‹ Histoire de la République de FlorenceChapitre 116 sur 230 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

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Jean de Médicis allait mourir fl429) ; ce citoyen laissait en héritage à son fils Côme çes grands biens et cette qualité qui fonde les maisons, leur donne le temps d’amasser des forces et du crédit, cette qualité par où les premiers

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Médicis se rendircDt fameux : la prudence. Jean avait augmenté ses ricliessos, établi son influcnre, sans jamais aventurer sa fortune ; ainsi nous avons vu Silvesire Médicis laisser porter aux Aiberli tout le poids de l’audace et des revers, et maintenir sa famille à Florence- Jean devint plus illustre par l'éclat de ses successeurs qu’il ne l’avait été par lui-mënie; mourant, il appela ses fils Laurent et C6me, et leur recommanda de pratiquer cette vertu qui avait mené déjà si haut sa maison.

Dans beaucoup de journaux et de mélanges anciens, on trouve le discours qu’il fit alors à ses fils : « Je connais, leur dit-il, que je vais mourir, mais je ne m’en attriste point, je me conforte, passant des inquiétudes humaines à l’éternel repos, en voyant que ce n’est point par des accidens ou des désordres, mais par l’arrangement de la nature, que je marche où va toute chose. Je fais ce passage avec une âme joyeuse, puisque je vous laisse les richesses immenses que Dieu m’a accordées, et que je meurs si bien dans la grâce des bons citoyens et du peuple, que si vous ne vous écartez pas des coutumes de vos ancêtres, vous vivrez dans votre patrie en sûreté et honorés. Je vous conseille une chose par-dessus toutes les autres, c’est que vous n’usiez pas du palais comme si vous en faisiez boutique. Et prenez des faveurs et des dignités du peuple, ce qu’il vous donnera, sans vous enorgueillir des voix et des honneurs qui eu ont souvent conduit d’autres à la plus grande misère. Tenez surtout le peuple en paix et la place riche. Evitez d’aller devant des juges, afin que injustice ne périsse pas par vous : car qui empêche ta justice, périt par la justice. Je regrette de vous laisser divisés en partis et en partialité ; mais si vous vous souvenez de moi et si vous rappelez la manière dont je me suis gouverné à travers les divisions, de mes concitoyens, j’espère que non seulement vous vous maintiendrez, mais que vous augmenterez votre réputation dans cette ville. » Après ces mots, il recommanda à ses fils leur mère, et il mourut regretté partout. De l’avis général, il fut grand et libéral, prompt à secourir les besoins de ses amis et de sa patrie. Son aspect était sévère* et mélancolique; mais quand on l’abordait, on

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