‹ Histoire de la république de 1848Chapitre 10 sur 19 · XIV PRÉF*ACE · texte numérisé non relu

XIV PRÉF*ACE

méthodique aura déjà établis. Qu'on réussisse à arracher leurs secrets à quelques archives parti cuUères; que la correspondance Lacordaire s'échappe enfin tout entière des portefeuilles jaloux qui la retiennent ; que certains acteurs du 2 décembre se décident à parler ; que les héritiers du général Ghangarnier se croient un jour le droit de pubher certaines lettres de M. le comte de Ghambord et de M. le duc de Lévis, écrites en 1850, lors des tentatives de/usion entre les deux branches de la maison de Bourbon ; que la correspondance de la princesse Louise, reine des Belges, sur le même sujet, soit déUvrée du scellé qui la couvre dans l'intérêt de la paix rétablie ^ entre les deux familles : toutes ces révélations, précieuses et désh^ables si l'on ne cherche qu'à satisfaire la curiosité publique, ne toucheront que légèrement à Tensemble des faits déjà connus et serviront plutôt à développer la chronique et la biographie qu'à contredire ou à démentir l'histoire générale.

Dans toutes les choses humaines, il y a un coin d'ombre : il faut se résigner à ce que le soleil n'y pénètre que tai*d, s'il y doit luire jamais. En attendant ce rayon de lumière^ devrons-nous laisser les faits s'amasser confusément, les légendes s'édifier, les erreurs se multiplier et grandir? Parce que nous ne pouvons anticiper les secrets de l'avenir, faudrat-^il dédaigner les renseignements si nombreux que le passé a déjà mis sous notre main? Éclaircir les faits l'aide d^une critique aussi indépendante que s'il s^ agissait de temps reculés; les distribuer dans un

Page 1