CHAPITRE y
de rexéciilion, on ne sait pourquoi Laurent courut, au lieu de soulever Florence , rejoindre les exilés à Venise, où Filippo Strozzi, l’accueillit du nom de Brutus. Cepen- ^ dant le lendemain, les gens du duc, inquiets, vont le chercher dans les couvens de femmes, ( ù Laurent le menait passer les nuits; on le trouve enfin mort chez celui-ci; les têtes politiques se réveillent; des débats s'engagent; mais Côme de Médicis, fils du héros des bandes noires, et petit-fils, par sa mère, de Jacques Salviati, succède à Alexandre : la lutte cependant ne lut pas terminée ici ; rallumée par des efforts nouveaux, le sang coula encore pour la liberté; Giiicciardini, François Veltori, Filippo Strozzi. Baccio Valori, une foule d’autres citoyens illustres, périrent plus tard désespérés, témoins ou victimes de l’habileté et des vengeances de Côme
Ainsi finit Florence, aumilieudes débats politiques d’une école fameuse, et au sein des supplices qui domptèrent seuls CCS républicains. Ils ne purent atteindre la science et la haute liberté qu’ils étudiaient. Ils périrent. Cependant jamais une ville siétroitequela leur, jamais si peu d’années excepté chez les Athéniens, n’avaient vu de si belles destinées, tanld'hommes politiques, des institutions si originales et si locales. Marchands et citoyens , guidés par Dante, les Florentins avaient commencé la civilisation moderne; cette manufacture donna l’éveil quand l'Europe et l’Italie " même étaient plongées dans la barbarie. Florence avait montré ce qu’il y a de plus beau, un grand résultat avec de faibles moyens; la première plèbe des temps modernes, hardie, spirituelle et forte sur un mince territoire; peu d’ambition d’abord ; l'égalité ; tous les talens des arts à la tête de l’Italie; la plus noble et la plus vraie gloire; les longues habitudes, les magistratures, la vie publique, nées du sol; la complication des affaires et des intérêts; la profondeur de mœurs etde passions civiles que les institutions anciennes et natives savent seules développer. Et Florence tombe au moment d’atteindre les destinées rêvées par Machiavel ! Petit etélernel modèle de ce que peuvent la vertu, le génie et la liberté !
FIN DE l’UISTOIRE DE LA RÉPUBLIQUE DE FLORENCE.
NOTES
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