‹ Histoire de la République de FlorenceChapitre 174 sur 230 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

peuple avait (les riches, empêchait personne de s’occuper assidûment des afiaires. Les étrangers se plaignaient du ^ manque de suite et de secret. La ville, pour donner plus de force et de fixité au pouvoir, commence à parler de l’élection d’un gonfalonier à vie, d’un chef comme à Venise. Les grands et les riches plébéiens surtout demandent vivement cette institution: opprimés de plus en plus par le parti populaire, ils comptaient se donner un appui dans le gonfalonier, resserrer le gouvernement par son aide, renforcer le conseil des qualre-vingls, ou créer un sénat plus fort, fonder enfin un pouvoir aristocratique qui les préservât et les rendit un jour maîtres de l’Etat. Le peuple qui voyait la marche lente et entravée des affaires, ne mil pas d’opposition à la création d’un gonfalonier à vie, et celte nouveauté se discuta publiqucipent dans la ville.

Les Florentins, en bornant à deux mois la durée du gonfalonierat, avaient montré une grande crainte de cette chai^ ge. La donner à vie, était un changement considérable et dangereux; cependant on penchait vers cette mesure par nécessité. Fonderun pouvoir aristocratique, était plus difficile ; mais les grands espérèrent que le gonfalonier à vie lui-inéme pourrait organiser un sénat , mettre une classe entre lui et le peuple, et lier son successeur (1 j.

Alamanno Salviati , Alessandro Acciaioli et Niccolo Mo» relli, seigneurs, persuadent à leurs collègues de profiler de la disposition favorable du peuple, pour donner un chef au grand conseil. Quelques-uns, comme l’historien Nerli, auraient voulu qu’on s’occupât en même temps du sénat. Ces citoyens se réunissaient dans des assemblées {pratiche), où ils discutaient la politique, étudiaient les affaires, et se rappelaient les périls passés. Ils sont d’accord enfin, et chacun d’eux promet, s’il est nommé gonfalonier, d’achever la réforme du gouvernement.

• La loi est proposée et obtenue dans le conseil d’août. Le gonfalonier ne devait pas avoir moins de cinquante ans, et pouvait être choisi dans les arts mineurs I son salaire était de 100 florins d’or par mois. Nul de ses parens, excepté son frère, n’aora de divieto pour être seigneur.il pent-étre puni

^1) Gulcciirdiai. lib. v. cip S.

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de mort par les seigaeurs, les hait de balia, collèges et conservateurs des lois. Il a droit d'intervenir en toute magistrature de choses criminelles (1).

(1502). Le 22 septembre on fait l’élection du gonfalonier dans le conseil. La loi disait que, pour cette élection, tous les membres du conseil devaient être présèns, même ceux débiteurs de l'Etat (2), et devaient être au moins quinzecents. Mais au lieu de quinze-cents membres, il s'en présente deux mille. Afin d'éviter la confusion, on numérote les bancs, on embourse les numéros, et on tire au sort les bancs; les citoyens sont appelés selon qu’étaient tirés les bancs où ils siégeaient, et selon qu’ils voulaient se lever. Dix bancs, les premiers tirés, donnent les noms; les autres bancs refusent de nommer. Nerli dit que plus de cent citoyens furent ainsi nommés pour aller à parti ; Cambi dit deux-cent-vingt-six dont il alla à parti cinquante , et dix pour les arts minenrs ; Nardi enfin dit soixante ; les citoyens nommés qui auraient vaincu à parti par la moitié des fèves et une plus, devaient aller à parti uue seconde fois, et tous ceux qui avaient vaincu de la même manière cette seconde fois, devaient aller à parti une troisième fois; celui qui aurait le plus de fèves alors serait vainqueur; s’ils étaient plusieurs égaux, ils devaient être renvoyés à parti jusqu'à ce qu’un dépassât l’autre, et l’élu ne pouvait pas refuser. On va à parti quatre heures sans jamais égarer une boite et dans un grand silence. Trois citoyens triomphent au premier scrutin. Pierre Soderini, et Antonio Malegonelle sont favorisés des Bigi (Médicis) et des ennemis

(i) Nerli. lib. V.

— Cambi, anno litOS.

— CroDira di Lionardo Morelli,

— Nardi, lib. IV.

(s) Lea débiteurs de Télat étaient inscrits au specchio.

Le specchio était un livre od s’écrivait quartier par quartier et gonfaioo par gonraloD, le nom de tous les citoyens qui, pour n’avoir pas payé les impôts ou par quelqu’autre raison, se trouvaient débiteurs de l'état. Aucun citoyen inscrit sur ce livre ne pouvait avoir d’emploi public ni l'entrée au grand conseil II y avait de la fraude pour ce livre. Ceux qui ne prétendaient pas aux charges n’y étaient pas inscrits bien que débiteurs de l’état. (Yarcbi. hb. 8.).

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deSavonaroIa, car ce parti craignait beaucoûb devoir nommer Jean Guasconi, le troisième vainqueur, favorisé duparüSavonaroIaetdu parti populaire, qui chacun voulait une forme plus large de gouvernement. Pierre Sodcrini passe seul au troisième scrutin, choisi aussi parce qu'il n’avait pas d'enfant, assez riche, noble, d'un père encore vivant qui avait joué un grand rôle, connu lui-raérae par ses services et sa dernière ambassade au roi à Milan pour ravoir Arezzo; homme gai, savant, de belle taille (1). I! n’était pas encore revenu d’Arezzo, quand ses amis lui font savoir sa nomination. Tous les citoyens vont le complimenter A son arrivée, dans une petite chambre à moitié de l’escalier de sa maison , où il donnait audience, et après qu’il est nommé publiquement, il se rend au palais, accompagné d’une foule joyeuse de citoyens (2).

Soderini est gonfalonier à vie; les grands ont obtenu un chef et un exécuteur pour leur dessein ! Mais ils s’aperçoivent aussitôt que Soderini, entouré des magistrats de la commune et subjugué par le grand conseil, se range au p.irli du peuple et les abandonne. Ils se jugent trahis, s’indignent, se rallient, et préparent contre Soderini une opposition puissante.

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