ENVOIE A FLORENCE ALEXANDRE BT BIPPOLY TE DE MÉDICIS
En apprenant la mort de Léon X, le cardinal Jules part de Milanet vient à Florence, où il approuve les mesures que la seigneurie et François Vettori, alors gonfalonier, avaient prises pour la conservation de son gouvernement. Cependant Guiçciardini , engagé dans les affaires, défend victorieusement Parme des Français, après la mort du pape. Le duc d’Urbin, dépouillé par Léon X, reprend ses États les florentins se chargent de la défense de Pérouse par ordre du cardinal Jules qui affectait d'étre le protecteur de l'église sans chef. Florence, devenue sous Leon X une province de Home, voyait les affaires toutes mélées , et Guicciardini , aux ordres des papes , était un Italien et non un Florentin.
Pérouse, mal défendu, se rend. On craignait pour Florence même , car les intrigues du cardinal Soderini auprès des Français font porter la guerre dans le pays de Sienne; le cardinal Jules assure Sienne pour assurer Florence et prépare la guerre.
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Ces craintes hâtent la nomination du pape; le cardinal Jules va à Rome pour rélection. Adrien VI, un Flamand, un barbare, remplace Jwles II et Léon X. é
Au retour du cardinal Jules à Florence, les partis se t réveillent. Quelques citoyens parlent hardiment d’une I 1 nouvelle réforme. Ils annoncent même publiquement que j le cardinal , privé de successeurs mâles , veut laisser le . gouvernement au peuple, avèc l’autorité d’un sénat à vie, en se réservant une certaine balia et autorité, sa vie durant. Chaque jour la ville montre plus d’ardeur pour un gouvernement libre; on discutait même déjà aur l’élection d’un gonfalonier, soit à vie comme Soderini, soit annuel comme Ridolfi ; les uns nommaient Robert Acciaioli, d'autres François Vellori, et Bernardo Gondi. Les jeunes gens des jardins Rucellai demandaient hautement celte réforme , fous les jours ilébaltue ; le cardinal, loin de s’en offenser, en discutait aussi, avec la modération, les idées de Léon X, et ce fut sans doute ici un des plus beaux et des plus hmireux momens de sa vie. Plusieurs citoyens écrivaient des plans de gouvernement; le cardinal les lisait et en faisait cas ; on en eut de Zanobi Buondelmonte, d’Alexandre des Par.zi et d’autres Pazzi, loin de s’en tenir â la belle réforme proposée par Machiavel à Léon X, qui maintenait le grand conseil et une démocratie forte à côté de l’aristocratie , Pazzi voulait qu’on donnât presque tout le pouvoir à un sénat à vie de cent membres et à un gonfalonier ou prince à vie, semblable au doge de Venise. Alexandre des Pazzi compose aussi une élégante et belle oraison en latin, au nom du peuple florentin, pour remercier le cardinal d’avoir rétabli la république (1).
Cependant le cardinal, inquiet d’avoir laissé les choses aller si loin, ne savait plus comment les arrêter, lorsqu’un effrayant motif vint s'offrir à lui pour ressaisir son autorité.
Nous avons parlé plusieurs fois de l’école qui se réunis-
(i) Ces discours norenlins sur la rérorme du gouvernement ne sont pas imprimés, excepté celui de Machiavel, mais à Florence nous en avons trouvé racilemcnt des copies.