‹ Histoire de la république de 1876 à 1879Chapitre 2 sur 71 · II HISTOIRE DE LA BÉPDBLIQOB · texte numérisé non relu

II HISTOIRE DE LA BÉPDBLIQOB

rement, raconter les faits avec exactitude ; secondement, les expliquer ; c'est-à-dire en faire connaître les causes et les conséquences. Or, je me trouve, à cet égard, placé dans une situation très particulière .

Un des facteurs de l'histoire que je raconte était ignoré de ceux qui y ont pris part. Le récit des faits accomplis, tels que je les retrouve dans mes souvenirs, sans cesser d'être véridique, serait incomplet si je ne tenais pas compte de ce facteur : je parle de la Franc-maçonnerie. Cette puissance d'ordre moral, qui a eu une influence si considérable sur les événements contemporains, était très réellement occulte alors.

En faisant la part de cet élément nouveau de l'histoire contemporaine, j'ajoute à mes souvraiir». Et toutefois, ce n'est pas adultérer les faits que de leur donner l'explication et le sens que des notions nouvelles autorisent, obligent mêmel'histocienà faire connaître. Je me compare à un auteur qui, écrivant l'histoire d'une époque lointaine, aurait découvert un document jiuqn' alors ignoré, et qui jette un jour nouveau

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ntr les événanents qu'il raosnte. La seule diflé^ rfBce est en ceci : «jne j'étais contemporain des faits dont je fais le récit. Mais je ne œme pas d'être exact, en étant pïus complet.

On aurait pa eroîne qoe, la Constitution étant viMée, le gooremement cpi'elle fondait étaat étaèM, la Fc^ice aurait enfin goûté le lepos au- ^id. elle a^ire depuis plus de cent ans sans le trooTCf jamais. Vain espoir! Avec d'autres personiuges, et au milieu de péripéties noureUes, c'est la même histoire troublée qui recommence, li y arait une différmce toatefois. Le Régime dont le conrs fut interrompn par l'acte i^ 16 mai était constitutiomieUeinent établi, tandis que l'AssemUée nationale étant souveraine, et n'étant soumise à aucun ordre légal, aTait le droit de modifier à son gré, dans leur cours, des institutions qui reposaient uniquement sur sa Tolonté.

C'est que, si les circonstances n'étaient pins les mêmes, les causes profondes, qui ont occasionné la série des faits aboutissant au 16 mai, sont pareilles à celles qui avaient empêché l'Assem-

blée nationale de fonder un gouvernement définitif, jusqu'au jour où, avec une sorte de découragement, et sans grand enthousiasme, etie vota la Constitution de 1875.

Ces causes de révolutions incessantes ne sont point d'ailleurs spéciales à la période prise isolément qui s'étend du 11 janvier 1871 au 16 mat 1877, et même jusqu'à nos jours. Elles existaient auparavant ; et ce sont elles qui seules peuvent donner la clef des extraordinaires péripéties que la France a traversées depnis 1789 jusqu'à nos jours. Je me suis efforcé de dévoiler le mal qui nous ronge : fausses doctrines, abandon des traditions nationales, abjurations plus ou moins officielles et complètes de l'esprit chrétien, divisions et acharnement réciproque des partis, etc., etc. J'estime que l'histoire n'a pas pour objet seulement de satisfaire la curiosité des lecteurs ; qu'elle doit être un enseignement, et renfermer une leçon. L'historien, il est vrai, en s'appliquant avec conscience à remplir sa tâche ainsi comprise, ne peut se leurrer de l'espoir de remporter beaucoup de suffrages, car il est

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