‹ Histoire de la République de FlorenceChapitre 22 sur 230 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

ber, ma mort serait honorable, car je finirais avec elle* SI je SUIS seul à résister , je ne soiilTrirai jamais au'elle périsse et s’il faut mourir mille fois , je suis prêt à raouir mille fois (1). . Farinata, menaçant du geste et de la lôte, sort aussitôt du parlement pour s’entendre avec ses amis et soutenir , s’il en était besoin , son avis par les a^mes. I avait une grande âme, il connaissait bien la guerre 1 était chef (les Gibelins et estimé du roi Manfred ; les affaires delà guerre se conduisaient sous son infliience on ni devait la victoire, sa haine était à redouter Le comte Giordano le ménagea prudemment, on chercha daiUres moyens de s’assurer de Florence. Ainsi, par la hardiesse et la verludecet homme; Florence fut sauvée Ecoutons Dante célébrer son action aux enfers : ii s avancedansune campagne ardente, semée de sépulcres rougis par le feu et entr’ou verts, où souffrent les hérétiques qui poussent des crisi « O Toscan qui t’en vas . vivant dans la cité du feu en parlant ce langage aimable, qu il te plaise de l’arrêter en ce lieu. Ton langage montre que tues de celte noble patrie à laquelle, peut-être , j'ai été trop nuisible. — Ces paroles sortirent subitement dun des tombeaux; je me rapprochai effrayé de mon guide , qui me dit : Tourne-toi, que fais-lii ? Regarde Fàrinata qui s’est levé , tu le verras depuis la ceinture jusqu’en haut. — J'avais déjà mon visage fixé sur le sien. Et lui Se levait delà poitrine et du front, comme s’il avait l’enfer en grand mépris. Les mains courageuses et promptes de mon conducteur me poussèrent à lui parmi les sépulcres, en disant: Que tes paroles soient mesurées. D(îs que je fus au pied de sa tombe, il me regarda un peu, et puis, quasi dédaigneux, il me demanda : — Quels furent tes a'ieiix? — Moi, qui désirais lui obéir, je nele.s cachai point, mais je les lui déclarai tous. Alors il releva un peu ses sourcils , puis il dit : — Ils furent cruellement ennemis de moi, des miens et de mon parti; aussi deux fois je les ai dispersés (2). — S’il furent chassés , répondis-

(1) Leonardo Arelioo.— MaebiaTelH. — Ricordano Maleapioi, cap. fïO. G. Villani, etc.

(S)En (938 et iseo.

je, ils revinrent de toutes parts et l’une et l’autre foisv'l); mais les vôtres n’ont pas su bien apprendre cet art du retour.... — S'ils l’ont mal appris, c’est ce qui me tour* mente plus que ce lit. Mais la déesse qui règne ici n'aura pas lui cinquante fois, que tu sauras combien cet art est dilllcile. El puisses-tu retrouver la douceur du monde ; mais dis-moi pourquoi ce peuple est-il si impitoyable contre les miens dans chacune de ses lois? — Le massacre, lui répondis-je, le grand carnage qui colora l’Arbia de rouge, a amené ces décisions de nos assemblées. — Après qu’il eut secoué la tête en soupirant : — Je ne Tus pas là seul, dit-il, ni certes je n’ai pas agi avec les autres sans motif; mais je fus le seul , quand chacun consentit de détruire Florence, qui !a défendis à visage découvert.»

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