DE LA DEUXIÈME PARTIE
PROVISIOIf DE L« MILICE BT ORDONHAECB DD PEDPLE FLORENTIN
NOCVELLEHERT OBTERDE DANS LE CORSEIL MAJEUR, L’AR I5«8
AD 6 HOVEMBRB.
I.a qualité des temps présens démontrant arec l’expérience des choses passées, qu’il est non seulement utile, mais nécessaire de pourroir au salut de notre ville et à la conservation de sa liberté; et, connaissant par une longue expérience, qu’il n’est aucune génération d’hommes qui défende mieux et avee un plus prompt secours, la ville et la liberté, que les propres citoyens, les magniflques et hauts seigneurs ont jugé, d’après l'avis de beaucoup de nos très prudens citoyens, qu’il est très utile pour notre ville, de faire une ordonnance de citoyens, armés et instruits dans l’expérience de la guerre et des exercices militaires, qui, ajoutant le savoir à la résolution de l’ame, puissent défendre leur ville des ennemis du dehors et leur liberté de ceux qui voudraient vivre sous une tyrannie. Ayant donc discuté sur ce sujet tout ce que leurs hautes seigneuries ont jugé nécessaire, elles ont, pour le salut de notre ville et la conservation de la liberté, i la louange et i l’honneur du tout-puissant Dieu, procédé et ordonné comme il suit.
Preniièrement, que la publication de ladite ordonnance se fasse quartier par quartier, gonfalon par gonfalon, en la présence de quatre gonfaloniers et trois des douve du quartier désigné, ou au moins trois gonfaloniers et deux des douze, ensemble avec les magistrats des neuf, réunis en nombre sufiîsant, selon le mode et forme ici donnés.
On envoie d'abord un ban public au nom des très excelicns seigneurs.
NOTES
pour que tous les citoyens imposés depuis dix-huit jusqu’i cinquante ans, habitans de la ville, non bénéflciés ou bénéSciés, se présentent dans un lumps déterminé de nos E. S., à leurs gontalons, dans l’église qui sera nommée dans le ban, sous peine à qui ne se présentera pas, de vingt-cinq
florins appliqués i la magistrature des neuf pour l’effet qu’on dira ci-
dessous; le noiiflcateur secret ou déclaré en gagnera le quart; les magistrats des neuf peuvent, s’ils veulent, changer la peine pécuniaire en deux traits de corde pour les personnes qu’ils jugeront incapables de payer, et
peuvent aussi néanmoins accepter les excuses légitimes des absens Il
faut que les collèges et les neuf se trouvent dans l’église désignée, le jour que ledit ban sera publié. ‘ ■ ■ ■
Ils doivent tenir chacun un livre pour y écrire le nom de ceux qui viendront se faire inscrire, et ainsi, ils doivent inscrire sur ce livre, tous ceux du gonfalon qui se seront présentés dans ce lieu, ayant d’abord fait le serment de juger selon leur conscience, et déposé toute passion publique ou privée. Chacun d’entre eux doit enregistrer sur son livre, tous ceux qu'il jugera ou inutiles ou inhabiles i tel exercice, et ayant fini l’inscription du gonfalon, les neuf mettront ensemble tous les gens inscrits et les enverront entre eux- i parti, un é un, -et ceux qui auront obtenu le parti par les deux tiers des présens, seront jugés inhabiles i l’ordonnance, et ne pourront ni ne devront y être admis. L’inscription du premier gonfalonier étant faite, on ira à un autre comme ci-dessus, et on fera l’inscription dans la même manière suivant ainsi jusqu’l ce qu’on ait inscrit toute la ville.
L’inscription des gonfalons étant faite, on enboursera les inscrits de cette 'façon : d’abord on emboursera tous les bénéficiés de dix-huit à vingt- quatre ans, on fera une autre hourse de ceux de vingt-quatre à trente, une autre de trente à trente-six, et une autre de trente-six et audessus. Ou fera de même séparément des nonbénéflciés.
On divisera ladite ordonnance en seize parties, appelées les seize gonfaloiis de la ville, dans le mode suivant ; on tirera des trois dites premières bourses les inscrits, de manière que chacun desdites seize parties ou gonfalons ait sa part, qu’il soit bénéficié ou non, pourvu que de ceux de trente-six ans et au-dessus, il n'y en ait pas plus que quatre d’une conaorleria sous un gonfalon ou bandiérc; ajouté que tous ceux de trente-six ans et au-dessus qui voudront entrer dans la troisième bourse, y doivent être mis, et ceux-ci seront obligés ensuite â tout exercice et, en efibt, ils seront dans le même grade quant aux charges et aux honneurs, que ceux au-dessous de trente-six ans. Chacun des dix gonfalons aura son capitaine, sa bandiére, son tambour, son lieutenant, ses sergens. chefs d’escadres et autres choses ordinaires selon l’usage moderne.
L’eleclion du capitaine ou counélahie se fera dans le mode suivant : quand tous les inscrits divisés eu seize parties auront été tirés, tous ceux qui composeront un gonfalon sc réuniront dans une église de ce gonfalon,
NOTES
ft li, ayant emboursé chacun d’eux (non-bén<tflclés comme bénéflciés), on en tirera quSrante électeurs qni, dans la présence du {'onfalonier de ce gonfalon, ensemble avec un des doute du quartier, un des neùr tirés au sort, et un des chanceliers des neuf, nommeront un, par on, ceux de leurs cbmpagnies. Ceux ainsi nommés par les dits vénérables collèges et neuf, seront envoyés i parti dans ladite compagnie...'.. Et ceux qui aoron^ vaincu le parti, pour la moitié des fèves noires plus une, se présenteront éUx Tébéràbles collèges et aux neuf, pour être envoyés i parti au plus tôt dans léconSeildesqUatri^vingisfetcelni qui obtiendra de leurs E. S.;' vénérables collèges et du eonseil des quatre - vingts . plus de fèves noirea que les antres, s'enteèdra élu capitaine ou lieutenant de ladite compagnie. Les autres seront' réservés par le chancelier des tirages pour les cas de Vacance dana ladite charge; ou prendra toujours celui >'^qui aura le plus de favenr et ainsi on fera des autres. ‘ ,
Les enseignes, chefs d’escadre, et les autres capitaines, selon la coutume deM’infanleiic, s’éliront entré eux, gonfalon par gonfalon, tirant de ladite bourse,' vingt électeurs' pour le capitaine de bandière, et dix pour les antres offleiers, qui tons doivent être ainsi nommés un par un. Tons ceux ainsi nommés iront à parti entre eux; et ceini qui aura ' le plus de fèvei nOires; s'entendra élu, sans avoir beaotn d'antre confirmation. Lesantres qni auront vaincu le parti, s'enverront aux seigneura neuf et te conserveront pour les cas de vacance.
" L'emploi des ci-dessus durera un an depuis le jour de leur éleeiion Chaque ‘année on fera un -nouvean tirage des inscrits, gonfalon par gonfalon, et on fera l’élection du capitaine et' des offleiers comme cidessus. ' • ' ' '
' La magistrature des neuf devra élire quatre sergens-majors, soldats pratiques, florentins ou étrangers, comme les neufs jugeront à propos ; cette élection devant néanmoins être approuvée dana le conseil des quatrevingts, comme celle des autres connétables de l’ordonnance du dehors, avec le salaire et’ émolument qu’ils jugeront convenable. Ces aergensmsjors devront instruire et exercer lesilits inscrits , et on leur assignera à chacun le quartier désigné p.tr ladite magistrature.
' Lesdits sergens obéiront i quatrecommissaircs élus comme ci-dessous, dans les choses qui concerneront ieiiroffice."
* I.curs E. S. et leurs’ vénérables 'collèges, respectables dix, neuf, et huit, avec le conseil dea quatre-vingts, éliront quatre commissaires, citoyens florentins, un par quartier, de rigC de trente cinq ans finis, du même quartier pour lequel ils ont'i être élus , sans aucun salaire, dans le
même mode par lequel sont élus les autres commissaires !
I.Rsdits commissaires seront présens avec les sergens, à tous les exercices ; ils auront les mêmes étrennes et dans le même temps que les magistrats des Neuf ; leur charge durera six mois et pas plus, et leur ilvUto pour cette charge, sera de deux ans. Iis auront le paiement
NOTES
pour un «erriieur. Ils précéderont tous lei autres citojeni , excepté les chevaliers, les docteurs, les coll es, les capitaines du parti , les dix , les neuf, les huit, les officiers du mont, les conservateurs des lois , les intendans de la chambre , et les six du négoce.
Toutes les choses précédentes étant faites en un Jour choisi par les vénérables collèges elles neuf, on chantera une messe duSt-Esprit après avoir publié un ban de leurs E. S. qui ordonne, en commençant par le quartier du St-Esprit , que tous les inscrits du quartier, sous leurs capitaines, se présentent en compagnie sur la place , pour prendre les armes, et que les quatre gonfalons, les trois des douze du quartier , la magistrature des neuf, et les commissaires du quartier, se trouvent dans l’église du St-Esprit. Quand la messe sera finie, on apellera, en commençant du premier gon Talon, tous les inscrits, et après avoir su d’eux, de quelle arme ils se veulent armer, on recevra leurs sermens de n’employer ces armes qu’en l’honneur de Dieu, le bien de la commune et la défense de la ville. Après quoi, on fera un discours public pour les exhorter i l’obéissance, i la discipline militaire, i la défense de la patrie et i la conservation do la liberté. Ainsi on fera pour les autres quartiers. Après quoi, on distribuera les armes.
Tous ceux qui ne se présenteront pas au Jour du serment, tomberont oans la même peine que ceux qui ne se préscnieronl pas pour l'inscriptioix. et oh pourra accepter de même leurs excuses dans le mode ci-dessus.
La magistrature des ncufdoit donner à tout capitaine d’une compagnie quelconque, comme prix de scs vertus, é la fin de sa charge, un don d'armes ne passant pas la somme de 10 Ooriiis.
La magistrature des neuf doit faire faire seize bandières carrées selon l’usage des temps présens, et faire mettre dans chacune le signe du gonfalon petit ou grand, ensemble avec une LIBERTAS i grandes lettres.
Nul des inscrits ne pourra porter d’armes hors d’exercice , excepté un gant do maille et, de nuit, une épée et un poignard, ne comprenant pas dans cette défense l’épée i deux mains et le petit poignard ou autre arme civile de la longueur déterminée. Aucune espèce d’armes ne pourra se porter dans le conseil ou les magistratures, sous peine de 3i> florins i appliquer comme ci-dessus.
Les inscrits peuvent porter des bas doublés de drap taillés, ou non, lie pouvant i ces bas mettre ni or, ni argent, ni soieries d’aucune sorte; ils pourront d’ailleurs porter toutes sortes de soieries ( excepté l’or et l'argent ) et cramoisi, taillé ou non, comme ils voudront, mais sans passer la mesure fixée par la loi. Ils peuvent aussi porter sur la tète une médaille, une plume ou un panache ; les babils peuvent être faits par un artisan quelconque. Pour les autres parties du vèleinent, ils seront soumis aux lois comme les autres non inscrits.
Les respectables neuf donneront des récompenses d’armes qui no pas-
NOTES
•’iot
■eronl pas trois florins d’or i eeui qui se seront le mieux conduits et !e mieux exercés pour tirer J’arquebuse et dans la pratique des autres armes
L’ordonnance se formera au moins une fois par mois, sur la place du quartier, et tous les quatre mois tout le quartier ensemble se réunira sous les armes; deux fois par an toute l’ordonnance de la ville se mettra sous les armes. Il y aura une amende d’un demi-ducat pour ceux de 18 à 38 ans qui ne se présenteront pas à ces exercices.
. L’ordonnance de la milice florentine ne pourra se lever ni s’employer au dehors sans le vole de leurs E. S., les vénérables colleges, les respectables dix de liberté et paix, et les respectables neuf de la milice.
Etant bien entendu qu’en de tels cas, interviendront toujours les gonfaloniers des compagnies du peuple, sous l’obéissance desquels chaque compagnie suivra son gonfalon.
Et comme il pourrait arriver, attendu la qualité des temps, qu’il serait nécessaire de donner une garde pour 1e palais de leurs E. S., tous les bénéilciés inscrits se mettront au scrutin le plus tôt possible, entre les seigneurs, les collèges , cl les neuf, gonfalon par gonfalon, et dans chaque gonfalon on prendra les trois quarts de ceux qui auront le plus de fèves noires, cl on les emboursera séparément, gonfalon par gonfalon.
On tirera aussi pour celte garde, un certain nombre de citoyens de la bourse générale séparée, de ceux de 56 ans et au-dessus....
Les capitaines, les enseignes, les sergents, les lieutenans des seize com> paguies auront divielo de celte garde.
Ne pourront pas intervenir dans lesdits exercices militaires, les collèges, les capitaines du parti, les dix, les neuf, les huit , les officiers du mom, les conservateurs de la loi et les six du négoce, durant leurs magistratures.
Tout capitaine de bandière qui déploiera sa bandiére pour une fanion privée, encourra la peine de mort. Tous ceux qui abandonneront leur bandiére dans la guerre, encourront la peine de mort.
’ Tous les inscrits qui, en temps de factions civiles ou de guerres, ne sc présenteront pas au commandement , encourront la peine d’exil pour dix ’ ans, et s'ils manquent é l’exil, ils encourront la peine de mort.
^ Les délits des inscrits au lieu de leurs exercices, appartiendront seulement i la magistrature des neuf, et si cette magistrature n’a pas rendu sa sentence dans l’espace de cinq jours , les délits seront portes i la quaraniia, elle chancelier de la magistrature des neuf, sous peine d’une amende de 100 florins, devra porter la cause i la qiiarantia.La quaraniia en jugera comme des autres causes, qui, n’ayant pas été décidées par les autres magistratures, lui sont déférées de cette manière. La quaraniia toute entière doit rx-irainerl’afTairc comme elle fait pour les autres causes, en déclarant le divieto de tous les consorli de l’accusé qui se trouveront dans la quaraniia.
La quaraniia déclarera aussi qu’elle est tenue elle-même de décider et terminer la cause, sans pouvoir la remcUre aux neuf ou i une autre magis-
NOTES
irature , dans l’espace de cinq Jours, sous les peines ordinaires i la quaranlia. Pour les délits en «Paulres temps et lieux , les inscrits sont soumis aux lois ordinaires ■
Chaque année on fera une nouvells insoriptiou de ceux parvenus à l’ago de 18 ans dans le mode ci-dessus. • . ,
l-es vénérables collèges, respectables neuf pourront effacer de ladite milice et ordonnance tous ceux qui ayant passé ISO ans, voudront en être effacés , et tous ceux qui ayant passé 30 ans se seront volontairement obligés i l’ordonnance comme ci-dessus. Finis. -•'*-
Note 2.
Jamais dans nos grands pays, on n’a vu tant d’hommes mêlés aux affaires qu’on en voit dans cette liste de Busini , donnée dans une de ses lettres â Varchi. On ne saurait, par exemple, citer autant de noms en France à la révolution de Juillet. Et Busini dit qu’il oublie la plus grande partie dé ces noms. Ce passage est important pour faire voir comment Florence était vraiment gouvernée par Florence. On y voit d’ailleurs cher Busini la connaissance et la pratique des hommes.
» Pour venir é ce que vous me demandez, quels furent les bons citoyens, quels sont les moyens; il né faut par parler des mauvais, car ça a été un crible é cribler Jean Sèrristori et non les noix. Les meilleurs citoyens, à mon avis, ceux qui aimèrent réellement la liberté pour elle, avec la civilité (côstumatezzajet 1a loyauté qui convient au gouvernement libre furent: Marco del Nero, — Gian Veilorio Soderini, — Agnolo délia Casa, — Andrêôlo Nicollini, — Giuliano Capponi, — Gio Baltista et Lutozzino Nasi, — ■ Baa-^ tiano Canigiani, — Tommaso Soderini , — Banco degli Albizzi , — Gi'rolamo Gondi , — Bernardo Gondi dal Trebbio, — Nero del Nero, — Toramaso Tosinghi , — Lorenzo Giacoraini , — Luigi , Pieradovardo e Pier Francesco Poriinari, — Larione et Lorenzo Martelli, Lorenzo Strozzi , Jacopo Guicciardini iront après; — Girolamo Bettini , — Carlo Bernardo Bagnesi , — Bernardino Neretii, — Bernardo Veltori le vieux, — Louis Soderini , — Bernardo, Piero et Nicolo Popoleschi ; — Ubcrlo di Nobili, — Girolamo Benivieni, — Jacopo Morelli Giovanni Rinuccini,— Alivieri Guadagni , — Duccio Mancini , — Carlo di Giovanni Strozzi , — ^ Mariotto Segni, — Francesco Zali, — Pinor PandoIGni, — Federigo Gondi, — Buberto Bonsi , — Antonio Sens! , — Francesco Lenzi,— Zanobi Carnesecchi, — Gfaerardo Taddei, — Nicolo da Uzzano, — Pielro Pétrin!, — un des Ridolfi ; un des Cambi, frère de Tommaso; — Lorenzo Bidolfl , — Cherubino Fortini , — Pagolo Bartoli , — Niccolo AcciaJuoH , — Batiista Nelli , — Domenico Simon i.
» Ceux-ci et une iiinniiéd’aulres quejo ne me rappelle pas, furent l’ornement et la lleur de la ville libre, parce qu’ils aimèrent la ville pour le bien public; entre eux furent Michel-Ange et François Corsini. Ils vivaient en donnant de bons exemples de moeurs , en le contentant de leur fortune qu’il*
IfOTBS
5ff3
gouvernaiaDl bien, et quoique U plupart eussent peu de cœur, néanmoins, dans les magistratures, iis suiraiept celui qui s’entendait le mieux, qui était le plus courageux , et lui cédaient volontiers , excepté Battista Nelli , qui était un peu emporté. Il arrivait de li que beaucoup de personnes qui les suivaient, ou par amitié ou par parenté , tenaient la même manière de vivre, et par leur économie, ou ils maintenaient honorablement leur maison avee peu, ou ayant beaucoup, ils pouvaient se maintenir et aider la république; de li venait l’acoroissement des arts, parce que qui gagne beaucoup et dépense moins, peut commodément dans une ville libre, disiribuér ses richesses en plusieurs parts, et le fait volontiers quand il y trouve de l'bonoeur, comme il y eu a é aider la commune dont il Tait partie ; le contraire arrive quand on dépense pour uo prince violent, par les raisons que vous savez.
• « Ceux qui aimèrent la liberté à cause des offenses qu’ils avaient reçues
fureot peu , parce qu’ils s’y portèrent sitôt qu’ils en eurent l’occasion ; entre eux furent AnioD-Francesco Degli Albizzi , Ludovico Gapponi, Zi~ Dobi' Bariolini, Benedeito Buondelmonli. Mais qu’arriva-t-il? Qui put et espéra trouver lieu ae tourna subitement, comme firent Ludovico Zanobi etBeoedetto; qui n’eapéra pas fut plus lent, comme furent Zanobi et RafteNo Girolami. Celui-d fut encore poussé par sa bonté native à détester les Médicis. ^ >
« Ceux qui haïrent vraiment le tyran parce qu’il méritait d’étre haï, et aimèrent la liberté tans profilet par honneur, furent Niccolo Gapponi entre les premiers, Lorenco Slroazi, Jacopo Guicciordiui, Gio. Serristori, Lessan* dro Frescobaldf, Bartolo Tedaldi,* Agoolo Saccbelii. Antonio de Pazzi, Agostino Dini, Gio. Borgherini, Piero Salviali et son frère; bienqu’Averardo tôt de ces âmes les plus vUes, qui ne se soucient pas de TËtal, mais il voulait garder son bien, 'comme Camille Antinori, Lessandro aussi, et Jacopantonio Busini, Francesco délia Foule, Jacopo Dofli, Guaspari da Diaccelo, les Antinori, les Pinadri.
• ■ Ceux qui suivaient comme des aveugles, les opinions des autres, bonnes
ou mauvaises, furent : Francesco Scarfi, Bistoro Pier Veltori, Amerigo Benci, Filippo de Nerli- (rbislorien), Andrea Binuccini, Gio Datlisla Cei, Antonio Guigni, Noferi Busini, Niccolo Beninlendi ; les Purcellini pour la mineure; Leonardo Malegonnelle, Gio Antonio Alessandri, Jacopo Guadagni et beaucoup d’autres. Ceux-ci étaient poussés â croire, bien ou mal, d’une idole, leur parent ou ami, sans autre considération, comme Bisiori fut conduit par Matteo, son beau-père, quand il aima et cessa d’aimer la liberté; Pierre et François, par François Veltori; Filippe, par les Salviali, ce qui fait qu’il a toujours varié; Gei, par Alfonse; Amerigo et Andrea, par Filippo Strozti ; Antonio ’iiigni , par Alfonse; Noferi, par Buberlo Acciajuoli; Benintendi, par Tante; notre ami, par François Vaiori; el de même, Donato Tornabuoni ; Bitenco, par lea Gapponi, comme Tomuiaiu Ginori. j •• • >. •
WOTES.
• Ceux qui aimèrent la liberté pour elle-même, mais aussi par un peu d’intérêt, en haïssant les tyrans par instinct, furent : Bemardo da Casliglione, Francesco Carducci, Niccolo Guicciardini , Rosso Buondelmonti , Alessandro Scarlallini, père d’Antoine.
« Ceux qui aimèrent la liberté sans intérêt, mais poussés par l’éducation ou rinstinct, sans réllcchir autrement, furent : Jacopo Gherardi, entre les premiers; Baldassari, Antonio Lenzi, bien que je l’aie mis entre les offensés. Ces trois-ci furent courageux et très-loyaux pour la liberté, sine fuco et fallacUs. Et bien qu’il semblât que Baldassar et Antonio Lenzi se regardassent comme offensés, l’un pour la prison et l’exil , l’autre à cause de Jacques Salviati, néanmoins, sans oITenses, ils eussent encore été tels.
« Ceux qui araient été crus bons et qui furent raéchans, à mon aris, il n’y en eut point, car je me trompai peu ou point U-dessus ; mais entre les premiers furent Matteo Strozzi et Cristofano Rinieri. Dans ces deux-ci se confla, durant un temps, Ottaviano de Médicis (comme je tous l’ai écrit). ' Les autres furent, d’abord, Ruberto Acciajuoli etGherardoCorsini; et ensuite, Dato Masi et Francesco Zati, qui fut commissaire, etBastiano, des Huit, par exemple, et Zaccheria Strozzi, et ces deux-ci furent des fins.
« Ceux qui furent ouTcrtcmenl pour le peuple tarent : mon Bartolini, Franeioso dei Serristori, Gio Batista da Diacceto , père de JacopinojGio Batista Boni; Gio Batista Pilti, qui le fut davantage depuis; Guido da Castiglione, Martine Scarfl, et puis, Borgia i’Orso, Rignadori, Bernardo Rustichi, Gio Batista dei Nobill, Antonio Pernzzi, mais avec un peu do fourberie ; Chiurli, Braccio, Rlnaldo et Gio Batista Corsini, un des Berlinghieri, Manzo Carnesecchi, Andrea Guidotti, Rafaello Ruccllai, et une infinité d’autres qui furent vraiment bons, mais avec peu de jugement.
> Ceux qui tinrent le pied dans deux étriers, comme vous dites, tarent peu; cependant, Agnolo Sacchetti, Agostino Dini, notre ami Salvestro, étaient tantôt du peuple, tantôt de l’oligarchie; mais Salvestro tat plus loyal, et l’est encore; Lutozzo Nasi, Giovanni diGherardo Machiavelli, mais cela ne lui réussit pas ; un Luigi dei Borgo, Batista dei Libri, mais Paul est entre les fermes et un peu hardis; ainsi, les deux frères de Cambini, les deux frères aînés dei Bene, Lorenzo Carnesecchi, Galeotto Giiigni, et beau^ coup d’autres sous des opinions variées, aimaient la ville. Jacques Nardi et Piero Migliorotti sont presqu’au même taux. Mais la mémoire me manque, cl voyez que de tant et tant de citoyens que je voyais et que je pratiquais, voyez de combien peu je me souviens !
« Sachez qii’Alamanno dei Pazzi et Francesco Bandini sont différens ; Francesco aimait le gouvernement populaire, mais sa légèreté le rendit hostile, car il est, comme vous dites, un petit bouffon ; chaque chose l’emporte, il ne tat jamais ennemi de la liberté, mais léger et avec peu d’ambition ; l’autre est tout i fait méohant, double, malin, et homme complet : il ne lui manque que la bonté, été l’autre que la cervelle. Mais François estime plus l’honneur, et, s’ils agiHenI ensemble, la légèreté de celui-ci est
>OTES.
tempéree par la sagpsse de l’autre, et la méchanceté de celui-ci est retenue par une force extraordinaire. Ils se conviennent encore dans l'ambition, dans le rang, et aussi dans les peines des deux cétés.
« Voiii ce que j’ai pu vous dire en général , aussi rapidement que j’ai écrit, et ainsi Je crois, mais je pourrais me tromper. Je n’ai pas pu voir, malgré tout mon désir, l’histoire de Guicciardini. Je ne savais pas que François Vettori avait écrit; mais, comme vous dites, il se trompa, et Lanfredino, qui reçut le fouet à ce sujet, en fera témoignage. »
Les matériaux pour écrire l’histoire de Florence sont nombreux , mais lourds et insupportables. Les écrivains sont des hommes de mérite , habitués à la vie civile; mais, excepté Machiavel et Guicciardini, sans aucun talent pour écrire, lourds et diffus. Ce travail est aussi pénible et difficile qu’il est intéressant ; il faut travailler avec ardeur et résolution, ou l’on rcjeterait cent fois l’ouvrage. Pour la première partie, nous avons travaillé sur des chroniques naïves et souvent belles, mais encore plus souvent pesantes, pleines de redites, impossibles é lire pour les gens du monde. Pour a seconde partie, nous avions Machiavel et Guicciardini, deux écrivaing admirables, quoiqn’ayant la pesanteur et les défauts de leur temps. Mais rien ne peut rendre l’ennui des autres écrivains d’alors : Nardi, plein de mérite et d’honnéteté, mais diffus et bavard. Nerii, qui connaît la vie civile, mais qui répété trois fois les mêmes choses, du plus mauvais style, et qui confond les époques et les événemens : partial d’ailleurs pour le parti des grands. Segni, avec les mêmes défauts de longueur et de lourdeur, quoique plus intéressant et plein de capacité. Varchi,le plus bavard, le plus long, mais avec des détails précieux. Buoniosegni, Buonaccorsi, Cambi, Morelli, trésimporlans pour certaines particularités et la vie de la commune, mais sans ordre, et illisibles. Busini, très-important i cause de ses jugemens sur les hommes de son temps, mais avec beaucoup de détails dont l’intérêt n’exista que pour les contemporains : ce ne sont d’ailleurs que des lettres sans prétention. Ammirato, le dernier de tous, et par le temps plus rapproché où il a écrit, et par le peu d’intelligence de l’histoire, compilateur très- long et incomplet, sans couleur, ni chaleur, ni talent. Quelques autres inutiles i nommer.»
.Si nous comparons ces écrivains à ce qui nous reste des anciens, quelle différence! Mais le temps a purgé l'antiquité du fatras où nous aurions peut-être, il est vrai, trouvé beaucoup de clartés qui nous manquent.
Quoique nous ayons toujours suivi les auteurs originaux et contemporains, nous avons consulté aussi l’histoire des républiques italiennes de M. de Sismotidi, Cette histoire a laquelle on peut reprocher seulement d’avoir trop agrandi et systématisé les événemens , a fait connaître l'Italie à l'Europe, rappelé les yeux sur la Péninsule , et on lui devra les histoires d’Italie qui paraîtront depuis. M. de Sismondi guidera Ict nouveaux écrivains par son grand savoir , ses relations toujours véridiques, scs recherches profondes et variées, l’intelligence de la poli-
NOTES
tique et de la littérature, et dea aentimens toujoura élevéa dea émotioua toujoura rivea; écrirain dont on aeut mieux le mérite quand on a travaiilé comme noua, aur une bien petite partie dea immenaea matériaux que M. de Siamondi a empioyéa !
' Il y a dana lea archivea un raanuaorit curieux aur la bataille de Mont Aperti; noua en avona trouvé un autre dana lea archivea de Sienne, avec lea noma dea combattana, lea enaeignea, etc. Noua avona donné ici aeuiement en note un document aur iea gonfaions qui aont l’ioatitution ia plua oaractériatique de Fiorence. Un travail pédant et frivole a été lait de noa Joura sur lea docnmeoa. - ■ ’ c'-'' vl
Four lea républiqnea oii l’application de la loi eat ai variée, la loi même n'éat trtetr dana aon texte; Aiiiai' tea loia sur lea jugement, attribuca aux Huit ou i la (^Bora/tlia, n’ont Jaraaia été obaérvéea pféciaémetit; et qui tea lirait, ne devinerait rien dedenr violation perpétuellé. Il en eat de ménie de bien d’autrea loia. Lea archivea noua donnent -la lettre dea loia. roaia non paa l’intelligenoe et la vérité de l’biatoire. Si leur élude eat profitable ponr'lea granda eaprHa aOn de compléter lea vuea en toute eboae, il. n’en eat paa de plut inutile pour lel petite eaprita aana clarté, qui a'embrouiUent de noajottra dana celte oonfnaion, ne aavent rien comprendre et rien claaaer, annoncent à chaque inatant des déoouvertea qui n’ont nulle valeur, croient refaire l'histoire quand ils n’y comprennent rien, et inanltenl les- maîtres qui, du fond de leur tombe, ee rient d’eux. Un homme supérieur de Florence dans la tragédie et dans les lettres, dit fort bien que notre siècle péobe par deux choses , d’uu cdté ia pédanterie dea détails et dea documens; de l’énlre, la manie des idées universelles et des généralités.
Noua regrettons humblement de ne nous présenter au publie qu’avec une ordonnance sur les gonfaions (importante il est vrai, et Jamais encore imprimée), mais sans quelques unes dea grandes découvertes i la mode. Vraiment, malgré nos soins et nos désira, nous n'avons rien trouvé qui prouvât par exemple que les Médicis étaient des imbécilles, ou que l’ilalie n'était pas la première contrée civilisée en Europe. Noua aurions aimé i découvrir que-le peuple florentin n’a Jamais existé, que le dôme de Florence a été bâti par Raphaél, que Pierre Pérugin était de Milan ou bien que 1a torture ne causait point de douleur ; que lea Pazzi conjuraient contre lea Altnzzi ; que lea papes étaient dea hommes vertueux, Alexandre VI une bonne âme comme Catherine de Médicis, et qu’ils avaient compris quelque chose au catholicisme qu’on leur bâtit de nos Jours. Mais il nous a été impossible dana aucun document de rien trouver de pareil. Noua arrivons donc platement â la suite des vieux historiens, sans rien de merveilleux pour étonner la science. Nous en demandons tristement pardon aux lecteurs, poètes et romanciers de noa Jours.