‹ Histoire de la République de FlorenceChapitre 218 sur 230 · CHAPITRE II . 52S · texte numérisé non relu

CHAPITRE II . 52S

biens c>cc1ésiastiques des moines et des frères et d'autres biens de l’Eglise. On contraint sans peine les citoyens à les acheter et à les payer ; ils le faisaient avec joie sans prétoir qn’ils seraient par là ruinés plus lard.

De son côté, le pape était chargé de toute la dépense de celte guerre ;la crainte que César ne l’abandonnât, le chagrin et la honte de maltraiter sa patrie, d’autres peines diverses sont encore augmentées par l’arrivée en poste, à Bologne, de Baccio Valori et du marquis del Vas to, qui viennent pour déclarer au pape et à l’empereur que l’hiver, devant une villç forte et résolue, les menace de quelque grand échec, si le siège n’est pas appuyé par de fortes providonsl-’empereiirconsentàce qu’on appelle du duché de Milan, trois mille Espagnols et deux mille lances. Ces secours arrivent avec l’artillerie, et se campent autour de la ville du côté du midi et du nord, pour la tenir plus serrée. BorgibSan Septilcro et Angbiari se rendent au pape. Une multitude de citoyens florentins, de tout âge. du parti des Médicis, étaieht au camp ennemi, taiilôt faisant l’office de commissaires, tantôt envoyés par Baccio Valori pour administrer les pays qui se rendaient au pape, et se riant d’être cités chaque jour à Florence au son de la trompette, et déclarés rebel les.

Déjà tous les ambassadeurs quittent Florence ; le premier est l’ambassadeur de France qui, d’après le traité de Cambrai, part à la requête de l’empereur. Ensuite part l’ambassadeur de Ferrare. Le dernier est celui des Vénitiens ; il abandonne la ville après la publication de la ligue d’Italie.

Cependant la fin de décembre était arrivée, où suivant la loi, le nouveau gonfalonier devait être élu. François Carducci, dans l’espoir d'être réélu, rassemble le conseil et fait un discours sur l’avantage de confirmer un homme donton avait déjà ftiit l’expérience. (Déc. 1529). O ii se rit de ses prétentions; lors de l’élection, il n’oblieul nulle faveur, et Rafællo Girolami, que nous avons vu ambassadeur àl’émpereiir. à Gènes, est nommé pour un an, par une grande majbriië. C’est lui dont NiCcolo Càpponi a^àlt youlü Combattre l’influence. Les amis dès Sïédicls (wmfcourHrent

à le faire élire, car Giro1aTni,par son adresse, s’élail attiré lafaveiirde tous. Gonfalonier sous les Médicis, puis leur ambassadeurprès de César, d'une famille noble, il passait pour modéré, mais bien des citoyens prévoyaient qu'il se laisserait entraîner par son parti et par les événemens.

Avant que le nouveau gonfalonier eût l'aulorilé, le gouvernement se raffermit par quelques nouvelles proscriptions. Durant décembre, la république s'était décidée, faute de troupes et d'argent, à abandonner Prato cl Pistoia, qui furent occupées par le pape. Ainsi les Florentins n'avaient de libre que la route d'Empoli.

La nouvelle que les Turcs s'étaient retirés de Vienne était parvenue au gouvernement, mais Carducci la tenait soigneusement secrète.

Remarquons que presque tous les citoyens prenaient alors part aux affaires ; les lettres de Busini â Varchi, donnent la liste curieuse et innombrable des hommes qui se prononçaient alors d'une manière quelconque. Busini cite une foule de citoyens qui aimaient, dit-il, la liberté pour elle; une infinité d’autres qui furent l'ornement et la fleur de la ville libre, d'autres qui furent faibles, d'autres intéressés, d’autres partagés entre les deux partis. Cette liste, toiit-àfait républicaine, nous a paru si curieuse et si caracléristique, qu’on la trouvera à la fin du volume U)*

Page 1