‹ Histoire de la République de FlorenceChapitre 162 sur 230 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

tholdi réunit une grande pratica (assemblée) de citoyens pour l’examiner. Dans l’effroi des tourmens, Lamberto avoue la conjuration et en révèle assez pour troubler toute la ville. On arrête aussitôt Bernardo del Nero, celui qui avait été gonfalonier, âgé de 75 ans, Niccolo Ridolû, Laurent Tornabuoni, Giovanni Cambi. Gionnozzo Pucci, et la famille des Pucci, amie ou parente des Médicis, mais qui feignait d’être ralliée au grand conseil. La seigneurie aurait préféré laisser fuir ces coupables que de s’attirer des affaires difficiles, mais la pratica les condamne à mort.

Nous avons vu Savonarola faire passer une loi, par laquelle les condamnés, pour raison d’état, pouvaient en appeler au grand conseil. Les cinq condamnés, d’après celle loi, en appellent au grand conseil, mais Savonarola et son parti s’opposent à l’application de la loi dans celte circonstance, et le peuple avec eux, prétend que l’intérêt de la liberté et la haine des Médicis, doivent ici l’emporter sur la loi. Une grande discussion s’élève ù ce sujet dans les conseils; les Arrabiati réclament en vain l’appel; Valori, Strozzi, tous les frères y sont contraires ; et ceux-ci s’em< portent si loin, qu’ils maltraitent quelques-uns des leurs. Enfin, le collège des douze bonshommes et des gonfaloiiiers des compagnies, contraint la seigneurie à réunir une autre pratica ou assemblée, et sur des nouvelles alarmantes de Rome, les collèges menacent la seigneurie, si elle lie fait pas exécuter les conjurés, d’armer tous les gonfa- Ions et de mettre le feu aux maisons des seigneurs opposés. La nuit même , le 21 août, dans la cour du Bargelio, les cinq condamnés sont donc exécutés à la hâte; plusieurs citoyens s’enfuient; d’autres, qui n’avaient pas voulu comparaître, sont exilés. On décide alors de ne pas faire de nouvelles recherches et d'oublieret taire le reste. Mais les Bigi, furieux, s’unissent aux Arrabiati dans le conseil ; un grand changement de fèves se fait voir aussitôt; le parti des frères s'affaiblit; les excommunications de Rome prennent plus de crédit, et Savonarola est menacé de dangers toujours plus pressens (1).

(1) Nardi. lib. s. — Nerli, lib. 4. — Lionardo Morelli, auno 1487.

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