‹ Histoire de la république de 1876 à 1879Chapitre 11 sur 71 · B6AN1S1TI0N D0 GOUVERNEMENT · texte numérisé non relu

B6AN1S1TI0N D0 GOUVERNEMENT

nom de l'Assemblée oalionale, les Pouvoirs souverains que la nation lui avait donnés. »

M. Gaultier de Rumilly, président du bureau provisoire du Sénat, répondit en ces termes :

« Monsieur le Président de l'àssehrlée nationale,

1 Appelé à la présidence provisoire du Sénat, comme doyen d'âge, je suis heureux de répondre aux vœux patriotiques et aux cordiales félicitations de bien venue que vous nous adressez.

n Le Sénat, gardien fidèle de la Constitution républicaine que l'Assemblée a votée, et que la France vient de consacrer avec résolution par ses suffrages librement exprimés, veut, comme vous le voulez, assurer le respect et l'obéissance à ces lois constitutionnelles qui doivent inaugurer une ère d'apaisement, de pais, de sécurité pour tous les intérêts, et de prospérité publique durable.

n Le gouvernement de M. le Maréchal de Mac- Mahon, président constitutionnel de la République légalement o^anisée, repose sui la hase la plus solide : La sanction du pays qui veut l'ordre, la liberté etla pais; et c'est dans ce concours bienfaisant, dans cette intime union des Pouvoirs publics, du Sénat, de l'Assemblée nationale et du Gouvernement de M. le Maréchal de Mac-Mahon que la France jouira de la paix au dedans et au dehors, et reprendra le rang légitime qui lui appartient. »

M. Duhiure, garde des sceaux, vice-président du

SO HISTOIBR DE Li. RÉPUBLIQUE

Cooseil des ministres, prooonça les paroles suivante :

■ Nons sommes désignés par M. le Président de Is République, mes collègues et moi, pour recevoir de vos mains le Pouvoir exécutif, avec ses devoirs et ses prérogatives, tel qu'il lui est attribué par la Constitution républicaine du 25 février. Nous avons mission de vous déclarer, en même temps, qu'il a l'intime conGance qu'avec l'aide de Dieu et le concours des deux Chambres, il ne l'exercera jamais que conformément aux lois, pour l'bonneur et pour l'intérêt de notre grand et bien aimé pays, n

M. le Président déclare que les bureaux provisoires du Sénat et de la Chambre des députés étant constitués, les pouvoirs de l'Assemblée nationale sont épuisés.

Et ont signé le procès-verbal,

Duc d'Audiffret-Pasquieb, E. Ddclbrc, Martel, A. Ricard

Les membres de la commission nommée par l'Assemblée nationale.

Antonin Lefèbvre-Pontalis, le général d'Aurelles, Noël Parfait, Tirard, Léon Say, Michel Ladichère, Gauttbier de Rumitly, Lacave-Laplagne, La Rochefoucauld Bisaccia, de Raineville, A. de Colombet, Magnin, Jules Favre, Vandier, général Mazure, E. Gbarton, duc Decazes, Maurice, Gombier, Tamisier, Danelle Bernardin, Lepère, Villain, Vicomte Alain de Bourdon, Louis de Ségur, Dufaure, Henri Martin, Wallon, A. Dupouy, Audren de Ker-

OBGANISATIOK DU GODVEBNEUENT 31

drel, Raspail, Lepetit, Comte de Saint Vallîer, Eschasseriaux, Janvier de La Motte, Marcelin Pellé, JRoy de Loulay.

Le chef des rédacteurs

de ^Assemblée nationale,

Machel Dupeïré.

Le8 deux Assemblées politiques, le Sénat et la Chambre des députés, prirent possession de leurs galles respectives à Versailles, tranquillement et comme un souverain qui s'installe, sang grand apparat; ainsi qu'il convenait à un régime républicain, qui se pare de simplicité et de sérénité dans sa force.

H. le duc d'ÂudifFret-Pagquier avait joué un rôle très marqué et très efficace dans les derniers événements qui avaient violemment agité l'Assemblée nationale. Il était entouré du prestige d'un beau talent oratoire, de services rendus à la cause libérale, et du nom. Il fut élu président du Sénat presqu'à l'unanimité des votants. M. Grévy fut élu président de la Chambre également à l'unanimité des votants, dans la séance du 13 mars. Il sembla qu'il y avait, de toutes parts, une égaie bonne volonté, pour inaugurer sous les meilleurs auspices le Régime nouveau.

En prenant possession du fauteuil de la présidence, à la séance du 14 mars, M. le duc Pasquier prononça l'allocution suivante :

H Messieurs les sénateurs, je suis profondément touché de l'honneur que vous m'avez fait en m'ap-

3S HISTOIBE DE LA BÏPDBLIQDE

pelant à la présidence. Pour remplir la tâche que votre confiance m'impose, j'ai besoin du bienveillant appui de tous mes collègues.

Je le demande, bien décidé à m'en rendre toujours digne par mon impartialité dans la direction des débats, par mon dévouement pour la défense des droits et des prérogatives de cette Assemblée v .

Le même jour, dans la séance de le Cbambre des députés, M. Grévy dit, en prenant possession de son fauteuil :

a Mes cbers collègues, je ne sais comment vous exprimer toute ma gratitude. Cette grande Assemblée faisant taire les dissentiments politiques, en s'unissant dans un témoignage unanime de confiance et de sympathie pour un de ses membres, c'est le plus précieux honneur auquel puisse aspirer un bomme qui met au dessus de tous les biens l'estime de ses concitoyens.

H Nous avons. Messieurs, une grande mission.

Nous avons à inaugurer l'application de la Constitution nouvelle, et à montrer que la République est un gouvernement d'ordre, de liberté et de progrès.

u Nous n'oublierons pas que le premier besoin de ce gouvernement est que l'accord soit toujours maintenu entre les grands Pouvoirs qui le constituent. Nous nous efforcerons d'y concourir par notre modération, par notre sagesse, par toutes les concessions compatibles avec l'intérêt supérieur de la République. Et, comme nous sommes assurés de rencontrer dans les deux autres Pouvoirs un égal désir de cordiale entente, une égale sollicitude pour l'éxé-

URGAXISATION DD GODVEKMBHKNT S3

cution loyale de la Constitution, nous avons le ferme espoir de voir la France en possession durable des bienfaits qu'elle a le droit d'attendre du gouTeroement auquel elle s'est attachée, depuis cinq ans, avec tant de constance, et qu'elle vient de consacrer avec tant d'éclat, a

Il n'est pas difficile, surtout à distance, de voir dans cette allocution en même temps qu'une affirmation triomphante de l'avèoement de la République, un avertissement et des conseils distribués & gauche aussi bien qu'à droite. M. Jules Grévy avait l'autorité nécessaire pour prendre cette attitude et pour tenir ce langage.

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