‹ Histoire de la République de FlorenceChapitre 80 sur 230 · FINA5CES DE FL0BE5CE · texte numérisé non relu

FINA5CES DE FL0BE5CE

Si Florence fut punie par ce déluge de son alliance avec la ligue lombarde, comme le prétendit le légat à Bologne; elle fut punie aussi par la ligue même qui s’empara des villes et ne lui donna pas Liicques, objet de ses vœux.

Maslino délia Scala s’en rendit maître, et ainsi que Venise. se fit la part du lion. Florence, trahie, imagina de s’allier contre lui avec Venise, mécontente aussi délia Scala. Celte alliance, entre deux villes si différentes, fut beaucoup remarquée ; Florence s’empara d’Arezzo, alliée de MasUno , mais les Vénitiens firent avec Maslino un traité séparé, et Florence se trouva encore maltraitée.

Nous passons rapidement sur ces faits sans grande importance pour donner ici un état des finances et des dépenses de Florence, état curieux et amusantqui fera mieux apprécier la situation de celle république que ce que nous pourrions en conter.

La guerre de Mastino coûta pl us de vingt-cinq mille florins d'or par mois ( le florin d'or valait trois livres et deux sous) donnés à Venise sans compter les autres aépcnses de la commune qui, outre les soldats en Lombardie, avait plus de mil le cavaliersà sa solde et des troupes à la garde de ses terres et de ses châteaux. Nous donnerons la recette et la dépense des années 1336 à 1338 que dura la guerre de Maslino ( i).

La commune de Florence dominait alors Âlezzo el son territoire, Pislo'ia, Colle di Valdelsa, et dans chacune de ces terres elle avait fait bâtir un château ; elle en tenait dixhuit dans le territoire de Lucques, et quarante-six sur son propre territoire sans compter ceux des citoyens el les villes sans murs.

(i) G. VilUni, cap. 4, lib XI.

CHAPITBE III.

Corome la commune de Florence n’avail que de faibles rentes, elle s'entretenait par des gabelles, et quand il en était besoin, comme au commencement de la guerre avec Mastino, elle faisait des emprunts et mettait d(‘s impôts sur les marchandises, les richesses et autres objets. Les gabelles montaient alors à trois cent mille florins d'or par un (1), plus ou moins selon les temps j le roi Robert ni celui de la Sicile n’avaient pas plus.

fl. d’or

Gabelles des portes, pour marchandises et vivres 90,200

Gabelle du vin en détail S8,300

Impôt foncier 30,100

Gabelle du sel 14,450

(Ces quatre gabelles étaient consacrées à la dépense de la guerre de Lombardie.)

Biens des bannis qui rapportaient par an . . . 7,000

Gabelle sur les usuriers 3,000

Les nobles de la campagne payaient .... 2,ooo

Gabelle des contrats 20,000

Gabelle des bétes à manger 15,000

— des bétes à manger de la campagne .... 4,400

— des loyers 4,150

— de la farine et de la moulure 4,250

— des citoyens envoyés dehors pour être seigneurs 3,500

— des accusations et justifications 1,400

— des monnaies d’or 2,300

— des petites monnaies 1,500

Biens de la commune et péage 1 ,700

Alarchands de bétes vivantes 2,000

Poids, mesures, transactions, contrats .... 700

Gabelle du marché San-Michele 750

— des loyers de la campagne 550

— des marchés de la campagne 2,000

Condamnations 20,000

Amendes des soldats qui manquent an service . 7,000

(l) Poids pour poids, trois millions six cent mille lirres ; mais la valeur de l'argent était quadruple de ce qu’elle est aujourd’hui (Sismoudi,* l. T, pag. SM).

Gabelle des arancemena des maisons .... 7,000

Gabelle des revendeurs et revendeuses . . 450

Ports d’armes *.300

l’entrée des prisons » . . 1000

Gabelle des messagers loo

— du bois apporté par l’Arno 50

— des approvatori de sodaaienti (espèce d'hypo-

tbèque) 250

— des réclamations des consuls des arts ... 300

— sur les possessions de la campagne .... »

— sur les rixes entre citoyens u

— de ceux qui n'ont pas de maisons dans la ville

et dont la faculté dépasse mille florins . . n

— des moulins et courans artificiels .... »

Somme totale de 300 mille florins d’or et plus.

O O seigneurs florentins, s’écrie G. Vlllani avecles sentimens d'un plébéien, quel coupable prévoyance d'augmenter par des gabelles forcées le revenu et la pauvreté des citoyens pour de folles entreprises ; ne savez-vous pas qu'autant la mer est grande, autant est grande la tempête, et qu'avec le revenu s’accroît la dépense? Modérez, mes trèschers, vos désirs désordonnés, vous plairez à Dieu et vous ne surcharge] ez pas le peuple innocent. »

Passons aux dépenses :

Livass

di piecioli.

Salaire du podesta par an et de sa suite . . . 15,240

— du capitaine du peuple et de sa suite . . . 5,880

lire

— de l’exécuteur de la justice contre les grands. 4.900

— du conservaleur du peuple contre les bannis, a. d’or,

avec cinquante cavaliers et cent fantasssins 8,400

( Cet office n’était qu’accidentel selon les besoins.)

Salaire du juge des appels touchans les comptes lire de la commune 1,100

— de l’officier pour les parures des femmes, etc. 1,000

— de l’officier sur le marché du Jardin San-Mi-

cbele et l’abbaye 1,300

» de l’officier pour la solde des milices . . • l,ooo

CHAPITUE 111. 175

— des officiers, notaires et envoyés pour les dé«

lits des soldats 250

Camorlingats de la chambre de la commune et leurs officiers, administrateurs, notaires, frères

gardant les actes de la commune 1,400

Les officiers pour les rentes propres de la commune 200

Surveillans et gardes des prisons 800

Dépense de la nourriture des seigneurs Prieurs et

de leurs suites 3,700

Salaire des garçons de la commune et sonneurs de cloches des deux tours, celle des Prieurs et

celle des podesta 550

Le capitaine et soixante fantassins à la garde des

Prieurs 5,200

Le notaire étranger pour les actes du gouvernement 450

Le chancelier de la commune et son compagnon 450

Lions, torches, chandelles et feu des Prieurs . . 2,400

Le notaire qui enregistre au palais les faits de la

commune loo

Salaire des envoyés qui servent toutes les seigneuries 1,500

Les trompettes, crieurs, timballes, carillons cornemuses, trombes, en tout dix avec une

trombe d’argent 1,000

Aumônes aux religieux et aux hôpitaux . . . 2,000

Six cents gardes de nuits aux postes de la ville 10,800

L’étoffe amaranlfae pour les courses de San-Gio-

vanni et autres étoffes moins précieuses pour 4’or.

les courses de San-Bernaba et Reparata . . 100

Espions et envoyés au dehors 1,200

Ambassadeurs 5,0o0

Pour la garde des châteaux et des forteresses de

la commune 4,00o

Pour arbalètes, traits et boucliers 1,500

Total sans comprendre les frais de la cavalerie et o. s'er* de l’infanterie 40,000

Digilized by Coogle

Quant aux soldats à cheval et à pied, le nombre variait selon les besoins de la commune, mais on pouvait compter ordinairement, sans parler de la guerre de Lombardie, de sept cents à mille cavaliers, et autant de fantassins. On n'a pas parlé non plus des murs et des ponts, ni de Santa- Reparata et d'autres travaux de la commune, qu’on ne peut mettre dans le compte ordinaire. Aucun des emplois publics n'était payé !

G. Villani fait mention des autres grandes choses de sa ville pour encourager, dit-il, les citoyens à venir :

< Florence avait alors dans son sein vingt-cinq mille hommes en état de porter les armes, de quinze ans jusqu’à soixante-dix, tous citoyens, et entre lesquels il y avait quinze cents citoyens nobles et puissans. On comptait soixante-quinze cavaliers avec l’armure. Nous trouvons qu’avant que le second peuple ne fût formé, il y avait plus de deux cent cinquante cavaliers, mais quand les grands furent abaissés, peu se firent cavaliers. — La population de la ville était portée à quatre-vingt-dix mille, d’après la quantité du pain (d’autres le portent jusqu’à cent cinquante mille). Plus de quinze cents étrangers, passans, soldats, sans compter les religieux, les frères et les noues renfermées. — La population de la campagne et du district de Florence, quatre-vingt mille. » Nous trouvons, dit G. Villani, d’après le curé (car, pour avoir le compte des enfans baptisés à San-Giovanni, il mettait une fève noire pour les garçons, et une blanche pour les filles), que les baptêmes des enfans étaient par an de cinq à six raille, leur nombre dépassant celui des filles de trois à cinq cents. — Les filles et garçons qui apprenaient à lire, étaient au nombre de huit à dix mille. — Mille garçons étudiaient dans six écoles l’arithmétique, et cinq cent cinquante étudiaient dans quatre écoles les lettres et la logique. Il y avait dans Florence et les bourgs, cent dix églises en comptant les abbayes et les églises des couvens, entre lesquelles cinquante-sept paroisses, cinq abbayes avec quatre-vingts moines ; vingt-quatre couvens de nones avec cinq cents femmes; dix règles de frères ; trente hôpitaux avec plus de mille lits et deux à trois cents prêtres

Page 1