ûpprjméi 99m bteihreéilftapperalaiertepartavè^deeabôÊ^ke^êiii tàeràfimpiepar ie mn^ Âtes litres, CTosiee qui répond dalM os damier sans au moniant dekvenuo de Jësaa-€!luris& pour juger le monde.

jMâis des pantfes et eas humbles dont U sera le yangnur aérant évité la séduction. Jésus-Christ leur aura done fait part^ avaiit devenir les délivrer avec éclat» de son esprit de s^l^esse et d^intelligenee. Ils auront reçu un écoulement des dons promis dans les versets suivants, dont la vertu estasses puissante pour préserver jusqu'aux en&nts mêmes da venin do Faspio et du basilio*

L'esprit de sagesse et d'inteUigence dont ils seront resaplis pourra bien les mettre à couvert de la séduction et du péché, mais il n^empèchera pas qu'ils ne soient violeomient persécutés et réduits à une étrange extrémité ; et voilà pourquoi Jésus-Christ se h&tera de venir les délivrer. Il trouvera Tancien serpent triomphant, et Tantechrist occupé à persuader aux hommes qu'il est tel que ce môme serpent voulut persuader à Adam qu'il deviendrait. En effet il dit à Adam et à Eve ; Vous serez comme des dieux : ëritis sigut na ; et saint Paul dit de lantechrist qu't/ s'élèvera au-dessus de tout ce qui est appelé DieUj ou qui est adoréj jtAsqvCà s^ asseoir dans le temple de Dieu^ voulant lui-même passer pour Dieu : Ostendens se tamquam sit Deus.

On s'ait les rapports que le temple de Dieu a dans l'Écritàrbaveo le paradis terrestre. Cet impie à qui le serpent

aura persuadé de se faire passer pour Dieu, et le serpent qui l'aura soutenu par tous ses artifices et toute sa puissance, seront chassés et du temple et du paradis terrestre; ils seront précipités dans rablme ; et tous les enfants de la Sagesse seront réunis dans le royaume de la Sagesse, dans la nouvelle Jérusalem dont l'Agneau est le soleil et le temple, dans le paradis ; non plus dans un paradis terrestre où le serpent trouvait toujours le secret de s'introduire ; mais dans un paradis dont l'entrée sera fermée pour jamais, où il n'y aura plus ni erreur, ni séduciion à craindre, et où la vérité éclairera nuit et jour tous ceux qui y habiteront.

Page 1