‹ Histoire de la Religion représentée dans l'Écriture Sainte sous divers symbolesChapitre 39 sur 42 · DIV1N4T10;«.., PHOP^À^KS, ETC · texte numérisé non relu

DIV1N4T10;«.., PHOP^À^KS, ETC

iniquité. C'est cette communication de TËsprit de DieUi qui est nécessaire pour résister k la séduction dans des temps semblables à ceux où se sont trouvés les deux Micbée, Je- Italie, Ézéchiely etc. Il ne faut pas oublier que le dernier KËcbée a rempli sa prophétie d^allusions à rhistoire de Balaam et à celle d' Achab.

Voici un trait dont nous n'avons pas parlé qui pourra servir d'exemple. L'ancien Michée fut frappé ^ur la joue par Sédécias, fils de Chanaana, en présence d' Achab et de Josaphat (///. Âois, XXII^ 24) ; et le second Michée prédit que le jugpe d'Israël sera frappé sur la joue : Ils lèveront^ la verge sur le Prince (ï Israël et le frapperont sur la joue [Michée^ y^ 1). On peut voir, dans les livres des Ràiê et dee ParalipomèneSy la dispute qui s'éleva entre Michée et les îamn prophètes, savoir qui d'entre eux avait l'Esprit de Dieu. L'Esprit de Dieu, dit. Sédécias , m'a-t-il donc abandonné pour aller à vous? Per quam viam transivit Spiritus Do-^ mini a me, ut loqueretur tibi? [IL Paralip., XVIU, 23.) Lorsqu'on remonte à la première source du discerneiDent entre Michée et les quatre cents prophètes, il faut avouer qu'il n'appartient qu'à Dieu de pénétrer jusque4à^ Ce qui fait souvenir de la sentence de VEcclésiaste (XI, 6) : Catntn^ vous ignorez par où Came vient... aimi vous ne cùnnais-» sex point les œuvres de Dieu qui est le Créateur de toutes choses.

ITiQSÎeD dcH deux Prophètes. Opposilion ealre les sigoeK que l*Ap6calypM leur aUribue, et ceux qu elle attribue à U bèie au^ coroe& de bélier. Force ei lumière qui seront données aux serviteurs de Dieu, qui feront que la séduction ne pourra plus rien sur eux.

Dès le X' chapitre; V Apocalypse parle de la révélation

364 HVrtlÈUE STM90LB.

fihMeâ df panlédeffete'^e eeite'mibMcdi «lu'tt'^ejhBi'^eifieraeaiMKiànifeàté^NQUB'avQBB'dëjà pàriéibMni âè$»lb%d<âe^ces deux\PjRophèie9;Al)iettte8\ojipo8era *'ia «édûblioàH ils^rJi^ tàquôtont de ^front/et iis^en «oi^tfeiiilront àùsifil'lés'altaqMir. Lb bète à sept rtétefij, dont ili>>est {iatrié f^lia^^^u 'lonj^ "ats XIH* >eh»pHre, 'teur ferala gtierrey les Vainttrt: feiley lufeWa', eéUebèteqiiiade ^i étroites KaisoTi^ftvec lâbètè'stti^'côthes de béliePi C'est cette dernière qpai exerce lià^ùii^âancé 'àt'lk première, ^pi lui fait* dresser Unef image/ qtrifttit'patlé^ cette images et qui faii*ad<yreririfâa^'etle ]i!odMé<.'<)i*;'elle a' en (main des moyens ponr^^éreriihè-sigi'iMdë'séâiiëiion t Elle fit de gmnd9pt^dig^;^^A\AW;th:^^^ jusqu'à faifUe descendre te feu dn eikl siit'Ia^ièrté'dètàdUi lesihorAAésJ II est aussi donné atix deux Pt^plifèVès' d'b^éfer déaisigneSy et 1^ feu tietit sa placé entre cies i^ignek i'Qûë siquelqii'tmlekf vétêê nuire, il sortira de lèUr bdiiH^M'itk fett qm diix)7'era letprs ennemis : et celm qtH' tes ^ûtiâHi offenser y il fmti qu'il soit tué de cette sorte (ch. Xï, r. '5).

•Voilà donc de part et d'antre le signe du feu ; et quoiqu'il soit employé à deux desseins diamétralement opposé»; il faut néanmoins observer, eii expliquant ce qui peut être signifié' par ces symboles, de conserver une certaine andlogie. L'histoire d'Ëlie fournira des ouvertures pour cela: hEcclésùistiquev^mdiVciwQ qu'il a fait descendre le feû dn ciel par trois fois, et que sa parole était comme un flambeau ardent : Et surrexit Elias propheta^ quasi ignis, et verbw?iipmis quasi facula ardebat [Ëcclés.y XL VIII, 1).

Ces deux Prophètes sont les deux çhnndeliers et\es deux oliviers posés devant le Seigneur de toute la terre [Apoe.y XI, 4). Ce sont, en esprit, un Zorobabel, et un Jésus iMs de Josédec. Ce sont deux architectes du temple, deux chefs

DiyiNAIHON... PROPHETES, ETC. 365

do 1r(mpi|$iu ^ceaonii par cooséqiiwt deux, l^élien; comiM ]asm^^ftJi»àtel4u(XUI^«b4est aosi^uB bélier.; Il focrtst 8qav4iiijt(4^1lkpwrole dite à Jésas, fils^ ioséàec (Ziwhôarie, m^ i8)i; fyiQUteJi^â Jjésus granijl-^prétre, vcus^et ffo$afàisqui SM4]:W^.r4!^^(i^vw$f paroe qu'ils sont destinés pour êimlA fyju9!f^^.de \{av^nr ; .^t. réunir cette parole aveo oellè du \IXJ*:Gb,i47^^^;; Jlfe voici, moi et les enfants qMe le SkfgHl9^j^](i d^nnéSy pour être par l'ordre du Seigrteurj des orm^Sf.gfÂi /içpite sur la montagne de Siony un prodige éê v^figmd>a^s Israël, Que Ton se souvienne, qpe VApooœ^ igp^^ PQu^nioi^tre^ au commencemeo t du XJY^ obv^'Agneba 8ii|;pbi jncj^tfigne de Sion^ environné de fies. saints;. et qu'au ](y* ^b« ; e)le nous fait entendre la voix de oeui qui'chan^ i^çut \e cantique de Moïse et le cantique de TAgneau.^ • ,.4^'apglicaliQn que lïoii^ avons faite des YIP fet VIII' cba-^ pîfy^s ^^sgte à la première révolution donne une^siigriftndè faaiiité.de la faire à la seconde, en gardant toutes i^à p^o^ partions, qu^il serait superflu de s'arrêter ici à faire oeti^^ appliçalii^n en détail. D'ailleurs nous supposons qoe.vci^dieux .chapitres sont parfaitement connus ^e ceux qui lirdnt c<^ b^ui^me symbole. jNous. ferons seulement qfaserrer quq> sL Jl«'Qqravpue une fois que cette seconde application •. a litèui par,]^ppqrt,à ces deux chapitres, cela seul prousie.la/ipluif»^ P^t^deç.cboses que nous déduisons ,ei répand, sur tbUtesunl gnu^d jour,; car on n^doit point perdre de yue le Sigka\ ieg^p^, et la défense de consulter les pythons/ ' ; ji >

Noui^. avons à ajouter que le XP chapitre du même pix>««' pbète I^al^ a pareillement rapport à un second accomplis^.' s^meot. Jésus-Christ par ses ministres qui hil- servirolit d'iivitrument^ et (pour parler \ela,ng'dgedtVApût;a/ypse)l'Agoçauipar ses deux, prophètes et.par ses autre» rnihistr^i/ jugera h^ pauvre dans la ju^ice^ M se déclarera ieyfûsté ♦

366 HmTtfeMlî SYMBOLE.

i^tngmrdes humbles opprimés mr la terre; il frappera la terre par la verge de sa botœhe, et il tuera f impie par le souffle de ses lèvres [v, 4). Nous comprenons que ces dernières paroles demandent encore un autre accomplissement dont nous parlerons en son lien. Cet accomplissement, selon que tious les comptons, sera le troisième.

Cependant, dans le second accomplissement, le lonp, ainsi qu'il est dit, habitera avec P agneau; le léopard se cou-thera auprès du chevreau ; le veau^ le lion et la brebis demeiireront ensemble... V enfant gui sera encore à la mamelle se jouera sur le trou de Paspic; et celui gui aura été sevré portera sa main dans la caverne du basilic.

Le Prophète va nous expliquer lui-même ces expressions figurées. Ils ne nuiront points poursuit-il, et ils ne tueront point sur toute ma montagyie sainte; parce gue toute la terre est remplie de la connaissance du Seigneur ^ comme la mer des eaux dont elle est couverte. Les bètes venimeuses signifient la séduction. Or, il y a un certain degré de connaissance du Seigneur qui met à couvert de la séduction ; et c'est ce qui sera commun alors, d'abord sur la montagne du Seigneur, et ensuite sur toute la terre.

Or, voici ce (pie le Prophète ajoute. Il dit que le rejeton de Jesscy c'est-à-dire Jésus-Christ, sera exposa comme un étendard devant tous les peuples^ etc. A/ors le Seigneur étendra encore sa main (Adjîciet Dominus secumk) manlm svxyi), pour posséder les restes de sonj)eifpIc ganseront échappés à la violence des Assyriens y de l'Egypte, de PkétroSy de r Ethiopie, d'Elam, de Senna/ir, d^Emath et des îles de la mer. Il lèvera son étendard parmi les nations, il réunira les fugitifs d^ Israël, et il rassemblera des guatre coins de la terre ceux de Juda (jui avaient été dispersés. La jalousie d^hphraim.'iera détruite, et les ennenns de Juda périront.

DrVINAT!0!t.,. PROMlÈTÉ», ETC. 367

Éphraïm ne sera plus envieux de Juda, et Juda ne conibâtira plus contre Éphraïm. Le reste du chapitre doit Mre la.

ARTICLE XXXI

Sédaeteurs figurés par les magiciens qui résUlèrent k Moïse et par let prètreftde Bail qti^Élîe attaqua. Caractères qui paraissent trH-opposés rérniif daos la personne de ces séducteurs. Serpents contre serpents* Moïse effrayé de sa propre verge. Esprit de domination introduit contre la défense de saint Pierre; infaillibilité attribuée à un seul homme.

lied paroles d'Isale que nous venons de rapporter, annoncent la conversion des Juifs dans toute sa magnificence, avec les suites de cette conversion par rapport aux autres peuples. L'Idumée, Moab, les enfants d^Ammon leur obéi-ront. Les merveilles opérées sur la mer Rouge à la sortie de iTÉgypte se renouvelleront et s'étendront même jusque sur le fleuve de TËuphrate. Michée nous apprend dans son dernier chapitre que cela doit s^entendre spirituellement. Ces grands événements seront le terme de la mission des deux Prophètes. On voit dans le XP ch. de V Apocalypse^ qu^ils renouvelleront les merveilles que Moïse et Ëlie ont opérées autrefois. Ainsi Ëlie trouvera des prophètes de Baal quMl aura à combattre ; et Moïse de nouveaux enchanteurs, dont ceux dont il est parlé dans VExode n'étaient que rombre ; aussi, comme nous Tavons vu, il prêchera dans la grande ville qui est appelée spirituellement Egypte.

Ils ont le pouvoir^ est-il dit {Àpo€.,Xl, 0), de fermer Iç ciel (comme Élie) afin qu'il ne tombe point de pluie p*7idant le temps qu* ils prophétiseront; et ils ont le pouvoir (comme Moïse) de changer les eaux en sang^ et de frapper la terre de toutes sortes de plaies toutes les fois quHls le voudrofit.

368 HUITIÈME STMBOLB.

La bète à sept têtes fera aussi de son côté couler des ruisseaux de sang par la persécution des saints, et elle mettra à mort les deux Prophètes. Elle leur opposera des enchanteurs. Saint Paul a prédit quMl y en aurait dans le Christianisme : on peut voir les caractères quMl leur attribue dans la //• Épître à Timothée, ch. III, v. 2 : // y aiara des hommes amoureux dC eux-mêmes, avares, glorieux, su-perbesy etc.... qui auront une apparence de piété, mais qui en ruineront la vérité et F esprit. Or, on voit par les versets suivants, qu*il y avait de tels hommes dès le temps que saint Paul parlait. Mais comme Jannès et Mambrès résistèrent à Moïse, ceux-^ci de même résistent à la vérité. Ce sont des hommes corrompus dans F esprit, et pervertis dans la foi (àSoxijjLoi TTÊpl T71V it(<rciv). L'Apôtre ajoute : Le progrès qu'ils feront aura ses bornes : car leur folie sera connue de tout le monde, comme le fut alors celle de ces magiciens.

Peut-on douter que ces dernières paroles niaient eu un accomplissement dès le temps de saint Paul, ou peu après? Mais en ce cas, il faut que tout cet endroit ait d'autres accomplissements, puisque T Apôtre commence en ces termes : Or, sachez que dans les deryiiers jours il vie?idra des temps fâcheux. Il y aura des homynes, etc.. Nous rapportons maintenant ces dernie7's jours au temps de la conversion des Juifs, en y comprenant celui qui précédera plus immédiatement ; c'est-à-dire à un temps éloigné au moins de quatorze ou quinze siècles de celui de saint Paul. Car nous distinguons encore dans cet accomplissement deux parties, ou deux temps, mais qui se toucheront sans intervalle ; celui de la mission des deux Prophètes, et celui qui précédera immédiatement ; le temps des sauterelles, et le temps de la bêle à sept tètes.

ï\ y jwf^ jd[QnÇ|de& Jaqpès çt de^ Mai)(^b^*è|^ qjài rési^tetont iAiu(,fi^|iPRj|^pl)^|^e$.^ Ce ^^roDt.dcis bofftOiesjçonro/npMS #iftK^PJfi^iiM>^^VH fpf »^ pera. poipt de bon alpb.car 9!fl^'te.<^i4i.Vfifff''.^W^^ origi^^ale,.Il;5 awr^nluna appar J!fWÇ^iî4fifiî^^?JWh i^ en ruiac^rçi^t 1a. .vérité et Te^ppit. Jjb^ i^pqçiii^ialt^^ ik feront pro^essi^n ,c(e Jf

Tzaie JSbeli^ion ; piai3 ils auront, une doctrine corrQpçtp^ ^'yis.8'effoi?<^n^t de faire prévaloir, et ils sexpnt nnfi^

^^^T^^.jiBfjq^ J^^opl^èles renouveUeront spiritu^][)em€;9t ]^ merveilles. opérées par Moïse. Les e^cbauteu^s jles^^i^^;' Tont jusqu'à un certain terme ; ils changeront leurç. vei^gi^ ensei^ntSi ils formeront des grenouilles. II. y aura.,v4i^ combat de serpent contre serpent, de verge contrç ye^ge^ Il y .aura d'une part un. raffinement de .çéduotj^ P^il^.f 8on comble, et de Tautre une profondeur 4e sagesse étoa-r nante. On opposera autorité à autorité, ce qui est marsvé par. le combat des verges les, unes contre |es. ai^ti^^-les ver|[es des enchanteurs contre celle de Moïse. Et^çe çpOf^ sera d'autapt plus surprenant, qu'il y. aura du côté, des, ^ chanteurs une plus grande portion de rautprité. légiti^^ La bête aux cornes de bélier se prévaudra d'avoir desçôn^^ semblables à celles de l'Agneau. Il est vrai qu'A Ufio,^ yçorgç. de Moïse dévorera celles des enchanteui[s^ xpj^ , le coipbat précédera.. ^^^^^

.£t il faut enç9re remonter à, un temps jtntérieuif^, ç^^^ celui qui. es^ marqué par la circonstance ^ que poi^.li^^i^f dans VExode (cb. IV, v. 3), lorsque la verge de Mol^ é^t changée en serpent^ non pas encore eo présence 4^ E^Mf raon, mais à la montagne d'Horeb devant lejt)i^s^;i^4f9j^ Moïse j^uf peur de sa propre verg^. .Temps. ét<;)PA^ff,P^ Ton peut dire que l'Église est effrayée par saprop^ ^^&i\ T. II. 24

Cest ce temps qui est marqué, mais par an tour tout contraire, dans Thistoire de la tempête que les Ap6tres éprouvèrent sur le lac de Génésareth (S. Matth., XIV, 26, et S. MarCj YT, 49). Jésus-Christ vint à eux marchant sur les eaux. Ils en eurent peur, croyant que c^était un fantâme ; et étant tout troublés ils jetèrent un grand cri. Lorsque Jé^ sus*Christ parait aux conducteurs de la barque comme an fantôme formidable, c^est dans ce même temps, disons-nous, que s'accomplit l'autre prodige de la verge de l'Église qui lui fait peur. Les conducteurs de la barque font peor à l'Église lorsque Jésus-Christ leur fait peur. Mais an tel temps est si extraordinaire qu'il serait contre la natare des choses qu'il dur&t longtemps ; c'est une épreuve et non pas un état fixe.

Les enchanteurs de l'Egypte produisent des grenouilles, à l'imitation de Moïse. Nous savons par un endroit de V Apocalypse ce que c'est que ces grenouilles. Cet endroit est au ch. XVI, v. 14. L'objet dont il y est parlé n'est pas précisément le même que celui dont il s'agit maintenant; mais nous y apprenons que les grenouilles, au moins lorsque ce symbole est pris en mauvaise part, signifient des hommes trompés et trompeurs qui emploient leur voix pour soulever les hommes contre Dieu.

Quant aux prodiges d'Elie, dont l'opération est aussi attribuée aux deux Prophètes, nous en avons déjà dit un mot, et ce n'est pas ici le lieu de les expliquer, non plus que son sacrifice. Il nous suffit de réfléchir sur le genre d'adversaires qu'il eut dans la personne des prêtres de Baal, et dans la personne de Jézabel qui les avait pris sous sa protection. De là naît une difficulté : Les adversaires des deux Prophètes seront les adorateurs du vrai Dieu ; comment donc, dira-t-on, sont-ils figurés par des adorateurs de Baal?

DIVINATION.., PROPHÉTM, ETC. 371

Nowefi IIV009 touehé ailleurs la raison. Ce qui est incompatible par rapport à Tordre des choses matérielles et visibles se réuDÎt par rapport à Tordre de la justice. On comprend que le culte de Baal exclut par sa nature le culte du vrai Dieu ; mais on comprend aussi qu'il n'est pas impossible d'associer à Dieu par erreur une autre puissance dans le gouvernement du monde de la justice. C'est ce que fait le pélagianisme. C'est pourquoi il fallait deux sortes de symboles pour le bien représenter. Car pour représenter toute Tinjure qu'il fait à Dieu, il n'était besoin de rien moins que de Tidol&trie grossière par laquelle on adorait Baal : et parce que les Pélagiens ne laissent pas de recon* naître le Dieu qui a créé le ciel et la ten*e, et que^ sans dé<* poser leurs erreurs, ils peuvent faire profession du Christianisme et demeurer dans la communion de l'Église catholique, il fallait des symboles qui les représentassent sous cette dernière face.

Ainsi un symbole supplée à Tautre. Celui-ci fait sentir eombien est horrible Terreur qu'ils établissent ou qu'ils lavorisent. Celui-là fera voir combien saint est le caractère on la dignité dont ils abusent. Ce qui était séparé dans le prêtre de Baal et dans le mauvais ministre du vrai Dieu se réunit dans le pélagien ; car^ s'il est ministre du vrai Dieu, il sera mauvais ministre jusqu'au point d'être réellement idolâtre et d'attaquer le règne de Dieu par rapport i Tordre spirituel. Le désordre en est donc plus grand, et la séduction en est aussi plus dangereuse. Les mêmes hommes remplissent tout à la fois ce qui est figuré par les verges des enchanteurs changées en serpents et par les prêtres de Baal, et ils remplissent dans un degré plus parfait Tune et Tautre figure, par cela même qu'ils les remplissent toutes deux à la fois.

De là il parait que le songe de Mardochée et le combat des deux dragons sera mieux rempli qu'il ne Ta jamais été.

Il faut rappeler ici ce qui est dit, dans le XIX* eh. à'Isme, de tous ces enchanteurs de TÉgypte qui seront confondus : L* esprit de l'Egypte s anéantira dans elle, et je rendrai sa prudence inutile; ils consulteront leurs idoles, leurs devins, leurs pythons et leurs fnagiciens. Je livrerai F Egypte entre les mains d'un maît?*e cruel; elle reste que l'on peut voir, et dont nous avons rapporté ci-dessus plusieurs traits. On 7 peut reconnaître l'esprit de domination que les hommes charnels ont tâché d'introduire dans l'Église contré la défense de saint Pierre : Non dominantes in cleris (/• Pierre, V, 3). A un désordre de ce genre se joint naturellement, lorsque Dieu le permet, l'abus et la fausse application da droit de décider les questions contestées.

Le comble de ce dernier abus regarde spécialement la cour de Rome. Ce n'est pas que nous prétendions établir ici, que ce XIX" ch. à*Isaîe y doive être rapporté directement. Nous avons déjà observé, que l'Egypte dont il y est parlé peut n'élre (même dans le sens spirituel) qu'une partie de l'Egypte dont il est parlé au chapitre XI de V Apocalypse. Mais il est visible qu'il est difficile de remplir plus parfaitement ce qui est figuré par les devins qui prétendent savoir surnaturellement les choses secrètes, que d'attribuer à un homme la prérogative de décider infailliblement de toutes les questions de foi. Jamais prophète ne prétendit être le confident de Dieu par rapport à des objets plus importants ; jamais il ne prétendit l'être d'une manière plus complète, puisqu'il s'agit d'un ministère certain, indéfectible, proposé à toute la terre, à tous les rois et à tous les peuples, et que l'on voudrait au moins, s'il était possible, faire avouer cette prérogative d'infailli-

bilité par tout ce qui est renfermé dans le sein de TËglise catholique.

Le désordre est ici d^autant plus grand et la séduction d'autant plus subtile que celui à qui on attribue une si étonnante prérogative est en effet revêtu, de la part de Dieu, d'une autorité légitime et Irès-sublime ; ainsi Ton fait servir le don de Dieu pour établir ce que Dieu n'a pas donné. C'est pourquoi, si vous ne quittez pas ce point de vue, vous reconnaîtrez qu'il y a quelque cbose de plus odieux en ceci, que si celui qui s'arrogerait une telle prérogative n'avait rien reçu de Dieu.

Nous ne pousserons point ceci plus loui : nous ferons seulement observer, qu'il n'y a point de cb&timent plus juste pour une telle usurpation que de permettre que celui qui prétend savoir tout, tombe dans des égarements proportionnés à l'excès de sa prétention. Il convenait qu'après avoir dépouillé ses frères de leurs justes droits pour dire : Je suis seul, à moi seul appartient, etc.. Dieu permit que par degrés il en vint jusqu'à favoriser une erreur dogmatique qui dispute à Dieu son empiie sur le cœur des hommes. La tolérance premièrement des opinions pelagiennes, et ensuite une protection déclarée en faveur de ces opinions sont une juste suite de la prétention de l'infaillibilité.

Ainsi la figure des devins, des pythons, etc., se trouve ùl la fin accomplie sous toutes ses faces. C'est assez en dire aux lecteurs, qui pourront aisément faire les applications de ces principes. On peut participer au caractère des devins dans l'ordre spirituel par des désordres de différents genres, et Ton y peut participer en différents degrés par rapport à chacun de ces genres ; mais la chose approche d'autant plus du dernier excès que l'on réunit plus de genres, et que par

374 HUITIÈME SYMftOLË.

rapport à chaque 'genre on parvient à un plus haut degré. Joignez à cela raffermissement dans le mal, la multitude par laquelle on sera secondé, Fautorilé légitime et les lumières^ autant qu'il sera possible d'allier l'un et Tautre avec de tels égarements ; et vous aurez l'idée la plus parfaite qu'on puisse avoir de ce qui est appelé dans l'Écriture Fabomination de la désolation placée dans le lieu saint (S. Matt/u, XXIV, IS).

ARTICLE XXXII

Objets figurés par Thistoire de Simon le magicien, et par celte de BarJéso. Tromperies de Tun et de Tautre; leur résistance aux Apôtres. Conversion de Feunuque de la reine Candace.'

Ce n'est pas seulement dans l'Ancien Testament, que les événements futurs du peuple chrétien sont figurés ; ils le sont aussi dans diverses paraboles et diverses histoires écrites dans le Nouveau Testament. Les circonstances de la vie des Apôtres renferment des figures de l'avenir. Il y a des traits dans celle de saint Pierre et de saint Paul qui représentent en figures ce qui devait arriver, soit au peuple dont ils étaient les pères, soit en particulier à ceux qui seraient leurs successeurs. Nous considérerons ici, l'une après l'autre , l'histoire des deux magiciens, Simon et Bar-Jésu, qui se trouvèrent opposés à saint Pierre et à saint Paul.

Il se trouve des rapports d'opposition entre l'histoire de la conversion de Corneille, instruit et baptisé par saint Pierre, et celle deBalaam consulté par Balac. Ces rapports ont été ménagés par l'Esprit de Dieu pour nous avertir de comparer l'état des branches étrangères, lorsque les bran-

DIVlNATIOir... PROPHfeTEB, ETC. 375

eh«i liâtat^Iles «eront près d'être insérées de nouveau, avec ce qui s'est passé lorsque ces branches étrangères ont été ffMérteS pûtir la première fois sur Polivier. C^est par une WlUblaMe analogie que TEsprit de Dieu a ménagé les rappMtiqiti Vèni être exposés en abrégé, entre Tbistoire de la edttV^ion des Samaritains et lé temps de rin^eHion des branches natorelles, temps auquel éette insertiob deviendra nécessaire à cause de l'état où seront alors' léft branches étrangères entées depuis longtemps. Cela convenait d'autant mieux, que la conversion des Samaritains est l'image, et peut même être regardée comme le prélude de la conversion dea Gentils ; car on ne doit pas perdre de vue que ces Samaffitains étaient hors de la communion de la Synagogue, •t Ton pourrait avec fondement soutenir qu'il y avait parmi eux beaucoup de Gentils d'origine.

Le diacre Philippe vint le premier à Samarie, et fut coiùme l'avant-coureur de saint Pierre et de saint Jean qaî dans la suite y furent envoyés de Jérusalem . Philippe prêcha Jésus- Christ, il opéra des guérisons miraculeuses, il chassa les esprits impurs du corps de plusieurs possédée. Selon le sens que nous allons suivre et qui dépend de divers traits qui viendront dans la suite, les Samaritains sont les branchés étrangères entées depuis longtemps, sur qui le démdtl a repris une grande puissance.

(Il ne sera peut-être pas superflu, pour rendre cette figure plus suivie, d'observer que les Samaritains avaient déjà cru en Jésus^Christ, comme on le voit par l'Évangile dans l'histoire de la Samaritaine.)

Philippe est, en figure, un des deux Prophètes annoncés dans le XI* chapitre de V Apocalypse, Philippe trouva à Samarie Simon qui s'opposa à lui : les Prophètes de VApo^ talypsê Ut)UV6ront des séducteurs qui leur résisteront, et

entre autres, la béte aux cornes de bélier et ses ministres qui seront animés du même esprit.

* Voyons donc ce que 'noua dit PÉoriture^ touchant Simon {Actes, Vin, 9) : Il y avait en la même ville un^k&mme nommé Simoriy qui y avait exercé la magie emp&ravant. On peut traduire littéralement ill y avait dans la ville, dés avant la venue de Philippe, un certain homme nommé Simon qui exerçait la -magie (jjiaYeuwfv) et qni séduisait Fesprit du peuple de Samarie, se disant être quelque ehosede yranrf (Simon est ]a bête aux cornes de bélier de V Apocalypse) : de sorte quHls le suivaient tous, depuis leptus petit jusqti art plus grand, et disaient : Celui-ci est la grande veMudeDieu, Et ce qiH les portait à le suivre, e?estqu*ily avait déjà longtemps qu'il leur avait renversé Pesprit par ses enchantements. Ainsi l'on- voit qu'il ne s'ie^t pasdVme séduction subite, mais qui avait été ménagée depuis longtemps. L'expreââion dont les Samaritains se servaient : Celui-^i est la grande vertu de Dieu, exprime quelque chose qui, dans son genre, est tout ce que l'on peut imaginer de plus grand. Cela a du rapport avec ce que Balac dit de Balaam [Nombres ^ XXII, 6) : Car je sais que celui que vous bénirez sera béni, et que celui sur qui vom aurez jeté la malédiction sera maudit.

Néanmoins les Samaritains crurent à la parole de Philippe. Simon crut aussi lui-même; et après qu'ail eut été baptisé, il s* attachait à Philippe : et voyant les prodiges et les grands miracles qui se faisaient, il en était tout hors de lui (IÇidTaTo). C'est le même mot grec dont Tauteur sacré se sert pour exprimer l'impression que le même Simon faisait auparavant par ses enchantements, sur l'esprit des Samaritains. En sorte qu'il y eut une opposition entre les oi>éràtiohs de Philippe et celles de Simon ; celles de Philippe

l'emportèrent, comme les opérations de Moïse remportèrent sur celles des magiciens de Pharaon. On sait ce qui arriva «près la venue des Ap6tres à Samarie, et comment Tesprit intéressé de Simon fut manifesté. Simon Pierre confondit Simon le magicien .

Or, quoique nous ayons expliqué cette histoire de celui qui est désigné dans V Apocalypse par la bête aux cornes de bélier, on comprendra, pour peu que Ton connaisse Fusage de l'Écriture dans ces sortes de figures, que cette histoire pourra s'expliquer en plusieurs de ses circonstances, non précisément de la personne même désignée, mais de quelqu'un de ses principaux ministres qui la représentera, qui agira sous son autorité et comme ne faisant pas un personnage séparé d'avec elle.

En ce mémetemps, poursuit l'histoire desi4c/^5 (VIII, 26), Fange du Seigneur parla à Philippe et lui dit : Levezvous, et allez vers le midi^ au chemin désert qui descend de Jérusalem dGaze. Nous n'expliquerons pas en détail cette histoire, où la conversion des Juifs est excellemment peinte dans la conversion de Teunuque de la reine Candace. Nous en remarquerons seulement ici deux circonstances. Cela se passe à peu près dans le même lieu où Tange trouva Agar {Genèse, ch. XXI), et oùÉlie reçut aussi la visite d'un ange lorsqu'il était couché à Tombre du genièvre (///. itots, ch. XIX). L'ange montra à Agar une fontaine qui lui rendit la vie^ à elle et à son fils. Philippe, qui représente Élie, c'est-à-dire ce qu'Élie fera dans son second ministère^ apprit à l'eunuque à puiser dans la source d'eau vi ve qu'il avait sous les yeux, c'est-à-dire dans l'Écriture sainte et dans les livres des Prophètes. Il lui en communiqua l'intelligence. Gomme il savait la solution de l'énigme, il lui en fit pari. 11 apprit à l'eunuque à voir dans l'Écriture ce qu'il n'y voyait pas

378 BtlITIÈllB SYMBOLE.

auparavant ; et ce qui doit être obserYé^ c'est que Teunuque qui venait de Jérusalem ne voyait peint ees merveilles dans PÉcriture, et à Samarie, d'où venait Philippe, on le» y voyait.

Venons à l'histoire de Bar-Jésu (Actes, ch. XIII). Quoique nous en placions Texplication après celle de l'hittoire de Simon le magicien^ ce n'est pas dans le dessein de marquer que ce qu'elle figpnre ne doive s'accomplir qu'uqpràs l-àeeomplissemenl de ce qui est figuré par l'autre. L^Ue de €bypre fut le premier lieu où saint Paul et saint Barnabe s'arrêtèrent après la mission solennelle quHls reçurent à Abtioche $ en sorte que les conversions que saint Paul fit dans cette lie peuvent être regardées comme les ptémicts de son œuvre à l'égard des Gentils. On sait l'opinioo qui s'est répandue que saint Paul a pris son nom da proconsul Sarge Paul qu'il y convertit. Lorsque Paul, accompagné de Jean- Marc et de Barnabe, eut traversé l'Ile de Chypre joequ^à Paphos, il trouva un juif, faux prophète et magicien» nommé Bar-Jésu, que l'on nommait aussi Élymas. Cet homme étant juif, il ne faut pas le regarder comme un homme qui aurait été entièrement séparé de saint Paul par rapport à la religion.

Lorsque Paul et Barnabe eurent été introduits devant le proconsul Serge Paul, Bar-^ésu leur résistait, s^ efforçant d empêcher le proconsul cC embrasser lafoi.Ç*e Bar-Jésu, qui résiste à saint Paul à l'ouverture de son ministère auprès des nations, figure ceux qui de\'aient s'opposer à la doctrine de saint Paul dans des temps plus reculés ; ces hommes dont il est parlé (//• Épttre à Timôthécy ch. III), qui sont comparés à Jannès et à Mambrès; ces hommes corrompus dans l'esprit et pervertis dans la foi, dont le progrès aura ses bornes parce que leur folie sera connue de tout le monde^

eomme l'afait été celle de Jannès et Mambrës qui avaient résisté à MoISe.

Lorsque saint Paul passa en Chypre, c'était le temps d'insérer sur l'olivier les branches étrangères. Le proconsul Serge Paul était une de ces branches. Paul et Barnabe travaillèrent à son insertion. Bar-Jésu^ qui était une des anciennes brandies de Tolivier, s*y opposa. Saint Paul, dans VÉpUre aux Romains^ parle d'un autre temps auquel la plénitude des branches étrangères (c'est-à-dire de celles qui doivent être insérées avant le rétablissement des branches naturelles) aura pris sur l'olivier la place qui lui était destinée : Dtmec plenitudo Grentium mtraret (chap. XI, V. 35)4 Dans ce dernier temps il se trouvera des branches sur l'olivier qui imiteront Bar-Jésu. On verra, à la fin de ce gmnd ouvrage de l'insertion des branches étrangères, renouveler ce qui s'est fait au commencement. Il y aura des Bar-Jésuqui haïront la doctrine de saint Paul et qui emploieront leurs enchantements pour empêcher lés hommes de la suivre ; mais, selon la prophétie de saint Paul [ILTim., ch. III), ils seront confondus. C'est ce qui est représenté par la suite de l'histoire de Bar-Jésu.

Alors Sauly qui s^ appel le aussi Paul y étant rempli du Saint-Esprit, et regardant fixement cet homme, lui dit : 0 homme plein de toute sorte de tromperie et de malice [wrrwi UXw xal ica(n]<; j^a$ioupYiotç), enfant du diable, ennemi de touie justice, ne cesserez-vous jamais de pervertir les voies droites du Seigneur ? Si Ton pèse la force de ces expressions, on reconnaîtra quel doit être le caractère de ceux qui rempliront une telle peinture. Il faut qu'ils embrassent une .certaine universalité dans le mal et dans la haine du bien. Ce ne sera pas seulement quelque portion de la justice, mais toute justice qu'ils haïront; et pour l'attaquer ils met-

tropt en i»uvre, non quelque artifice^ mais tout artifice ; et ils De participeront pâs seulement à Tesprit de séduction et de tromperie, mais ils en seront remplis. Ils seront les enfants du djaMe par excellence, étant animés de l'esprit du di:agan;.pe)q^i. n'empêchera pas que, selon ce qui estdit dans la //• ÉpitreàTimothée^ il^ n'aient une apparence de piété j mais ils en ruineront la vérité et l'esprit ; ou bien, plus littéralement, ils en renonceront la puissance et la vertu. Ils sont appelés au mém^ cnAvoii diMes ou calomniateurs.

Saint Paul, continuant de parler à Bar-Jésu, lui prononça son arrèjt. : , ibTais maintenant la main du Seigneur est sur vousyvaus allez devenir aveugle, et vous ne verrez point le soleil jusqu'à un certain temps. Aussitôt les ténèbres tombinent sur fj^^i, ses yeux s'obscurcirent ; et tournant de tous côjtésj il cherchait quelqu'un qui lui donnât la main. Le proconsul, ayant vu ce miracle embrassa la foiy et il admirait ^la doctrine du Seigneur.

Sansi entrer dans l'explication de ce que représente l'aveuglement de Bar-Jésu, nous indiquerons seulement deux endroits de rÉcriture auxquels on peut le comparer. Le premier n'y ressemble qu'extérieurement; c'est ce qui est raconté de l'aveuglement corporel dont saint Paul luimême fut frappé en allant à Damas (Actes^ IX, 8). Le second endroit parle de la quatrième et de la cinquième coupe de V Apocalypse, dont l'une fut répandue sur le soleil, et l'autre sur le trône de la bète qu'elle rendit ténébreux [ApoCj XYI, 8, 10). Il faut y joindre la quatrième et la cinquième trompette, et les obscurcissements dont elles furent suivies (yl;?oc., VIII, I2,ctIX, 1).

Après avoir parlé de Bar-Jésu, il conviendrait de parler de la pythonisse à qui saint Paul ferma la bouche ù Phi-

lippes {Actes y XVI, 16), mais nous réservons cette histoire pour un autre endroit. On peut observer que Simon le magicien était chrétien, puisqu'il avait reçu le baptême ; Bar* Jésu, jttif ; et la pythonisse, qui parlait par Pinspiration du démon et annonçait la vérité sur le sujet de saint Paul et de ceux qui l'accompagnaient, était païenne. '

ARTICLE XXXIII

Trois degrés de lumière ou U^ois sortes de manifeslation des secrets çaobés de rÉcrîture Ik distinguer par rapport à Tobjet traité daDs ces Articles. Comparaison du II1« chapitre d* Amos avec le X V1II« chapitre de U Genèse, le X* et le XI* chapitre de TApocalypse et un passage de iérémie. : '

Dieu n'abandonnera pas son Eglise aux séducléiirsr. Les branches naturelles sont réservées pour rendre à l'oliviep sa première beauté. L'Apôtre compare ce qui arrivera, loM^ qu^elles seront insérées de nouveau, à un passage de la m^^rt à la vie : Vita ex mortuis (Rom.jXl, 15); Or, dans ce grand événement, il se présente trois choses à considérer, pal^ i^pport à notre symbole, savoir : l'événement en lui-même, fee qui le précédera et ce qui le suivra. Nous avons déjà raj^^ porté plusieurs figures qui représentent cet événement ^ par exemple, l'eunuque de la reine Candace, miraculeusement instruit par Philippe. C'est ainsi que les Jififà isëii^nt éclairés. Dieu, en leur ouvrant leSyeux, leur fera'apércévôîr dans les livres de l'Écriture des sources dVauvrvè 'qu'ils' ne voyaient pas, ainsi qu'Agar qui ne voyait pas la fontâiée qui était tout près d'elle. Ce grand ouvragé de là ctofa^ttîôh des Juifs sera suivi d'une grande côrmalssancfe des s^àintes Écritures ; 6e qui était caché dans ces saints Livrées s^èra mis au jour. Maïs avant même qtié l'ouvra^ Vacbbinplisj^,

982 HDITlil¥E SYMBOLE.

Dku rendant ceux qu^l lui plaira attentifs à ce qui en est prédit dans TÉcriture, leur fera admirer son plan par avance. Ce sont donc ces trois choses, c'est-à-dire cette triple manifestation que nous devons maintenant considérer. Nous rapporterons certains endroits de TÉcriture à Tune des trois ; et il y aura aussi des endroits qui auront rapport à toutes les trois ensemble. C'est pourquoi nous prévenons le lecteur, afin qu'il ait présente à Pcsprit la distinction de ces trois choses, et qu'elles lui servent à démêler des idées qui ne doivent pas être confondues.

Le liofi rugit'il dans une forêt, est-il dit [AmoSy III, 4), sans qiCil ait trouvé de quoirepaitre sa faiml Le lionceau fait-il retentir sa voix dans sa tanière, sans qu'il soit prêt à se jeter sur sa proie? A. celte comparaison le prophète en réunit plusieurs autres, d'où il conclut, que tout ce que Dieu fait est concerté ; et même, que Dieu ne fait rien d'important par rapport à son peuple, sans en donner par avance la connaissance à ses serviteurs : Car le Seigneur notre Dieu, est-il dit, verset 7, ne fait rien, sans avoir révélé au^ paravant so?i secret aux Prophètes ses serviteurs. Le lion rugit, poursuit Amos, qui ne craindra poi?it? Le Seigneur notre Dieu aparté, qui ne prophétisera point?

Il faut joindre à cet endroit d'Amos ce qui se trouve dans le XVIII' chapitre de la Genèse, où Dieu annonça en même temps à Abraham que, dans un an, Sara aurait un fils, et que Sodome allait être jugée, condamnée et détruite. Verset 17 : Alors le Seigneur dit : Pourrai-je cacher à Abraham ce que je vais faire ? Num celare potero Abraham qu.e GESTURUS suM? Amos, III, 7 : Quia non facit Dominus Deus

VERBUM, NlSl REVELAVERIT SECRETUM SUUM AD SERVOS StJOS PRO-

PHETAS. Le mot que le traducteur a rendu par secretum suum, il aurait pu le rendre par celui de mysterium suum,

Dn^INATlOTf... PROfBÉTBJI, ETC. 383

•n hébrea »odo; c^est le même mot dont vient le nom de Sodome.

La grande prostitoée de V Apocalypse porte écrit sur son front le mot mystère. La grande ville où les deox Prophètes sont mis A mort s'appelle spirituellement Sodome. On ne peut douter que les choses annoncées d^one manière générale, mais avec on si grand appareil, dans le chapitre précédent [Apoc.y chap. X), ne regardent en partie cette grande ville.

Au milieu des paroles d'Ames, que nous venons de rap-t porter^ (m y trouve encore celles-ci, verset 6 : La trompette wimet^if^t'elle dans la mile sans que le peuple sait dans Pépouvante? Arrivera-t-il quelque mal dans la ville, qui m vienne pas du Seigneur î C'est après ces paroles qu'il i^nts celles que nous avons vues : Car le Seigneur nairû JHeu ne fait rien^ sans avoir révélé auparavant son secret aux prophètes ses serviteurs. Et devant et après, Amos parie des rugissements du lion.

Jérémie se sert de la même image pour annoncer les jugements de Dieu contre les habitants de la Judée et de Jérosalero, ei contre le temple même, ch. XXV, v. 30. Z> Seigneur rugira du haut du ciel, et il fera entendre sa voix du lieu de sa demeure sainte. Il rugira comme un lion contre le lieu de sa gloire; et il s'excitera un cri commun contre tous les habitants de la terre, tel qu'en font ceux qui foulent le vin. Le bruit en retentira jusqtimix extrémités du monde, etc. Ainsi Dieu annonçait-il^ au temps de Jë<» fémie, tous les événements qui devaient accompagner la prise de Jérusalem par Nabuchodonosor, et en particulier la ruine du temple : Blgiet super decorem suum.

Le chap. XI de V Apocalypse exprime, dans les premiers versets^ le jugement que Dieu doit exercer sur son temple.

384 HUITIÈttB STMBOLB.

C'est la première chose qui est montrée , ensuite de ce qui venait â*ètre annoncé- {^p Tange âppt çaint Jean fait la description au ch. X. Il avait son pied droit posé sur la mer, et'sbn* pied gdueftie sur ia terre. Son vi6éigfet'é4ait*^6oflàif^lé libleil. Et il cria à haute vûiai: cQmtne un tlàri cMi^Mit : et

Il fut défendu à saint Jean d'écrire les paroltsides sepÉ4onnerres. Scellez^ lui fut-il dit, les paroles des sept tonnerres. Q» pmit>ie<wpatec>av.eK^ cetf«ip4eQti| l^^ffii^um^^f^Nm : Afentelkminayeii^- ^ ..a.u .i .Miî.|r.tji il rrr. •.«i^h^j.-. \.vL'eu3ge\ jâya,«n9^ite\la. maÎQk^^^xHeÙel iipiH^^^wiikvS^rr BMKirtflekâMly ^il déelasa : Quil tSk'^^Mne^ilLyp^.dgisfetvifi^ lo'eaMindtce /de : délai ; mm qiiau joufi odirh sepAi^im.W^t 4tMUmtmid9[em vai«.ef sonnerait ihi^ih (ronf^êh^^V^r îtéMidtiJHisuis'accomplirait, Atn^ qt^pl i\aianmHc4xpf9k$ Pnopkèt9saesisert)iteur$.i Cb -^voitibiqiv.qu^'M 9'l^Ui^ 4iw Qwtrâi mystènidiéterminé.; et rotiJepijl^.jsafi^i^ éfm ^parokis^ soit avec celles 4' Axnoi^ : Le.SeiffmtSf^ tm^^-^iw ne ( fail rien y sa?is moir révélé aupariXivani spn s^cr^fi {{son -mysïèré) auœ Prophètes ses serviteurs; $oit avi^rceUesdu XVIII?: chaf^itre de Id^Gcîiese: Pourrai-^je cacher à Jibn^^ ham te que je vais faire? .:.-.....,-...;

.^Cet ange tenait en main un petit livre ouvert qui fut donné à sain t. Jean afin qu^il le dévorât ; c'est-ànsUixfLque -saint Jean comprit et fut tout péaélré des jpaenveilleg qiae Fange annonçait, et qui ne sont autres, que le^.qhosiepqM^ VéA "vpit déduites dans le& chapitres suivants. Le my^^re d'iniquité de la part des hommes, et de. colère de la. part de Bien, y ^st joint avec le mystère de gràee et de. miséricorde. ... .,.,...

i'iit

ARTICLE XXXIV

Songf d«. NabsekKloBQsor. de la suiiie composée 4e différent méuiuu

Péril commun oti se trouvent enveloppés les devins. Daniel et ses corn-

ptgnèiis obtiennent de Dieu rinterprélatîon do songe/ Par le même

noyeb» ils appreuient l'ordre et la rétolotloo des temps et èfiieiitm

" roeftaiq..

C'est ici le lieu de parler du songe de NebuchodoDosoTi rapporté an IP chapitre de Daniel. Ce prince ^ est-il dit^ eut vn songe dont il fut extrêmement effrayé^ et ensuiteH l^<m^ hlia entièrement. Ge songe est oelui de la statue composte de différents métaux. Il y a entre ces métaux un ordre et vue gradatioiiy en sorte que Ton passe des plus excellents aux plus irils^ et de ceux qui font la richesse des hommes, à ceux qui sont les instruments de la mort et de la captivité. On vient, pair degrés, de l'or au fer et à Targilci Cela marque en général la succession des temps, les progrès et la consommation du mystère d'iniquité. Après Tàge d'or vient celui d'argent, puis oelui d'airain, et enfin celui de fer et d'argile. Daniel en fait d'abord l'application aux empires ; mais ces empires sont eux-mêmes figures d'autres objets; et cette première- application de la parabole de la statue n'est qu'une ombre par rapport à d'autres applications. La diversité des temps se vérifie d'une manière bien plus împcHrtante par rapport au peuple de Dieu. Le peuple d'Israël, depuis Abraham jusqu'à Jésus-Christ, a eu ses temps d or et d'argent, et ses temps d'airain et de fer. Le peuple chrétien a aussi ses temps d'or, d'argent, d'airain et même de fer, et cela en plus d'une manière.

Dans les temps qui, pour ainsi dire, environneront la conversion des Juifs (car c'est l'objet que nous considérons T. II. 25

nifiiintenant), cette science des temps deviendra extrêmement nécessaire. C'est cette nécessité qui est exprimée lorsqu'il est dit [Daniely ch. II, v. 2) : Le roi commanda qu'on fît assembler les devins, les mages, les efic/ianteiurs et les Çhaldéens, afin qifils lui déclarassent quel avait 4{é sfni ^(^e^ Ils vinrent donc et se présentèrent devait lui. Bt le roi leur dit : J'ai eu tin songe^ et je ne sais ce que fai i*Uj parce que rien ne m'en est resté dans Pesprit qtûufie idée çmfuse» Et le roi exigea d'eux qu'ils lui dissent quel avait été son songe. Mais les devins ne pouvant satisfaire à cette demande du roi, il ordopna qu'on les fit mourir, salon la menace qu'il leur en avait faite en ces termes (y. }S)\ Lerai répondit aux Chaldéens : Mon songe m^ est échappé de Ja mémoire ; si vous ne me déclarez ce. que j'ai songé, et ce que mon songe signifie, vous périrez tous, et vos maisons serent confisquées. (L'original porte : Domus vestrœ in sterquità^ nium ponentur). Mais si vous me dites tnon songeât ceqt^il signifie t je vous ferai des dons et des présents, et je vous élèverai à de grands honneurs.

Daniel et ses compagnons étaient compris dans la menace du roi (v. 13) ; on les cliercliait pour les faire périr avec les autres. On reconnaît donc de quelle importance il était de satisfaire à la question proposée par le roi. Il y allait de la vie, et cela pour tous les sages, les devins, etc. ; non-seulement pour ceux qui étaient de Babylone, mais encore pour Daniel et ses confrères qui étaient à Babylone, sans être de Babylone. Et le tout dépendait de la découverte d'un secret, mais d'un secret qui développait le caractère et la proportion de tous les différents âge.'» du monde.

Il faut se souvenir ici du secret de Thamar. Elle allait être consumée par les flammes, si elle ne l'avait dit. Elle produisit au patriarche Jurta les signes cerlains pour le con-

DIVINATIO?!... PROraànS, ETC. 887

vohidre delà vérité de ce qu'elle disait; ou plutôt, elle fit entendre tout ce qu'elle avait à dire, par la seule représentation des gages qu'elle avait entre les mains [Genèse^ XXXVniy 25). Mettre ces objets sous les yeux, c'était déoouvrir le secret ; et dans ce secret il y avait une vertu renfermée et qui était telle que, toute coupable qu'elle était, elle ne pouvait manquer d'être renvoyée déchargée de la eendamnation prononcée contre elle.

Au secret de Thamar il faut joindre celai de Joseph envers ses frères ; celui d'Esther qui découvrit au roi Assuéms qu'elle était de la nation condamnée à périr ; et celui de Samson. L'épouse de Samson allait être brûlée si le se- CTet n'eût été découvert. Les trente paranymphes de Samlon obtinrent les robes qui faisaient le prix de la découverte, aux dépens des trente habitants d'Ascalon à qui Samson ne fit pas difficulté d'ôter la vie, afin d'accomplir sa promesse et de revêtir de leurs dépouilles ceux qui, par quelque voie que ce pût être, avaient trouvé l'explication de son énigme [Juges, ch. XIV).

Giiacune de ces histoires renferme la figure non d'un seul événement, mais de plusieurs; et étant rapportées aux grands événements ou révolutions qui font comme le centre des prédictions de l'Écriture^ elles en font partie. Chacun de ces grands événements tient lieu de tout, par rapport à oes histoires ; il est donc question d'assigner à chacune sa place dans ce tout. C'est ce qu'il faut faire en particulier par rapport au grand événement dont nous parlons dans oet Article et dans les précédents. C'est pourquoi nous avons rappelé le souvenir de ces histoires, afin que l'on soit averti de les comparer avec celle du songe de la statue intelrprété par Daniel. Il y a, dans Thisloire de ce songe et de son interprétation, des circonstances qui conviennent spéciale*

388 HtmÈBIE SYMBOLE.

mèsii à là révditifiôn dé la réittsertiorides branches ibUltù-

relles sur l'olivier. " " " ' i^- -'^î*- -

•Le grincé exigeait deux chose^ : c(àlDfli'iii'rac(iûttLt 'fe^ prôprti sbTigé^ et qn'otiile lui ihtèflprétol'ï^at'' éàpj^tt^ï ïâ première' de' ces deax'choses, îï lié jlèhvàiV de liii-mè'ûïé réthMitfet dàn songe, mais il se souVeiiail de l*i+oîr eul'tt sAVait fort bieû que, dès qu^ori le luiremétti^ït^éVbh^tléà yëùx/ il le récotinaltraît. 11 avait' dahs son cei^èau dès tftWîJé* qu'il rie pouvait déinôlet; niais' il saviiitqtiMÏ ii*y a>^àitque là %èûlé narration: dii VVai sotigé, 'é[m W'dcdè<dé- Afità^d'teS' tracés; éri î^orte qu'ir àvfiiîl, âàns^Isî propôr-* lion des traces avec le''â6nè*é,''tiiiè<r'èglë èfeftaîiie pôilr récdnÈfàltt^ si on lui dirait là vérité. ' ' ' '"^ ' ^

H comptait tellement sur cette règle,' q[u'îl en voiiîàît éteridfe rùtilité jusqu'à rinterprétàtibîi tfu'éôn^è ; crirlf iie pouvait, difeait^il, se fier à rîriterprélàtiôto qu^oh'luî dottaîéràit, qrt^ péttcë qu'on lui aurait auparavant racbiit^Iè sbWj^eV I/intèi^pi^étàtion dd songe lui paraissait avbir quelle bhose d'équivoque, et que Ton pouvait soupçonner d'être arbitraire; mais il n'en était pas de même de la narration suivie d'un songe oublié. En effet, il y a bien de la différence, d'une part, entre appliquer des paraboles à des événements dont Fordre et les circonstances sont connus (l'adresse de l'esprit peut avoir beaucoup de part à cela); et de l'autre, exposer une suite et un arrangement d'événements qui avait été perdu de vue, et dont il ne f estait plus que dès traces confuses. Ou bien encore : il y a une grande différence entre expliquer, d'une part, des paraboles que l'on vous propose tout arrangées, et quMl n'est question que d'expliquer telles qu'elles sont; et de l'autre" part, joindre à l'explication l'ariangement mêrfie des pàralDoïes les unes par rapport aux autres, ou l'arrangement des parties de

ch^^e paf£^bQle.;i,le pi^mier, est ; iotç^prétePr le so^gq; Tautre, est le rétablir.

^ ^^iS| ^ f^\^t ; ^f ep p^endcç ^ardç ç^e cette ^^p^ç^ .^e, rétç^îisppmeç.^ n^ ^éf:it^,^ W?»i 9»^ P^i^ rappor^ à 1^ p^^i^e i^^ue^e^^e ç^m ^qi^i l'ônj parle. Caç il ne faiit.dir^,qï^M>f^ W^li?j ^j^ P^çif^j çt i|. iÇ^ut queila çopfornû^^té, si^ii tej^e^ .qw

9)r^ î^yp^j^.nfon spflg[e,jy^;}à qui j ^'^oçoriie avec. Içs tra^^ OHJ ^|«||ent ^re^t^e^. dar^.Juo^ ççi:y^a;.et:^ela,s'y aç^rde^i Bî^^j;|,^ jgif'il pcj peut i^pster, dç dpute que c'es^ùeqiii .^vait, ^ pensé^^^^ \v^çQS qqi,sub:^ist^t ençqre syatueU^meja^

ofit^^^lpr^éQ^ pourlapri^paière fo^^ ..m..|. .,oij

Versel 7 : Les Chaldéem répondirent au rm po%4r Uj^j^e^^

ràMmfii^,;^J^e y^i^ vqu$ ne cherjçhef^^qif^às^gner,^

iepg^^ pftrf^ç gu^ .vous, sapez qtœ f%x>î^bli^, t^f^ti, so^ge^^i

qw.%^?ijPi.ypM^J!wqi^ dit ^ vous luiawie:^ donnç ^neJ^Ufitr prif^(^tJpnJrpmp^^s,Ç e/ pleine, (fil hi^c^hpo/ufm^^ àepavoi^^^MsqtAàçfi qu il r se. fût passé beaucoup de. ten^ps^ IXitçs-rrnpi donc quel a été mon songe^ afin que j^ sacie aussi que r interprétation que vous lui donnerez ser<jumfitafyle,^ j^n^epmparaiit la nature du songe et ce .q^:^l:Sig^^ft i^yçcQçs paroles du .roi, on voit qu'il vien4,un cçi^ainLJojui! ^ijiil faut absolument IrouyprleplaUjde Dieu dans la diis^R^r butiîpn des temp?; ce que le Sage appelle le CQmmmcement,, la fin et le milieu des temp§,,les chçingenients, que causent* t éloigriement et le.retpur du soleil^ la vicissitude de$ sçi-r soiis {Sag,^ YH, :1.8), En ce jour, en vain chercbe-;ts>0 ,â| tirer en longueur, les déf^te^ nq sont plus de- saison ;/^ vois bien que vous m cherchez qiià (/agner du temps; ^i

399 HOITIÈMB SYMBOLC.

après ipour rnenireienir de paroles jusqu'à ce quUnfét pcLssé beaucoup de temps. Mais il ne leur était phu dooné deiemps ; il fallait saiis£aire à la question proposée, ou pévîrv

Pour fixer ici les idées, nous dirons que les traees sulms* tantes dans le cerveau du roi sont les endroits de rÉcriiiire qui sont den^eurés inexpliqués à un tel point que ron n']^ aperçoit rien qui ait apparence d'arrangement. La phi» grande partie de TApocalypse peut servir ici d'exemple, aiam qu'une grande partie de Zacharie, d'Oséey ; et ibieii d'autres endroits, soit des Prophètes, soit des? autres Liwea de l'Ancien Testament. Ces endroits sont tels^ que la pliHpart du temps, on n'y trouve pas même depremîeirmns. Je parle de œ sens grossier qui n'est qu'une écoree, poroe qu'il sert à en couvrir d'autres plus importants» ou pour mieux dire, les seuls que des Chrétiens doivent trouver im^ portants. On peut donc dire, que Ton n'y trouve pas mène ce qui devrait faire la base et l<e sujet de l'interprétatîoDy ainsi que Nabuchodonosor ne retrouvait pas son songe qu'ils'agissait d'interpréter.

Cela supposé^ il est aisé au lecteur de déterminer eë que c'est, premièrement, que de faire la narration du songe ; secondement, de l'interpréter.

Ces devins, ces Chaldéens, etc., dont il est parlé dans tout ce chapitre, ne doivent pas être considérés comme repiH^sentant quelque chose de mauvais; Daniel et ses confrères sont considérés comme étant de leur nombre. Ce que nous voulons dire, c'est qu'en déterminant les personnages figurés par ces devins, il n'est pas nécessaire qde leur profession soit illégitime. Leur impuissance parait et les met dans un extrême danger; mais Daniel et ses confrères, avec l'aide de Dieu, satisfait à la demande du roi; et l'ordre de faire périr tous les devins n'est point exécuté.

DIVINATION..» PROPHÈTEâ^ ETC. 3M

VevBai tft : Les Chaldéens répondirent att roi : Seigneur^ il^f à pMiLt tT homme stsr la terre qui puisse faire te fue^ vim^fwus eammémdeZi et il ny a point de roiy quetqme^ griindiei puissant qu^il soit, qui ait jamais exigé une telle chose des detnns^ des magiciens et des Chaldéens. Car ce que vam nous demandez, à roiy est si difficile^^ quiil ne se tr&m*. vem personne qui puisse vous en éclaircir, excepté leadkum guiuiosU peint de commerce avec les hojfimeSiQ^iéieiaktB qa&Diau {MNi?ftit voir à nu ce qui était cacbé dans Icstraœsi deosrwanâa roi^ et démêler mieax que lui oe qui était* dans*^ mémoire ? S^il avait été question d- une chose o^f^i naAref lioumise anx recherches des hommes o«l à Tatt des' . derâM^ ils auraient pu en donner la solution. Mais pour ' déaowvrir ce qu'un autre avait penséy il fallait avoir eomni mevoe avee Dieu, et commerce par rapport à un objet à répord duquel il n'y avait point d'exemple que Dieu fieJM coHiHMUÛqué aux hommes. En effet, il y avait de» éj&em* pkadesoBges interprétés par l'Esprit de Dieuy mais noiii pas de songes retrouvés par d'autres, après que la mémoire distipote avait éehappé à celui qui avait eu le aougeé

Cependant il faut observer qu'il ne s'agissait pas de dé-» couvrir quelque secret qui eût été jusque-là caché: à touthemme, en sorte que nul homme n'en eût eu connaissanee. Au contraire, il s'agissait de retrouver oe que le roi avaifc.i pensé dans son sommeil, et comme nous l'avons ^^é^w^ , nuurqué, il en conservait dans sa mémoire des traoes suffît* stfitee pour reconnaître si ce qu'on lui dirait était ce qu'il avait pensé. Il y avait donc, par rapport à la mémoire da rdi^ quelque chose qui avait été et qui n'était plus, et quel* que chose qni subsistait encof e. C'était oette chose qui avait été et qui n'était plus qu'il fallait retrouver, el il fallait qu'elle cadrât avec la chose eubsistante^ h

da songe. Cela fut accordé aux prières (fSS'Biulfâ W

COBlpIKVUllirBvrOBBOfvm oTïTIdr imrn» 1 VZWIllI^FII^^i

des temps, c'est->à-clire des mystères semblables-ft^Sel :fiii«b«WcÂ!iW^ëM»'& dbiie^b >fo)M^l>>(tftè»§»éf«^ téîn

•^»^ll\làtil ')teba)«(dèr< ïjféie' >Dattiei^ifttit éU' ià''4è^

'ièi6l''è(A)ettiM<.''0h^'sàit e«tt(bië& ')l4<>Àviiiè3t'di^a^ 'itta^â«B -^^Irt'^protOâttoti'Mlé «Diieii;' Ol»^ ^Vl^it^fa^^

DIVINAT10N..*.PR0F9tXES, ETC. 393

JDjim lui ^yjf^t^dpimée ; iln'avait lait autpe^ ohosQ. qw de. faire jlgqlfr.4^ 4flîn[ acenf^teuJ^ et 4e xapprQcl^eir i^i*^ f^ii^Ues

goi^4fiÈ asj^lfifmé 4e faire mourir les sag^ d^ fiat^lc^y et Jfui^,^ Nf faites pQint mourir les saffes de^Bab^fione '^ia^er $ifi9::mai 4m roiy et je lui. donnerai féclairciiis.emer\i,qtCil désùrtf* Ariûch, aussitôf, présenta Daniel au roi^^el lui dif: jfifli,iroHvé.un homme d entre les captifs des enfan$f^4e Jud^rf^i donnera au roi F éclaircissement qtCil demw^* jLe roi répondit en se tournant vers Daniel surnommé fiçj- 4/^azar:^ Çroye:^vous pouvoir me dire véritablement ^e,ç^ .faf^^ffU €taw. mon songe, et m'en donner V interprétation^ J^iel népondit . au roi : Les sages^ les mag^s^ les^depin^et .^t iff/iffures. ne peuvent .découvrir au, roiJejnjf$tére,dontil ^\^nfieine; maisiltfawi Dieu aucielquirévj^kJe$,ni^' .tfhre^\ÇUi nous a montré,, 6 roi, les choses quidoifW\t arri- ^fHfrj4ffM^lfis derniers temps* Voici. d^nc queLa^Jté.voire

.^.^>]QNBMAie) faîL^iUir la difficulté : 4a la 4ema949 .q^^il^ PQt avait faite : Les sages j les mages j les devins et legtwg^Uîrfs.ne .ftemisntidscouvririau roi k fi(iy^èredçntiH ^est^î^peiine. . Ç^^iiquî^est représenté dans EzécbieL ^ovs.Ijb ^^j^ 4ATpi : ^«Tyr^nonobstant le» doqs merveilleux quMlaY&it tqoiga&de ,()iea depuis lopglempsy n'aurait pu déçouvriri ce ipystJife :

,^Çi:)Cl^fiAPp?NTIOi^ ES TU DaNIBLE; OMNS 8JSCfl£IUM KOH IfôT. A?*

fo^M^rvH AT? I^Ézéch,, XXYUI» 3). Ce que les^^^pt^te ont jjpiduijb^wmaaifère d'âuterrogatian< :.J&/^&-rvoii|i( plm\Mg^ .«924^^nM/?tEt.la3ible deSaey i,,Çar\vou^ e4o>^fi erM^éSre Jf4v^ sageique> Daniel j et qu\il n^y maii^ pointée secret^ qui iVfiu^fiif'€aché* Peut-être ces paroles A^euferf&eo^eJile^. une f^onia^mblable à celle, qvii se lit daDf^ilu,6>/<^^ Iqr^qae

394 HUITIÈnB SYMBOLE.

Adam étant en la présence de Dieu, Dieu dit : Vmlâ Adam devênncùmme Ptmde nous [Gen.y III, 22). Ilfadt se wmvénir que le chapitre à'Ézéchiel, sur le roi de Tyr, est rempli d'allusions au paradis terrestre. PeuW-ètre aussi àdi paroles doivent-elles être rapportées aux premiers tempa, lorsque cet homme, désigné sous le nom du roi dd Tyr, était par^ fait dans ses voies au jour de sa création.

Ce n'est pas ici le lien de rapporte!* en détail , ni le songé^ ni le premier sens que Daniel y donne. Ce sont les quatre empires figurés par les quatre parties de la statm formée dedifRirents métaux> mais de sorte que les métaux précîeuÉ sont les premiers/et que Ton passe par degrés aux plue viltf: Après ces quatre empires en vient un autre^ qui l^empoirtè sans comparaison sur les premiers par son exeellenee et soa étendue ; il est figuré par la petite pierre qui se change en une montagne qui remplit toute la terre.

Nous ne nous étendrons pas non plus sur le second sma du songe, enoore moins sur le troisième. Daniel et ses confrères surent reconnaître le temps auquel ils vivaient. Par rapport aux empires des Babyloniens, des Perses, des Grecs et des Romains, le temps était d'or ; mais par rapport à la situation du peuple juif, c'était un temps de fer. En elfct, quelle différence pour un juif entre le temps des Patriarches, celui de Moïse et de Josué, celui de David et do Salomon, et le temps de Jéchonias, Sédécias et de la captivité de Babylone. La captivité de Babylone était, à parler selon le style de TÉcriture, une fournaise de fer. Les trois compagnons de Daniel réprouvèrent sensiblement lorsqu'ils furent jetés dans la fournaise ardente; mais de nouveau ce temps devint pour eux et pour ceux qui leur ressemblaient un temps d'or par leur toi et par les bénédictions dont Dieu les combla. Ils surent discerner le faux édat de la statue

d^4m 4U« Nckuchodooosor (qui venait de prendre Jérusft* lcm)/EMsait adorer, et ila sortirent eux^^nièmes de* la foiuv 2iai#o.ooiiiine ded'or éprouvé par le feu.

1^ Christianisme a aussi ses temps. La sagesse du vhii Dan^.at dU; vrai Joseph, c'est-à-dire la sagesse que Jésus* Cbriat qommioQiqtte en chaque Âge àses serviteurs, consiste ^ discerner les temps et à se mesurer sur celui où Ton est4t . 3)a];i8,run9 faire des provisions pour Tavenir; dans i'aiUtre ieippa^ vivre des richesses amassées et conservées soigned-* sèment dans les temps d'abondance qui sont passés. Reoea*' nallm lorsqu'on est aux derniers temps^ que ce sont des teiapa d'airain et de fer; savoir de quelle matiiàre il faut m cooduif ealocs. Reconnaître lorsque le jour est venu, ce qoQ / c'est que le songe dont il est demeuré des traces ; entendue, ce songe. ; Hêconnallre que les branches naturelles auront leur temps, ainsi que les branches étrangères ont eu le leur. L'or peut donc revenir après l'airain et le fer^ os pluiôt au. milieu du fer. Savoir que ce qui est or par UD'oertain éclat extérieur, peut être fer par rapport à un autoe point de vue, et que l'or peut sortir de la fournaise defjar.

An temps qui a précédé et suivi de près la venue: du Messie, on pouvait raisonner en deux manières: f" En rciconnaissant que l'empire romain était le quatrième empire prédit par Daniel, la quatrième béte ou la dernière portion de la statue, l'empire de fer ; cela était conforme au sens immédiat de Daniel. Ou bien, 2'' on pouvait comparer les divers temps de la durée du peuple d'Israël et recoQoeitre qu'en comparaison du temps de Josué, de Salomon, etc., on était parvenu à l'âge de fer. Alors, supposé que l'cai eût l'intelligence de l'Écriture, on pouvait reconnaître que le cours des temps allait se renouveler^ et qo'api^ un

nouvel âge d'or viendrait encore Tàge d'argent, d'airain, de fer, ef rage dé fer iiiéïè d'alfgiîe. "

C'est! par exemple^' ce queV^ui^m^derËcclestàsiiotiç a

lit i ■»!» '"ni» Ml •»! "rtr.i i

période recommence-

se sué

que les temps deviennent de plus en plus mauvais^ Cepfin-

toT.Ut v'iii*.'»!» L>P|-.-.iS I U ''-l'. ''^' --ftl 'î = ^» ■" ''i!"«i '•■>î<^ '.

dantj au milieu de ceç^iQalJtieur^on vo\t mrjrenouyellement, c'èst-à-dire iip temps d'or repàraitre dès le Xl* et le'XIP chapitre.

iVous , renvoyons à. une explication suivie du Jivre de Daniel la discussiQu des preuves qui font voir que ce PSrophetCL,^ Iiii-n^dme laisse des traces qui montrent qiie la pé« riode dés temps d'or, d'argent, d airain/ dé fer eid^argile, devait se renouveler à plus d'une reprise. Les deux songes de Pharaon que Joseph interpréta de la même sorte donnent à entendre que ce ne serait pas pour une seule l'ois q^ue les temps d'abondance et de disette se succéderaient ; çt d'ailleurs cela est clairement prédit dans rÉcriture.

ARTICLE XXXV

Roi deTyrd'Ézêchiel. Baltliazar; Daniel lui explique le Mané, théccU * ■ FWrTm. JéîTus-Chrisl annonce par esprit de prophéliela tiihi^bn de •: iadaf!; Qn<iâ sont les objeia iii;un^s c^ie Ton enrisage dans ces trois

,,jjjislpires. .■■.,.:

Roi de Tyr.

j\ous réunirons dans cet Article trois endroits de TEcri-

DIVnCATI05... FBOPHtTESy ETC. 397

faire qui dons le sens historique et immédiat n'ont aqcone liaison^ mais qui en peuvent avoir dans le sens figuré.

Lepremier est la prédiction d^Ézéchîel sur le roî de Tyr. Dams lé point de vue bu l'envisage Ézéchiel, celui qui est di^gné 'soiis'ce nom n'est autre que la béte aux comesde iléïter du XBI* ch. de V Apocalypse. Il en est ^t des choses tr^glorieuses, et il est parlé aussi de l'orgueil où il s'était laissé Met y et des jugements que Dieu devait exercer sur lui en punition de son orgueil. Nous ne nous arrêterons qu'aux tnîls qui ont rapport à notre symbole.

Yôïci donc ce qui fut ordonné à Elzéchiel de dire au roî de Ityr de I4 part de Dieu ch. XXVIII, v. 12^ : Vous. étiez le sceau de Ta ressemblance de DieUj vous étiez plein de sagesse et par fait en beauté: vous avez été dans les délices du ^radis de Dieu; votre vêtement était enrichi de toute^ mrïes de pierres précieuses ; la Sfirdoine, le topaze^ i^j^'^p^ k'ehirifsôKthey Tonyx^ lebéril^ lesaphir^TescarUmcle^rémèr fàudeef For ont été employés pour relever cotre beauté i et' les msiruments de musique les plus excellents onL,ii^ pt^pares pour le jour auquel vous avez été créé W^. Celui qui ê$t' nommé le roi de Tyr ressemblait donc' au gnndpirètrê. n était rempli de sagesse. Il lui était doime de cbnsol ter l'oracle, ainsi que faisait le grand-préfre. II était orné' de dons qui avaient rapport avec celui d'Elisée qui prophé* Usait au son d'un instrument de musique /T. Rois^ III, 15; ; et encore plus, avec ce qui arriva à SaOl, lorsque Sannel le renvoya à la colline de Dieu ; il y trouva une Iroopè de prophètes qui prophétisaient au son des instrument de mu« sique de toute espèce; et TElsprit de Dieu s'étant saisi de lui, il prophétisa avec eux '7. Rois^ ch. X}.

\ou-seulement ce mystérieux roi de Tyr ressemble au grand-prètre qui recevait les ^réponses qui sortaient de

808 HmriÈMB symbols.

Toraole ou du propitiatoire ; il esteneore représenté par tm de ces chérubins qui couvraient le t propitiatoire de ietirs ailes (v. 14) : Vous êtes ee chérubin qui a reçu fonction (hébr. CHKRUB unctus) et qui couvre de ses ailes le^propitîatoire. Je vous ai établi sur la montagne sainte de Dieù^'et f>om avez marché au milieu des pierres brûlaèntes. Vous étiez par fait dans vos voies au jour de votre créatioh, jus» gu^d ce qire Finiquité a été trouvée en vous.

Il est manifeste que si Ton veut avoir une explication de tout cet endroit d^Ezéchiel qui ait de la justesse^ il ^ut trouver un sujet à qui toutes les grandes choses exprimées par Éiéchiel conviennent, et à qui conviennent aussi lèts funestes traits que nous allons voir. Sans doute quMl n^ést pas nécessaire que ce soit un homme unique. Le roi de Tyr n'est pas désigné par son nom, mais pao celui de Ol dignité. Chaque roi de Tyr mourait, mais sa dignité se per* pétuait dans ses successeurs. Le roi de Tyr, dms la per^ sonne d'Hiram, avait contribué à la construction du temple, au temps de Salomon : au temps d'Isaïe et d^Ézéchiel, les Tyriens étaient dans des dispositions bien différentes ; alors le roi de Tyr aurait voulu détruire ce que son prédécesseur avait contribué à édifier. Ce n'était plus Hiram, mais c'était toujours le roi de Tyr. Par rapport au sens figuré, la ville de Tyr dont il est parlé dans les chapitres XXVI et XXVII d^Ezéchiel, est la môme chose que la grande Babylone de Y Apocalypse , comme on le peut reconnaître en comparant ces chapitres à^Ézéchiel avec le XVIII' chapitre de VApocalypse.

Aux observations précédentes il faut ajouter que le roi de Tyr est étranger par rapport à la race d'Abraham selon la chair. Revenons à l'endroit d'ÉzéchieL

H est donc dit du roi de Tyr^ qu'après un premier temps

mVINATION... rROPHÈTESy ETC. 309

auquel il avait été parfait dans ses voies, il en avait saoqédë on autre auquel riniquité avait été trouvée en lui. Et au verset 2 : Votre cœur s^est élevé, et vous qvez dit : Je suis Dùnif et je suis assis sur la chaire de Dieu au milieu de la mer ; quoique vous ne soyez qu^un homme et non pas un Dieu; et votive cœur s'est élevé comme si c'était le cœur d'un Dieu. C'est là que le prophète ajoute : Car vous êtes plus sage que Daniel, et il n'y a point de secret qui vouss^it caché... Vous avez accru votre puissance par retendue de voire sagesse et par la multiplication de votre commerce^ ei votre cesur s'est élevé dans votre force... £t au v, i&t DoM la multiplication de votre commerce^ vos entrailles ont été remplies d* iniquité, votis êtes tombé dans le péchés

Voici maintenant le châtiment : Je vous ai chassé de la mosUagtie de Dieu. Je vous ai exterminé^ à chérubin qui protégiez le propitiatoire, vous enlevant du milieu des pierres qui jetaient des rayons de feu. Car votre cœur sfesi ékvé dans son éclat, vous avez perdu la sagesse en vous élevant de votre beauté. C'est-à-dire que d'un vrai sage qu^il était, il est devenu un faux sage. Il est dit dans les versetp antérieurs que Ton viendrait l'attaquer avec l'épëe (v. 9) : DireZ'VOus encore, lorsque vous serez devant vos meurtriers^ lorsque vous serez sous la main de ceux qui vous ôteront la vie : Je suis un DieUy vous qui nêtes qu'un homme et non pas un Dieu? Vous mourrez de la mort des incirconcis et par la main des étrangers, parce que cest moi qui ai parié^ dit le Seigneur Dieu. Et au verset 18 : Vous avez violé I0 sainteté de votre demeure (sanctificationem juah) par Iq multitude de vos iniquités, et par les injustices de votre commerce; ce^t pourquoi/ ai fait sortir du milieu dfi f 044s 1171 feu qui vous a dévoré.

On peut lire la fin du,<^bapitre où l'on verra Sidon eave-

400 HUITIÈMB SYMBOLE^

lûjpii^VSfaulii IhTuiiiedëTyr, et le peuple dflflMiftl itablLdfiis !3l]Ja1xèrvèrig**TyreldeSiaoti*^ .tri

*Silërbi4<rTyr^M comparé à imiohënibitty/ov'phitâiBi j le Mioi et&chdMhin loi est donné ; si,^ d'Anne' ailtfe pai*p9 «âl J est àH'^il éfakiliplacé dând le paràdid de Dieay'ieoaaie.uiLfl &titl*e'^AdètiliV il setrouTe an^rï^queisoki iMqvitéicapitaid^ ï)^éirt'ài]^è'i[}tkeTorgiieinetlsè ppé8oMptton>K|ue^le)8erp9bld Vourtrt itispii^f à Adam' : Vos yeuûo tfi^uvrir&miyv^iis-senz^ iànblûBTeê'à dèsdituœ. Ei H est dît- an roi de Hft : VhêressE cpstii^ ^eit élevé daftè son éclat, vous^^vez perdu la' sagesses êahf^'hotr^è^bèûufié.'^iiewxytQ : Vknis ai>êi dit^Jesuiifiiemp effé'sÛiiif^asHs mrlùi^retlè Dieu aumilimide la mer; gitèiqtie vous rm ^oyez qu'un hômmsé C'eat-A-^dir»» que êe personnage mystëriéùï^ désigné sous le nom; du 'Coiide^'FjTy ébloui j^ir rexcellence des dons'qn'il avait règlement reçus déDiéù, se laisse persuader à la voix du serpent quirhii tietatilé même langage qu^il avait tenu à AdametàJÈve ~ éàûi le paradis terrestre. Adam et Eve en furent chassés^ «t Dieu plaça un chérubin aveo une épée ardente pour 'en garder rentrée.

Baltbazâr.

Le roi de Tyr est un étranger par rapport à Israël ; Balthazar en est un autre, mais il a entre lei^ mains les vases sacrés qui ont appartenu autrefois à Israël et qui devaient retourner en la possession de ce même peuple. Baltbazar est roi de Babylone, c'est-à-dire chef du peuple rival du ^^euple juif. On sait l'usage que fait TÉcriture du symbole des festins. Jésus-Christ lui-m<>me, en diverses paraboles, a

DIVINATION*.^ PROPH^TESy ETC. . 401

le livre des /^rov^Aes^iJatSftg^se. fçf^ ]fjn^Jffi^}e\sl,pfiyqifi 8di'littqv«Dt^i(^D) appeler. ]e£i:))QipnQS; ^( sofD fes^p^En

tde-flKm«r,afOiâooil>i«r49 ipilkrfati à çe^.f^pçp^^isplp^^ ^ej^ip clatigftaiîfféifQAf, iff«|HréfeiM«ff^ ^[«è^p«ture)|eii)^9^.]ii^i^f)}{i8 )d*pQeplfe%rifDim9€fwb)ag^ i'PgÏHw.j«iftiçH|iè!rfi^,E^^^ :dms?/l% «mCMa^^omoiumod Aztén^u^^ ffif^ff^r^9fff\j^e )mttït ttUé/^iJuaquc^lAla pai}^b(4e nlaxicaUariça qnf.^^s^t 4be|p^ifiièrp^été.ep. bonne pait;t> et qui i^,|)iû( .çepç^i^^Je ,pBi)pledei\Dieil . daIls^le». temp$ U^ pl^s Jbl^^reux^ ,|4^^«^ \makttA eirQ0iistaBce9> «xpriiQiée& 4ws l'h^ç^ii^, 49'l^tjiptde tBttll^nMMrilàr déterminent A signifier bop pas tant Jka Ji^dj- .SAibbii'«éaéind)qu4li«bu$rdQla:I\9MffM9^ ,jf n : y^;i.yq

iiÂiiitps^/itifnriQMll du^saoriftce £iui)b^i;^tiqu|E}>:sç^S9^;i«tptfgit

^fniiliiplié4ii^ lestipgsÀbla qu'il le sp^tjs^gpe^jpa^^'c^pç^j^n

^jràoBÎiBeptiniBieeux quii daQ^,L^^.en4iifi de,tofi^^i^|t^i:f}jjf^

rièkmD|l te'divins.Mi]Fstèros; qjae,^tfMp,^Up djcç^,^ Wit^

voie tous tenant en main les vases sacrés qnif€;r.v^i]^t,^^^*

sacrer le corps du Seigneur; qu on se les représente comme

étant dans un lieu unique à cause de l'unité de la commu*

nion extérieure; et Ton aura le festin de Balthazar tel quUl

est décrit dans le Y^ chapUre d^ Daniel.

Maintenant^ que Ton suppose que ce qui est marqué dans .^'^vapgi^ {Sf.^tA.^ XjXJI, il) viepijie à^ s'fic<^m|>lir^ que ., Je foi.,f nire . da^^-la ,s^Ue du festin pour reconnaître ceux

, .Ic^;^gpe. verçft-trU, et quel sera le j^^ement ^'il pro-

4, SJ(aj^ff^v^nf,^out^ p'y ji-l-il pas^.ici cjuelque chose qui se déq;i^qt?,ijarçj Ji'QÇk suppose gue lé roi "iloiil il estparlé'ââiis T. II. "' 36 *

FÉvaogile, vienne à entrer, il trouvera un autre roi, savoir Baltbazar. Cette difficulté n'en est pas une; car qui ne voit que le roi de TÉvangile étant Dieu même, c'est à lui que les vases sacrés appartiennent en propre? Quant à BaU thazar, il est le chef de ceux à qui Tusage en est confié; c'est lui qui préside au festin sur la terre, et il est sujet à être jugé, ainsi que tous les autres conviés, par le grand Roi dont les vases ont été apportés de Jérusalem.

Le roi de l'Évangile n'aperçoit entre les conviés qu'an seul homme qui n'est pas revêtu de la robe nuptiale, et il le condamne avec la dernière sévérité; mats cet homme mique représente, selon les saints Pères, la multitude de ceux qui s'approchent indignement des saints Mystères. Si le même roi entre dans la salle de Balthazar, qu'apercoit-^il autre chose, si ce n'est des indignes et des prévaricateurs? Au moins cette histoire présente-t-elle cette idée dès la première vue. On apporta^ dit l'Ecriture, les vases (for et d'argent qui avaient été transportés du temple de Jérttsa* iem ; et le roi but dedans^ avec ses femmes y ses concubines et les grands de sa cour. Ils buvaient du vin^ et ils louaient leurs dieux dor et d argent y d! airain et de fer, de bois et de pie7T€,

Cela s'accomplit lorsqu'on mêle des abus de toutes les sortes, plus ou moins grossiers, plus ou moins exorbitants, à tout ce qu'il y a de plus sacré dans la Religion ; lorsqu'on fait servir la Religion même à se fortifier dans ces abus. Abus de tous les siècles et de tous les genres ; fausse morale, doctrine pélagienne, prérogatives outrées attribuées à des hommes mortels. On lait servir la Religion à l'ambition et à l'intérêt. Mauvaises mœurs, vie remplie de rechutes, confiance présomptueuse d'être bien avec Dieu. On y met le sceau par les sacrements, et surtout par celui de

DIVINATION... PROFHÈTBS, RTC. 403

TEacharîsliè. Un homme est-il parvenu par toutes Hortes cId manvaiseit voies à satisfaire son ambition en obtenant uno charge pastorale, il solennisera son entrée par la célébratkm des saints Mystères, et il continuera plus ou moins sou« Tenta les offrir le reste de sa vie. Un autre prendra-t^il le plus mauvais parti en matière de doctrine ; il portera denàf Diea les erreurs dont il est prévenu, il adorera le dieu dont il s'est forgé Tidole; et la Messe qu'il célébrera et l*Eiiehanstie qu'il recevra seront rapportées de sa part à la ODofirmation et, pour ainsi dire, à la canonisation dé ne» fiiiDt dogmes : Ils buvaient du vin y et ils louaient leurs dieux Jtor et d^ argent y d^ airain et de fer, de bois etdefderre.

IHeo entre alors. C'est l'accomplissement de ce qoi est prédit dans Sophonie^ cb. I, v. 8 : En ce jour de la victirne du Seigneur^ je visiterai dans ma colère les prirues, Un enfants du, roi, et tous ceux fjui s^ habillent //<? rJtemênis étrangers (c'est-à-dire qui ne sont [las vêtu* du larolje fioi^tialedcmt il est parlé dans la fiamliole de Vf^yuuicjUp, et je punirai en ce jaur-là Ums ceux i/ui entrent in^^leynmeni dans k temple^ et gui remplisnent d'ini/fuité tt tU trt^a^ perie la maison de celui gm est Uur Sei/jn^rur et leur th0ni,^. En ce tempv-là je y^fterai la lumure 4^,s Unnpen jus^fue^ dam les lieux Us plus c^,Mk ^U JiruknUfn^ et je teinterai dans ma tolère onur ffuz ymt enf^mt^i ddsu*s Umt ^n dures ^ gm disent en leur e^ffur : Ia Seu/ne^t ne fera ta lÀem ni mal.

Ces deiakiM vae^A^ yth^cfMsA Ttm^ê^K 4'msje m$A *A^ aeoie oè Vua ut «r •^AisMk y^^i. f»^ y:**Jt M;«k %:\A ym nlnncre. et e^dlM \x9ai;,^K ^ f^c^h^Me. ^^Mk Imm^^k W lampes pflrtÉ«t «àiciit ^ aiomi ^v «m^j&iv^ «yAv?4jiMi 4«tr %4^

voir prononcer contre Balthazar. On peut le lire dans le Prophète. Ce qui a un rapport plus particulier à notre dessein, c'est cette découverte des choses cachées qui se fait par le moyen des lampes et qui est attribuée, non aux chefs du festin ou bien aux pontifes du sacrifice, mais à Dieu même : ScRCTABOR Jérusalem in lucernis.

On peut voir dans saint Jérôme sur ce même Prophète ce que c'est que cette Jérusalem dans le sens spirituel. Quelques versets avant ceux que nous venons de rapporter, Sophonie y aperçoit une troupe de ministres et de prêtres de Baal^ et d'adorateurs de Melchom, sans cesser néann>oins d'adorer le Dieu d'Israël (voyez les versets 4 et 8). La Jérusalem de Sophonie est donc peu différente de BàbyiQue ; et le lieu où il introduit le Seigneur, la lampe à la main, est donc le même, en esprit, que la salle du festin de Balthazar.

,Le ippment de l'entrée et de la visite du Seigneur répond à ce que nous lisons dans le livre de Daniel : Au même moment on vit paraître des doigts et comme la main rPun homme qui écrivait près du chandelier sur la muraille de la salle du roi, et le roi voyait le mouvement des doujts de la main qui écrivait.

Alors le visage du roi se changea, son esprit fut saisi d'un grand trouble, ses reins se relâchèrent; et dans son tremblement j ses genoux se choquaient l'un P autre. Le roi fit donc un grand cri, et ordonna qu'ion fit venir les riiages, les Chaldéens et les a?f gares : et le roi dit atix sages de Babylone : Quiconque lira cette écriture et me V interprétera^ sera revêtu de pourpre, aura un collier d'or au cou, et sera la troisième personne de mon roijaume. Mais tous les sages du roi, étant venus devant lui, ne j/urent ni lire cette écri^ ture, ni lui en dire riîiterprétation.

U y avait donc deux choses à faire, deux difficultés à surmonter, deux barrières à franchir, avant que de parvenir à savoir ce que signifiait cette écriture. Il fallait l"" la lire, 2^ Tinterpréter. C'est ainsi que, lorsqu'il avait été question du songe de la stalue, il avait fallu non-seulement interpréter le songe, mais préalablement en faire pour ainsi dire la l^ture Qt le rapporter tel qu'il était. Les mages et les sages de Babylone ne pouvaient faire ni Tun ni Tautre, ce qui redoubla encore le trouble du roi Balthazar ; son visage en fui tout cluingéy et les grands de m cour en furent épowvantés comme lui.

I| fallait un Daniel pour donner rinterprétation désirée. D parait, par la suite de Thistoire, que le roi ni les sages ne connaissaient point Daniel. Ce fut la reine qui apprit an roi qu'il était dans son royaume. Nous ferons ici une observation que nous abandonnerons aux réflexions du lecteur, fialthazar, dans le sens mystérieux que nous suivons, est le même personnage que le roi de Tyr d'Ezéchiel. Or,Ezéchiel reproche au roi de Tyr, de s^étre ciu supérieur à Daniel dans la science des choi:e< cachées : Vous avez cru être plus sage que Daniel^ et qu'il ny avait point de secret qui vous fût caché Ézéch,, XXVUI, 3 . le:, B:illhazar ignore qu'il y eût un Daniel dans son loyaume. La reine lui apprend qui il est, la réputation qu'il a tue sou< Nabuchodonosor i 11 y a ^J^j/is vott e royaume un /tomme qui a dans lui-même l'esprit des dvcujc saints cette expit^ssion, dans l'original, n'est pas contraire à Tunité de Dieu, comme elle le parait dans la traduction;, en qui on a trouvé plus de science et de sagesse qaen aucun autre j soua leityne de votre père, (T est pourquoi U roi Sojljuclujdon/jsor votre père IHablit chef des n^/iyes^ des au/t/jnteursy des Chufd^.eitset <lts augures, etc.

406 HUITIÈIIK 8YM0OLB.

La reine représenta ensuite l'étendue d'intelligence qui avait été trouvée dans Daniel, plus grande qu^^n ancoii autre, pour interpréter les songes, pour découvrir les se^ crets, et pour développer les choses les plus obscures et leê plus embarrassées : Prudentia^ intelligentiaque et mter^ pretqiio 3omniorum,et ostensio secretortmij ac solutio liff€H torum, inventœ sunt in eo. Elle remarqua, que Nabuchodonosor lui avait donné le nom de Balthazar. Enfin, elle donna le conseil de le faire venir : Quon faisedonc mainte^ nant venir Daniel, et il interprétera cette écriture. Ainsi cette reine rendit au roi Balthazar un service qai a beaucoup de rapport à celui que la pythonisse rendit à Saûl. Ni la reine ni la pythonisse n'étaient capables de découvrir aux princes qui consultaient ce qu'ils désiraient savoir. Vnne et l'autre le font par l'entremise d'un prophète dtt Seigneur, et l'un et l'autre prince apprennent par cette voie leur condamnation.

Daniel avait été três-honoré sous le règne de Nabuobodonosor, de qui Balthazar descendait, et il était tombé dans l'oubli. ÊteS'Vons Daniel, lui demanda Balthazar, P un des captifs des enfants de Juda, que le roi mon père avait ew?menés de Judée? On m'a dit de vous,,, et le reste, que Balthazar venait d'apprendre de la reine.

Daniel avait assisté à la première révolution, lorsque les Juifs furent emmenés captifs à Babyloue. 11 avait vu le commencement des soixante-dix années, La fin de ces soixantedix années approchait ; le tour de Bahylone était venu ; elle allait être traitée ainsi que Jérusalem l'avait été. Daniel subsistait encore, et il était l'un de ces Juifs en faveur de qui Babylone allait être prise. Il faut se souvenir de ce que dit sur cela Jérémie, dans les chapitres L et LI de sa prophétie.

DIVINATIOff... PROPHÈTES, ETC. 407

Qa'on hêe surtout depuis le verset i 7 jusqu'au âOdu oëApitre L. Voici ce qu'on lit au v. 33 : Voici ce que diê /s Smfneur des armées : Les enfants d'Israël aussi bien que les enfatits de fuda souvent t oppression et la calomnie {éotm le joDg de Babylooe) : tous ceux qui les ont pris les retient neni et ne veulent point les laisser aller. Leur Bédemptestr est fort; son nom est le Seigneur des armées : il prendra, en les jugeant f la défense de leur cause; il épow?antera la terrej et il jettera le trouble et la terreur parmi les habitants de Baby lotie. Vépéeest tirée contre les ChaldéenSj dit le Sei^ fMWTf contre les habitants de Babylone^ contre ses prifsees et contte ses sages. Lépée est tirée contre ses devins ffuipo' rediront des insensés^ etc. Il était dit ensuite^ que le jng^ meot qiû était tombé sur Sodome et sur Gomorrhe viendrait foadre sur Babylone, que le roi de Babylofie serait saisi d'épouvante & la vue des préparatifs que ferait isoutre lui son ennemi : Ses mains, dit le Prophète, sont demeurées sans force; il a été saisi d'épouvante^ et pénétré de douleur cosmne une femme qui est en travail denfant. Enfin, il est dit, au verset 45, que les petits du troupeau entriILneraâent Babylone dans la ruine : Nisi deiraxerint eos parvuli gre^ gum^ ou gregis. Qu'on lise attentivement cet endroit 4b Prophète, et l'on reconnaîtra, que cespeti^ du troupeau ne sont antres que les Juifs captifs à Babylone, en faveur desquels Dieu devait envoyer Cyrus et son armée*

Daniel faisait partie de ce troupeau ; il en était un agneas, ou si l'on veut, un bélier. L'arrêt in^rimé par les traite peints sur la muraille était un mystère scellé» et c'était à oe bélier qu'il était réservé d'en lever les sceaux.

Que Ton prenne maintenant la peine de considérer pe que devait penser en ce temps-là, de l'état des choses^ im Israélite instruit et attentif. Il avait entre les mains les pccn

phéties d'Isaïe, d'Ézéchîel, de Jérémie, sur le sort de Babylone et la délivrance future des Juifs. Il avait pu, à Paide de ces Prophètes et du Deutéronome, méditer le plan de Dieu dans sa conduite sur sou peuple. Il voyait Babyldne assiégée par Cyrus & la tète d^une puissante armée; Telle était donc la situation où se trouvait Daniel; Plein de oee peOsées, il est introduit dans la salle du £esim de Balihazar; il y voit les vases sacrés inàignètùeni profanés. Goaibien toutes ceschoses ne devaienUelles paft le préparer à la solution de la question qui allait lui être proposée? '- :

n lut une écriture qu^ nul des autres '^ges^* ne ')Kmvait lire. On ne doate point qu'il n'eât ^ur cela^ne Aieilîté que n'avaient pas les autres, (i'est qu'il savait Thébrenj- et que Ton ci*oit qae ces caractères (qui n- étaient fwidehaldéens) étaient ^hébrèvfi. Daniel, iqui se trouvaiH^Ions sur la^findes soi^tantè^ist années de le captivité,* avait vii le oompiènce-* ment de cette captivité, et savait ce qui avait été sa alors. Mai^ ïl' n^'ii^t^ffiiiait pas deiire' ces trois mots qui étai^t écrits, Mané, Thécel, Phares, ni de savoir ce queehaque mot signifiait : il fallait de plus en faire l'application. Ces mots signifiaient : Nombre y poids, division. Mais ces tix>is mots, considérés séparément des circonstances, auraient donné lieu à des applications très-ditférentes.

Daniel était aidé par les circonstances et par la connaissance qu'il avait du plan de Dieu, et l'Esprit de Dieu dirigeait son esprit pour lui faire faire usage de tels secours. Dieu lui remit en un instant devant les yeux l'état de son peuple, l'état de Babylone, de son roi; de ses chefs, etc. ; les discours des Pi'oph(>tes, le comble de la profanatifon dont il était le spectateur ; et il lui fit sentir la proportion que toutes ces choses avaient avec^ks trois paroles qu'il lisait/ et la proi3oftion des trois paroles avec ces choses.

Daniel Bavait que Jérusalem avait été prise lorsqu'au cer^ tain myst^ee d!iniqaité qui s'opérait dans son aeiu avait été aceooà^ ;. qu'il s'était fait alors une supputation qu'un oairt«ia:poids s'élaitaocru jusqu'à faire pencher la.halai?yce> li savait qu'il en était de même, à proportion, de Babylone; tost ee qui: venait & sa connaissance le portait à croire mqm Isiflayalirer d'iniquité qui s'opérait dans Babylone touchait à m oonsonunation. Par-dessus tout ce qui lui était connu, il eslsobiteinent irappé en entrant dans, la salle .dniestio du speetaole de la proianation d^$ vases sacréa; c^t.il yoît^ dans île jnéiae'iiioment^ une écriture mû^aculemse qui,faiile d'un compte lait, d'un poids qui l'emporte, d'pne divisioii ùm transport Noms ne parlons point, ici des «autres .^ij^constaneea'miiaeiilettses, de cette main dont, on ^y^i^^P^^ÇU lesidoigta^ du^diandelier, ?t le reste. ALc^s Daniel, «pous^ parVJBapvit de Dieii^ appliquer!' un à l'autre des olt)etS:qu'il voit ensemUe» . t .

) G^eit votre v^ne^ dît^il au prince, qui est compté^ et dpnt la fin €st v«nue. C'est votre personne qui a été .trouvée. Ick gère, paroe que vos iniquités ont été trouvées posaqtesj C'est pMuqnoi «otre royaume vous est 6té, et ilvc^. ^^ .^ransr pfkrié aux Mèdes et aux Perses qui assiègent actuellement Babylcme. ; . : . ' f

..Et ffcfi" de détruire la vaine imagination que de teUe^«révolutioDS' arrivent au hasard,. Daniel i:epré^nte à.Palt^zaTiCe qui était arrivé à son père (ou a][euj) Nabucfiodfuu^ sor» U lui fait une peinture vive de sa grandeur |. de /squ orgueil et de -son abaissement. U lui reproche de n,'ayj9ir pointipcofitfé de son exemple : Et vous Bali^çwr qm.ètfis san^fiU'f vous n'avez point profité de sou exemple, vi^usr même tiavtJb^poinl /lumilié votre cœiu\ quoique joou^^ussiez toutes cestchoses; tWMS vous vous êtes élevé couUe Je p^mi'

410 HUtTifniB SYMBOLK.

nateur du ciel; vous avez fait apporter devant vous les vases de sa maison sainte et vous avez bu dedans^ vous, vos femmes et vos concubines^ avec les grands de votre evur. Vous avez loué en même temps vos dieu^ d^ argent et dor, d airain et de fer^ de bois et de pierre^ qui ne voient point, qui n'entendent point y et qui ne sentent point; et mous n'a^ vez point rendu gloire à Dieu qui tient dans sst main votre âme et tous les moments de votre t?t>, Qui habbt otatuii tuijm IN tf ANU SUA, ET OMNES viAS TUAS. C'cst pourquoi DicH û «nvogé les doigts de cette main qui a écrit ce qm est marqué sur la muraille; et le reste. Ce que Daniel venait d'annoDcer en interprétant l'éeritnre s'accomplit eette nuit-là même : la ville fut prise, Balthafear fut tué, et le royaoma passa â ceux qui devaient remettre entre les mains des imh les vases sacrés venus anciennement de Jémsalem.

Nabuchodonosor, dont Daniel remet Texemple devant ies yeux de Balthazar, avait été figuré par un grand arbre, et eela par rapport à ces événements-là môme dans lesquels Daniel le propose pour exemple. Balthazar, selon la même analogie, était un autre arbre sorti de cet ancien tronc ; et, pour avoir mal profité de Texemple de l'arbre qui l'avait précédé, il est retranché à son tour.

Qu'est-ce donc que Balthazar? ou plutôt, qu'est-ce que la multitude de ceux qui remplissaient la salle du festin ayant Balthazar à leur tête, sinon les branches étrangères menacées par saint Paul dans le XP ch. de VEpitre aux Romains^ ces branches qui ont mal profité de l'exemple de celles qui les avaient précédées? On leur dira donc, en leur appliquant tout à la fois, lorsqu'il sera temps, les paroles de saint Paul et celles de Daniel, on leur dira : Vous, branches étrangères, qui avez succédé aux branches naturelles, vous-mêmes n'avez point humilié votre cœur, quoique vous

DIVINATIOII... PROPUÈTCb^ ETC. Ml

fiâmes toates ces choses; c'est-à-dire Tétat de g^ndear des braDchesnatarelles, leur enorgueillissement, leur chute, ete. On iroos avait averties que le même malheur vous arriverait, si vous tombies dans les mêmes fautes ; et nonobstant cela, vous vous êtes élevées contre le Dominateur du ciel. Ce n'est pas le droit de distribuer les couronnes de la terre que vous lui avec disputé, connue faisaient autrefois les Babyloniens ou les Juifs idolÀtres ; mais vous lui avez disputé le droit de donner le royaume de la justice, en donnant la justice même à qui il lui plait; suivant en cela Texemple des pharisiens qui établissaient leur propre justice, sans ifouloir être soumis à la justice qui vient de Dieu. Vous vous êtes fait de vetre libre arbitre un Dieu, et de votve finisse justice des idoles.

Votre iniquité n'en est pas demeurée là. Vousavex voula eMietifier votre idolâtrie. Vous y avea fait servir les sacnreoMlits du Christianisme que vous aves reçus de la main des 'piiemiers Chrétiens de l'Église de Jérusalem, de ee reste de branches naturelles qui n'avait point été enveloppé dans l'apostasie générale de la nation. Vous y aves fait sei^ vir pareillement tout ce que vous avez reçu de saint et de sacré de la main des Juifs, c'est-à-dire tout ce qui a passé des mains de cette nation dans les vôtres, au temps où elle a été condamnée.

O branches étrangères ! ces désordres ont eu des accroissements, ils se sont multipliés peu à peu parmi vous, mais voilà le moment qu'ils sont parvenus à leur comble. Jamais le nombre des profanateurs ne fut plus grand. Jamais la Religion ne fut plus ouvertement employée pour justifier, pour consacrer ce qui y est le plus contraire. Jamais les vases du temple de Jérusalem ne furent employés avec plus de hardiesse à honorer les dieux de Babylone, et non pas

412 HUITIÈHE SYMBOLE.

seulement quelques-uns de ses dieux^ mais tous ses dieux d'or^ d'argent^ d'airain, de fer, de bois et de pierre. 11 ne reste {dus rien à ajouter à Tiniquité; lasQmme est^iarfaile en, toute manière. Jiamais.iuen de si saint, iu'a éié s^ étroitemei^ inélé à r^n 4^ i^i profane., La qijeaure esi^ooo à ^on comble. Le poids va emporter U.b^ance. Les. menaces de saint Paul et des Prophètes vont s'accomplir : MANÉ,THÉcELy Phares. Ceux qui retenaient les vases sacrés vont être vaincus et détrônés ; et les obstacles qui empêchaient que ces ,v^s pe rqtpurnassent aux branches naturelles ^ qui ils ont appartenu aatrefois vont être levés.

Il ne restera plus qu'à reconnaître cette main, ou plutôt pptt^. ep^^^ipité, ji'une maip qui vienfU^ retracerez trois i^oi^^e;pçë^is de toutes les prophètes, ho^ sages^ }fis d(9vins, .las .luagç^.de B^ylone ne^ la xeconnaltepM ppini ; ils j)6.ppmpi?^udroat rien. aux caraotères qu'elle aura tracés. Le niQuiçnt oi^ c^e^ caractères seront lus et interprétés répond.au X* chapitre de V Apocalypse : Il n'y atura plus- de iempSy dit l'ange (c'est-à-dire plus de délai) ; mais au son de la trompette du septième ange^ le mystère de DieUj annonce pm* ses Prophètes^ sera accompli.

Les vases profanés dans le festin de Balthazar étaient les .vasqs destinés aux sacrifices du vrai Dieu ; ils figuraient donc la même chose que la coupe de Joseph. On peut donc se ^'epi'ése^ter comme sortant de ces vases, d'une part, la colère de Dieu contre les Babyloniens; et de lautre, le don de rintelligence qui fut accordé à Daniel en cette rencontre. Daniel découvrit l'arrêt qui était encore caché, par la vertu 4^ çe^ vases; de la même sorte que Joseph flécouvrait les çhoî>es cachées, par le moyen de sa coupe. ..On peut encore faire la comparaison entre le festin de Balthazar et les songes des deux officiers de Pharaon. Ces

songes repirésentaient les deux choses qui entrent dans un repas, le vin et les ouvrages de pâtisserie. Joseph trouva dans ces songes de quoi découvrir ce qui allait arriver à chacun de ces officiers : et le festin de Balthazar fournit à Daniel le moyen de découvrir quel allait être le sort de ce prince, et de le lui annoncer.

Trahison de Jodùs découverte par avance. CeUe histoire considérée comme figure. Objet déterminé auquel on la rapporte dans ce paragraphe.

Le personnage exprimé par le roi de Tyr habitait sui^ la mbiftagne sainte, il avait été dans les délices du paradis de Dieu^ etc. Balthazar, ses épouses et les grands der sa cour forent surpris kenwt en main les vases sacrés de Jérusalem. Nous allons joindre à ces deux tableaux celui d'un homme qui se trouve réellement dans la salle dijT festin dé Jésus-Christ, et qui était revêtu de Tapostolat. Kous sup^ poserons même, selon le sentiment commun, qtr^l a reçu l'Eucharistie de la main de Jésus-Christ ainsi que les auftres Apfttres. ' ". • »

Or, comme les saints Pères, en expliquant la parabole de rÉvangîledu festin des noces, prennent celui qiil futtroùvé sans avoir la robe nuptiale pour la figure de tous les pro^ fanatèurs des saints Mystères, ils regardent bus^i Judas dans le même point de vue ; ils aperçoivent en lui loué téikX qui abusent du sacrifice de Jésus^Cbrist. En faisant utsa^ de cette oQverttire, Judas sera donc pour nous un Balthazar ; ou bien la salle de Balthazar sera remplie d'tine tntiltitudede Judas. Nous ne considérons donc 'plu^iéi- ^histoire de Jtidas, ainsi quief nous TtfWïM fai£ dbi^'I^AÎv

ilk BiriTffcHB SYMBOLE.

tiele XXI ' ; e'est-à-dire en elle-même, ei comme ne regar* dant que la personne de Judas. Mais il faut enoore avertir que nous ne prenons pas non pins maintenant ce disciple infidèle pour la figure en général de tous ceux qui, dans tous les temps, s'assoient ou se sont assis à la table de Jésod- Gbrist sans lui appartenir par le cœur. Ce que nons cber* chons uniquement en lui, c'est l'image de tous ceux qui se trouveront assis à la table de Jésus-Christ dans la salle du festin lorsque le mystère d'iniquité se consommera au milieu des branches étrangères menacées par saint Paul. Judas nous représentera donc toute cette troupe de prévaricateurs, ou bien, plus spécialement, le Balthazar qui se trouvera à leur tète.

Or, la trahison de Judas fut annoncée par l'Esprit qui pénètre les choses cachées, avant qu'elle s'accomplit ; mais dans le moment auquel elle allait s'accomplir^ le secret de Dieu fut manifesté en des degrés et des manières différentes. Il faut observer premièrement que ce mystère était écrit dans les Prophètes, et il l'était en divers endroits, mais il n'était pas donné à tous de le voir. Ceux qui lisaient les Psaumes et les Prophètes sans y rien apercevoir de ce mj'stère, étaient semblables à des hommes qui auraient entre les mains un livre écrit dans une langue étrangère qu'ils n'entendraient point.

Jésus-Christ cita l'un de ces passages tiré des Psaumes : Celui qui mange du pain avec moij lèvera le pied contre moi [Ps. XL, v. iO). Avant la citation de Jésus-Christ, pour combien de personnes ce passage aurait-il été comme le Mané, Thêcel, Phares que les sages de Babylone ne pouvaient déchiffrer? Et après môme que Jésus-Christ l'eut

• Voyct eî-desstis, page 306.

ciM, combien y laissa-t-il d'abord d'obscurité et d'incertitude {S. Jean, XlIIy 18) : Je ne dis pas ceci de vous ions : Je sais qui sont cetix que foi choisis; mais il faut que celte parole de t Écriture soit accomplie : Celui qui mange du pain avec moi^ lèvera le pied contre moi. Et un peu après (t. 2i): En vérité^ en vérité^ je vous le dis, un d'entre vous me trahira.

Les disciples se regardaient donc l'un Tauf re, ne sachant de qui il parlait. Et cette parole, dit saint Matthieu (ch. XXVI) ▼. 22), leur ayant causé wie grande tristessef chacun deux commença à lui dire : Serait-ce moi. Seigneur? Cest-à-dire qu'ils demandaient à Jésus-Cbrist, qu'il leur tint lieu de Daniel, ou plutôt qu'étant Dieu il leur manifestât son secret.

Jésus^hrist le manifesta ce secret ; et il marque dans S. Jean (XIII, 19) une raison de ce qu'il découvrait ainsi par avance ce qui allait arriver : Je vous dis ceci dès maintenant, et avant qû* il arrive; afin que lorsqu'il arrivera, vous me reconnaissiez pour ce que je suis.

Quant à l'application déterminée qu'on lui demandait, nous trouTons dans l'Évangile qu'il la fit, mais en deux manières bien différentes, Tune favorable et l'autre terriblci Car il déclara à Judas que c'était lui-môme de qui cette parole s'entendait. Maître , est-ce moi? dit Juda (S. Mat th., XXVI, 25). Jésus lui répondit ; C'est vousmême. Judas apprit donc l'arrêt de sa condamnation, ainsi que Balthazar avait appris le sien.

Le même secret, au contraire, fut manifesté d'une ma-* nière favorable à celui ou à ceux qui^ apprenant que c'était Judas, furent délivrés de la tristesse où la crainte que cela ne regardât chacun d'eux les avait jetés. Voici ce que nous lisons d'abord dans la Concorde des Evangélistes : Les

disciples se regardaient donc Fun rautre^ ne sachant de qui il parlait. Et cette parole leur ayant causé une grande tristesse^ chacun deux commença à luidire : Serait^e moi. Seigneur! Il leur répondit : Cest Fun des douze, celui qui met la main avec moi dans le plat, c'est celui-là même qui me doit trahir... Mais malheur à F homme, par qui le Fils de r homme sera trahi; il vaudrait mieux pour lui qu'il ne fût jamais né... {S. Marc, XTV, 19etsuiv.) Les disciples commencèrent à s'entre-demander qui était celui d'entre eux qui devait faire cette action {S. Luc, XXIl, 23). Mais dans cette recherche il ne se trouva point de devin parmi eux qui pût leur révéler le secret qu'ils cherchaient.

Cependant Simon Pierre trouva le Daniel qui devait apprendre ce secret de la bouche du Seigneur. Il le trouva, disons-nous, dans la personne du disciple que Jésus aimait et qui reposait sur sa poitrine. Ce disciple, remué par le signe que lui fit Simon Pierre, interrogea le Seigneur qui voulut bien lui répondre et lui donner une marque précise. Et cette marque répondait au passage du Psaume que Jésus- Christ avait cité, Jésus-Christ voulant que son disciple fût instruit par rapplication de l'ancienne prophétie. En etfet^ le Psaume parle de celui qui mange du pain avec Jésus- Christ ; et le signal fut : C*est celui à qui je présent eym du pain que f aurai trempé {S. Jean, XIII, 26).

Judas prit ce morceau, etSataîi eritra en lui. Ce qui nous ramène par un autre endroit à notre symbole ; car la Passion de Jésus-Christ a été un combat de l'esprit de mensonge contre l'Esprit de vérité ; et si cette Passion se retrace en quelques-unes de ses parties, c'est un nouveau combat entre les deux esprits; et s'il se fait quelque découverte qui ait de la ressemblance avec celle que l'Esprit de vérité fit alors touchant Judas, elle a pour objet de nouveaux efforts

et de nouveaux progrès de Satan ; comme on le voit dans YApocatypsey où Satan est montré tantôt comme retenu et tantôt comme déchaîné.

Terminons ceci par deux observations : La première est qîië SI l^od côÀâîâère avec soin ces endroits de rAncien Tésta'ment^ soit des Psaumes, soit des Prophètes, où Tapostasie et la trabiçon de Judas sont annoncées, on y trouvera deux autres objets annoncés sous les mêmes termes; savoir,' la détection des branches naturelles qui portaient le nom de Xuda, et la défection des branches étrangères qui, négligeant Favis de saint Paul, imiteront à leur tour la défection du peuple dé Jfuda.

La seconde observation, c^est que la trahison de Judas ne tut pas la seule chose cachée que TEsprit de vérité voulut bien découvrir dans cette dernière Cène de Jésus-Christ, mais encore le renoncement de saint Pierre et lels autres choses que nous avons légèrement touchées dans i'Àrticle'XXI, et où l'on peut chercher des figures, selon la méthode que nous venons de suivre dans ce paragraphe.

' . ARTICLE XXXVI

Devins des Pbilislins qui découvrent que c^est de Dieu que vieni\enl les , plaies dont leur nation est frappée.

' On voit, au premier livre des JRois^ l'arche passer 'des mains des Israélites en celles des Philistins, eti punition des fléchés du grand-prêtre et de ses enfants. C'était l'image du bhangemetit qui devait arriver un jour par la translation de là Religion d*ùn peuple à un autre. La profanation que les Philistins firent de l'arche en lui associant leur dieu Dagon,

et les malheurs qui fondirent sur eux à cette occasion, sont l'image de l'abus que les branches étrangères, menacées^ par saint Paul, devaient faire un jour de la Religion, et des malheurs dont cette profanation serait punie.

Ce n'est point le lieu d'expliquer ici ce que représentent cette profanation et ces malheurs. Il suffira de dire que c'est quelque chose de semblable à ce que saint Paul dit des philosophes Gentils, dans le P chapitre de VÉpitre aux Romains, C'est-à-dire qu'il devait arriver un jour aux branches étrangères entées sur l'olivier quelque chose de semblable à ce qui était arrivé à ces mêmes branches étrangères avant leur insertion. Elles avaient uni l'arche du Dieu d'Israël avec Dagon, lorsque, dans la personne des philosophes dont parle saint Paul, elles avaient uni la connaissance du vrai Dieu avec le culte des idoles; et elles avaient été frappées de plaies proportionnées à une conduite si sacrilège. Pareillement, la figure des Philistins sera remplie de nouveau dans les branches étrangères lorsque après leur insertion, venant à abuser des lumières qu'elles avaient reçues et de tout l'extérieur de la Religion qui leur avait été confié, elles joindront l'idole du pélagianisme et de la fausse justice avec la véritable Religion et la profession de la foi catholique ; car alors elles seront frappées de plaies qui répondront dans une juste proportion à leur égarement et à leur prévarication.

Les maux que les Philistins éprouvèrent furent universels ; chacune de leurs villes en fut frappée l'une après l'autre. Chique villcy dit TEcriture (/. Roisy V, 12), était re7)iplie de la frayeur de la mort^ et la maux de Dieu s'y faisait sentir effroyablement,,. Alors les Philistins firent venir leurs prêtres et leurs devins, et les consultèrent sur ce qu'ils avaient à faire.

DnmCATIOI«... PROPHÈTES, ETC. 419

Jly avait donc des devins parmi les Philistins: et Ton doit se souvenir de ceux de l'Egypte dont il est si vivement parlé dans le ch. XIX à*IsaJe, comme on le peut voir cidessus. Article XXV '. Ces devins seront les mêmes dans le sens figuré quant à leur profession ; mais ceux dont i>arle Isale font un très- méchant personnage et contribuent à la mine de TÉgypte par leur aveuglement. Ceux des Philistins, au contraire, parlent avec sagesse et proposent à leurs eoDCÎtoyens les véritables moyens de détourner de dessus leurs têtes les fléaux de la colère de Dieu. Ils veulent que, dans la réparation que Ton fera au vrai Dieu, on observe une proportion avec les plaies dont on a été frappé, que Ton convertisse en or ce qu'il y avait de plus ignominieux et qa^on en fasse des monuments durables que Ton mette à côté de Parche.

Secondement, ils sont éclairés jusqu'au point de connaître les événements passés et d'en faire rapplie^itiou i\ leur temps. Cette méthode devient une dessourees de leur divination dans le cas présent. Pourquoi^ disent-ils i\ leui-s concitoyens, appesantissez-vous vos cœurs comme PKyypte^ et comme Pharaon appesantit son cœur? \e renvot/c-t-il pas enfin les Israélites après avoir été frappé de diverses plaies, et ne les laissa-t-il pas aller? I. Rois^ Vï, 0.) Ce sont donc ces devins eux-mêmes qui établissent la comparaison entre l'Egypte et leur pays. Ils font un personnage bien différent des enchanteurs d'Egypte contemporains de Moïse et de Pharaon : ceux-là s'opposaient à Moïse, et l'on ne voit pas qu'ils l'aient favorisé, non pas mùmc après qu'ils eurent été contraints d'avouer que les plaies dont il frappait l'Egypte venaient de Dieu.

« Voyez pai;e 341.

420 IiriTIÈME SYMBOLE.

Ceux-ci au contraire, en troisième lieu, donnent aux Philistins le conseil de renvoyer l'arche sur un chariot fait exprès, et où l'on attellerait deux vaches dont on renfermerait les petits. On reconnaîtra, leur dirent-ils, si c'est en effet le Dieu d'Israël qui nous frappe, selon que les vaches iront ou n'iront pas, malgré leur penchant naturel, vers la terre d'Israël .

Ce signe réussit; et ce n'est pas ici le lieu de donner l'explication de ce qu'il signifie. Ce que nous devons observer^ c'est que ces devins prennent pour signe un effet sensible qui ne pouvait avoir pour cause qu'une force et une vertu cachée. Et leur pénétration va jusqu'à dire : Si ce qui est arrivé est l'effet de la puissance du Dieu d'Israël qui veut que son arche retourne d'où elle est venue, il déploiera aussi sa puissance pour remuer ces animaux, il opposera une vertu secrète à leur penchant naturel. Et lorsque l'épreuve eut réussi, ils ne manquèrent pas sans doute de conclure en cette sorte : Les vaches ont marché sans se détourner ni à droite, ni à gauche, vers les terres d'Israël; voilà ce que les princes des Philistins ont vu de leurs yeux, le fait est constant, ils ont entendu de leurs oreilles les mugissements; donc il y avait une vertu secrète qui opérait, et cette vertu élait'plus forte que l'inclination de la nature ; donc le Dieu d'Israiil a agi ; donc c'est aussi par une vertu secrète que nous avons été frappés des plaies que nous avons éprouvées.

Aiftsi raisonneront ceux qui rentreront en eux-mêmes; et ils le feront avec d'autant plus de fondement, qu'ils auront les oracles des saintes Ecritures qui annoncent ces plaies en tant d'endroits, et spécialement dans les chapitres XXYIII et XXIX du DcuLéronome ; car nous supposons que l'on sait que ces menaces regardent aussi, dans une juste

DIVLXATI0?5... PROPHF.rKS, En:. 121

proportion y les branches étraû^^rres. Os -tories de devins sont la bénédiction d^nn peuple; et c'est un fléau iors'[ue Dieu en diminue le nombr»:-, comme on le voit dans Isaîe, eh. Illy V. 2, où Dieu déclare dans sa <:oIêre qu'il «jtera rhomme de guerre, le juge, le prophète, Je devin, etc., et celui qui est habile dans Fart des enchantements ^nebo5 LACHASCHJ.Ce passage d'^/77^ a été déjà cité, Article XXIII *. Cest un malheur, au contraire, lorsque les mauvais devins se multiplient, selon ce qui e«t dît au chapitre précédent, verset 6 : Vous avez rejt^té h mnuon de Jntoh rpnest Kotre peuple^ parce^qu^ih ont Pt^ rernplis <>elon l'hébreu^ /A?.vwperstitions ou d^enchantement», phis que les peuples d'Orient, et qu'ils ont eu des nufjureu comme le^ Philistins; où Ton voit que le Prophète consid/^re len mauvais devins des Philistins, et non pas ceux qui apprenaient h reconnaUre la main du Dieu dlsrael.

ARTJCLfc XXWJI.

Ptlbonisse consollée par .Ssùi. Car^jT^ ^^ b pfitioniiH^ afaniet apri»H rapparition de Samq^il. M;<r»ir«'M^tiori 'l'i i^^rr 'l*; Saii!.

On vient de voir les devins de-. l'hili^^UrM pris en tionne part, parce que dans l'histoire dont il •»'a;:i«î«îait ils font un bon personnage. C'était un effet de*, malheurs dont leur nation était frappée . Ces malheurs leur fournérent à profit et devinrent le prînd[>e de leur inte!!i::^nee. Le secret de Dieu leur fut manifesté et d-. le découvrirent aux autr»:-». h« mauvais devins qu'ils étaient, ils devinrent de liOns devJiitf.

* Vojei ô-desMis iag^*i 321 .

-i22 HUITIÈME SYMBOLE.

En d'autres endroits de rÉcrilure on trouve une transition des mauvais devins aux véritables, ou, ce qui est le même, des faux prophètes aux vrais, sans que la transition soit perceptible. C'est ce que l'on a vu dans l'endroit du XIII* eh. de Zacharie qui est discuté ci-dessus, Article XVIII *.

On a vu, dans l'Article XIII', un endroit du XXIX* chapitre d*Isaïe, où Jérusalem, dans le temps de son extrême abaissement, est comparée à une pythonisse, et l'on a averti en même temps qu'il était très-difficile de déterminer si cette comparaison devait se prendre en bonne ou en mauvaise part. Nous allons, dans cet Article, parler d'une histoire où les caractères les plus contraires, comme de vrai et de faux devin, sont étrangement mêlés. Cette histoire est celle de la pythonisse de Satll.

Avertissons premièrement, que l'histoire de la pythonisse de Saûl étant partagée comme en deux portions difiTérentes, le temps auquel ce prince est montré comme agréable à Dieu est une première portion qui répond aux événements favorables aux branches étrangères du ch. XI de VÉpîtrc aux Romains ; et tout le temps auquel ce prince tombe dans l'indignation de Dieu répond aux menaces que fait saint Paul à ces mc^-mes branches. Ceci donne ouverture à faire une nouvelle application de l'histoire de Saûl. Elle a été faite, dans l'Article XII', aux branches naturelles; et elle doit être faite à son tour aux branches étrangères. On en a déjà averti ci-dessus. Article XXVIII*. Le conibat des deux esprits, si remarquable entre David et Satll, se renouvelle plus d'une fois ; on pourrait dire qu'il est continuel,

* Voyez page î38.

* Voyez ci-dessus page ii506.

* Voyez ci-dessus pîige 200.

* Voyez page 358.

DIVIXATIO!!... PROPHÈTES, ETC. 423

mais il y a des temps où il est plus sensiblement marqné que dans d^autres.

L'événement de la mort de Satd ne doit pas être considéré séparément de la consultation de la pythonisse. C'est pourquoi, pour bien expliquer ce que représente cette histoire et mettre Texplication dans son jour, il Daudrait avoir recours à plusieurs symboles. Saûl, par exemple, se perce de sa propre épée : il faudrait justifier par renchalnement de divers endroits de TEcriture que c^est telle ou telle chose qu'elle aura figurée par ce symbole, et ainsi des au-* très circonstances. II faudrait aussi faire sentir combien la mine de ce prince infortuné a rapport à des jugements de Dieu qui sont différents, en ce que les uns sont plus éclatants, les autres plus cachés, les uns plus spirituels, les autres plus sensibles. Par exemple, dans la première application de lliistoire de Saûl touchée dans TArticle XII, cet oint du Seigneur, percé de sa propre épée, répondra à Calpbe et à proportion aux autres Juifs qui tournaient contre eux-mêmes leurs propres armes lorsqu'ils ^e servaient, soit de leur autorité, soit des oracles de FÉcriture pour condamner Jésus-Christ, sa vérité, ses disciples ; et il répondra aussi^ selon une analogie un peu différente, à la ruine éclatante de la nation lors de la prise de Jéru>alem parYes[iasien, n est visible qu^il en doit être ainsi à proi>ortion par rapport à une seconde application. Venons maintenant à la consultation de 'a pythonisse que l'on peut lire de suite au chapitre XXVIII du premier livre des Bois.

I , On y verra que Saûl, se conformant à fordonnance de la loi, avait chassé les magiciens et les devins de son royaume. L'ordre de Saûl était public, et il était si rigoureux que ia pythonisse se croyait exposée à une perle certaine si ce prince venait à savoir qu'elle exerçait celte profession.

2. Saûl, saisi de frayeur à la vue de l'armée des Philistins, consulte le Seigneur ; mais le Seigneur ne lui répond ni en songes, ni par les prêtres, ni par les prophètes.

3. Dans cette extrémité, ce prince prend le parti de consulter la pythonisse ; il va la trouver la nuit, étant déguisé. Ainsi, voilà le roi d'Israël devenu disciple de l'esprit de python. II supplie la pythonisse, qui ne le connaît pas encore; il la rassure contre la crainte qu'elle avait du roi, lui jure par le Seigneur que ce n'est point un piège qu'il lui tend : Vive le Seiçyieur^ lui dit-il, il ne vous arrivera de ceci aucun mal. Il n'a pas tellement oublié Dieu, qu'il ne jure encore par son nom; mais il emploie ce nom terrible pour détruire ses propres lois et celles du Seigneur ; il l'emploie pour donner lieu à la pythonisse d'exercer librement son art ; il l'emploie dans le dessein d'ouvrir la bouche à l'esprit ennemi de Dieu.

Yoilà donc le roi qui ne se souvient plus des défenses portées par la loi. Il oublie ce que Dieu dit dans le Lévi'tique j ch. XX, v. 6 : Si un homme se détourne de moi pour aller chercher les magiciens et les devins, et s'abandonne à eux par un esprit de fornicationy il attirera sur lui rœil de ma colère^ et je l'exterminerai du milieu de son peuple. Et dans le XVIIP chapitre du Deutéronome : Vous serez parfaits et sans tache en la présence du Seigneur votre Dieu. Ces nations, dont vous allez posséder le pays, écoutent les augures et les devins; mais pour vous^ vous avez été instruits autrement par le Seigneur votre Dieu, Voilà le roi d'IsraCl, le christ du Seigneur, qui n'est plus instruit comme Israël avait coutume de l'être et comme il l'avait été lui-même. Dieu ne lui répond plus, ni par songes, ni par les prêtres, ni par les prophètes ; et au défaut de l'instruction du Seigneur qu'il ne reçoit plus, il en revient au point

OÙ en étaient les nations dont Israël a pris la place; il va consulter des oracles semblables à ceux que ces nations consultaient; il veut découvrir la vérité par les mêmes voies.

Si les choses avaient été dans Tordre, on aurait vu Saûl avec les ornements et la suite d'un roi venir au grand jour se présenter à l'entrée du tabernacle du Seigneur, et là recevoir ses réponses pour le salut d'Israël par l'entremise du grand-prètre. Mais maintenant la demeure de la pytbonisse lui tient lieu de sanctuaire. Cette femme contre qui sa propre conscience rend témoignage, que les lois delà Religion et de l'État tiennent dans des alarmes continuelles^ Initient lieu de grand-prêtre; et ce malheureux prince choisit les ténèbres de la nuit et vient^ accompagné de deux hommes seulement et après avoir changé d'habits, pour recevoir ses réponses. En sorte que voilà Saûl et cette femme, l'un en présence de Tautre, dans des défiances réciproques. Elle craint le roi de peur qu'il ne la punisse selon la sévérité des lois; et il craint d'être reconnu pour roi de peur qu^elle refuse de lui répondre.

4. La pythonisse était par sa profession l'interprète de Pesprit de mensonge, et de plus elle en portait , comme nous venons de le remarquer, les apparences extérieures. Elle fuyait la lumière^ rendait ses réponses dans les ténèbres et était environnée de terreurs. Elle songeait à se dérober à la connaissance des dépositaires de l'autorité publique ; cette autorité était pour elle un adversaire formidable ; elle regardait Saûl comme un ennemi implacable. Voilà l'état où elle parait dans les premiers moments.

5. Ces premiers moments sont suivis de deux autres temps : celui où Saûl, qu'elle ne connaît points lui donne parole qu'il ne lui arrivera aucun mal ; et le temps auquel

elle reconnaît Saûl. Ces deux temps sont très-différents. Dans le premier il y a deux idées distinctes dans son esprit; celle de l'homme qu'elle voit, qui lui parle, qui lui demande d'exercer son art en sa faveur ; et l'idée du roi Saûl qui défend, sous de teiTibles peines, l'exercice de son art. Ces deux objets n'en font qu'un, à la vérité, mais il n'en est pas de même dnns son esprit. Sattl et l'homme qui lui parle sont, selon sa pensée, deux choses entièrement différentes. L'homme qui lui parle la rassure contre la crainte de Sâtkl lui-même. Selon sa pensée, celui qui la rassure contre Saûl est un homme qui n'a rien de commun avec Saûl ; an contraire, c'est un homme opposé à Saûl; car elle ne connaît Saûl que sous l'idée de l'ennemi de python, et l'homme qu'elle voit en est le suppliant.

G. Mais à l'instant suivant il se fait un étrange bouleversement dans ses idées. Car Saûl à qui elle avait offert de lui faire apparaître qui il lui plairait, lui ayant demandé Welle lui fit venir Samuel : Samuelem mihi suscita ; elle évoque en effet Samuel, elle le fait venir peut-être plus réellement qu'elle ne l'avait cru. Elle voit Samuel, cùm autem vidisset mulier Samuelem, et dans le moment elle reconnaît Saûl. Ainsi, en premier lieu, les deux idées entre lesquelles elle n'avait pas soupçonné jus(|ue-là qu'il y eût la moindre liaison se réunissent. L'homme qui la consulte devient dans cetinstiint Saul; et Saûl, qu'elle croyait bien loin, devient cet homme qui la consulte.

Ce premier changement élait un degré de lumière qu'elle acquérait, et un degré de lumière qui lui tiisait voir les choses bien d'un autre œil qu'elle ne les avait vues jusquelà. Elle avait cru que le roi d'Israël était l'ennemi mortel des pythons, et elle voit de ses yeux qu'il en est le disciple. Peut-être avait-elle cru que la qualité de roi d'Israël était

incompatible avec celle d'ami des pythons, ou du moins quHl notait pas possible que le roi Saûl se réconciliât avec eux. Mais elle apprend non-seulement que cela est possible, mais qu'en effet cela est ainsi, que cela est actuellement ainsi, et que c'est sous ses yeux que Sattl commet une action si diamétralement opposée à son ancienne conduite et aux lois qu'il avait fait exécuter, et qui apparemment s'exécutaient encore partout ailleurs par son autorité.

En sorte que cette femme pouvait lui adresser ce discours : Je deviens dans ce moment bien savante, je suis maintenant qui vous êtes. Vous êtes Saûl et vous êtes le disciple de python. Il n'y a pas un quart d'heure que mon esprit frappé de deux objets, les considérait comme inalliables. Je voyais de mes yeux un homme qui venait consulter l'esprit de python, et je savais que Sattl était le roi d'Israël et qu'il faisait profession publique d'exterminer les pythons; c'est pourquoi je n'avais garde de penser que ce roi fût l'homme qui venait consulter, et que Thorame qui venait consulter fût le roi. Mais ce secret vient de m'être révélé. Vous êtes Saûl, et vous êtes celui qui consulte. L'exterminateur public des pythons les consulte en secret; et celui qui les consulte en secret, à la place du Dieu d'Isra(5l, se glorifie en public d'en être l'exterminateur. Quelle découverte! Quelle surprise ! Quel assemblage de contrariétés!

7. Cette première découverte jeta la pythonisse dans la frayeur. Saûl la rassura et lui demanda ce qu'elle avait vu. J'ai vUj lui dit-elle, un Dieu (Deos, ÉLomn) qui sortait de la terre. Sur la description qu'elle lui fit de celui qu'elle avait vu, il reconnut que c'était Samuel. Il s'inclina profondéinentet jusqu'en terre devant Samuel; et Samuel lui prononça Tarrêt terrible que l'on sait et lui remit la cause de cet arrêt devant les yeux. C'est, lui dit-il, parce que vous

i28 HClTliJIE SYMfSOtX.

n'avez pas obéi à la voix du Seigneur y et que vous navez pas exécuté f arrêt de sa colère contre Amalec. Après qoc Samuel eut parlé, les forces manquèrent à SaQl et il tomba par terre saisi d*épou\anfe. La pylbonisse vint à lui ; elle loi demanda avec des instances redoublées, qu^il voulût bien prendre de la nourriture ; et après quMI se fut rendu, elle tua un veau gras, fit des pains sans levain, et servit à manger i Saûl et à ses gens.

8. Il est temps de considérer Fobjet révélé parla boucbe de Samuel. Ce fut un second degré de lumière qui survint ilapythonisse. Mais avant de le considérer par rapporta cette femme, il faut le considérer par rapport à Satd luimême. Samuel lui remet devant les yeux toutes les menaces, ou plutôt toutes les funestes prédictions quUl lui avait faites de la part de Dieu lorsquMl était encore sur la terre. Il lui déclare que le temps de Taccomplissement est arrivé ; à peu près comme Daniel vivant le fit à Tégard deBalthazar. Samuel déclare donc à Saûl que le lendemain il sera vaincu par les Philistins, qu'il perdra la vie avec son fils, et que son royaume passera entre les mains de David ; et toutes ces choses arriveront, lui dit Samuel, parce que Dieu vous a abandonné et qu'il est passé à voire rival, et transierit ad œmulum tnum^ c'est-à-dire à David.

9. 11 n'est pas surprenant qu'une telle annonce accable Saûl. C'était la manifestation d'un secret que Dieu seul pouvait découvrir, mais c'était une manifestation faite delà part de Dieu dans sa colère. Saûl élait venu pour consulter l'esprit de python ; mais l'Esprit de vérité prend la place de l'esprit de mensonge, et parle parla bouche de Samuel. Dieu qui avait refusé de parler à Saûl dans sa miséricorde, se trouve pour répondre dans sa colère lorsque Saûl est assez pervers pour consulter le démon.

10. Il o'en est pas de même par rapport à la pylhonisse. On aperçoit dans celle manifestation divers traits qui loi sont favorables et dont elle peut tirer de grands avantages. Il est vrai que ce n'est pas par son choix qu'elle fait venir Samuel à Saûl; au lieu que dans le festin de Balthazar, ce fut la reine qui indiqua d'elle-même Daniel à Balthazar. Mais après tout, elle est la première en Israël (soit qu'elle fût Israélite ou non) qui apprend ce qui doit s'opérer le lendemain. Elle l'apprend de la bouche de Samuel. Ce qu'elle apprend est grand, important et conforme à la vérité. C'est quelque chose de funeste, mais pour Saûl et pour les siens; il ne tient, au contraire, qu'à cette femme d'en tirer de grands fruits. Elle y voit un exemple éclatant et sensible de la sévérité de Dieu, de sa providence, de sa puissance, de la connaissance qu'il a des choses futures. Elle a donc une ample matière d'instruction ; et il est difficile de rien imaginer dans l'ordre des choses extérieures qui fût plus propre à la toucher et à la convertir, que ce qu'elle vit et entendit ; surtout loisqu'en apprenant le lendemain des nouvelles de la bataille, et, quelques jours après, que David avait été sacré roi à Hébron, elle vil les paroles de Samuel qu'elle avait entendues de ses oreilles ponctuellement accomplies.

Que l'on considère donc avec attention ce qui est révélé à la pythonisse ; que l'on en pèse la grandeur et l'importance; que l'on se transporte au temps où ces choses se passaient; que l'on se représente combien on se serait trouvé favorisé si (sans participer au péché) on avait été admis dans le lieu où ces choses se passaient, et que là on eût entendu les paroles de Samuel. La pythonisse jouit d'un avantage dont David ne jouissait pas lui-même, puisqu'il n'apprend la mort de Saûl et son propre avènement à la

430 HUITlÈlfE smBOLE.

cooroDDe qu^après que la bataille a élé donnée. Il est vrai que David savait les promesses qui lui avaient été faites; mais la pytlionisse qui n'avait peut-être jamais oui parler de ces promesses, et qui assurément jusqu'à ce moment ne s'en occupait guère, est instruite de leur accomplissement très-prochain avec une précision digne d'être enviée par David lui-même.

Mais afin de sentir de plus en plus les avantages attachés à la manifestation qui fut faite alors à cette femme, il faut observer ([u'elle ne trouve pas seulement dans celte manifestation des preuves en général de la grandeur et de la puissance du vrai Dieu ; mais de plus, elle est instruite d'uue révolution qui intéresse tout le peuple de Dieu, qui en change l'état, qui va mettre sur le trône le père du Messie, le roi selon le cœur de Dieu ; révolution encore plus grande par tout ce qu'elle figure, qu'elle ne l'était en elle-même. Déplus, ce qui lui est révélé n'est point seulement un spectacle exposé à sa curiosité, c'est une découverte qui pouvait et qui devait influer dans la conduite. Rien ne pouvait engager davantage à s'attacher au parti de David, à prendre part à ses piospérités, A s'instruire de ce qui le concernait, à laire ses efforts pour participer à son esprit. On devait, au contraire, entrer dans des sentiments bien différents à l'égard de Saiil.

11. Après de telles réflexions, peut-on assez admirer la gratuité avec laquelle lapylhonisse est instruite d'un secret de cette importance? Il n'y a qu'un moment qu'elle était l'interprète de l'esprit de python; et maintenant elle est instruite par Samuel qui sort d'entre les morts, et qui est lui-même l'interprète du Dieu vivant. (// dormit ensuite dans le tombeau^ est-il dit de Samuel, Ecclésiastique^ XLVl, 23; il parla au roij et lui prédit la fin de sa vie; et

sortant de la terrCy il haussa sa voix pour prophétiser la ruine du peuple et la peine due à son impiété.)

12. Que Von commence à faire ici la comparaison entre Saûl et la pylhonisse, entre le changement qui arrive par rapport à l'un et à Tautre pendant cette courie séance. D^abord on voit dans la pytbonisse une propbétesse de Tesprit de mensonge^ et dans Saûl un homme qui vient interroger Tesprit de mensonge. On voit cette femme dans la crainte de perdre la vie si elle est découverte, et Ton voit encore ses alarmes augmenter lorsqu'elle apprend que oeloi pour qui elle consulte est Saûl. Mais elle est bien rassurée contre ses inquiétudes. Ce n\\st plus elle qui a à craindre pour sa vie, c*est Saûl qui est condamné à mort. De la part de Saûl et de la part de la pytbonisse, on n'attendait de réponse que par la vertu de Tesprit de python ; et c'est le Dieu vivant qui envoie de Tautre monde son prophète pour annoncer ses jugements. Nous avons considéré pins haut avec étonnemeut Saûl qui avait consenti que la maison de la pythonisse lui tint lieu de sanctuaire ; mais par un changement inopiné, cette maison devient en effet un sanctuaire où Dieu fait aunoncer ses oracles. Mais que ce changement produit d'effets différents à Tégard de Saûl et à regard de la pythonisse ! car si cette maison devient un sanctuaire, elle devient aussi à l'égard de Saûl le tribunal d'un juge irrité et inflexible; au lieu que l'on n'aperçoit rien qui empêche qu'elle ne devienne une école de vérité pour la pytbonisse.

13. Avec quels yeux va-t-elle maintenant regarder Saûl ? D'abord, ce n'est pour elle qu'un homme ordinaire ; au second instant, c'est le roi; au troisième, c'est ce même roi dégradé, condamné, foudroyé par la parole de Dieu dont Samuel n'était que l'interprète. Quelle

432 HUITIÈME STUBOLE.

foule de pensées durent s^élever en ce moment dans ses esprit!

14. Nous regardons toute la seconde partie de cette histoire comme avantageuse à la pythonisse ; ^nous lui faisons faire dans ce dénoùment un personnage favorable. Ce n'esi pas que nous nous intéressions à ce qui la regarde personnellement ; si quelqu\m voulait Taccuser, nous ne noui chargerions pas de la défendre ; cela n'est pas nécessaire i notre dessein. II faut se souvenir que nous ne traitons tonte cette histoire qu'en tant qu'elle est figurative. C'est assea pour nous que l'Écriture , depuis le dénoùment, ne now montre plus rien qui ne soit favorable pour nous engager i ne pas y envisager autre chose. C'est une indigne qui now parait comblée de faveurs. Rien n'est plus conforme au^ secrets jugements de Dieu qui nous sont révélés d'ailleur dans l'Ecriture. Lorsque le roi d'Israël^ que l'on a vu luimême autrefois au milieu des prophètes, devient le discipl< de l'esprit de python^ tout est renversé ; et l'on ne doit pluî élre surpris que la pythonisse devienne disciple de Samue et du Dieu vivant.

Aussi voit-on, à la fin de l'histoire, cette femme remplit d'humanité; elle fait ce qui dépend d'elle pour soulagei Saûl. 11 semble qu'elle soit remplie de l'esprit de David David bénira les habitants de Jabès, qui auront eu soin ai rendre à Saûl les derniers devoirs après sa mort; et cetl< femme tue un veau gras pour soutenir la vie de Saûl don elle sait que le fil sera tranché le lendemain. Nous avon: traité Saûl, un peu plus haut, de roi dégradé; il l'était en a sens que l'arrêt était prononcé et qu'il devait s'exécute: le lendemain; il ne l'était pas, en un autre sens, puisqu'i avait encore un jour de règne. Cette femme honore en lui c< reste de royauté expirante.

15. Nous voyons dans cette hisloire Saûl et la pythonisse successivement sous deux points de vue ; mais les deux points de vue où Saûl est montré se rapportent l'un à l'autre. Dans le premier, on voit Saûl consulter l'esprit de mensonge; dans le second, l'Esprit de vérité lui prononce sa condamnation. Il en est tout autrement à l'égard de la pythonisse : dans le premier point de vue, on la voit qui ne connaît que l'esprit de mensonge à qui elle fait profession d'être dévouée ; dans le second, on la voit instruite par l'Esprit de vérité, non de ses propres malheurs, mais de ceux d'autrui, et non-seulement des malheurs du roi rejeté, mais aussi du triomphe du roi élu.

Cette femme passe donc subitement d'une extrémité à l'autre. Dans le premier moment, Saûl était l'objet de sa terreur ; dans le dernier, il est l'objet de sa compassion et de son zèle, mais d'un zèle qui sait qu'il lui rend les derniers devoirs. Dans le premier moment, Saûl était à ses yeux le censeur et le vengeur de l'action qu'elle faisait en exerçant son art ; dansle dernier, ses yeux sont ouverts, et elle reconnaît que c'est Saûl lui-même qui a recours à l'art qu'il condamne. Dans le premier moment, elle était criminelle par l'action même qu'elle faisait; dans le dernier, c'est Dieu même qu'elle écoute parlant par la bouche de son Prophète qui,tout mort qu'il est, se fait entendre parmi les vivants.

Et ce qui ne doit pas être négligé, c'est que tous ces changements se font au même instant et tiennent à un dénoûment unique. Car c'est en ce qu'elle est instruite par la bouche d'un véritable Prophète qu'elle change d'idée sur l'état présent de Saûl; et c'est en apprenant ce qu'il faut penser de Saûl que de disciple de l'esprit de python elle devient disciple de l'Esprit de vérité. Et il est bon de faire ici une nouvelle attention sur Tinstrument que Dieu emploie T. II. 28

pourrinstruire. C^est Samuel mort, ilestvrai, niais qui était autrefois le maître de Saûl^ qui Tavait sacré roi^qui Pavait adressé à la montagne de Dieu et à cette troupe de prophètes qu'il y devait trouver; c'est ce môme Samuel, disons-nous, qui devient le docteur de cette femme et qui lui découvre ce que Saûl par des changements étranges était devenu, et ce qu'il fallait alors penser de lui pour en porter des jugements conformes à la vérité.

IG. Après toutes ces observations sur celte surprenante histoire, nous pouvons demander ce qu'il faudrait pour remplir le tableau qui y est tracé.

Disons en premier lieu que, puisque la pythonisse y est montrée en deux extrémités opposées, on peut lui ressembler par rapport à l'une et à Tautro ; et qu'il faut des caractères tout opposés pour lui ressembler lorsqu'elle est éclairée, et lorsqu'elle est dans son aveuglement.

Sur cette première proposition il est aisé de trouver Tune et l'autre de ces deux choses. Car il est aisé de trouver ce qui ressemblera à la pythonisse éclairée, ou même de trouver quelles seront les manifestations des secrets de Dieu qui ressembleront à la manifestation qui lui fut faite ; et si l'on veut, entre ces manifestations il est aisé d'en trouver quelques-unes qui y répondent plus précisément. Il n'est pas difficile non plus de trouver quelque chose qui ressemble à la pythonisse dans le temps de son aveuglement. Tout cet écrit facilitera une pareille recherche.

Mais on sent bien qu'il resterait quelque chose à faire de plus; ce sérail ilc trouver un objet qui répondit seul aux deux pallies du tableau; trouver une ou plusieurs persounescjui npres avoir ressemblé à la pylhonisse dans son prenrierclal, lui ressemblassent aussi dans sa nouvelle situalion ; trouver des gens qui lui ressemblassent par le chan*

gément même arrivé en elle. Donnons un exemple de ceci qui en facilitera Tintelligence, sauf à remarquer dans cet exemple les différences qui s'y trouveront.

Saiil va à Damas de la part du grand-prètre pour emprisonner les Chrétiens. Jésus-Christ lui parle du haut du eiel, et toutes ses idées sont subitement changées. Le grandprôtre, le chef de la Religion, lui parait tout autre qu'il ne lui paraissait ; il en faut dire autant des Chrétiens, etc. Saul n'allait pas, il est vrai, pour consulter Tesprit de mensonge, mais il était conduit par Fesprit de mensonge, il lui était totalement livré; et la vérité lui est subitement révélée. Voilà un changement qui répond, en qualité de changement, à celui qui se fait dans Tentendement de la pythonisse.

17. Il faut ajouter ici une nouvelle observation ; c'est qu'en prenant la pythonisse dans le temps où elle fait un personnage désavantageux, on y peut encore distinguer deux choses : le péché, et les apparences du péché ; le péché, en ce qu'elle consulte effectivement le démon ; les apparences du péché, en ce qu'elle passe pour telle. Or ces choses peuvent être réellement séparées. Une personne pourrait être regardée comme pythonisse , être traitée comme telle, et ne l'être pas. Et l'on voit même quelque chose de cela dans cette histoire; car s'il est vrai que dans la première partie cette femme joint la réalité avec les apparences (puisqu'elle passe pour consulter le démon et qu'elle le consulte en effet), il n'en est plus ainsi dans la dernière partie; car celui qui aurait cru, par rapport à cette dernière période, que c'était du démon qu'elle recevait des réponses se serait mépris puisque c'était de Samuel et de TËsprit de vérité.

Or, en distinguant ainsi les apparences et la vérité, il est clair que voilà encoi*e une manière dont on pourra avoir de

436 ffirmaie stoolc.

la ressembUoee avec la pytboDisse ; saToir, lorsque Fou passera parmi les hommes pour le disci^ el rînterprète de l'esprit de m^D«OD?e. Et ce irait de ressemblaiiee sera d'aotaot mieux marqué que les jugements taux portés par les bommes «eroot, d^one part, plus autoiiséset plus répandus; et que, de Tautre part, on imputera plus pleineinent aux accusés tous les caraclèies qui forment les disciples de Fesprit de mensonge les plus parfaits.

18* Il est aisé maintenant de connaître en combien de manières et jusqu^à quel degré on peut ressembler i la pythonisse, ou plus généralement comment il se peut laîre que Ton remplisse les divers caractères figurés par cette histoire. Et il est visible qu'on le fera d'autant plus parCutement, que Ton portera plus vivement la ressemblance de chaque trait parliculier et que Ton réunira un plus grand nombre de ces traits.

Entrons dans quelque détail, mais en ne nous attachant maintenant qu'aux temps des révolutions qui intéressent tout le peuple de iJieu. i.e sera déjà un trait de ressemblance irnporlanl que nous ménageiODS avec l'histoire de la pytliouisse, piiiH|»ie ce qui fut révélé en sa présence n'était point un événement particulier, mais un événement qui intéressait toute la na lion.

Or, Ton sait assez par Tliisloire du peuple de Dieu que Dieu a soin de découvrir les grandes révolutions avant qu'elles s'accomplissent, et d'en renouveler la prédiction lorsqu'on est comme à la veille de raccomplisseraent. C'est pourquoi à chaque révolution on ne manquera guère de trouver : l*" des hommes à qui leur propre malheur est annoncé ; tel l'ut Sédécius dans le temps de la prise de Jérusalem par Nabuehodonosor ; les Juifs endurcis aux oreilles de qui parvinrent les prédictions de Jésus-C^hrist et de ses

DIVINATION... PROl*HÈTES, ETC. 437

disciples, au temps de la prise de la même ville par Titus ; tel fut le traître Judas dans la dernière Cène de Jésus- Christ. Ceux-là porteront le caractère de Sattl qui apprend sa condamnation de la bouche de Samuel. La ressemblance sera plus marquée s'il arrive qu'on leur fait voir que ce qui va s'accomplir a été prédit par les anciens Prophètes ; et ainsi à proportion des autres circonstances.

2' On trouvera des hommes qui dans ces temps orageux mettront leur confiance dans l'esprit de mensonge. Ceux-là porteront, dans une infinité de degrés différents, la ressemblance de Saûl qui va trouver la pythonisse, et de la pyihonisse elle-même lorsqu'elle exerce son art.

S** On en trouvera d'autres à qui Dieu révèle dans sa miséricorde les maux qui vont arriver. Tels ont été, chacun dans leur temps, Jérémie etEzéchicl, les disciples de Jcsus- Cbrist par rapport à la ruine des Juifs, l'apôtre saint Jean par rapport à la trahison de Judas. Ceux là sont des devins, en prenant ce mot en bonne part ; ils sont instruits des malheurs d'autrui, comme la pythonisse le fut du malheur qui allait fondre sur Saûl et sur son armée.

4** On en trouvera qui à la voix de ces prédictions se convertissent. Ceux-là étaient, immédiatement avant leur conversion, disciples du mensonge ; et par le changement qui se fait en eux, ils deviennent disciples de la vérité. Or, il peut se faire que quelques-uns d'entre eux fussent distingués parmi les disciples de Tesprit de mensonge, comme Saul (ou Paul) parmi ceux qui étaient attachés au judaïsme contre le Christianisme naissant. II peut se faire qu'ils fussent les interprètes du mauvais esprit réellement opposé à l'Esprit de vérité, qu'ils en fissent des leçons aux autres. Enfin, on voit qu'ils peuvent se rapprocher du tableau tracé dans la pythonisse en mille degrés et par mille traits diffé«

rents. Us ne diront pas grossièrement, il est vrai, que c^est Tesprit de mensonge quMls consultent ; mais ils suiTiont une méthode interdite par la loi de Dieu, méthode anciennement proscrite, etc. Si de tels hommes ouvrent les yeux à la vérité, qu^il vienne im moment où ils soient éclairés sur les jugements de Dieu sur son peuple, on reconoait quMls porteront la ressemblance de la pytlionisse en bien des manières : l"" par leur premier aveuglement, 2* parleur illumination postérieure, 3"" par le passage de Tun àTautre, passage gratuit, inopiné, etc.

S"" Après avoir fixé ce que c'est que d'être disciple de l'esprit de python dans le sens figuré, on en troihrera qui seront faussement accusés d'être tels, et quelques-uns qui seront réputés tels par la multitude des hommes séduits. Notre Seigneur Jésus-Christ a été lui-même accusé d'agir par la puissance de Béelzébut prince des démons [S.Matth.^ XUf 24) ; et au ch. YIII de Saint Jeariy les Jui£s ne craignirent pas de lui dire qu'il était possédé du démon (v. 48) : K* avons-nous pas raison de dire que vous êtes un Samaritain, et que vous êtes possédé du démon? C'est dans ce même chapitre que Jésus-Christ leur déclare, au contraire, quô ce sont eux qui appartiennent au diable, qu'ils en descendent comme de leur père, et que c'est pour cela qu'ils en font les œuvres.

On soutint au prophète Michée, au temps d'Achab, que Dieu ne lui avait point parlé, et par conséquent que ce qu'il disait ne venait pas de l'Esprit de vérité. Le prêtre Phassur, filsd'Emmer, qui avait Tinlendance sur la niaison du Seigneur, qui constitutus erat princeps in domo Domini [Jirémie, XX, 1), frappa Jérémie sur la joue et le mit dans les lien??. Le faux prophète Ilananias (ch, XXVIII) soutiot que Jérémie était un faux prophète. Les prêtres et les pro-

phètes en corps (ch. XXVI) intentèrent la même accusation et demandèrent sa vie sous ce prétexte.

Les disciples de Jésus-Christ ont été regardés par le^ pl*êtres, les docteurs et le corps de la nation des Juifs, comme de» hommes qui parlaient par Tesprit de mensonge. On i^dtive donc en eux, ainsi que dans les anciens Prophètes dti Seigneur, des hommes qui ont été regardés du même (ftil que s'ils avaient été des disciples ou des interprètes de l'esprit de python ; en un mot, on les traitait publiquement de disciples et d'interprètes de l'esprit de mensonge; et Comme ils intentaient contre leurs adversaires la môme accusation, cela formait le conflit dont nous avons si souvent parlé, d'esprit contre esprit^ de verge contre verge, de serpent contre serpent. Ainsi il y avait de part et d'autre quelque chose qui avait rapport à la pythonisse. D'un oAté était la réalité, et de l'autre certaines apparences de ce que cette femme exerçant son art avait figuré. D'un côté étaient les pythons abhorrés par l'Esprit de Dieu ; et de Tantre étaient des hommes réputés tels par la multitude.

19. C'est sur le fondement de ces divers rapports ou dif erses sortes de ressemblances que Jérusalem, sous le nom d'Aricl, est comparée dans haïe (ch. XXIX, v. 4) à une pythonisse (ôB).qui fait entendre sa voix de la terre, qui parle du milieu de la poussière et qui murmure (tetsaphetseph) à la manière de ceux qui donnaient les réponses des oracles; ce sont les mêmes termes, employés dans le même sens ati ch. yiFI, V. i9 (ÔBÔTH ... HAMTSAPHTSEPmM). N'cst-cc pas ime chose surprenante de voir Jérusalem^ réduite à l'état d^tme pythonisse?

Mais en même temps que le Prophète la représente ainsi, i! se souvient qu'elle est la ville où David a habité ; c'est ce qu'il dit au Verset f ; il la désigne sous le nom d'Ariel,

44(1 HDITIÈIU SIMBOUB.

eiesl-à-dire qu'il la désigne par Tantel où Ton

toutes les victimes, et où Ton offrait à Dieu tous les tobuz de

sou peuple.

Que veut donc dire par là le Prophète? Ëst-ee que Jëmsalem, et surtout les prêtres et les lévites qui approcheNnt de l'autel donneront des réponses de python? [Voire eoâs êortant dt la terre sera semblable à celle (Tune puthammê^ Le Prophète veut-il marquer de nouveau ce qu'il a déjà exprimé avec tant de force au chapitre YIU? Veut-il marquer, dis-je, cette fureur avec laquelle la multitude courait aux py thonsi plutôt que de consulter la loi de Dieu et^d'éooater son Prophète? Ou bien veut-il seulement marquer que Jérusalem sera réduite à un tel abaissement que lonqiie Ton entendra sa voix, on croira entendre celle d'une pyUuH nisse? En un mot, cette comparaison dans la boudbe du Prophète est-elle le reproche d'une disposition criminelle^ ou bien la peinture d'un état d'abaissement qui n'a rien qui déplaise à Dieu, qui est propre, au contraire, à attirer sa miséricorde, ou plutôt qui est déjà une marque que l'on a ressenti certains effets de cette miséricorde ?

Cela est dit, dans le sens immédiat de Jérusalem, considérée dans Tétat où elle devait se trouver lorsqu'elle serait assiégée par l'armée des Assyriens. Cette voix de python qu'on lui attribue^ est-elle donc celle d'ÉzécbiaS)d'IsaIe,etc., en un mot, la voix de ceux qui espéraient en Dieu ; ou bien est-ce la voix de ceux qui se confiaient encore dans le mensonge ? Est-ce la voix de Jérusalem convertie et à qui Dieu révèle la ruine de Sennachérib et de son armée ; ou bien la voix de Jérusalem qui allait consulter les pythons et qui parlait comme eux ?

£t pour mieux exprimer la même question en se servant du langage d'Isale, cette voix de python est-elle la voix de

DIVINATION... FROPUÈTES) ETC. 441

celle prosUiuée qui avait été autrefois uue ville fidèle où la justice avait habité, et qui était devenue la demeure des homicides : Comment la cité fidèle, pleine de droiture et d'équité^ est-elle devenue une prostitue'e? La justice habitait dans elle y et il n'y a maintenant que des meurtriers! {Isaie, I, 21.) Ou bien est-ce la voix de cette vierge, la fille de Sien, qui méprise Sennachérib avec toute sa puissance, qui lui insulte et qui devient le principe de sa destruction? {Isaîej XXXVII, 22.) Si c'est ce dernier, Jérusalem n'a d'une pythonisse que les apparences ; mais elle a la réalité d'une fille qui apprend de la bouche de Dieu, avant l'exécution, la ruine du prince qui combat contre Dieu et contre qui Dieu combat ; c'est-à-dire que Jérusalem sous cette face est une prophétcsse, une Judith protégée de Dieu. Mais si c'est le premier, elle a la réalité d'une pythonisse. Isale le dit en plusieurs endroits; car de qui parle-t-ilsi ce n'est de Jérusalem lorsqu'il dit, par exemple, au ch. II, v. 6, que la maison de Jacob est remplie de superstitions^, et qu'ils ont eu des augures comme les Philistins ?

Mais n'y a-t-il donc rien de commun entre Jérusalem la prostituée et la vierge fille de Sion qui se rit de l'orgueil de Sennachérib? N'est-ce pas la même ville et la même nation, et cela dans le même âge et pendant la durée d'une même génération? Et de plus, n'y aura-t-il pas eu quelques hommes qui par un changement de miséricorde auront porté successivement ces deux caractères? Ceux-là auront ressemblé d'abord à la pythonisse de Saûl dans le commerce qu'elle avait avec l'esprit de python ; et ils lui auront ressemblé encore dans le changement qui lui arriva, et dans le bonheur qu'elle eut d'apprendre de Dieu le sort du prince réprouvé. Ces hommes virent Sennachérib avec des yeux bien différents dans les deux temps. Dans le premier^

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(difoiif dan le XIIT chapitoe de Eaekmie. Lee r fe eoofiMideBl lellenieBt avec la Y4rilé posr bieB êm geoe, qnMs prennent le diange. Les i tiennent la place des Téritables, et les TérilaMes dans leor esprit pour les faux. Ils ne distingnenl pinsenlM les vrais et les fan sages, et, si Ton pent se sertir de eeMi expression, entre les bons et les manrais pythons.

Histoire de la |>jtboDisfe i qni saiai Panl impoie sileoee ei des mcrfcilka opérées par cet Apôtre dans la prisoo de Pbilippes, comparée avec rbistotre de Safil et de la pjfboDisse.

Comparons inainfenant avec Tbistoire de la pjthonisse de Safll ane antre histoire que nous lisons dans le XVP cha« [litre des Actes des Apôtres. Pent-éfre se persaadera-t-ott que les rapports que l'on apercevra entre ces deux bistoina ne ront pa^ Teffet du hasard, si l'on se sotrrîeni de œux qui se trouvent entre l'histoire de Sattl et celle de saint Vmtêh Avertissons ee[)endant qœ les rapports qoe new adktta

chercher sont plutôt des rapports d'opposition que de ressemblaDce dans le même genre, soit du bien, soit du mal. Nous faisons souvent usage de ces rapports d'opposition, comme on a pu le remarquer dans ce symbole et dans les autres. Le principe sur lequel nous nous appuyons en cela, c'est que TÉcriture ayant très-souvent fait des peintures de toute la Religion sous un seul et unique symbole, il a bien fallu prendre ce symbole en bonne et en mauvaise part, puisque dans l'histoire de la Religion il y a des biens et des maux, des désordres et des exemples de vertu auxquels il a falla alternativement accommoder chaque symbole.

Paul, Silas et l'auteur du livre des Actes vinrent à Philippes, ville de Macédoine. Ce fut là que Dieu ouvrit le coeur de Lydie pour la faire entrer dans ce que saint Paul disait ; et sur ses instances Paul avec ses deux collègues prirent sa maison pour demeure. Or il arriva, dit l'auteur des A des y que comme nous allions au lieu ordinaire de la prière^ nous rencontrâmes une servante, qui ayant un esprit de python apportait un grand gain à ses maîtres en devinant. Voilà res[»rit de python soutenu par l'esprit d'intérêt. Les Prophètes ont marqué la réunion de ces deux esprits [IsaiCj II, 6 et 7). Mais quelquefois ils se plaignent d'un autre abus; c'est d'y faire servir non la fausse divination par laquelle on consulte Tesprit du démon, mais la vraie par laquelle ceux qui sont par état les ministres de l'Esprit de vérité donnent par un intérêt soi*dide des réponses vraies ou fausses au nom de l'Esprit de vérité. Tel était le prophète Balanm; tels sont ceux dont parle le prophète Michée (ch. m, V. H) : Leurs prêtres enseignent pour t intérêt ^ lettrs prophètes devinent pour de f argent.

lei, c'est ime pythonisse semblable à celle qae consulta Sat\ ; mais ee qu'il y a d'étonnant, c'est que parlant par

444 ULITIÈME SYMBOLE.

Fesprit de pythou elle annonce la vérité. Elle se mit, est-il dit, à nous suivre, Paul et tious, en criant : Ces hommes sont des serviteurs du Dieu très-haut j qui vous annoncent la voie du salut. Elle fit la même chose pendant plusieurs jours. Quelle confusion! quel étrange mélange de vérité et d^erreur ! fai vu un Dieu (c'esl-à-dire un homme de Dien) qui sortait de la terre, dit la pythonisse de Saûl en parlant de Samuel. Ces hommes sont des serviteurs du Dieu très^ haut, dit la pythonisse de la ville de Philippes. Témoignage véritable de part et d'autre. Ceshomnu:s vous annoncent la voie du salut, dit celle-ci ; et Samuel, que Tautre a évoqué, annonce à Saûl Tarrét de sa perdition.

Mais si les deux pytbonisses ont été semblables d'abord, il s'y trouve bientôt après une entière différence, non-sealement par rapport à Tobjet annoncé, mais encore par rapport à la manière dont Tune et Tautre sont instruites ; car la pythonisse de Saûl est instruite par Samuel des malheurs de Saûl qui ne lui font point de mal; au lieu que la pythonisse de Philippes ne parle que par son esprit de python, et il ne parait point que le véritable salut qu'elle annonce lui devienne d'aucune utililé. Si la première peut représenter ceux qui passent de recelé de l'esprit de mensonge à l'école de l'Esprit de vérité; la seconde ne peut représenter autre chose que ceux qui annoncent la vérité par l'impression de l'esprit de mensonge.

C'est pourquoi saint Paul se lassa d'entendre la pythonisse de Philippes. Après ce nombre de jours pendant lesquels elle avait parlé, Paul se tourna vers elle, et dit à Fesprit : Je te commande au nom de Jésus-Christ de sortir de cette fille. Et il en sortit à P heure même. Cet acte de puissance et d'autorité a rapport à deux choses : 1* à ce que saint Paul et ceux qui gouvernaient l'Église faisaient peuà peu et

comme insensiblement à l'égard des Juifr. Car ils leur fermaient la bouche par leur autorité ; et il est venu un temps auquel les pasteurs de TÉglise ont défendu aux fidèles d'assister aux assemblées des Juifs et de recevoir de leur bouche non pas seulement les erreurs, mais les vérités même qu'ils annonçaient. Et la raison de cette conduite, c'est que les Joifs n'annonçaient plus la vérité, sinon par l'impression de Pesprit de mensonge, à peu près comme faisait la pythonisse de Philippes.

Mais cette pythonisse allait plus loin' que les Juifs dans la vérité qu'elle annonçait. Ce n'était pas seulement les vérités communes aux Juifs et aux Chrétiens qu'elle publiait ; elle allait jusqu'à dire que le Dieu de Paul était véritable, et qu'il enseignait la voie du salut ; faisant voir dès lors que le Christianisme pourrait un jour être annoncé par l'instigation de l'esprit de mensonge ; qu'il se pourrait faire que des hommes fussent tout à la fois les prédicateurs du Christianisme et les organes du démon; qu'il pourrait arriver que de tels hommes déclarassent à haute voix que la doctrine de Paul est une doctrine divine et qu'ils fussent néanmoins des pythons condamnés par Paul lui-même. Or, s'il se trouve jamais de tels hommes, cl qu'il s'en trouve aussi d'autresqui les répriment, les combattent, les condamnent; alors ce que feront ces derniers aura rapport à ce que fit saint Paul û Piiilippcs quand il s'opposa à la pythonisse ; et c'est le second rapport que nous envisageons dans cette action de saint Paul.

Mais les maîtres de cette servantey voyant qiCils avaient perdu P espérance de leur gain^ se saisirent de Paul et de SilaSy les menèrent devant les magistrats, disant que c'étaient des Juifs, et les accusant de vouloir introduire une manière de vie qu'il n'était point permis aux Romains de

446 MLitlkMËL

reeeroir. L» magistrats, après aToîr iaît dédiirer leurs robes et les avoir fait battre de verges^ fesmireat en {viaoB et les coofiêreot aa geôlier. Le geôlier avant reca eel ordre les mit daiM an cachot et leur serra les |Meds dans des ceps. Voilà Tétat où l*esprit d^ioiérèt armé de raatoiité des magistrats pour venger resfmt de «éductioa et de tnmpeffie rédaisit Paul et Silas.

Mais une telle humiliation devint, par on coup inopiné de la main de Dieu, le principe dn saint du geôlier même et de toute sa famille et de la conquête que saint Paul en fit pour Jésus-Christ. Voici comment la chose arriva : Sur le mirmiif Paul et Silas s'étant mis en prière^ chaniaient des hymnes à la louange de Dieu; et les prisonniers les eniemdatent. Et tout d'un coup il se fit un si grand tremblement de terre que les fondements de la prison en furent ébranlés^ en même temps toutes les jMrtes s ouvrirent ^ et les liens de tous les prisonniers furent rompus. Le geôliers^ étant éveillé, et voyant toutes les portes de la prison ouvertes^ tira son épée et voulut se ti/er, s'imarjinant que les prisonniers H^ étaient .sauvés. Mais Paul lui cria à haute voix : Ne vous faites point de mal^ car nous voici encore tous. Alors le geôlier aj/ant demandé de la lumièrCy entra dedans^ et tout tremblant se jeta aux pieds de Paul et de Silas; et les ayant tirés de ce lieu-lùj il leur dit : Seigneurs^ que faut-il que je fasse pour être sauvé"! Et après avoir été instruit, il fut baptisé avec toute sa famille. Puis, les ayant menés dans son logement^ il leur servit à manger; et il se réjouit avec toute sa famille de ce qu^il avait cru en Dieu,

Quelle miséricorde pour cet lioinme! Quel changeruent dans ses pensées! Hier Paul et Silas étaient à ses yeux deux misérables prisonniers sans protection et sans défense ; aujourd'hui ce sont les favoris du Dieu vivant qui ébranle

h terre, qai ouvre les prisons et qui fait annoncer le salut fiUX hommes. En un mot, le geôlier les voit tels que la pytbonisse les a déclarés, des serviteurs du Dieu très-haut qui annoncent la voie du salut. Mais ce n^est point par Tesprit de python qu'il en est instruit, c'est par l'Esprit de vérité.

Quelque prompt que fût le changement qui fit passer le geôlier d'une extrémité à l'autre dans le jugement qu'il portait de saint Paul, il y eut néanmoins un moment d'intcr- Yatle qui fut un moment de terreur; il se crut perdu et voulftit lui-même s'ôter la vie. Malgré les ténèbres dont il était environné, saint Paul l'aperçoit^ le rassure, et après TuToir empêché de s'ôter à lui-même la vie du corps, il lui emnmunique celle del'àme. Dans ce moment de terreur et de ténèbres le geôlier est saisi de crainte, comme la pytbonisse dans l'instant qu'elle apprend que celui qui la consulte est le roi même qui a condamné à mort les pythons ; et il est réellement dans le même état où Saûl se trouva le lendemain lorsqu'il tira contre lui-même sa propre épée pour se percer. Mais Saûl se perça en eifet et mourut en désespéré; au contraire, le bras du geôlier est arrêté. Il allait se donner la mort et se précipiter dans l'enfer, et la vie temporelle lui est conservée; la vie de l'àme lui est accordée, cette vie de l'àme qui est le gage de la vie étemelle. S^il ressemble à la pythonisse dans son effroi, il lui ressemble aussi dans sa consolation. S'il suit Saûl jusque sur le bord de l'abîme, il en est tiré pour passer du dernier degré de danger au comble du vrai bonheur.

La bouche de Samuel, par l'esprit prophétique, annonce pour le lendemain la mort de Saûl, c'est-à-dire le moment où il devait lui-même se percer de sa propre épée. Saint Paul au milieu des ténèbres aperçoit par Tesprit le geôlier prêt à se percer de son épée ; il l'arrête par sa voix et lui

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I^ ^MYifrUW^.f d-ïn* «me se«zle e4 oniqoe iniît et dans ime p«7fiî<m ff^*-o>ort& de cette unit, apprend !• que rhomnie qfiVI!#^ Tr/H d^v^Dt «^ yeai e<t le roi d*I$raél, 2* qoe ce roi d'hra^l e«t condaroné, 3' qoe Il^rid ra prendre sa ez/fifonne, I* qn^il nV a ponr elle neo à craindre do péril q'j^elte en%iMU?e'')it. L^ g^e/jlîer dans an intervalle de temps qni n'fr^t ffa% moin* co'irt anpn^nd par rapport à Panl, dont il f'M h: u/"'AU't'j qîie ce^l le rninislr-^r d:j Diea lotjt-puissant: fA p'ir ri:>[iO:l i lrji-rn»Vnie, q-ie l'arrêt de sa condamnation va /ftr^; ^ffac^'r, et ^m'iI est rippelé à une' couronne immortelle. (jW'.Wfff, m'Tveilles! IVir h révélation de qui sont-elles îfianifesfées à cet lie'irenx homme, sinon par la révélation de ri'>iirit de Ijieu ? Kt cornhien le nombre de ceux à qui de lelleM merveilles étrjierit révélées était-il petit en comparai-on rie eeîix à rjui Diefi ne p?jrlail point alors, qui ne s'occ'ipai'nt point des nffaires He la Relicrion, ou qui s'en occupant élaient trompés comme les Juifs qni cherchaient la justice vans la trouver. Ce ^'eôlier trouve la justice qu'il ne cherchait point, et il la Irouve dans l'instant où il se voit réduit au désespoir, prêt à se précipiter tout ;\ la fois dnns la douille mort du corps et de Tàme.

Plus on considère de près cette histoire, et plus on y découvre de rapports avec celle du T' livre des Rois. Le geôlier a un rapport manifeste de ressemblance avec Saûl, lorsqu'il tire son épée pour se percer. Il a des rapports d'opposition avec ce même prince, lorsque son bras est arrêté, que le salut lui est annoncé, etc. 11 a des rapports de ressemblance avec la pythoni.^se dans son effroi, dans le changement qui arrive dans ses pensées, dans les merveilles qui lui sont découvertes, etc. A ces premiers rapports, il est aisé d'en joindre encore d'autres. En effet, quel personnage fait ce geôlier, lorsqu'il reçoit Paul et Silas dans sa prison î Et quelle est la première cause de cet emprisonnement, sinon Tarrêt que saint Paul a prononcé contre l'esprit de python qu'il a obligé de sortir de cette esclave ? C'est pour venger l'esprit de python que Paul est mis en prison ; et le geôlier qui le retient sert d'instrument à cette vengeance. L'esprit de python trouve dans la personne de ce geôlier un ministre qui met dans les ceps ceux qui l'ont offensé, et c'est ce ministre de l'esprit de python que son propre prisonnier délivre en l'éclairant et en lui révélant les secrets de la vie éternelle.

Ici, pourrait-on demander, quels sont donc dans le fond ces secrets de la vie éternelle que Paul découvre au geôlier et à sa famille, sinon ce que la py thonisse de Philippes publiait elle-même en disant que la religion que Paul annonçait était la véritable ? Mais ce n'est point de l'esprit de mensonge que le geôlier apprend la vérité; c'est de Paul luimême qui lui parle extérieurement ; et l'Esprit de vérité, qui peu de jours auparavant avait ouvert le cœur de Lydie, lui parle intérieurement. De même, ce n'est plus l'esprit de python qui instruit la pylhonisse de Satll, c'est Samuel luimême, ministre et organe de l'Esprit de vérité.

La pythonisse de Saûl touchée de compassion pour c^ malheureux prince lui prépara un repas, et, ayant tué un veau gras, l'obligea de manger. Il est dit du geôlier qu'il lava les plaies de Paul et de Silas ; et après avoir reçu le baptême, lui et toute sa famille, il leur servit à manger é^ se réjouit avec sa maison, étant plein de foi.

Il resterait à développer plus particulièrement que nouis ne l'avons fait les rapports d'opposition qui se trouvent entre Saûl et saint Paul dans ces deux histoires. La môme analogie qui règne entre l'histoire de Balaam et la mission de saint Pierre chez Corneille y est gardée. Saûl figure spécialement les branches étrangères ; et dans cette histoire il les figure dans l'état dont saint Paul les menace dans le XP chapitre de VÉpître aux Romains. Saint Paul luimême était à la tête du grand ouvrage de leur insertion. Le geôlier de Philippes et sa famille étaient des prémices de ces branches. Toute l'Église, pendant les siècles des persécutions, fut sous la puissance temporelle comme dans une prison ; et cet état de captivité se termina par la conversion de cette puissance môme qui avait retenu les premiers Chré — tiens captifs.

• Après tout ce qui vient d'être dit dans ce paragraphe e/ dans l'autre, si l'on est embarrassé de tant de rapports différents, il n'y a qu'à se souvenir que dans les grandes révolutions il n'y a point de traits qui ne trouvent leur place. Ce sont des portions dont l'assemblage forme un seul tout; et il est aisé de retrouver la place que chaque figure doit occuper dans un tableau général.

ARTICLE XXXVIII

(^e$ qaatre lépreux de Samarie. Songe d*un soldat madianiie écouté par Gédéon.

Nous avons vu dans l'Article XXXVI * la sagesse et la pénétration des devins des Philistins; ils découvrent la c^use des plaies dont leur nation était frappée, et ils ap- "prennent à leurs compatriotes à rendre gloire au Dieu ^*Ispa€l ; et cela non pas seulement d'une manière générale, mais en gardant une proportion très-exacle avec leurs :inaux et par conséquent avec leurs péchés (car Dieu avait ^e son côté proportionné la punition aux prévarications). IDans l'Article précédent nous venons de voir le geôlier de la ville de Philippes, c'est-à-dire l'instrument de la violence faite à saint Paul, éclairé subitement de la véritable lumière, occupé à guérir les plaies de Paul et de Silas, et devenant chrétien par le Baptême. On pourrait placer à la suite de ces deux histoires celle des quatre lépreux de Samarie qui furent les premiers de toute la ville qui surent qu'elle était délivrée et que l'armée ennemie avait pris la fuite. Elisée avait annoncé la veille cette grande révolution par esprit de prophétie ; et ces lépreux en reconnurent l'exécution pendant qu'elle était encore cachée à toute la ville. Ce ne fut pas le hasard, mais une conduite très-particulière de la Providence qui leur procura cette prérogative, eux que leur état faisait regarder avec mépris et même avec horreur.

Mais nous trouvons dans le livre des Juges un trait qui a nu rapport plus étroit à notre symbole ; c'est le songe du soldat inadianite. Gédéon en entendit de ses oreilles le récit

t yojfei ci-dessus» page 447.

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DIVINATION.. PKOFUtTES, ETC. 453

ARTICLE XXXIX

Secret observé dans les histoires de Tobie, de Tbainar et de Sanison.

11 n'y a rien de plus ordinaire que de trouver dans PÉcrîture des histoires dont le secret est Tàme. Ces histoires re« présentent la Religion sous cette vue , c'est-à-dire sous ridée de secret tantôt caché et tantôt révélé. La manifestation du secret^ faite à une ou plusieurs reprises, à un plus petit ou un plus grand noipbre de personnes, est une espèce de divination. Daniel est un devin lorsqu'il reconnaît l'in* nocence de Suzanne. Il est donné par degrés au jeune Tobie de connaître les choses secrètes et cachées à mesure que l'ange l'instruit : l"* d'une manière générale des vertus du poisson qu'il lui fait prendre ; 2"" de ce qui regarde son alliance avec Sara, fille de Raguel; 3*" de la faveur qui sera accordée à son père de recouvrer la vue ; 4° lorsqu'il apprend avec sa famille que c'était l'ange du Seigneur qui était avec lui sous la figure d'un homme.

Dans la Genèse, le commerce que Juda a eu avec Thamar est un secret ignoré de Juda lui-même et qu'il ne peut apprendre que de la seule Thamar. Toute coupable qu'elle est, elle est dépositaire de ce secret auquel de si grandes choses étaient attachées. La manifestation de ce secret fut jointe avec son absolution, parce que ce qui était l'objet de ce secret était le gage de cette absolution.

Parmi ces histoires où l'on voit le secret affecté^ les imes représentent l'histoire de la Religion avec plus d'étendue, les autres marquent plus particulièrement certains traits. L'histoire de Samson est du premier genre. On y voit régner partout le mystère, l'opération de choses imprévues. G'e3t

par la découverte d^un secret que Samson est livré entre les maiDs des Philistins. Le renouvellement de sa force est un nouveau secret. Mais c'est dans l'histoire de son mariage avec une fille de la nation des Philistins que ce caractère se fait remarquer d'une manière plus frappante. Il fait la demande de cette étrangère : son père et sa mère s'en étonnent et lui demandent s*il n'y a point de fille en Israël quMl puisse épouser? 7/5 ne savaient pas, dit TÉcriture [JugeSpXIW^ 4), que cela se faisait par F ordre de Dieu. Dans les premiers jours de l'établissement du Christianisme, on ne prévoyait pas que les branches étrangères allaient être entées sur l'olivier à la place des branches naturelles.

Samson ayant trouvé du miel dans la gueule du lion quHl avait tué, en donna à manger à son père et à sa mère, mais il ne voulut point leur dire d'où il avait pris ce miel ; cette circonstance demeura un mystèi-e scellé pour eux. Samson en forma son énigme. Il la proposa aux trente jeunes gens que les Philistins lui donnèrent pour paranympbes. Ces paranymphes ne pouvaient en donner la solution. Les jours du festin s'écoulaient ; le septième et dernier jour étant-; venu, ils déclarèrent à l'épouse de Samson qu'ils la feraient^» brûler, elle et la maison de son père, si elle ne persuadaifc à Samson de lui découvrir la solution de son énigme* Samson lui fit sentir combien ce qu'elle lui demandait était difficile, puisqu'il s'agissait d'un secret qu'il n'avait dit à personne, non pas même à son père et à sa mère. Néanmoins à force d'instances et de larmes elle lui arracha ce secret, qui par son canal passa aux paranymphes. Et il en résulta qu'au lieu d'être dépouillés, comme ils n'auraient pas manqué de l'être selon les conditions du traité que Samson avait fait avec eux, ils furent revêtus ; et ils le furent anx dépens d'un nombre pareil de leurs compatriotes, habi-

tants d'Ascalon, que Samson animé de TEsprit de Dieu allai tuer, afin de prendre leurs habits et de les donner à ceux qui hri avaient rendu la solution de son énigme.

Cependant le malheur dont la femme de Samson avait été menacée ne fut que différé ; il tomba à la fin sur elle et sur la maison de son père, comme on le peut voir au chapitre solvant.

La découverte du secret de Samson, dans le sens que nons stdvons, est liée avec celle du secret de Thamar et môme avec la manifestation de Tinnocence de Suzanne. Quant aux trente paranymphes, on a lieu d'admirer leur bonheur, car il ne parait en eux aucun mérite qui les rende dignes d'être mieux traités que ces trente hommes d'Ascalon que Ton tue pour les revêtir. Ils ne méritent rien; ce n'est pas par leur pénétration qu'ils trouvent la solution de Ténigme. 11 est Vi»ai qu'ils sentent la nécessité de connaître cette solution ç ils sont dans une situation semblable à celle des devins dé ftabylone qui étaient menacés du dernier malheur, si personne ne disait au roi son songe et son interprétation. La Solution de la question proposée survient, par rapport aux Xins et aux autres, dans l'extrême besoin, gratuitement et par une voie qoi ne dépendait nullement d'eux ; il n'y avait en eux aucune force pour y parvenir. Dieu découvre librement son secret à Daniel : Samson découvre librement le sien à son épouse ; sans cela les paranymphes ne Vauraient point su ; au lieu qu'en cette manière ils parviennent à savoir le secret qui n'avait pas été révélé au père et à la mèi'e de Samson.

fd ne sais «i l'on peut envisager tant de circonstances si extraordinaires ménagées par l'Esprit de Dieu dans ces brstoiiKB, sans être saisi d'étonnement. Si l'on mettait à part ^autorité de la parole de Dieu, combien y aurait-il de

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WVINATION... PROPHÈTES, ETC. 457

Christ, Tune aux yeux des Genlils, l'autre aux yeux des Juifs. Cependaut les mystères reufermés dans ces soDges demeurent cachés ; Jacob lui-môme les ignore ; Tévénement les développe Tun après l'autre. Joseph devient le sauveur de TÉgypte ; il distribue le pain qui fait vivre. Joseph est un rejelon sorti de l'olivier franc; et les Égyptiens, qui sont les branches de l'olivier sauvage^ sont les premiers à qui il communique la vie. Le temps vient quUl la communique aussi à l'olivier franc ; Jacob avec toute sa famille vient en Egypte pour y trouver la vie.

Mais ce grand événement a ses préludes et sa consomma* tion; eth\, quel usage n'est-il pas fait du secret? Les frères de Joseph viennent; il les reconnaît et n'est point reconnu d'eux. L'Ecriture ol)serve qu'il se souvint alors de ses Songes : Alors se souveiiant des songes qu'il avait eus au-- ^refoiSy il leur dit : Vous êtes des espions^ etc. [Genèse^ ^Uill, 9.) Il leur parla durement et les fît passer par toutes les épreuves que l'on sait. Quelles inquiétudes ne ressentirent-ils pas ! Elles étaient fondées sur ce qu'ils ignoraient le secret de Joseph ; elles se dissipèrent dans le moment que ce secret leur fut révélé.

Depuis le jour qu'ils parurent pour la première fois devant Joseph jusqu'au jour qu'il se fit connaître à eux, ils demeurèrent dans l'ignorance que cet homme puissant avec qui ils avaient à traiter fût leur frère et qu'il eût pour eux des entrailles de frère. Mais à ce premier mystère toujours subsistant, combien Joseph en ajouta-t-il d'autres, soit lorsquUl les traitait durement, soit lorsqu'il les comblait de bienfaits? Siméon était retenu en prison, et ils retrouvaient l'argent de leur blé dans leurs sacs. Mais le moment où la sollicitude, la crainte et la perplexité montèrent à leur coDdble, ce fut lorsque la coupe de Joseph, cette coupe qui

48é HUmklIB STMBOLB.

selon te témoignage de son intendant servait & 'ses divinations, se trouva dans le sac de Benjamin. Joseph Fy avait ùil mettre, maiis c'était un secret, et ce secret révélé àmSH dissipé toute l'inquiétude, comme cela arriva en effet lors^ (pL^il plut à Joseph de se manifester.

Nous avons touché quelque chose ci-dessus, Article ïi.\ dé l'histoire d'Esthér, et nous en avons fût tme pitsmiîtra application qui n'en exclut point une secondé. Lé songé Âè Hardochée revient par deox endroits & notre symbole : 1^ parce que c'est un songé mystérieux et prophé&qne, 2* parce que Temblème des deux dragons qui se livrent tin cotnbat y eH employé. Le secret et la finesse eurent pàii à ce combat, et cela de part et d'autre, mais hèaucoup )pln8 ^ lit pcàrt de Mardochée. Il recommande & Es'lher en la mei^ tant à la côùr d'Âssuérus de cacher sa race : tiaritochée hn avait ordonné de tenir cela très-secret {Esth&, tl, iVj. ËHi ijgnore elle-même lés grandes choses auxquelles eîlb (àk destinée ; elle les apprend par de^és ; et h mesure qu'elles s'exécutent, le songe de Mardochée se développe et s'accomplit.

Ce songe est rapporté au chapitre XI à^Esther; et il est dît que Mardochée, après avoir eu ce songe, pensait en luimême Ce que Dieu avait dessein de faire ; que le souvenir en demeura gravé dans son esprit avec le désir de savoir ce qu'il signifiait. On en trouve l'interprétation au chapitre précédent, elle est de Mardochée luî-mème qui la commence ainsi : Ces choses sont F ouvrage de la main de Dieu. Je me suis ressouvenu du songe que f avais vu, qui signi-fiait tout ce gui est arrivé, et nulle circonstance n^est demeurée sans accomplissement.

Une des choses les plus dignes de remarque, soit danà Thistoire d'Estber, soit dans celle des frères de Joseph, c'est que le secret y est tellement ménagé qu'il ne tombe pas paiement sur tout. Une portion de ce qui est réellement et que Dieu sait est cachée, tandis que l'autre portion est con-î nue ; au moins en est-il ainsi par rapport à Esther et aux frères de Joseph.

Esther est l'épouse du roi, elle est israélite. Le public ig^nore sa race, il est vrai ; mais elle sait, aussi bien que Mar^ dochée, que c'est par une conduite particulière de Dieu qu'elle a été élevée au rang éminent qu'elle occupe. Voilà ^a portion du secret manifestée à Esther et à Mardochée, 9^ entrent déjà jusqu'à ce point dans la confidence de Dieu, ^^lais Esther ignore encore qu'elle doit devenir la libéra- ^^ce de son peuple ; et si Mardochée en a quelque pressentiment, ce n*est que par un songe énigmalique.

Pareillement le secret se trouve partagé par rapport atuc ^^^res de Joseph. Ils ne savent qu'à moitié ce qu'ils sont, ^^u plutôt ils ne le savent pas même à moitié. Ils sont autres ^^'ils ne paraissent aux yeux des Égyptiens, et autres qu'ils ^e sont à leurs propres yeux. Ils connaissent le bonheur qu'ils ont d'être serviteurs du vrai Dieu ; ils savent qu'ils Bont d'une famille qui lui est dévouée. Ils ont assez de foi pout croire que Dieu est attentif à leurs démarches. Ils craignent, il est vrai, qu'il ne leur demande compte de leurs anciens péchés; mais ils ne laissent pas de voir avec éto^-nement les marques de protection qu'ils reçoivent de sa part : Ils furent tous saisis cPétonnement et de trouble^ et ih s'entre^isaient : Quelle est cette conduite de Dieu sur nous? {GenèsCy XLII, 28.) Les Égyptiens ignorent toutefe ces choses; ces hommes sont pour eux des étrangers suspects à leur premier ministre, ils sont dignes que Vua

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d'entre eux soit retena en prison. Les Égyptiens ne savent donc pas de ces hommes ce que ces hommes en savent eux-mêmes. Telle est la portion du secret déjà connue des frères de Joseph, mais profondément ignorée dans toute rÉgypte.

De plus, ils sont les frères du premier ministre et du sau* veur de TEgypte qui, dans la vérité, met en eux sa complaisance ; bientôt ils seront élevés en gloire aux yeux de toute rËgypte. Et voilà ia portion du secret qui est cachée à eux-mêmes, et qui n^est encore connue que de Joseph seul.

Mais ce qu'il est bien important de remarquer, c'est que Dieu a, pour ainsi dire, deux faces par rapport à ces hommes, selon qu'il se trouve qu'une portion seulement du secret, ou que toutes les deux leur sont manifestées. Dans la première situation, Dieu les effraye presque autant qu'il les console ; dans la seconde, il les comble de joie. Dans la première, ils voient en Dieu ud juge sévère qui leur demande compte de l'injustice qu'ils ont faite à leur frère Joseph ; ils se disaient les uns aux autres en présence de Joseph, sans savoir qu'il entendit leur langage : C'est avec justice que nous éprouvons de tels traitements, parce que nous avons péché contre notre frère; car voyant Vétat où il était rcduit lorsqiCil nous priait avec instance, nous ne Favotis point écouté : c^est pour cela que nous sommes tombés dans cette affliction [Genèse, XLII, 21). Dans la seconde situation, ils apprennent de la bouche de Joseph lui-môme qu'il n'a aucun ressentiment du mal qu'ils lui ont fait, et que tout est arrivé par une volonté particulière de Dieu, pour leur bien et pour celui de beaucoup de peuples. (Voyez Genèse, ch. XLV, v. li, et ch. L, v. 20.)

Ainsi ils apprennent de la bouche de Joseph à porter

Jeups vues plus loin qu'ils n'avaient fait, à considérer en Dieu des attributs auxquels ils avaient peu pensé. Ils avaient yfVL en Dieu Fattribut par lequel il condamnait avec horreur la persécution qu'ils avaient faite à leur frère; mais Joseph les transporte dans une autre région. Ce qu'ils avaient vu était véritable, car Dieu hait souverainement l'injustice, et il élait vrai aussi que les peines qu'ils éprouvèrent dans leurs deux premiers voyages d'Egypte étaient une punition de leur péché; c'était une vengeance que Dieu tirait d'eux par le moyen de Joseph môme. Mais il y avait quelque chose au-dessus de tout cela, qui ne leur avait pas été manifesté; c'était une bonne volonté de Dieu pour eux, antérieure et supérieure à sa colère; c'était un conseil^ un dessein plus profond, plus vaste et, pour ainsi dire , plus réel , en vertu duquel tout avait été mis en ceuvre. C'est ce que Joseph leur explique divinement dans le dernier chapitre de la Genèse. Dieu ne les avait pas laissés tomber dans le péché qu'ils avaient commis contre Joseph pour les perdre; et ce que saint Paul dit des Juifs : Sont'ils tombés pour tomber? [Rom,, XI, 11) pouvait se dire d'eux : Dieu n'avait pas permis qu'ils péchassent afin qu'ils péchassent , mais afin de leur faire miséricorde.

Cette bonne volonlé de Dieu sur eux élait quelque chose de si grand, que Joseph était le seul qui la comprit dans toute son étendue. Jacob, par rapporta ce point, tenait encore quelque chose du personnage qu'il avait fait depuis que Joseph lui avait été enlevé. (Ce personnage consistait à ne pas tout voir; autrement, à avoir, avec des intentions droites, des vues bornées.) Il craignit que Joseph après sa mort ne tirât vengeance de l'ancien péché de ses frères; c'est-à-dire que Jo>eph ne fit ce que Salomon fit depuis par

rapport à Sémeï. Mais en ce cas il aurait donc fallu que Pieu eût encore été irrité contre eux ; car Joseph n'aurait pas agi sans consulter Dieu. Salomon ne se porta pas à en user comme il fit à Tégard de Sémel par son propre esprit ; en un mot^ Dieu savait ce qu'il réservait à Sémel dans sa colère, dans le temps même que David lui pardonnait avec tant de générosité. Jacob ne put s'empêcher de craindre qu'il n'y eût quelque chose de semblable à l'égard de ses enfants ; il leur inspira, ou du moins il les entretint dans, cette crainte ; et il était réservé à Joseph de la dissiper. £i^ cela Joseph parut pénétrer plus avant dans le secret de Die%;;^ que Jacob.

£n effet, après les obsèques de Jacob et le retour de J^, seph et de ses frères en Egypte, les frères de Joseph intinu^ des s'* en f rendirent les uns aux autres : N'avons^nous pointa craindre que Joseph ne se souvienne du mal que nous lui avons fait, eiqîiihien tire vengeance? Et ils lut envoyèrent 'porter cette parole : Votre père nous a ordonné^ avant que de mourir, de vous dire de sa part : Je demande en grâce que vous oubliiez le crime de vos frères, le péché et rinjustice qttils oiit commis contre vous. Nous joignons notre prièi^e à la siome pour vous demander que vous remettiez cette iniquité à nous qui sommes les serviteurs du Dieu de votre père.

Joseph entendant ces c/iosesy répandit des larmes; et ses frères s' étant enhardis pour venir, se courbèrent devant lui jusqiien terre , lui disant : Nous sommes vos servileitrs. A lors il leur répondit : Ne craignez point : pouvons-nous résister à la volonté de Dieu ? Vous aviez formé de mauvais desseins contre moi; mais Dieu les a convertis en bien, pour me faire monter au degré d élévation où vous me voyez, et pour procurer le salut à beaucoup de peuples. Ne craignez

point : je vous servirai de pasteur à vous et à vos enfants. Et nies consolay en leur parlant avec beaucoup de douceur et de bonté. Alors les frères de Joseph comprirent que le pardon que Joseph leur avait accordé était sans retour ; ou^ ce qui revient au même, que Dieu était apaisé pour toujours.

Et non-seulement ils apprirent que Dieu était apaisé, mais

ils reconnurent, Dieu leur révélant alors le fond de son

secret par la bouche de Joseph, ce que Dieu pensait dès le

jour quMls livrèrent Joseph ; car il condamnait le crime dans

lequel il les laissait tomber ; mais sUl permettait quMls y

iombassent, c'était dans des vues d'une grande miséricorde

pour eux. C'était un plan vaste que Dieu avait formé et

qu'il fallait qui s'accomplit : Pouvons-nous résister à la vo-

lontéde Dieu? Vous avez eu dessein de me faire du maly

mais Dieu a changé ce mal en bien, etc.

Le jour qu'ils commirent ce crime, ils n'apercevaient pas la moindre partie de ce plan. Lorsqu'ils vinrent les premières fois en Egypte, ils en voyaient quelque portion. Ce plsm leur est pleinement dévoilé le jour de la manifestation de Joseph, mais leurs yeux en paraissent comme éblouis, comme des yeux faibles qui ont de la peine à supporter l'éclat du soleil lorsqu'il vient se montrer subitement. C'est seulement après que Jacob est enseveli, qu'ils apprennent de Joseph à se prêter sans défiance à une miséricorde si gratuite, si grande, si inespérée, si solide : Ne craignez point; pouvons-nous résister à la volonté de Dieu 1 ... Ne craignez point ; je vous nourrirai vous et vos mfants : et il les consola, en leur parlant avec beaucoup de douceur et de tendresse [Genèse ^ ch. L).

(66 HOITIÈMS STMBOUI.

le libre arbitre des hommes s'est accordé à faire le mal plutôt que le bien ; et pourquoi, au contraire, en tel autre pays et en tel autre temps le libre arbitre de tant de persoimès s'est accordé à faire le bien, et même à sacrifier tout ce qni est de plus cher à la nature pour le faire. Pourquoi^ pàf exemple, la multitude des Israélites dans le désert^ au mi-f lieu des miracles éclatants qu'ils voyaient de leurs yeni^ oitt été portés à la désobéissance et au mnrmnre; pourquoi, eà lin mot, ils ont été tels que Moïse les dépeint; et pourquoi, itu contraire^ la multitude des premiers Chrétiens que Ton ne soutenait point par des promesses chamelles, ont été aussi fervents, aussi fidèles et aussi fermes dans le bien qoe le livre des Actes et les Epitres des Apôtres nous ]es représentent. Ils ne rendent point non plus de raison primor^ diàle, pourquoi la piété a été plus commune parmi les Ghréf* tiens dans les premiers siècles que dans les siècles postée rieurs.

Que s'ils sont incapables de rendre raison du passé, à combien plus forte raison seront-ils muets par rappel i l'avenir. De là le défi qui leur est donné dans haïe (XLI,22) : QuHls nous prédisent ce qui doit arriver à l'avenir, et qiCils nous fassent savoir les choses passées.

Il n'en est pas ainsi du Dieu véritable. Comme il est k maître de tout^ il forme son plan de longue main et il annonce avec assurance tout ce qui doit arriver. Nous avons tracé ce plan dans le XX "" Article ; ou plutôt, nous avons observé qu'il était tracé dans les Prophètes et dans le Deutéronome. L'histoire du monde le vérifie d'âge en Age. L'insertion des branches étrangères sur l'olivier franc et le retranchement des branches naturelles sont un témoignage éclatant de la vérité de ce plan et de la puissance du Dieu qui l'avait formé.

DrVlNA+lOtf... PROJriifctÈS, ETC. 46Î

Là ëoi4ti][)ltioh des Jarf^^ Tes^)»! de piété <|ùl s^éloignclit àè ^ItH ek pltxÉ de ce {Keuple, lé pharisaXsrrie et lé sadduoéistiiè ^i i^onàiiétit là Synagogue/ ftiisaiciiit mépriser la Reli^ ^tfn ft è^al qui né pénétraient pas plus avanl. Mais tous cctt HiâMï se tôiiriiaiéût ëh ptenves de la vérité et de là gran^ èeiif de fa Religion pour oeUi qui avaient des yeux poiir â^l^loii* le plan' de Dieu tracé dans les Écritures. C'était iK^éVè qdi (|«Kittait les brâincbès naturelles, et uh sue em^ ^iâOiiûé s^en emparait à là place dé la bonoe sévéi Mais ^la venait^il d'impuissance dé la part du Dieu d'Israël ? THirtk sëhÈ doutôy puisque Dieu avait prédit ces choses et qu'elles entraient dans un plan concerté.

Si la inultitude des Juifs étaient aussi méchants que leab^Baptisté et Jésus-Christ les trouvèrent, cela ne venait pas, comme le disaient les pharisiens, de ce qu'il hé dépendait pas de Dieu de les rendre meilleurs en fléchissait leur libre arbitre. C'est ce que l'on vit bien mantfesteiQenl brsqo^il parût après la Pentecôte des itiilliers de saints pàntei ce peuple! ils avaient été subitement changés^ et ib confessaient que ce changement venait de la droite àii Trè&^fiaat qui distribue la piété non moins puissamment èl non moins librement que les royaumes.

Ld sévé que l'on vit couler dans ces branches natoi^lles; réservées, et, peu d'années après, dans une si grande miiRîtiiâe de branches étrangères, fut donc une preuve éclatante de la puissance de Dieu sur les cœurs. Mais conif ^ieii iDoIte preuve sera-t-elle fortifiée, lorsque le cb. XI de VÉpUre de saint Paul aux Romains aura reçu son entieiT aocompliâiemetit 7

^ Dèa aujourd'hui, toute la perle de la sève qui se faitre-n nw^uer dans les branches étrangères se tourne en prc^uvtt d^ U vérité de la Religion. Tout soc contraire à cette sève

468 HUITIÈME 6TMB0LB.

primitive et véritable est un accomplissement de ce que Dieu avait biit écrire dès le commencement, non«>seulemeDt par saint Paul, mais par Moïse et par les Prophètes* Car oe n'est pas seulement par rapport aux bienS| mais aussi par rapport aux maux, que Dieu se glorifie de les avoir annon* eés longtemps auparavant {Isate^ XLYIU, 3) i /e pous ni annoncé dis lors les premières choses; elles sortirent de 0141 bouche j et je vous les fis entendre... Je savais dès lors qwt vous êtes durs, que votre cou est comme une barre de fer, et que vous avez un front d'airain. Dieu savait aussi quUl y aurait une Babylone, et que cette Babylone serait remplie de devins et d'enchanteurs qui lui disputeraient sa gloire* (Voyez, Isaîe, chapitre XLVII.)

Saint Paul, dans cet important chapitre où il fait This*» toire de Tolivier, n'a fait autre chose sinon de recueillir le plan exprimé au long dans les livres de l'Ancien Testameni» Ce plan ayant rapport au passé, au présent et à l'avenir^ saint Paul est historien par rapport au passé, témoin par rapport au présent^ l'interprète des prophètes et prophète lui-même par rapport à l'avenir. L'Église de Rome était dès lors, comme elle l'est encore aujourd'hui, la princi* pale des branches étrangères qui venaient d'être insérées. Saint Paul entre ces branches choisit celle-là, et ne laisse point passer le temps auquel commençait cette insertion, pour la rendre dépositaire de toute cette histoire de l'olivier.

En conséquence de ce plan tracé de la main de Dieu, tous ces chapitres d'Isaïe auront encore leur accomplissement. Quelle preuve de la puissance de Dieu! Quelle preuve de la vérité des prophéties, lorsque les branches naturelles, après tant de siècles, seront entées de nouveau sur leur ancien tronc I On reconnaîtra bien alors jusqu^à quel point se

sera Térifié ce que Bien dît dans Isaïe, quMl avait fait écrire tees choses dès le commeDcement, mais qu'elles n'avaient jpas été comprises. Car cela se trouve vrai en chaque âge, à proportion de ce qu'on pense peu à cette réinsertion future des branches naturelles, à proportion de ce que les idées qui s'en sont conservées ont été enveloppées de nuages. C'est le songe de Nabuchodonosor qu'il avait oublié luimême; mais il en était demeuré des traces dans son cerveau, par le moyen desquelles il pouvait reconnaître avec assurance si les devins lui raconteraient son vrai songe, ou si ce qu'ils lui diraient ne serait que l'invention de leur esprit.

Cependant il s'élève une troupe d'hommes qui attaquent la puissance de Dieu, qui tournent vers le libre arbitre leur encens, qui ne veulent point avouer qu'il ne tient qu'à Dieu seul de convertir les hommes quand il lui plait^ que Jésus- Christ soit le maître souverain d'appliquer la vertu de son sang, qu'il puisse par sa seule volonté faire refleurir la piété et la multiplier sur la terre. Ces hommes forment une Babylone dont celle que gouvernait Nabuchodonosor n'était que l'ombre, et celle que saint Paul a combattue dans les partisans de la justice de la loi n'était qu'une ébauche.

C'est de cette dernière Babylone que se vérifient plus parfaitement les paroles d'Isaïe, dans les chapitres XLYI et XLVII. C'est cette Babylone, pleine de devins et d'enchanteurff, qui se retrouve dansV Apocalypse j lorsque l'on prend 66 livre mystérieux dans son second sens. Les sauterelles de la troisième trompette sont du nombre de ces devins qui «mpoifionnent par leurs enchantements. On les retrouve dans ce peuple qui a des dents de lion et qui désole la vigne et le figuier (// réduira ma vigne en un désert y il arrachera récorce de mes figuiers; il les dépouillera de toutlx lei^rs

470 HUITIÈMS SYMBOLE.

figues ^ il les jettera par terre ^ et leurs branches d^meur^ font toutes sèches et toutes nues. Joëly I, 7], et pour soiyrç la métaphore de saint Pai?l, elles cQrrompent la sève 4^ Tcdivier. Les maux vont toujours croissapt; et eoi^ii pacfU la bète aux deux cornes de bélier dans Fétat oi^ \^ Tp)( saint Jean. On peut voir ce que nous en avons 4it ci-<Jessyi|, Article XXVir.

Nous pourrions reprendre ici le YJI* et le Vin* chapitfi^ d*Isaîe ; c'est-à-dire que, comme nous en avons (ait Tapplir cation au temps de la venue du Messie^ à ce temps q^i avait une liaison si étroite avec les changements qui allaient arriver par rapport à l'olivier, nous pourrions y considérer un nouvel accomplissement qui aurait la même proportion avec l'événement de la réinsertion des branches paturellesi que l'accomplissement expliqué au paragraphe 6 de l'Âxticle XX a eu avec l'insertion des branches étrangères *. Nous placerions donc alors ces deux chapitres àUsaïe^ ainsi entendus, entre les IX% X* et XP chapitres de V Apocalypse.

ARTICLE XLII

Conseil tenu devant Dieu sur le sujet de Job. Autre conseil louchant Âchab. On touche quelque chose du rapport qui se trouve entre le plan de TApocalypse et rhistoire de Job.

L'histoire de Job, selon l'application que saint Grégoire en a faite à l'Eglise dans plusieurs endroits de ses Morales^ et particîilièrement au livre XXXV, ch. Vil et ÏX, renferme en abrégé ce qui est proposé plus en détail dans

* Voyez page 347.

* Voj«» ci-deMiu, p. 2167.

V Apocalypse^ Dans l'un, Sataq acéuse le serviteur de Dieu ^ dans FaQire» il accuse le peuple de Dieu (V accusateur d^ 9as frétés^ qui les accusait jour et nuit devant notre J)ieu^ Appc.^ eh. Xlly V. 10) et lui fait la guerre (ch. XIII e( suîyants). Le$ plaies des trompettes sont Teffet des accusa^ tions ile Satas, ainsi ^ue les plaies dont Job est frappé.

Qa voit dans le livre de Jobj par ces discours et pap ceux de ses amis» combien il était difficile de découvrir le prin^ cîpe des malheur^ qui étaient venus les uns après les ftutr^^ fondre sur lui. Pour savoir ce dénoùment, il aurait failli ^tre instruit de ces conseils tenus devant Dieu, dont Tfaisr foire est rappgrtée dans les deux premiers chapitres. S^Uuk s^y trouva en la présence de Dieu parmi les enfants de D|eu, <;'est-à*dire les Anges. On pouvait donc dire alors, danslf\ niéipe sens, que Satan avait une place dans le ciel. Maî^ après le rétablissement de Job, les accusations de Sati^jx contre ce saint bomme n'étant plus écoutées» on aurait pi% dire aussi de lui^ ce qui est dit de ce môme Satan dans (çi ^IP cb. de VApocalypsCj qu'il fut chassé du ciel avec ^ aoges, et qu'il ne s'y trouva plus de place pour eux (y. 8).

Pareillement, pour rendre raison de tous les maux don^ l'Église a été attaquée tant extérieurement qu'intérieureif meut} il faudrait être entré dans le conseil de Dieu, ou t>ien è^re instruit de ce qui y a été décrété. Le peuple, de Diq^ ç^t nji g^and arbre; c'est un olivier, sçlon saint Paul, ^'pjif^ ypyQn9 que de tenips en temp^ il s'est Tait des retv^ipcb^m^l^t^ parmi seç branches ; d'autres fois la sève s'est retiré^ j)§ certaines branches; quelquefois un suc étranger a prj9 js^ flact^ et a affaibli en bien des manièrei^ et dans plusieuri| hrapches la sève véritable. Nul de ces malheurs n'est 1'^%^ .di^ l^f^^rd. S'il s'est tenu un conseil parmi les anges tou- Q^apt V^i^re 4vi ^^S^ de Nabuchodo^psox [C'est ce qttiq

été ordonné par eeitx qui veillent, c'est la parole et la de^ mande des saints. Daniel, IV, 14); à combien pins forte raisoD^ tout ce qui arrive à l'olivier est-il concerté dans le ciel. C'est ce que Y Apocalypse développe, pourvu que Ton considère ce livre prophétique dans le sens où nous le pre* nous, sens dont celui de M. Bossuet n*est que la figure.

Il faut donc être instruit des délibérations qui se prennent dans le conseil des anges^ pour démêler ce qui se passe dans le gouvernement du peuple de Dieu, surtout par rapport aux grandes révolutions. Il faut connaître les desseins de Satan, comme dans l'histoire de Job, et les desseins de Dieu qu'il manifeste devant ses saints Anges.

Il est donné à Satan de séduire un grand nombre d'hommes, et cela en différents degrés et en diverses manières. C'est lui qui séduit toute la terre, est-il dit, Apoc , XII, 9, Qui seducit universum obbeh. C'est lui, ou quelqu'un de ses anges qui s'offre, dans l'histoire d'Achab, pour tromper ce prince en trompant tous ses prophètes: Tiraij et je serai un esprit menteur dans la bouche de tous ses prophètes. Et Dieu lui dit : Vous le tromperez et vous prévaudrez : De-

CIPIES, ET PR.EVALEBIS : EGREDERE, ET PAC ITA (///. Rois,

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