CHAPITRE IV
il fut glorieux pour les ciompi d'avoir produit un tel homme : et c’est toute la réponse du peuple quand, comme un fleuve, il sort de son lit. Soumis à la loi et sans ambition, Michel di Mando quitte le lendemain sa charge dont le temps expirait ; et comme s’il élait élevé à une dignité plus grande, il est accompagné à sa maison par une multitude de peuple, tandis que les garçons du palaisportaient devant lui une lance, une large avec les armes du peuple, et conduisaient un palefroi bien enharnaché que les nouveaux seigneurs lui donnaient en témoignage et en mémoire de sa vertu admirable.
(1 sept. 1378). Le gonfulonier qui succédait à Michel di Lando élait un ouvrier en laine des ciompi comme lui, mais fort inférieur à lui en mérite ; les ciompi ne purent supporter de voir celui-ci orné de l’habit seigneurial et précédé des gardes et garçons du palais ; les arts, sans doute, s’en souciaient encore moins ; de sorte que tout-à-coup commence une réaction, mais faible et qui voulutseulement modérer la tendance violente du moment : la première décision prise en présence du capitaine du peuple est que le goufalonier et un des seigneurs de sa condition seront déposés. Giorgio Scali est nommé Prieur, et on choisit pour gonfalonier un fripier, métier relevé parce qu’il était placé entre les arts mineurs, et par là habile dés longtemps à recevoir les magistratures, (isept. 1378). On décideensuile que les ciompi ne pourront pas prendre part au gouvernement, on annulle à moitié ce qu’ils avaient fait, on conserve les deux nouveaux arts mineurs (1) en balançai) assez également les charges même celle de gonfalonier entre les sept arts majeurs et les seize arts mineurs. Michel di Lando et plusieurs autres sont déclarés habiles à toutes les charges ; on fait plusieurs règlemens pour les conseils du gouvernement et l’administration de la ville ; et un appel ^t adressé aux chevaliers nommés par les ciompi pour les nommer de nouveau.
Ainsi se resserre déjà le vol de ce peuple qu’on venait dans les actes publics d’appeler peuple de Dieu et peuple iaint I
(1) Slefani, rub. SOS.