CHAPITRE IV
goüvernement des arts mineurs.
Les nouveaux seigneurs pour n’élre pas chassés comme les précédons se nomment une garde; ils rappellent les
admonélés, brûlent les scrulins pour les former de nouveau, et secondés des ambassadeurs qui arrivent de Pérouze et de Bologne, ils décident qu’une moitié des charges appartiendra aux arts majeurs et aux oisifs , et l’autre moitié aux arts mineurs et aux ciompi ; ils voulaient réserver la charge de gonfalonier aux arts majeurs, mais la plèbe prête à se soulever obtient que le bas peuple aussi y pourra prélendre.El la plèbe enhardie par sa victoire, ne quittait pas la place et faisait à chaque inslant de nouvelles demandes. Elle imagine d’élire une dictature dans son sein, et elle nomme une balia composée de huit citoyens, deux par quartier, création hors les usages de Florence oû la balia devait être créée avec l’accord de tous les citoyens. Cette balia insolente commence à traiter avec les Prieurs qui ont la faiblesse de députer vers elle et de discuter.
Michel di Lando indigné décide les Prieurs à armer contre le bas peuple dispersé, tandis que lui-méme il poursuit l’épée à la main deux membres de la balia quicontinnaient de discourir insolemment dans le palais. Michel monte à cheval et sort contre les ciompi suivi des siens ; il parcourt la ville en faisant crier : Vivent lesarts et le peuple ! et meurent les traîtres qui veulent remettre la ville à un seigneur! Ces paroles tournent aussitôt tous les arts contre le bas peuple ; on dit que la balia voulait donner Florence au marquis deFerrare, et soit que Michel eût inventé ce fait ou l’eût répandu, il unit la ville parla contré les ciompi. Revenu sur la place il ordonne aux arts de mettre leurs gonfalons aux fenêtres du palais, et obéi de t(!us excepté de la basse plèbe qui s'était emparé de toutes les bouches de la place , il commande qu’on l’attaque vigoureusement, informé que certains balestriers des ciompi sortis de San-Romolo, avaient tué Filippo de Cosi, blessé Rosso deRici et poursuivi jusqu’à Porta Rossa les Spini et d’autres nobles venus sur la place pour obéir aux seigneurs ; Michel encore à cheval, marche le premier audacieusement contre la plèbe, et sorti lui-même des ciompi, il soutient le rang suprême comme ni noble ni marchand de Florence jusqu’ici ne l’avait su défendre . Certes