‹ Histoire de la renaissance de la liberté en Italie, de ses progrès, de sa décadence, et de sa chute;Chapitre 22 sur 31 · CHAP. X · texte numérisé non relu

CHAP. X

Milan dans une confraternité si désirable pour toutes trois. ^

François Foscari , qui fut doge de Venise de i4a3 à 1457, avait communiqué à la république dont il était chef, son ambition guerrière , et il lui avait fait faire la conquête du Bressan et du Bergamasque; il jugea que l'occasion était favorable pour détacher de nouvelles province du duché de Milan , ou peut-être pour le subjuguer tout entier ; et il repoussa toutes les avances de la république milanaise, qui désirait ardemment la paix. D'autre part , Corne de Médicis à Florence, loin d'avoir, comme les précédens chefs de la république , une affection réelle pour la liberté , commençait à se proposer de devenir le prince d'une patrie , où il n'était rentré que comme chef de la faction démocratique. Il se trouvait si supérieur à ses anciens associés par sa richesse , par le nombre de ses cliens , par la déférence que lui montraient les gouvernemens étrangers, par les flatteries des hommes illustrés dans les lettres, qu'il se croyait fait pour dominer sans opposition et sans partage. Presque toutes les républiques italiennes avaient successivement subi l'influence de quelque famille qui s'était élevée au-dessus de toutes les autres : le tour de Florence lui paraissait enfin venu. Il voulut que les Médicis y occupassent le rang que les Bentivoglio occupaient à Bologne. Lui-même avait

«bap. *. contribué à retenir cette république alliée sous U47-M*4. ja domination d'une famille usurpatrice; et, lorsque Ânnibal Bentivoglio fut assassiné , le a 4 juin i445 , par des conjurés que le duc de Milan et le pape avaient armés , il eut soin de fournir aux Bolonais un nouveau Bentivoglio , un nouveau chef de l'État , en Tévélant une galanterie l'un Bentivoglio dans une maison bourgeoise de lorence, et en faisant accepter le fils qui en était né, Santi Cascese, pour directeur de la république. Le moment était arrivé , en effet , où le crédit des Médicis devait l'emporter sur les pouvoirs légaux de la seigneurie florentine , et où ils pourraient transmettre , comme les Bentivoglio , leur pouvoir usurpé à leurs enfans , et même à leurs bâtards. Aussi CÔnie ne se sentait-il aucune sympathie pour la république qui se formait à Milan, et qui cherchait à réveiller en Italie l'ancien enthousiasme de la liberté. En même temps , il était jaloux de la république de Venise, qui lui paraissait prétendre à la domination de toute l'Italie : conséquemment, il favorisait François Sforza , et il lui promettait son appui pour l'élever sur le trône qu'avait occupé le duc de Milan.

François Sforza, qui avait montré pour la

guerre des talens supérieurs peut-être à tous ceux des généraux les plus illustres de ce siècle , avait en même temps cette espèce de franchise et de

libéralité des camps qui plaît aux soldats. . On chap. k. aimait à le représenter comme un homme loyal nfr-1***» et généreux j ses amis loi étaient dévoués , et ses guerriers ressentaient pour lui de l'enthousiasme. Toutefois ce n'était pas dans ie métier de capi'-' taine d'aventure qu'un homme pouvait se former au véritable honneur et à une vraie intégrité. François Sforza se montra plus d'une fois per* fide envers ses lieutenans mêmes, dont il fit périr quelques uns d'une manière cruelle , parce qu'ils avaient excité sa défiance. Mais ce qui révéla surtout son caractère et son habileté , ce fut l'adresse avec laquelle, en jouant tour à tour les deux républiques qui se confièrent à lui , il sut* employer à sa propre élévation leurs subsides et leurs soldats , et les trahir l'une après l'autre dès qu'il eut atteint son but. C'est ainsi qu'il mérita l'admiration de Louis XI , son ami et son disciple , et le blâme des vrais hommes d'honneur.

Le duc d'Orléans formait , au nom de Valentine Visconti sa mère, des prétentions sur le duché de Milan ; et il le fit attaquer du côté d'Asti, par des troupes françaises. Sforza, pour ne pas se commettre avec la France, laissa le soin de les repousser à Barthélémy Coléoni , qui servait les Milanais en même temps que lui, sans lui être subordonné. Pendant ce temps, il prit d'assaut, le 16 novembre i447? Plaisance, qui était alors la seconde ville de Lombardiè ; et

chap. x. il pilla cette cité avec tant de rigueur, qu'elle i447-*4**- ne s'est jamais relevée de cet échec. En même temps, il envenima la division qui commençait à se manifester dans les conseils des Milanais. Trivulzio était Guelfe, Bossi et Lampugnani étaient Gibelins, et la haine héréditaire entre leurs familles les rendait jaloux l'un de l'autre : Trivulzio engagea les Vénitiens à offrir la paix à la république de Milan , sous condition que celle-ci leur cédât Crème et la Ghiara d'Àdda : les Gibelins , excités par Sforza , se refusèrent à ce traité , et le firent rejeter par le conseil des Huit-Cents. Sforza en même temps accrut leur 'Orgueil par ses victoires. Dans le mois de mai 1 448, il enleva aux Vénitiens tout ce qu'ils avaient conquis sur la droite de l'Adda; le 17 juillet, il brûla leur flotte sur le Pô , près de Casal-Maggiore; et le i5 septembre , il remporta sur eux une dernière victoire à Caravaggio , où il fit leur armée presque entière prisonnière de guerre.

Mais après ces succès , Sforza jugea que les Vénitiens étaient assez abattus pour qu'ils ne pussent plus prétendre à la conquête d'un État qui leur opposait une si vigoureuse résistance ,

/ tandis que les Milanais étaient , de leur côté , si

enorgueillis, qu'il craignait de n'avoir bientôt plus de chances pour les déterminer à se jeter dans ses bras. Il rendit donc la liberté à tous les captifs qu'il avait faits aux Vénitiens à Caravag-

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gio , et il signa avec ceux-ci , le 18 octobre i448> CHAP'. x* un traité par lequel Venise s'engageait à l'aider l44?'1454, à conquérir le duché de Milan , tel que l'avait possédé Philippe - Marie ; tandis que François Sforza garantissait aux Vénitiens Bergame et Brescia, et leur cédait Crème avec la Ghiara d'Adda. Les Milanais furent indignés de cette trahison , et bientôt ils virent l'extrême danger où ils se trouvaient ; car , parmi les condottieri à leur solde, plusieurs préférèrent suivre la fortune d'un capitaine aussi habile et aussi heureux que François Sforza , se figurant qu'ils pouvaient attendre de plus grands avantages d'un usurpateur ambitieux que d'une république. De même, parmi les villes sujettes, il y en eut plusieurs qui , désespérant de se remettre elles-tnêmes en liberté, voulurent du moins que Milan, dont elles étaient jalouses , obéit comme elles à un maître. Plaisance fut la première à se donner à François Sforza; bientôt Abbiate-Grasso , Va-rèse , Tortone et Alexandrie lui ouvrirent successivement leurs portes. Pavie s'était livrée à lui l'année précédente , tandis qu'il était encore au service des Milanais. Au mois de février ] 449> il s'empara aussi de Parme , et au mois de septembre, de Lodi et de Crème. Toutefois, les Milanais, si rudement pressés, ne s'abandonnèrent point eux-mêmes : ils obtinrent quelques ' secours du duc de Savoie , et les citoyens les

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f chap. x. plus riches mettant leur fortune au service de 1447- «454. [a république, ils furent en état d'armer leurs milices de fusils. L'invention de cette arme, alors très dispendieuse , était encore récente , et elle inspirait beaucoup de terreur aux gens d'armes.

La république de Venise comprit enfin ,- mais trop tard , que son intérêt , et celui de l'indépendance de l'Italie, lui commandaient de sauver la république de Milan. Elle signa , le 27 septembre i449> avec celle-ci , un traité par lequel elle reconnaissait la nouvelle république, et lui assignait pour limites , 1' Adda , le Tésin , le Pô et les Alpes suisses. En même temps, elle abandonnait en souveraineté à François Sforza , sept des plus grandes villes lombardes avec leurs fertiles provinces. Ce dernier se croyait trop près d'atteindre le but pour y renoncer. Toutefois il envoya son frère à Venise pour déclarer qu'il ac~ * ceptait ce traité ; et , conformément aux ordres que celui-ci avait reçus, il éloigna son armée de Milan. C'était le moment des semailles, et il voulait inspirer aux Milanais assez de confiance pour qu'ils ensemençassent leurs terres , et se défissent ainsi d'une grande partie de leurs blés. Dès que cette opération fut achevée , il ramena rapidement son armée devant Milan ; il arrêta les convois de vivres que les Milanais faisaient venir dans toutes les directions, et il recom<-

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menca les hostilités. Les Vénitiens tentèrent cbap. x. bien de secourir Milan , m ai* il les battit le 28 dé- ,4*?-145* cembre. Bientôt la famine , sur laquelle il avait compté , devint extrême dans la ville. Enfin, le peuple se souleva le s5 février i45°? et Ie 2^ ^ ouvrit les portes à François Sforza, qu'il reconnut pour duc de Milan. Les Vénitiens cherchèrent pendant quelques années encore à lui disputer sa nouvelle grandeur ; ils s'allièrent dans ce but avec Alphonse , roi de Naples , et le duc de Savoie ; mais Côme de Médicis, qui devenait tous les jours plus puissant à Florence , et qui substituait les affections privées de sa famille aux sentitnens généreux des anciens amis de la liberté, resserra son alliance avec François Sforza , et lui fit passer des secours. Sur ces entrefaites, la prise de Constantinoplc , par les Turcs, le 229 mai i453, répandit l'effroi dans la. chrétienté; elle fit sentir à tous les Italiens le besoin de rétablir la paix entre eux pour se mettre en défense contre les Barbares. Cette paix fut signée à Lodi, le 9 avril i4&4? eUe laissa aux Vénitiens Brescia et Bergame avec leur territoire, mais elle assura à François Sforza le duché de Milan, dans lequel Crème et la Ghiara d'Adda demeurèrent compris.

Le consentement de l'empereur manquait , il est vrai , à François Sforza pour légitimer son titre au duché de Milan. Frédéric III d'Autri-

chap. x. che , qui régnait depuis le 2 février i44° > l'avait 1447-1454. positivement refusé. Ce monarque avait traversé pacifiquement l'Italie en i45a , pour aller prendre à Rome la couronne impériale; et il avait évité d'entrer dans la partie de la Lombardie occupée par François Sforza , pour ne pas sembler reconnaître son usurpation. Mais le nouveau duc n'en concevait aucune inquiétude; il méprisait Frédéric , prince lâche et indolent , qui ne savait défendre ni l'Allemagne , ni ses Etats héréditaires , et qui ne songeait à l'Italie que pour exploiter la vanité des grands en leur vendant à l'enchère des titres, des dignités et des investitures. Sigismond ayait conféré, en i432 , le titre de marquis de Mantoue à Jean François de Gonzaga, pour douze mille florins; Frédéric III vendit à plus haut prix , le i5 mai i452 , le titre de duc de* Modène et Reggio à Borso d'Esté ; la famille de celui-ci n'obtint que dix- neuf ans plus tard , du pape Paul II , le titre de duché pour la seigneurie de Ferrare, qui relevait de l'Église. Sigismond et après lui Frédéric avaient trafiqué de même avec impudeur des titres de comte, de baron, de chevalier, de notaire impérial , et avaient accordé la légitimation des bâtards à tous ceux qui voulaient l'acheter ; mais François Sforza, se croyant sûr d'obtenir un vain diplôme quand il le demanderait, n'estima pas qu'il valût tout l'argent qu'il lui coûterait.

Presque en même temps que la dernière ten- CHAP- xtative des Lombards pour recouvrer leur li- l447-x4 *" berté échouait à Milan , le pape Nicolas V punissait d'un supplice capital le dernier effort d'un citoyen romain pour rendre la liberté à Rome* Les libertés de Rome et de tous les États de . l'Église s'étaient perdues, sans qu'on pût presque . signaler le moment de leur abolition. Le sénateur et les caporioni ou bannerets de Rome avaient long-temps administré la république, sans que les limites entre leur autorité et celle du pape, le premier citoyen de l'État , fussent définies. Dans le serment qu'ils prêtaient en entrant en charge , au lieu de s'engager envers lui a l'obéissance, ils lui promettaient leur protection : ils juraient de ne point permettre qu'on touchât à sa vie ou à ses membres , ni qu'on attentât à sa liberté. Ces magistrats , de même que ceux de toutes les villes de l'Église, devaient être élus par le peuple : l'Église était regardée comme protégeant la liberté populaire, et lorsqu'une ville rentrait sous la souveraineté immédiate de l'Église, elle croyait rentrer en liberté. Cependant le pape s'était souvent fait déférer par le peuple le droit de nommer le sénateur de Rome, ou les recteurs des autres villes de l'Église. Pendant le long séjour des papes à Avignon > la cour de Rome avait oublié ses anciens principes de liberté : ses légats prétendaient au pouvoir abii. 5

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chip. x. solu; l'anarchie de Rome , les violences des no- 1447-1^54. yes? |a tyrannie de plusieurs usurpateurs, contribuèrent aussi à désaccoutumer les peuples de la liberté; souvent ils cherchèrent un refuge contre une tyrannie plus cruelle, dans le pouvoir absolu des prélats : souvent Pérouse, Bologne et d'autres cités avaient déféré la seigneurie au légat , ou le peuple romain l'avait attribuée au pape , avec suspension de tous ses droits politiques. Le grand schisme d'Occident ébranla de nouveau le pouvoir du pontife dans les États de l'Église, comme il venait d'être rendu uniforme par les conquêtes du cardinal Albornoz : les papes méconnus par une moitié de l'Église, appauvris, menacés, vécurent, pendant presque toute la durée du schisme, exilés de Borne, et le plus souvent dans la dépendance du seigneur de Bimini. Martin V, qui fut créé après la fin du schisme , par le concile de Constance , ne recouvra point de si tôt l'obéissance des États romains ; il passa à Florence la plus grande partie de son pontificat. Eugène IV, qui lui succéda le 3 mars i43i, reperdit, par suite de son caractère turbulent, ambitieux et despotique, plusieurs des Etats que Martin V avait recouvrés. Son principal ministre, le patriarche Vitelleschi, souilla son règne par des actes nombreux de perfidie et de cruauté; aucune des libertés de Borne ou des États de l'Église ne fut plus respectée.

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Nicolas V, qui succéda, le 6 mars i447> ** Eu- CHAP- *• gène IV, était connu à Florence sous le nomldc lW'1^1 Thomas de Sarzane : il avait été précepteur de Renaud des Albizzi, et ensuite commensal de

Côme de Médicis. Ses connaissances dans la lit-

térature antique , dans les beaux-arts et 4a philosophie, le rangeaient paraji les membres les plus honorables de la société que. ce citoyen illustre rassemblait chez lqj. Mais les études de Thomas de Sarzane n'avaient point détruit l^s habitudes serviles de son espritt et de soù éducation . Les grammairiens , les poètes ; les rhéteurs , n'étaient que trop accoutumés , dans ce siècle , à se regarder comme les cliens des riches et des grands, à vivre à leur table et de leurs largesses, et à recevoir de leur bouche le mot d'ordre pour leurs opinions et leurs sentiinens. Thomas de Sarzane n'apprit point dans le palais de Côme de Médicis à aimer ou à respecter une Kberté que son patron minait sourdement, et travaillait à enlever à sa patrie. Quand il parvint au souverain pontificat , il montra le même zèle qui l'avait distingué dans une carrière plus humble, pour le progrès des études et la connaissance de l'antiquité, pour la collection des manuscrits, pour la traduction des ouvrages grecs, pour la restauration des monumens anciens, pour l'encouragement des artistes contemporains. Ce fut lui qui jeta les premiers fondemens de la superbe basilique du Vatican ; ce fut lui aussi qui rassembla

chap. x. le .premier, dans le palais attenant, une bibliothé- «447-1454. qjjç. Mais Nicolas V repoussait avec impatience toqt con troie, toute opposition k ses volontés ; il ne voulait voir dans les Romains que des sujets, auxquels il ne reconnaissait aucun droit de participer au gouvernement. Stefano Porcari, gentilhomme romain d'une réputation sans tache, ayant voulu profiter de l'interrègne qui précéda la nomination de Nicolas V, pour faire réclamer par les citoyens romains la confirmation et le renouvellement de leurs' anciens privilèges, fut dénoncé au nouveau pape comme un esprit dangereux ; et loin d'obtenir que les droits anciens fussent reconnus, il eut la douleur de voir les citoyens écartés toujours plus soigneusement des affaires publiques. Celles-ci n'étaient plus confiées qu'à des prélats et à des clercs , qui , n'y étant point préparés par leurs études et par leurs sentimens , laissaient tomber l'administration dans le plus honteux désordre.

Le peuple de Rome s'étant soulevé dans la place Navonne, pour une querelle née d'un combat de taureaux , Stefano Porcari essaya de diriger son attention vers un objet plus noble , et de faire tourner cette émeute au profit de la liberté. Le pape se hâta de complaire aux fantaisies que le peuple avait exprimées , quant à ses jeux ; mais il rejeta tout ce qu'il y avait de sérieux dans ses demandes , et il exila Porcari à Bologne. Celui-ci se flatta de réussir au moyen

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d'une conjuration dans ce qu'il n'avait pu obte- c»ap. nir par un mouvement populaire. Quatre cents l44?-f citoyens romains au moins étaient exilés de Rome ; il les fit tous entrer dans sa conspiration ; il leur donna rendez- vous à Roirte, pour le 5 janvier i453, dans la maison de son beau-frère. S'étant soustrait à la* surveillance du légat' .de Bologne , il s'y rendit lui-mêm.e avec trois cents soldats , qu'il avait. enrôlés. Toute la troupe sp trouva réunie pendant la puit ; et Stefàhb Pofcari la haranguait pour la préparer à l'attaque du Capitole , où il comptait rétablir le sénat de la république romaine ; mais son secret avait été trahi ; la maison étpit entourée de troupes ; toutà-coup les portes furent forcées; et lès conjurés, accablés par le nombre , avant+ que des armes leur eussent été distribuées. Dès le lendemain matin, Stefano Porcari fut pendu sans jugement préalable aux créneaux du château Saint- Atige , avec neuf de ses associés. Malgré leurs vives instances on leur refusa la confession et la communion. Huit jours plus tard , quelques procédures ayant été instruites, les exécutions recommencèrent ; elles se succédèrent en grand nombre ; le pape se fit livrer lés -prévenus qui s'étaient réfugiés dans les États voisins ; et cette dernière étincelle de la liberté romaine fut éteinte dans le sang.

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