CHAPITRE II. 52j
tinelles, les soldais parviennent jusqu'aux quartiers de l’ennemi, où ils auraient pénétré et fait cette nuit un grand carnage, si un troupeau de cochons entendant du bruit, n'eût, par ses cris épouvantables, réveillé tout le camp. On court aux armes, et Stefano et sa troupe sont contraints à se retirer.
Des escarmouches avaient lieu de difTérens côtés. Napoléon Orsino est battu par Alexandre Vitelli , et bientôt Montepulciano se rend à Baccio Yalori , commissaire du pape. Mais sur d'autres points, Feruccio bat deux fois vaillamment l’ennemi. En vain François Ic' députe aux Florentins un de ses seigneurs pour les décider à s’accorder avec l’empereur ; ce seigneur, soupçonné d’être dévoué au pape, c.sl renvoyé.
La rencontre de l’empereur et du pape à Bologne, allait décider de nouveau -des destinées de l’Ilalie. Ces princes se rendirent là eu novembre pour y passer plusieurs mois. L'empereur aborda à genoux le pontife qui le reçut avec douceur; iis logèrent dans des appartetemens si voisins, qu’ils pouvaient, sans sortir, entrer l’un chez l’autre. Là arrivèrent les ambassadeurs de toutes les puissances. Une nouvelle ligue générale de l'Italie fut conclue en décembre, après qu'on eut reçu la nouvelle que Soliman avait abandonné le siège de Vienne pour se retirer en Thrace. Cette nouvelle devait ruiner les espérances des Florentins. Le duc de Milan vint à Bologne se réconcilier avec César par l’entremise du pape; son duché, s’il n’avait pas d’enfant mâle, devait retourner à l’empire, et l’empereur garderait les forteresses. Les Vénitiens rendraient les terres conquises, à Milan, à Naples et au pontife. Le roi de France resta libre d’entrer dans la ligue quand auraient été exécutées les conditions du traité de Cambrai; et les Florentins seuls enfin, se virent exceptés de celle ligue générale, qui allait se tourner contre eux.
Leurs ambassadeurs à Bologne avaient ordre de faire tous leurs efforts pour traiter avec l’empereur en sauvant la liberté; mais l’empereur les envoie au pape. Le pape venait de leur faire rendre la Valdelsa ; il s'emporte avec les ambassadeurs à leur départ ; interrompant l’orateur.
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il s’écrie avec colère qu’il ne veut pas ôter la liberté à la patrie, que ceux-là sont les impies, qui, soUs le libih dü peuple, ont chassé les citoyens et livré à un petit nombre (le gens furieux, sans rang et sans honneur, toute l’autorité publique.
Durant les grande? a affaires de Bologne, le prince d’Orange grossissait continuellement son camp ; un comte de Rossi, colonel, et Alexandre Vitelli, étaient arrivés; le prince avait fait venir de Sienne, seize pièces de grosse artillerie, et ayant construit des bastions sur les collines d’Arcetri, de Santa Margarita, à Montici, il cherchait en vain à s’emparer des lieux circonvoisins, défendus vaillamment par les colonels florentins. Les Florentins avaient placé deux pi(*ces d’artillerie sur le clocher de l’église San Francesco, à San Miniato, avec lesquelles ils maltraitaient le camp des ennemis. Ceux-ci, du haut des monts, tiraient aussi contre le clocher, où deux officiers florentins furent tués et plusieurs blessés. Michel-Ange, de retour de Venise, préservà ei conserva ce cloch(‘r par des travaux extérieurs. Tousles jqgirs, l’ordonnance civile signalait sa valeur dans de fortes escarmourches. Le prince, ne pouvant réussir dans aucunë attaque, se décide à un long siège ; ainsi il entourt? le mont Olivelo du côté du nord, avec des bastions pour garder l’Arno. Et vers la porte al Pralo, de l’autre côté de l’Arno au nord, il occupe San Donalo, monastère de femmes, grand et fort de murailles, l’entoure de tranchées, et y place deux mille lances, pour garder le passage de ce côté. En même temps il faisait ravager et occuper le Mugello, pour empêcher les vivres d’entrer dans la ville.
Mais la ville ne s’épouvante pas, et refuse d’écouter la proposition que Malatesta lui fait de la part du pape, de remettre la liberté de Florence à l’empereur. Cetle négociation rend Malatesta suspect au gouvernement. Baldassar Carducci, ambassadeur en France, écrivait qu’il n’y avait rien à attendre de François Ier, mais le gonfalooier Càrducci cachait ces nouvelles.
Pour soutenir la guerre, outre des impôts nombreux, de nouvelles lois ordonnent de vendre tous les biens des àrlà de Florence et de Prato: ceux des lieux de charité ; les